Le Libre Journal de la France Courtoise - n° 171 du 8 janvier 1999 - p. 23
Chers frères
Un échange

« Par la Révélation, la vérité profonde sur Dieu aussi bien que sur le salut des hommes se met à briller pour nous dans le Christ » ("Fides et Ratio", 10).

Cette réflexion de Jean-Paul II peut éclairer de façon originale le mystère de l’Epiphanie. Tous les hommes en effet sont en quête de vérité sur eux-mêmes et sur Dieu. L’Epiphanie, en tant qu’elle est la rencontre des rois mages venus d’Orient et de Jésus, ne peut-elle pas être interprétée comme le rendez-vous de la sagesse des nations et de la Révélation biblique donnée en plénitude en cet entant ?

Tandis que l’offrande de l’or, de l’encens et de la myrrhe figurent traditionnellement dans l’hommage rendu par les païens à la royauté, à la divinité et au sacrifice à venir de Jésus, il me plait d’y reconnaître aussi les trésors de vérité contenus dans la sagesse des peuples, sagesse philosophique et morale, elle-même suscitée par l’Esprit-Saint. Ces rois venus peut-être de la mer et du désert, de Grèce, d’Egypte et d’Arabie (cf. Isaïe 60) représentent tous les hommes de bonne volonté, riches de leurs vraies philosophies, de leurs sciences, de leurs principes moraux, et porteurs des grandes questions humaines touchant la vie et la mort, l’éternité et la souffrance, l’homme et Dieu.

La crèche de Bethléem ne fut certes pas un salon philosophique mais, dans la logique de Noël, le lieu symbolique d’un échange entre la sagesse humaine et la Révélation divine. Les païens pouvaient trouver dans la personne de Jésus « en qui sont cachés tous les trésors de la sagesse et de la connaissance » (Col. 2,3) l’ultime réponse à leurs interrogations, la vraie étoile les conduisant jusqu’à la Croix. Le Calvaire, en effet, étant « le vrai point central qui défie toute philosophie » (23).

Quant à la Révélation biblique, dont ce n’était pas le premier dialogue avec la sagesse païenne, elle recevait le meilleur des acquits culturels qui lui seraient indispensables pour se comprendre et se dire aux hommes.

Abbé Guy-Marie
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