Le Libre Journal de la France Courtoise - n° 180 du 14 avril 1999 - p. 23
Un jour
Vauban

Monseigneur le maréchal Sébastien Le Prestre de Vauban, chevalier des Ordres du Roi, secrétaire d’Etat, membre de l’Académie française, mourut, âgé de soixante-dix ans, le 30 mars 1703.

Restaurateur de trois cents places militaires, créateur de vingt-deux, il avait été un génial architecte-soldat, mais aussi (certaines clauses de son testament peuvent le laisser croire) un grand amoureux.

« Il y a Berthe Saint-Vinox, une jeune veuve surnommée Mademoiselle Balthazar, avec qui j’ai eu très peu de commerce et qui cependant prétend avoir un enfant de moi ; bien que je n’en sois pas autrement persuadé, donner 2 000 livres. »

« Il y a Mademoiselle Poussin, à Paris. Elle prétend avoir un enfant de moi ; bien que j’aie lieu de m’en défier, donner 2 000 livres. »

« Il y a une Madame de La Motte ; elle prétend avoir un enfant de mes oeuvres, ce qu’elle m’a affirmé par tous les serments les plus forts ; bien que je doute de la vérité, donner 2 000 livres. »

« Il y a actuellement une fille dans le voisinage, appelée Mademoiselle Baussant, qui prétend être grosse de mon fait bien que cela ne soit peut-être pas vrai, mais comme cela peut l’être (...), donner 1 000 livres. »

« Il y a de plus une pauvre Irlandaise nommée Madame Dietrich, qui prétend avoir un enfant de moi ; bien que j’aie lieu d’en douter comme des autres, je ne veux pas hasarder le salut de mon âme pour cela ; donner 2 000 livres. »

Point eu de forteresses imprenables, décidément, pour Monseigneur de Vauban ?

Jean Silve de Ventavon
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