Le Libre Journal de la France Courtoise - n° 17 du 28 octobre 1993 - p. 23
Chers frères
« Et là il priait »

« Un jour, quelque part, Jésus était en prière », nous rapporte saint Luc (11,4).

Si nos yeux usaient les mots imprimés dans les livres à force de les lire, ce verset aurait disparu depuis longtemps de ma Bible. Je l’ai lu tant de fois ! Je le lis aux jeunes au début de chaque retraite en abbaye. Ce verset là-aussi aurait disparu : « Le matin, bien avant le jour, Jésus se leva, sortit et s’en alla dans un lieu désert, et là il priait. » (Mc 1,35).

Ces quatre mots m’hypnotisent : « Et là il priait ». Mon imagination se plaît à faire la composition du lieu, comme dit saint Ignace : où il était, comme il priait. J’aurais aimé être là pour voir Jésus prier et ainsi tout apprendre sur la prière. Et tout comprendre sur Dieu.

On rapporte qu’une nuit Bernard de Quintavalle, l’un des premiers compagnon de saint François, alors qu’il le recevait chez lui, fit semblant de dormir dans l’espoir de voir se lever François pour prier. Il ne fut pas déçu. Il vit François se glisser hors de son lit et s’agenouiller, les yeux levés au ciel et les mains levées, puis se mettre à murmurer : « Dieu ! Dieu ! ». Ce spectacle le convertit. Il décida de le suivre. La prière de saint François lui avait fait comprendre qui était Dieu. Mais Jésus, je ne sais rien de sa prière ! Si, je sais. Qui priait en François cette nuit-là ? Ou qui se joignait à François dans sa prière cette nuit-là ? Jésus.

Etant enfant, j’ai surpris ma grand-mère, un soir, à genoux, en train de faire sa prière. J’ai tout compris ce soir-là. La Petite Thérèse a tout compris de Dieu en regardant le visage de son père en prière. « Sa belle figure me disait tant de choses ! », écrit-elle.

Priez avec vos enfants et vos petits enfants : ils vous regarderont ; ils comprendront.

Abbé Guy-Marie
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