Le Libre Journal de la France Courtoise - n° 18 du 5 novembre 1993 - p. 3
Editorial
Le Pape : un ayatollah éclairé ?

Quatre quotidiens européens publient ensemble une prétendue interview du Pape affirmant qu’au fond le communisme a "réalisé de bonnes choses : la lutte contre le chômage et le souci des pauvres".

La prudence commande de prendre ces propos avec des pincettes. D’abord, pour l’évidente raison qu’ils sont trop contraires à l’expérience personnelle de Karol Wojtila, qui a éprouvé dans son âme et dans sa chair de Polonais les "bonnes choses du communisme".

Ensuite, parce qu’ils sont si étrangers au simple bon sens, si opposés à l’Histoire, si lourds dans leurs effets induits que l’on ne parvient pas à croire qu’une pareille énormité ait été proférée par la plus haute autorité morale, spirituelle et même politique en Occident.

Enfin, à cause de la personnalité du dépositaire de cette "confidence".

Né en Autriche en 1936 d’un père polonais et d’une mère italienne, Jas Gawronski est une sorte de yachtman éternellement bronzé, ex-journaliste mondain, coqueluche de cette richissime et snobissime aristocratie romaine qui exècre et méprise Jean-Paul II, "il papa polacco".

Membre du minuscule parti républicain italien, mouvement de la gauche libérale et repaire de francs-maçons, et député au parlement européen, Gawronski siège au groupe libéral résolument anticatholique, au côté de Simone Veil.

Du coup, si l’on s’étonne de voir le Souverain Pontife consentir des confidences d’une telle teneur à un tel homme, on comprend pourquoi sa prétendue interview a été publiée à son de trompe par des journaux notoirement noyautés par les socialistes et les loges. C’est que cette publication tombe vraiment à point pour effacer les effets de l’encyclique "Veritatis splendor", si dévastatrice pour le confusionnisme libéral et ses adeptes.

En une semaine, le Pape aura ainsi été affublé de l’image d’un "ayatollah" contesté par les progressistes, puis de celle d’un "philosophe éclairé" rejeté par les traditionalistes.

Voilà qui donne la mesure du pouvoir des lobbies qui contrôlent les médias.

Serge de Beketch
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