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L'après Libre Journal
Relecture post-Apocalyptique
Thoreau, le génie américain contre l’aberrante tyrannie économique
par Nicolas Bonnal

Le Christ nous a dit que son royaume n’était pas à négocier ; mais nous n’avons jamais voulu l’écouter. Aussi nos politiques veulent de la croissance, c’est-à-dire nous endetter un peu plus. Mais l’occident est à bout de souffle : la société de consommation est devenue une société de saturation et chacun rêve de jeter l’éponge. Je travaille pour les impôts, dit l’un, je vis comme un imbécile, dit l’autre, je ne suis pas assez riche pour travailler, conclut un troisième, à moins qu’il ne découvre qu’il ne sait même plus s’il ne sait rien ! Et si je laissais courir ? Et si je décidais de ne plus me laisser droguer, « intoxiquer par l’éther des News » ?

Il y a un siècle et demi, Thoreau calcule qu’on ne gagne rien en travaillant et qu’on apprend rien en étudiant et il rompt avec la matrice (comme il dit, il ne veut pas être l’engrais) : il part lire Homère dans le texte dans une cabane qu’il construit de ses mains sur les bords d’un étang magique ; il envoie promener le social, les études, les joujoux, le crédit, la santé, la politique, l’économique (Milton Friedman disait que cela tient en une page l’économie) : il veut être à l’écoute du monde avec l’esprit libéré d’un homme moderne déjà revenu de notre progrès ; et c’est avant les embouteillages, l’euro, Internet, le Smartphone, la lutte contre les forces du mal et tout le reste. Thoreau n’est pas un ressenti : car pour lui nous sommes nous-mêmes les agents de notre malheur personnel. Mon opinion sur moi-même me nuit plus que la publique. Si la société m’exaspère, c’est de ma faute. Je n’ai qu’à ne pas en faire partie ou ne pas m’informer !

Je vous le livre en vrac, n’ayant pas même envie d’ajouter quelque commentaire ; je préfère en effet me taire. J’en ai marre d’un monde où l’on crée de la dette pour créer de l’emploi de ponction publique ou bien du CO2.

***

« Tel il en est de nos collèges, tel il en est de cent "perfectionnements modernes" ; on se fait illusion à leur égard ; il n’y a pas toujours progression positive. Le diable continue à exiger jusqu’au bout un intérêt composé pour son avance de fonds et ses nombreux placements à venir en eux. »

« Il n’est pas odeur aussi nauséabonde que celle qui émane de la bonté corrompue. »

« La philanthropie, on l’estime beaucoup trop haut ; et c’est notre égoïsme qui en exagère la valeur. »

« Le meilleur de l’homme ne tarde pas à passer dans le sol en qualité d’engrais. Suivant un apparent destin communément appelé nécessité, ils s’emploient, comme il est dit dans un vieux livre, à amasser des trésors que les vers et la rouille gâteront et que les larrons perceront et déroberont. Vie d’insensé, ils s’en apercevront en arrivant au bout, sinon auparavant... Il n’a le temps d’être rien autre qu’une machine. »

« J’ai accoutumé de penser que les hommes ne sont pas tant les gardiens des troupeaux que les troupeaux sont les gardiens des hommes, tellement ceux-là sont plus libres. »

« A quelle fin, dites-moi, tant de pierre travaillée ? Les nations sont possédées de la démente ambition de perpétuer leur mémoire par l’amas de pierre travaillée. »

« Ce qu’il faut aux hommes, ce n’est pas quelque chose avec quoi faire, mais quelque chose à faire, ou plutôt quelque chose à être. »

« L’opinion publique est un faible tyran comparée à notre propre opinion privée. »

« Nos inventions ont coutume d’être de jolis jouets, qui distraient notre attention des choses sérieuses. Nous n’avons de cesse que nous n’ayons construit un télégraphe magnétique du Maine au Texas ; mais il se peut que le Maine et le Texas n’aient rien d’important à se communiquer. »

« L’existence que mènent généralement les hommes, en est une de tranquille désespoir. Ce que l’on appelle résignation n’est autre chose que du désespoir confirmé. »

« Le résultat, c’est que pendant qu’il lit Adam Smith, Ricardo et Say, il endette irréparablement son père. »

« Ce n’est ni aux Grâces ni aux Parques que nous rendons un culte, mais à la Mode. Elle file, tisse et taille en toute autorité. Le singe en chef, à Paris, met une casquette de voyage, sur quoi tous les singes d’Amérique font de même. »

« Pourquoi vivre avec cette hâte et ce gaspillage de vie ? Nous sommes décidés à être réduits par la faim avant d’avoir faim. Les hommes déclarent qu’un point fait à temps en épargne cent, sur quoi les voilà faire mille points aujourd’hui pour en épargner cent demain. »

« Pour le philosophe, toute nouvelle, comme on l’appelle, est commérage, et ceux qui l’éditent aussi bien que ceux qui la lisent ne sont autres que commères attablées à leur thé. »

« S’il est permis à qui rarement regarde les journaux de porter un jugement, rien de nouveau jamais n’arrive à l’étranger, pas même une Révolution française. »

« J’aime à être seul. Je n’ai jamais trouvé de compagnon aussi compagnon que la solitude. Nous sommes en général plus isolés lorsque nous sortons pour nous mêler aux hommes que lorsque nous restons au fond de nos appartements. »

« Le gros mangeur est un homme à l’état de larve ; et il existe des nations entières dans cette condition, nations sans goût ni imagination, que trahissent leurs vastes abdomens. »

***

Enfin, j’adore cette conclusion :

« Il n’est pas d’homme qui ne regarde son tas de bois avec une sorte d’amour. »

22 mai 2012 - lien permanent

Serge de Beketch : 'Mémoires Inachevés', présentés par Nicolas Bonnal et Danièle de Beketch

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par Serge de Beketch et Patrick Gofman, lors de l'émission du 11 avril 2007 sur Radio Courtoisie. (0:38)


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Archives du Libre Journal de Serge de Beketch à télécharger

Nicolas Bonnal : 'Les voyages de Horbiger, ou les Maîtres Carrés'

Patrick Gofman : 'Dictionnaire des Emmerdeuses'

Nicolas Bonnal : 'Mal à Droite - lettre ouverte à la vieille race blanche'

Laurent Blancy : 'Atlas de géopolitique révisé'

Patrick Gofman : 'Vengeances de Femmes'

François Brigneau : 'Faut toutes les buter'

Jean-Paul Chayrigues de Olmetta : 'Almanach du Marquis 2009'

Laurent Glauzy : 'Extraterrestres - Les messagers du New Age'

Retrouvez le Libre Journal de Serge de Beketch sur Radio Beketch,
avec Victoria, J.-P. Rondeau, F. Roboth, Le Marquis et Gofman.

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