Le Libre Journal de la France Courtoise - n° 176 du 5 mars 1999 - p. 22
Un jour
Mazarin, le grand Français

Cette nuit du 9 mars 1661, le principal ministre de Louis XIII, Monseigneur le cardinal Jules de Mazarin, né Giulio Mazarini, vient d’expirer dans une chambre du château de Vincennes. La faucheuse proche, il avait exigé, toujours petit-maître quoique prélat, qu’un valet taillât sa barbe, frisât ses moustaches, ses cheveux, fardât ses joues, ses lèvres, le vêtît de soie et de brocart.

Quel splendide serviteur perdait le pays des Lys !

Qu’on en juge...

Le 24 octobre 1648, Mazarin conclut le Traité de Westphalie, lequel termina la Guerre de Trente Ans et rattacha l’Alsace, sauf Strasbourg, à la couronne ; il brisa la fronde, cette « guerre civile ridicule » disait Voltaire, qui, de 1648 à 1653, avait tenté, les armes à la main, d’imposer d’abord le gouvernement des parlementaires, puis celui des Grands à la France ; il signa, le 7 novembre 1659, le Traité des Pyrénées, formidable victoire diplomatique donnant pour femme au Très-Chrétien l’infante Marie-Thérèse, enrichissant le Pré Carré du Roussillon, du Barrois, du Clermontois, de l’Artois (moins Aire et Saint-Omer), de la moitié de la Cerdagne, de Gravelines, de Bourbourg, de Philippeville, de Marienbourg, de Dun, de Stenay et de plusieurs places remparées flamandes et lorraines.

De surcroît, l’éminentissime fit bâtir le collège des Quatre-Nations, restaura le château de Vincennes, pensionna une foule d’écrivains, de peintres, de sculpteurs, de musiciens.

Mazarin, vrai Français par l’oeuvre accomplie.

Jean Silve de Ventavon
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