Le Libre Journal de la France Courtoise - n° 23 du 30 décembre 1993 - p. 23
Chers frères
Je veux tout

« Je choisi tout », disait sainte Thérèse enfant à sa soeur Léonie qui lui proposait de choisir entre différents jouets rassemblés dans une corbeille. « Je pris la corbeille sans autre forme de cérémonie ». Ce geste et cette parole sont le symbole de toute sa vie : un désir insatiable d’absolu.

C’est Noël, je veux tout ce qui fait Noël, l’humain et le divin. Je veux les guirlandes, les sapins, les vitrines merveilleuses et les crèches. Je veux le champagne et la prière. Je veux les réunions de famille et la solitude. Et je le veux pour tous et je l’aimerais partout, dans la rue, à l’église, chez moi. Ah, ces crèches dans les gares en Italie !

Vouloir tout commence par vouloir plus. Je veux la joie humaine, mais je veux la joie, plus fine, de la religion : les cantiques, les récits, la liturgie. Mais prierai-je à Noël comme à Pâques ou à l’Assomption ? Non. Ce ne sont pas les mêmes mystères.

A ma prière doit s’ajouter la méditation. Méditer, ici, c’est appliquer mon intelligence au mystère propre de Noël, l’Incarnation. Saint Luc rapporte : « Marie méditait tous ces événements dans son coeur ».

Le mystère de l’Incarnation : Celui qui naît à Bethléem est vrai Dieu et vrai homme. Ne me demandez pas de choisir entre Dieu et l’homme. En Lui, je veux les deux ; je veux tout. Mais Jésus ne serait-il que Dieu, ne serait-il pas tout ? N’est-ce pas déjà immense d’être Dieu ? Non. En Jésus, Dieu n’est pas tout et nous ne sommes pas rien. En cette matière, Dieu n’aime pas les OU, il n’aime que les ET. Jésus est Dieu et homme.

Abbé Guy-Marie
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