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L'après Libre Journal
Horbeiger à Tartessos
Horbiger reconstruit le mur de Merlin et fait la guerre aux mots
(Chronique aussi dure à lire que du Cyrano)
par Nicolas Bonnal

Nous sommes à Tartessos, en pleine méditation transcendantale et abyssale. Pendant que Depardieu arpente la Russie, devant les ruines des civilisations de Tharsis et la faillite de celle des Parisis, Horbiger ploie sous le poids des ans, courbé par sa douleur dorsale. Au vieux champ de Mars la France racée défile prenant enfin les âmes. Pour bâtir le Catholique Park, il faut bâtir le mur de Merlin ! Alors on prend la truelle et la pelle du 18 juin. Il ose la lauze, Horbiger.

Ravi Jacob et maréchal Grommelle l’accompagnent dans sa quête du Graal.

- C’est quoi une guerre aux mots ?

- C’est quoi le mariage aux mots ?

- La guerre aux mots, c’est quand la liberté devient la pagaille, la tolérance l’interdiction de parler, le transport le RER et la mouche du coche le président de la république. Voilà pourquoi nous faisons la guerre aux mots, voilà.

- C’est aussi la guerre à l’alibi.

- Il faut faire la guerre aux mots quand la lutte contre le chômage devient quatre millions de chômeurs, la justice, la fiscalité et la lutte contre le terrorisme l’humiliation des honnêtes gens.

- Avant il fallait se serrer la ceinture, maintenant il faut carrément l’enlever. Voyez l’aéroport !

- Les mots mentent toujours.

- Contre la guerre civile, la guerre civilisatrice !

- La France n’est pas condamnée à more, la France ne compte pas pour du beur !

- Silence dans les rangs ! Quel est l’agent provocateur...

- Mandeville sans doute, il trompe l’orthographe...

***

Le pingouin Steven Spitzberg et l’ara Petacci reviennent de la manif parisienne en jet privé. Ils descendent du jet et battent bien des ailes(1). L’ami Polémique Victor est venu aussi voir la colonie de vacances dans cet autre bout du monde si cher au professeur Bruno.

- Alors, ce coup d’Heil ivre ?

- Très drôle ! Tu es trop mal appris pour en parler.

- Vous êtes allés manifester avec Sarkozy ?

- Non, il faisait le Paris-Qatar !

- Bon, revenons à nos moutons emmurés. C’est quoi un Catholique Park ?

- C’est un film soviétique et folklorique avec un bon village tout plein de têtes blondes, des bons prêtres, des âmes et des ânes, des poules et des coqs d’or, des aulnes forts et des couchers de soleil.

- C’est tout ? Y’a pas de centres commerciaux ? De dealers ? De Simpson ?

- En général il y a un magicien noir vêtu d’un exosquelette(2) qui arrive et enlève l’héroïne qu’il emmène dans un noir souterrain bourré tout plein de la technologie. Mais nous, nous défendons l’Ailleurs chrétien azuréen.

- Ce n’est pas un peu utopique ?

- Silence, Ravi Jacob. Si tu n’es pas content de notre utopie, tu peux aller te louer une chambre à Gaza !

- Polémique Victor, je vous rappelle à l’ordre.

- Du désordre plutôt. Le jour où nous n’aurons plus peur du désordre, nous serons les maîtres chez nous.

- C’est notre lâcheté qui décide de tout.

- C’est un alexandrin ; bravo, Ravi : vous êtes exemplaire en tout point.

- Pérégrin en pince pour Voltaire en ce moment.

- Pérégrin se fout du monde et de la bête immonde tout le temps.

- Il m’a dit de vous lire ceci :

« Ce n’est pas le nombre des morts, c’est l’épouvante de ceux qui survivent qui fait perdre les batailles. »

- C’est beau, c’est du Voltaire.

- Et c’est dans "Charles XII" !

- Moi je trouve que le problème c’est l’ennui, l’ennui moderne c’est tout. Les gens ne savent plus s’ils sont vivants, c’est tactique. C’est Soljenitsyne aussi.

- Le savaient-ils quand ils ployaient devant leur charrue, le froid ou bien la peste ?

- O humanité !

- C’est vrai cela, il ne faut ni être lâche ni s’ennuyer devant un écran de télé.

- Quinze milliards de minutes perdues sur Facebook par jour, elle est belle l’humanité !

- Pensez au champ de bataille. Ne pas renoncer parce que le copain est mort. Il faut gagner. Staline demandait combien de divisions étaient restées au pape, et ils n’ont plus de divisions, alors que les chrétiens...

- L’important dit Benêt n’est pas la terre que nous laisserons à nos enfants mais les enfants que nous laisserons à la terre.

- C’est qui ce Benêt ?

- Mais ils veulent en plus adopter nos enfants !

- Un autre alexandrin ! Toujours ravi, Jacob ?

- Et toujours du Voltaire, qui célèbre la race supérieure :

« Les Suédois sont bien faits, robustes, agiles, capables de soutenir les plus grands travaux, la faim et la misère ; nés guerriers, pleins de fierté, plus braves qu’industrieux, ayant longtemps négligé et cultivant mal aujourd’hui le commerce, qui seul pourrait leur donner ce qui manque à leur pays. On dit que c’est principalement de la Suède, dont une partie se nomme encore Gothie, que se débordèrent ces multitudes de Goths qui inondèrent l’Europe, et l’arrachèrent à l’empire romain, qui en avait été cinq cents années l’usurpateur, le législateur et le tyran. »

- Il est fou ce Voltaire, il défend l’immigration des Goths contre l’empire romain ?

- La race supérieure, c’est la race des destructeurs !

- La civilisation c’est le mal ! Vive les Lumières !

- Le monde moderne, c’est la faute à Voltaire !

- Bon, et ce mur de Merlin alors ?

- Ce serait le mur enchanté, le mur nous séparant de leur monde englouti. Le mur de la famille et puis de l’amitié, le village gaulois et ses potions magiques, sa tragi-comédie du futur et ses chênes celtiques. On serait dirigé par de vieux conseillers : et ce mur de Merlin, ce serait alors le mur de l’archonte !

- Très bien ! Très drôle ! Continue !

- On vivrait bien caché et dans deux-cents ans on reconquerrait la France et on en chasserait...

- Les envahisseurs ?

- Non, non, il n’y en aura déjà plus. Extinction du peu. Pas d’enfants, n’est-ce pas ? On en chasserait le bitume, le béton, et les stations-services, et puis les éoliennes et les aéroports réduits à l’été de ruine.

- C’est la révolution médiévale, où ai-je lu cela ?

- Tolkien bien sûr, mais avant lui William Morris, Tolstoï, le monde moderne ne bouge pas depuis deux siècles ou presque. Tout le monde concorde...

- ... Surtout sur la place !

- ... Tocqueville, Edgar, Léon Bloy, Chesterton...

- Et un alexandrin !

- Encore un ! On va boire une bière ?

- Ce n’est pas un livre de Tolstoï, ça, bière et paix ?

- Mandeville !

- Son esprit bat la campagne. Bon, on le construit quand ce mur ?

- Contre les travelos, vive les grands travaux !

- Vive la guerre aux mots !

- On construire ce mur en vers, comme en Kalevala !

- Minute, papillons...

(à suivre)


(1) C’est un alexandrin !
(2) Voir "Global Trends" dans le rapport de la NIA, qui spécifie l’horreur de notre futur transhumain.
14 janvier 2013 - lien permanent

Serge de Beketch : 'Mémoires Inachevés', présentés par Nicolas Bonnal et Danièle de Beketch

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par Serge de Beketch et Patrick Gofman, lors de l'émission du 11 avril 2007 sur Radio Courtoisie. (0:38)


Archives du Libre Journal de Serge de Beketch en ligne

Archives du Libre Journal de Serge de Beketch à télécharger

Nicolas Bonnal : 'Les voyages de Horbiger, ou les Maîtres Carrés'

Patrick Gofman : 'Dictionnaire des Emmerdeuses'

Nicolas Bonnal : 'Mal à Droite - lettre ouverte à la vieille race blanche'

Laurent Blancy : 'Atlas de géopolitique révisé'

Patrick Gofman : 'Vengeances de Femmes'

François Brigneau : 'Faut toutes les buter'

Jean-Paul Chayrigues de Olmetta : 'Almanach du Marquis 2009'

Laurent Glauzy : 'Extraterrestres - Les messagers du New Age'

Retrouvez le Libre Journal de Serge de Beketch sur Radio Beketch,
avec Victoria, J.-P. Rondeau, F. Roboth, Le Marquis et Gofman.

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