Le Libre Journal de la France Courtoise - n° 90 du 8 mars 1996 - p. 23
Un jour
Une maison de premier ordre

Au début du mois de mars 1899, "L’Echo de la semaine" publia ce placard... publicitaire, qu’on pouvait lire sur la porte d’entrée d’un hôtel de Dalton City, une ville canadienne où, depuis 1896, les chercheurs d’or affluaient : "Le propriétaire de l’hôtel informe MM. les voyageurs qu’il ne saurait être tenu à aucune responsabilité quant à leur sécurité personnelle, leur existence ou les voleurs.

MM. les voyageurs sont priés de prendre certaines précautions, chaque fois qu’ils croiront devoir échanger des coups de revolver dans la salle à manger, une balle égarée pouvant atteindre inutilement un domestique ou une personne étrangère à leur discussion. Ils seront personnellement responsables de toute espèce de meubles, glaces, vaisselle, etc., brisés en causant. Les frais de funérailles se paient à part et sont également personnels.

Les voyageurs peuvent, s’ils le désirent, contracter une assurance sur la vie pour la durée de leur séjour.

L’administration ne tiendra aucun compte des plaintes relatives au service.

Tous nos domestiques sont armés et MM. les voyageurs pourront s’expliquer directement avec eux.

Tout voyageur qui prétendrait à l’usage exclusif d’un lit paiera un supplément de deux dollars. Notre hôtel étant une maison de premier ordre, réservée à la clientèle élégante, MM les voyageurs sont invités à se conduire en parfaits gentlemen.

Le propriétaire tient essentiellement à cette condition et se réserve d’appuyer, au besoin, ses exigences par des coups de fusil. Un bal est donné tous les samedis. On n’y est pas admis nu-pieds."

Les frères Dalton et leur joyeuse bande de pistoleros furent-ils clients de cet accueillant établissement, qui n’est point sans rappeler notre "Auberge des Adrets" de sinistre mémoire ?

Jean Silve de Ventavon
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