Le Libre Journal de la France Courtoise - n° 16 du 15 octobre 1993 - p. 22
Un jour
3 octobre 1793
Lyon "Commune Affranchie"

Investie par les troupes de la Convention le 8 aout 1793, Lyon capitula le 9 octobre ; les soldats tricolores l’occupèrent à l’aube ; quelques temps après, le stropiat Couthon et le prévaricateur Laporte, délégués de l’Assemblée, prirent possession de sa Maison de Ville.

Le 29 mai, les fédéralo-royalistes de l’antique Lugdunum avaient fait incarcérer le Jacobin Chalier, ancien maire de la Reine du Drap et chef des Sans-Dieu du cru, puis publié Lyon émancipée de la tyrannie de Paris. Il va de soi que Robespierre et sa bande de brigands goûtèrent peu les belles initiatives... Le 8 août, les taupins du général Kellermann, les Gardes nationaux du général Dubois-Crancé, les volontaires d’Auvergne aux ordres de Couthon - « Je viens avec mes rochers d’Auvergne ! », avait beuglé le venimeux infirme - bloquèrent la métropole rhodanienne et un effroyable siège commença. Bien qu’infiniment moins nombreux et moins armés qu’eux, les Lyonnais, sous la gouverne de M. le comte Louis-François Perrin de Précy, un gentilhomme hier second du duc de Brissac à la tête de la Garde constitutionnelle de Louis XVI, ripostèrent durement aux attaques des "Patriotes". Ils rendirent coup pour coup, boulet pour boulet. Hélas, les trois-quarts des leurs tombés aux feux, n’ayant plus de munitions, les braves furent obligés de cesser la lutte et d’abandonner Lyon à l’ennemi. Seuls, M. de Précy et une poignée de trompe-la-mort ne s’avouèrent point vaincus : ils rompirent les échelons bleu-blanc-rouge le fer à la main, gagnèrent les monts feuillus du Forez. La vengeance des Carmagnoles fut atroce. Les tueurs à baudrier des Représentants du Peuple Collot dit d’Herbois et Fouché rasèrent Lyon de fond en comble, mitraillèrent sur la plaine des Brotteaux des masses et des masses de Lyonnais de tous sexes et de tous âges... L’Assemblée rebaptisa les ruines de la vaillante ville Commune-Affranchie. Elles conservèrent la grotesque appellation jusqu’au Directoire.

Jean Silve de Ventavon
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