Le Libre Journal de la France Courtoise - n° 13 du 16 septembre 1993 - p. 23
Chers frères
Mes icônes

Non, non, je ne parle pas de ces images sacrées, peintes ou imprimées, puis soigneusement collées sur de petits panneaux de bois, devant lesquelles on prie. Icônes de la Vierge-Marie, icônes du Christ, icônes des saints, à chaque fois icônes du Christ dont la divinité rayonne à travers son humanité ou celle des saints. J’évoque ici d’autres images du Christ. Images saintes aussi, mais vivantes : ces grands malades, ces personnes âgées. Ce sont mes icônes à moi. Leurs visages ont souvent perdu leur éclat et leur beauté.

Quoique... A l’approche de la mort, ou dans l’humiliation d’une maladie, leurs visages, exactement comme les icônes orientales, sont un reflet du monde à venir, une représentation anticipée de la beauté dont ils resplendiront lors de la Résurrection. Pensez au visage de sainte Bernadette, dans sa châsse à Nevers. Combien de personnes âgées n’ai-je pas visitées chez qui j’ai contemplé cela ! A force de vieillir, elles paraissaient plus jeunes. Ces visites sont toujours édifiantes. Dans l’Evangile, nous rencontrons des personnes auxquelles le Christ s’identifia. Les visiter, c’est visiter le Christ ; les servir, c’est servir le Christ. Ne pas les visiter, ne pas les servir...

C’est pourquoi la visite des malades et des personnes âgées a quelque chose de commun avec la visite du Saint-Sacrement. C’est à chaque fois, certes de façon différente, une rencontre de Jésus-Christ. Ici, en personne, là, identifié au petit et au pauvre. « En vérité, je vous le dis, dans la mesure où vous l’avez fait à l’un de ces plus petits de mes frères, c’est à moi que vous l’avez fait. »

Abbé Guy-Marie
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