Le Libre Journal de la France Courtoise - n° 16 du 15 octobre 1993 - p. 3
Editorial
Les foulards qui tuent

A Nantua, trente-deux des quarante-six enseignants du collège Xavier-Bichat se sont mis en grève pour protester contre le port du foulard par quatre jeunes musulmanes.

Dans les collèges, en France, on peut venir en mini-jupette au ras du nombril, ou en blue-jean déchiré aux fesses. On peut porter un "débardeur" transparent ou un T-shirt à dessin pornographique. On peut assister aux cours en tenue de motard, en bleu de chauffe ou en "joguigne". On peut arborer la médaille astrologique de son signe, la Pierre-du-Nord, ou le badge des Niktamère. On peut se teindre les cheveux en vert, se raser la moitié du crâne, se faire tatouer, se coller un os dans le nez ou quinze boucles à chaque oreille ; pas un prof ne bronchera.

Au nom de la liberté individuelle.

Mais qu’un foulard apparaisse sur la tête d’une gamine et c’est la panique dans le corps enseignant.

Affolés, les profs de Nantua ont expliqué que leur mouvement visait à « dénoncer le caractère discriminatoire du port du foulard qui porte atteinte aux valeurs fondamentales de la République ».

Pas moinsss.

Deux cents ans après son avènement, il faut donc que la vieille catin soit bien malade pour qu’un simple foulard sur la tête d’une gosse de douze ans menace l’équilibre de son bonnet phrygien.

Serge de Beketch
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