Le Libre Journal de la France Courtoise - n° 104 du 11 septembre 1996 - p. 23
Un jour
11 septembre 1611

Un boulet impérial tua Monseigneur le maréchal Henri de La Tour d’Auvergne de Bouillon, vicomte de Turenne, à une mousquetade de Salzbach, le 27 juillet 1676. L’illustre soldat avait vu le jour le 11 septembre 1611. Elevé tel un prince étranger puisque petit-fils de Guillaume le Taciturne, Turenne sert doublement Louis XIII et le Stathouder de Hollande Frédéric-Henri. Sous les drapeaux français et batave, le jeune gentilhomme manifeste une égale vaillance... Promu colonel par l’oint de Reims à l’âge de dix-huit ans, le vicomte, ne voulant plus être qu’à la Fleur de lys, va tour à tour glaner des gerbes de Lauriers dans les troupes du duc de Weimar, du cardinal de La Valette, du comte d’Harcourt. Maréchal de France dès 1643, Turenne remporte victoire sur victoire. Il vainc les Impériaux à Fribourg en 1644, à Nordlingen en 1645, à Sommershausen en 1648. Las, la Guerre de Trente Ans finie, le héros, un temps loyal, choisit le camp de la Fronde. Bref faux-pas ! Deux fois gracié, le maréchal s’oppose à Condé au cours de la seconde Fronde, rend Paris à l’enfant-roi Louis XIV en octobre 1652, pulvérise aux Dunes, en 1658, les banderas espagnoles que commande Monsieur le Prince. Devenu catholique, il mènera Sa Majesté « en promenade dans le Nord » lors de la Guerre de Dévolution, et, lors de la Guerre de Hollande, prendra Arnheim en 1672, occupera la Westphalie en 1675...

A la nouvelle de son trépas, Madame de Sévigné, admirative, écrira : « Il est mort aujourd’hui un homme qui faisait honneur à l’homme ». Les restes de Monseigneur le maréchal de Turenne furent inhumés à Saint-Denis. Transférés au Jardin des Plantes à la Révolution, ils y voisinèrent avec ceux... d’un éléphant et d’un rhinocéros. La dépouille du preux repose à présent aux Invalides.

Jean Silve de Ventavon
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