Le Libre Journal de la France Courtoise - n° 22 du 18 décembre 1993 - p. 24
Histoire de France
Emergence du parti valoisien
par Aramis

La dernière livraison de nos travaux sur la loi salique a provoqué un vaste débat chez nos lecteurs et sympathisants.

L’abondance du courrier reçu à ce sujet l’atteste. De la pile des cinq lettres qui nous sont parvenues malgré des grèves répétitives et perlées, nous extrayons aujourd’hui deux messages qui nous semblent les plus significatifs, puisqu’ils résument à eux seuls l’ensemble de vos préoccupations.

C’est tout d’abord Eva Ginale, responsable du collectif des soixante-huitardes féministes ménopausées qui nous écrit : « Bravo pour votre courageuse prise de position sur la loi phallique. La menace que François Bayrique fait peser sur l’école laïque méritait d’être clairement dénoncée. Ci-joint mon chèque d’abonnement de trois semaines à votre périodique. » Chère lectrice, votre sagacité est digne d’éloge. Vous mettez en évidence l’exception culturelle du terme "laïque » qui ne saurait souffrir par sa terminaison une assimilation rapide à la liste déjà longue des mots infamants. Pour phallique et Bayrique, il suffit de les remplacer par Falloux et Bayrou. Ce qui nous amène à vous remercier, non pour votre fric, mais pour votre flouze !

Des antipodes, enfin, nous parvient un message de M. Alain Dégé, préposé au ramassage des miettes des tribus garde-manger de l’île de Lifou : « Grâce à vous, je suis désemboucané ; je ne dis plus : "Paulo, ya un hic !" mais : "Paulo, ya un os !" ».

H. Plumeau et R. Jacob

***

A la mort de Charles le Bel, surnommé dans son enfance Baby Bel, car sous l’effet d’une émotion son teint virait au carmin le plus violent, son cousin Philippe de Valois fut désigné comme roi. Selon l’application de la loi salique. Avec lui allait s’introduire un nouveau courant politique désigné généralement sous le terme de centrisme et qui regroupe en fait, pêle-mêle, un conglomérat de courants allant de la démocratie chrétienne au radicalisme. Résolument ancré à droite, il se distingue du centre-gauche incarné par le MRG qui, tout entier acquis à la cause des forces réformatrices, refuse pour sa part l’amalgame qui consisterait à le qualifier de valoisien. Cette distinction mérite d’être faite en préambule afin de dissiper tout le malentendu qui pourrait naître d’une évocation de la place de Valois dans l’histoire de France. Cette place, certains la trouveront disproportionnée compte tenu des effectifs squelettiques du parti valoisien. Qu’importe, il existe et notre devoir est d’en parler par respect pour la tenue de l’enseignement historique. Que cette tenue soit blanche ou fermée. Trois points, c’est tout...

En acceptant un couronnement lié à une vision misogyne de la société, Philippe de Valois déclencha a contrario un mouvement féministe de la part des Anglais. Cette tendance anglo-saxonne est aujourd’hui clairement établie depuis les fracassantes révélations d’Edith Cresson. Mais à l’époque, les Français furent surpris d’apprendre qu’Edouard III d’Angleterre, au motif que sa mère était la fille de Philippe le Bel, désirait devenir reine de France. Manque d’ouverture ? sans doute. Refus des minorités sexuelles ? vraisemblablement. Intolérance ? sans nul doute. Ces trois questions sont au coeur du déclenchement d’un conflit qui allait durer un siècle et que, pour cette raison, on allait appeler : guerre de cent ans. Les chevaliers français qui avaient toujours la même façon de combattre, car ils ne connaissaient qu’une tactique : la charge en avant, furent défaits à la bataille de Crécy. Ils avaient omis, erreur fatale avec l’Anglais, de protéger leurs arrières !

Calais fut assiégé, ses habitants affamés. Et là, au lieu de résister dans l’honneur et la dignité, la bourgeoisie glissa vers son penchant naturel : la collaboration. Pour sceller cet acte honteux, six bourgeois se chargèrent de livrer à l’ennemi, ce qui ne souleva alors aucune protestation, les clefs de la ville. Leur tragique disparition est encore inscrite dans nos mémoires. La mort de Philippe de Valois n’y changera rien. Pas plus que l’absence de déclarations embarrassées de celui qui, aujourd’hui encore, tente de verrouiller la société française : Jean-Marie Lepène.

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