Le Libre Journal de la France Courtoise - n° 19 du 18 novembre 1993 - p. 23
Chers frères
Deux raisons de ne pas avoir peur...

De se confesser. Deux raisons naturelles que je tiens de mon expérience de confesseur.

Première raison de ne pas avoir peur : nous sommes tous d’une effroyable banalité. Chacun pourtant se croit exceptionnel, non seulement dans ses qualités, mais aussi dans ses défauts. Or, nous sommes terriblement ordinaires, y compris dans nos péchés. Vos péchés, que vous croyez rares, le prêtre les a entendus dix mille fois. Confidence : la matière de vos péchés ennuis le prêtre. Il se dit : rien de neuf, décidément, sous le soleil ! En revanche, votre âme en quête de lumière l’intéresse plus que tout.

La seconde raison vous étonnera peut-être. Beaucoup pensent ceci : le prêtre va me juger. Que va-t-il penser de moi ? Ne sera-t-il pas surpris d’entendre cela de ma part ? Mais non ! Le prêtre aime son pénitent. Là où vous craignez d’être méprisé, vous êtes admiré. Parce que le prêtre se confesse, lui aussi, régulièrement. Il connaît le coût de cette démarche. Parce que, surtout, nous brillons du contraire de ce que nous confessons. Je m’accuse de vol ? Je brille par mon honnêteté. Je m’accuse de colère ? Je manifeste la vraie force d’âme que je cherche.

« Ton coeur t’accuse lépreux, mais Dieu est plus grand que ton coeur », disait saint François au Lépreux, citant saint Jean.

Abbé Guy-Marie
Sommaire - Haut de page