Le Libre Journal de la France Courtoise - n° 13 du 16 septembre 1993 - p. 24
Histoire de France
Chez Capet ça démarre mal
par Aramis

La rentrée des classes approche. Avant de renfiler son blouson Chevignon et sa paire de Reebok neuve, d’emplir son petit sac à dos en nylon, avec ses tubes de colle, des cutters et toutes ces fournitures qui font la joie des cours de récréation, le petit écolier savoure les derniers instants des vacances finissantes. Certains auront profité de l’été pour s’instruire avec le Secours populaire français à la fête des Loges. D’autres auront donné libre cours à leur soif de culture en participant, dans leurs cités, à des concerts de rap et de rock. D’autres enfin - mais ne sont-ce pas les mêmes ? - seront restés à l’écoute du monde en observant, grâce à l’amplification des antennes paraboliques et du câble à fibre coaxiale, la vie, merveilleusement restituée par le petit écran. Tous se seront fortifiés de ces enseignements, riches d’expérience. Profitant de la naïveté des yeux de l’enfance, le néonazisme allemand s’est mis en sommeil pendant ces congés estivaux. En apparence seulement. Car, partout en France, les exactions se sont multipliées, faisant d’innocentes victimes. Malgré la crainte de représailles éventuelles, la vigilance s’impose face à des éléments incontrôlés que sont la route, la mer, les cours d’eau, le feu, la foudre et les climats. Pour endiguer ce retour en force des vieux démons, l’histoire seule ne suffit plus. La géographie s’impose.

H. Plumeau et R. Jacob

***

Hugues Capet n’ayant pas été reconnu comme roi par tout le monde, ses successeurs, les premiers capétiens, furent des princes modestes qui ne firent guère parler d’eux. On est loin de l’esprit de grandeur qui, bien plus tard, anima la magnifique épopée du général De Gaulle. Ainsi le fils de Hugues Capet s’appelait Robert. Il était, affirme-t-on alors, très pieu. Est-ce à dire qu’il passait son temps au lit ? ou encore qu’il était passé maître dans l’usage de la langue de bois ou dans l’art des clôtures ? Un historien amateur, dont nous tairons le nom par pudeur, affirme qu’il aurait trouvé dans un dictionnaire en douze volumes le terme pieux, avec un x, pour désigner des sentiment de piété. Outre le fait qu’on se demande comment cet individu peut être en possession d’un tel dictionnaire, réformé pour inaptitude déclarée au contrôle continu des connaissances par décret ministériel, on peut légitimement s’interpeller sur ce terme de piété qui, lui, ne figure nulle part. Et qui semble sorti tout droit d’une imagination trop fertile pour ne pas être délirante.

En fait, le pieux Robert était bien de la race des despotes. Qui - et l’anecdote nous est parvenue - se faisait un plaisir à nourrir les pauvres comme les chiens, sous la table. Sa médiocrité ne s’arrête pas là, malheureusement. Alors que les rois et empereurs des autres pays mettaient dans leurs armes et sur leurs drapeaux des images d’animaux carnassiers et féroces, des aigles, des lions, des léopards, lui choisit trois petites fleurs pour emblème. Les Français avaient bonne mine avec un souverain aussi peu soucieux de l’image de marque de son pays à l’étranger ! Le fils de Robert s’appelait Henri. On l’immatricula sous le chiffre un. Ce qui veut dire, selon les normes anglo-américaines, qu’il était le « number one ». Il prit pour femme une Russe qui, bien que descendante de Philippe de Macédoine, n’avait pas des origines très mélangées. En revanche, elle était bien de la graine qui font les impérialistes puisque le fils de Philippe de Macédoine n’était autre qu’Alexandre l’envahisseur sanguinaire de la courageuse petite Asie. A son tour le Henri eu un fils qu’il baptisa Philippe Ier. Et c’est lui qui décida d’aller conquérir le tombeau du Christ à Jérusalem et qui, pour ce faire, embrigada vers l’Asie de braves et pauvres Français sans défense. Parents, méfiez-vous dans le choix des prénoms que vous donnerez à vos enfants, nous en avons ici la coupable illustration. Choisissez plutôt Jonathan, qui est le nom d’un goéland, ou, pour une fille, Pamela, qui est celui d’une bécasse.

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