Le Libre Journal de la France Courtoise - n° 24 du 8 janvier 1994 - p. 23
Chers frères
Le Désiré des Nations

« Où est le roi des Juifs qui vient de naître ? Nous avons vu se lever son étoile et nous sommes venus nous prosterner devant lui ». Qui parle ainsi ? Qui parle d’adorer ? Car se prosterner, ici, c’est adorer. Ce sont les Mages venus d’Orient, des païens. Et qui leur répond ? Qui leur indique la route de Bethléem ? Les grands-prêtres et les scribes de Jérusalem : « Allez à Bethléem, de Judée ». Ils sont venus pour cela. Ils ont fait l’aller et le retour pour cela : adorer. Ces Rois Mages nous représentaient. Ils sont repartis. La place est libre. Le Christ nous attend. Entrons dans le logis, et, en présence de Marie et de Joseph, adorons le Messie d’Israël, le Roi des Nations. Mais qu’est-ce qu’adorer à l’école des Mages ? C’est offrir, s’offrir. C’est recevoir, Le recevoir.

« O admirable échange ! Le créateur de l’homme, en prenant chair de la Vierge Marie, nous donne part à sa divinité ! » (antienne de Noël). Nous sommes cernés par les païens. Beaucoup sont en quête de Dieu. Ne les méprisons pas. Qui leur désignera Bethléem ? Nous-mêmes, l’Eglise, la Nouvelle Jérusalem par où passent les païens. Une autre parole de la Sainte Ecriture, lue ces jours-ci, exprime le désir universel de l’intervention de Dieu dans notre histoire : « Ah, si tu déchirais les cieux, et si tu descendais ! » (Is. 63-19) Ah, si vous descendiez, Seigneur, aujourd’hui dans nos familles pour apporter paix et concorde ! Ah, si vous descendiez dans nos pays en guerre... Nous espérons souvent une descente de Dieu à la manière d’une descente de police ou au moins à une manifestation concrète comme à Don Camillo. Or, les cieux sont déchirés. Dieu est descendu. C’est fait. Mais comme un enfant, l’enfant de Bethléem. Il est « le merveilleux Conseiller, le Prince de la paix », le maître de l’impossible.

Prions-le.

Abbé Guy-Marie
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