Le Libre Journal de la France Courtoise - n° 15 du 7 octobre 1993 - p. 23
Chers frères
« In labore requies »

Au mois de janvier dernier je rencontrai Mgr Guy Gaucher, à l’occasion d’une retraite à Venasque, dans le Vaucluse. Il revenait d’une visite "Ad limina" auprès du Saint-Père.

« Jean-Paul II prie beaucoup, chaque jour. Et pourtant, qui est plus occupé que le Pape ? » me dit-il. Le secrétaire particulier du Saint-Père lui avait confié ceci : « C’est là qu’il récupère. » La prière est un repos.

Saint Jean de la Croix - et c’est l’un de ses thèmes majeurs - écrit : « L’homme adonné à la vie spirituelle doit donc se tenir dans une attention amoureuse pour Dieu et conserver dans la paix son entendement. C’est ainsi que peu à peu et promptement il goûtera le repos et la paix de Dieu » (Montée du Carmel, XIII).

La prière est un repos, dans les deux sens du mot : repos, en tant que détente, quiétude, pause, paix au milieu ou après nos activités. Mais aussi repos comme reposer, comme l’action de remettre un objet sur son socle. Dans la prière, et spécialement dans la prière d’adoration, Dieu me refait, me recrée, me replace sur le Roc, le Christ Jésus.

Ah, mon église, le soir, après les réunions, comme je l’aime ! Il fait nuit. C’est le silence. Je ne vois que la veilleuse du tabernacle et un peu la croix. Et là, sans lire, sans parler ni même penser, Le regarder et me reposer en Lui, sur Lui.

Jésus n’a-t-il pas dit : « Venez à moi, vous tous qui peinez et ployez sous le fardeau, et moi je vous procurerai le repos » (Mt. XI,28).

In labore requies : dans le labeur, vous êtes le repos.

Abbé Guy-Marie
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