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L'après Libre Journal
Après l’Apocalypse
Eloge d’Enoch Powell, prophète de l’invasion de l’Europe
par Nicolas Bonnal

Je peux déjà entendre le chorus de l’exécration...

Enoch Powell prononce son grand discours contre l’immigration venue du soi-disant Commonwealth le 20 avril 1968. Tout ce que nous avons vécu depuis, tout ce que nous vivrons encore jusqu’à notre prochaine disparition, est contenu dans ce texte. Voyez l’euro de football où entre deux pubs Coca-Cola, McDonald’s ou des huiles de moteur Castrol on nous demande de nous dresser contre le racisme et de respecter. Respecter quoi ? Le patriotisme millénaire a été remplacé par la Pride. Les supporters de foot font penser aux communautés homosexuelles qui défilent comme sur des chars de carnaval pour défendre leur pride, leur vanité communautaire : on leur donne des chapeaux, des déguisements, des tatouages, ils sont contents. C’est la Communauté de supporters escroqués par les hôtels et les marchands de bière.

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Enoch Powell est un conservateur initiatique dans la grande tradition anglaise que j’ai analysée ici-même. Comme Chesterton dans le "Nommé Jeudi", il a décidé de se rebeller contre la rébellion moderne, cette rébellion qui détruit tout, religion, culture, nations, famines, pour satisfaire les banques et les cours de la bourse, avant de détruire à leur tour et la bourse et les banques, comme l’araignée de Tolkien qui finit par se dévorer elle-même.

Powell est un homme politique de haut rang, il est aussi poète, il a publié douze recueils de poésies qu’un idiot du village médiatique baptiserait de vers de mirliton aujourd’hui, il parle douze langues dont le russe ; il est un grand spécialiste de la littérature grecque et latine. Son discours est inspiré de Virgile, du chant VI de l’Enéide et d’une vision de la Sibylle. « Je vois des guerres, d’horribles guerres, et le Thybris écumant d’un sang abondant. »(1)

Il a été très hostile au nazisme et à Chamberlain qui a laissé faire Hitler en 38. A la fin de sa vie politique, il se déchaîne contre Edouard Heath et l’entrée du Royaume-Uni dans l’horrible communauté supra-européenne ; car elle n’est pas supranationale, cette communauté, elle est supra-européenne, ce n’est pas la même chose.

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Enoch Powell rappelle en ce 20 avril (jour de la naissance d’Hitler, je le sais, merci, il devait le savoir) que la suprême fonction de l’homme d’Etat est de nous protéger contre des mots à venir, qui peuvent être prévenus... Or on nous prévient sur des maux qui ne sont pas réels, au profit de ceux qui sont réels. Je prends notre époque : on nous affole aujourd’hui avec la dette ou avec le terrorisme, et l’on oublie les vraies menaces : vieillissement, effondrement démographique, remplacement des populations, destruction de l’économie réelle et de la culture, saccage systémique de nos paysages. On nous parle aussi de la menace du racisme, pas de l’invasion. Comme s’il y avait du racisme aujourd’hui en Europe...

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Powell est aussi un esprit très concret. Son combat est étayé de milliers de témoignage. Il recevra 120 000 lettres de soutien, n’en déplaise aux chasseurs de racistes, et il sera approuvé par 75 % des britanniques : il cite des ouvriers qui rêvent de partir, eux et leurs enfants ! Ou une vieille dame, veuve de guerre aux enfants morts, harcelée dans sa maison qu’elle ne veut pas louer aux communautés immigrées, et qui déposent gentiment des excréments dans sa boîte aux lettres ! Elle va voir une bureaucrate du service social, et cette miss zombie lui apprend tout de go que « le préjudice racial ne la mènera nulle part dans ce pays ! »

Avec de gentils organisateurs comme ça, on n’avait pas besoin que Staline ou Hitler gagnassent la guerre ! On aura fait pire que s’ils avaient gagné la guerre, parce que les britanniques veulent quitter leur pays !

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Mais retour à la métaphysique. Avec Powell elle n’est jamais très loin. Il dit que le système nomme de faux dangers parce que pour l’homme primitif et donc médiatique le nom et la chose sont la même chose ! Il dit aussi que nous devons être devenus fous (mad), insensés (insane), et que les dieux rendent d’abord fous ceux qu’ils veulent détruire. Le plaisir est plus grand. D’ailleurs le dieu des farces et attrapes, le dieu du travestissement Loki devient le dieu de l’Apocalypse dans la mythologie scandinave.

Powell ajoute ensuite que nos politiques, et on est dans les années 60, ne savent pas ce qu’ils font(2). On est bien d’accord. Les immigrants ajoute-t-il, vont être élevés en classe privilégiée ; l’intégration et le communautarisme (c’est la même chose) vont faire que les britanniques vont se retrouver étrangers (made strangers) dans leur propre pays ! Tout le monde a d’ailleurs déjà peur, en 68, et des procès et de la prison !

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Le danger bien sûr n’est pas venu, Powell est suffisamment intelligent pour l’observer et suffisamment courageux pour le dire, le danger n’est pas venu de la Russie ; mais des Etats-Unis d’Amérique, de cette abominable grande et grosse société des Johnson et autres Kennedy... Powell voit la désintégration de ce grand pays, « ce phénomène à la fois tragique et intraitable », devenir la nôtre. Lisez-le donc dans son anglais limpide. Car l’atlantisme aura tué l’Europe. J’y reviendrai.

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L’admirable propos de Powell(3) ne montre qu’une seule chose : une apocalypse ne dure pas trois jours et six heures ou trois ans et six heures, une apocalypse, comme celle de l’Empire romain, peut durer des siècles, et nous laisser le temps de nous y habituer, comme le prévoyait Dostoïevski !


(1) "Bella, horrida bella, et Thybrim multo spumantem sanguine cerno." Eneide, VI, 87-88.
(2) Luc, 23, 34.
(3) On peut lire son texte remarquable en ligne sur "Wikisource".
2 juillet 2012 - lien permanent

Serge de Beketch : 'Mémoires Inachevés', présentés par Nicolas Bonnal et Danièle de Beketch

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par Serge de Beketch et Patrick Gofman, lors de l'émission du 11 avril 2007 sur Radio Courtoisie. (0:38)


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Jean-Paul Chayrigues de Olmetta : 'Almanach du Marquis 2009'

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