Le Libre Journal de la France Courtoise - n° 17 du 28 octobre 1993 - p. 22
Un jour
25 octobre 1568 - La grande défaite des Provençaux

« La grande défaite des Provençaux » eut lieu le 25 octobre 1568. Noble homme, Paul de Richien de Mouvans ayant aidé, le 30 décembre 1563, messires Chastelier-Portaut de La Tour et Constantin, protestants comme lui, à traitreusement occire le catholique Jacques Prévost de Charry, les Bonnets Carrés du Très Chrétien Charles IX l’avaient voués à l’échafaud... Le spadassin s’était enfui de Paris, et ce fut non loin de Romans qu’épaulés des chevaliers de Peyregourde et d’Ambres il rassembla, en 1568, à l’ouverture de la troisième Guerre de Religion, plusieurs milliers de Dauphino-Provençaux avec le dessein de les conduire à la rescousse des bandes huguenotes du cruel Crussol d’Assier, bandes qu’aux environs de Périgueux harcelaient de chaude façon les papistes de Monseigneur le duc de Montpensier, du comte de Brissac et du terrible Strozzi. « Ces Strozziens, nous, diantres de Provençaux, les mangerons en un grain de sel ! » avait rugi le bravache acolyte de Chastelier-Portaut et de Constantin...

Donc, le 24 octobre 1568, Mouvens, Peyregourde, d’Ambres et leurs brûleux d’églises sortirent de Saint-Astier, l’antre de Crussol, puis le 25, après avoir bivouaqué à Mensignac, gagnèrent la forêt de Fayolle... Alors, tandis qu’ils pausaient dans la prairie de Chantepie, six-cents morions à la gouverne de Brissac et de Strozzi fondirent sur eux des taillis aux cris de « Montjoie ! Saint Denis ! ». Les « diantres de Provençaux » ne purent soutenir le choc... A la course, les uns escampèrent vers la sylve, les autres vers Mensignac ; les gens de la Vraie Foi en tuèrent trois mille, arquebusèrent Mouvans et Peyregourde...

Les Parpaillots virent en « la grande défaite des Provençaux » un mauvais présage. A juste titre : Monsieur, frère du Roi, allait tour à tour les battre à Jarnac le 13 mars 1569 et à Moncontour le 3 octobre de la même année. La Paix dite de Saint-Germain clôtura les hostilité le 8 août 1570. Elle perdura deux ans...

Jean Silve de Ventavon
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