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L'après Libre Journal
Relecture post-Apocalyptique
Tocqueville, les races et la destructrice matrice américaine
par Nicolas Bonnal

Tocqueville décrit de son style insurpassable, et vers 1830, le prochain crépuscule des races noire et indienne en Amérique. Il le fait avec une alacrité forte, comme s’il savait que les Blancs finiraient par disparaître à leur tour, frappés par la civilisation postchrétienne, fondée sur le progrès, la science et l’argent, dont ils ont été les vecteurs, les virus ou les symptômes, on ne sait plus comment dire.

Sa précision et son origine aristocratiques le portent à distinguer deux facettes dans la disparition de l’originalité culturelle et la volonté de vivre d’une race (ou d’une culture, ou d’une nation) : la voie noire et la voie indienne. La voix noire concerne la grande masse imbécile de la civilisation des loisirs, qui détruit tout sur la planète en ce moment (on voit que les grandes civilisations hindoue ou chinoise s’engloutissent, à la suite du Japon et à la barbe de Guénon, dans le néant affairiste et consumériste) ; la voix indienne est la voix qui s’en prend à une humanité d’élite, elfique presque, celle que décrit Tolkien dans son oeuvre, et qui avait à peu près totalement disparu à la fin mettons de la première guerre mondiale, de l’avis de presque tous les grands écrivains de cette époque. N’a subsisté que le dernier homme nietzschéen, increvable jouisseur qui veut durer et durer encore. C’est l’homme du printemps arabe qui n’en a plus pour très longtemps, même s’il ne le sait que confusément. Car on ne pourra pas financer son bicentenaire.

***

Commençons par le premier de ces derniers hommes, le noir. Il est tout un symbole pour notre auteur.

« Le Nègre des Etats-Unis a perdu jusqu’au souvenir de son pays ; il n’entend plus la langue qu’ont parlée ses pères ; il a abjuré leur religion et oublié leurs moeurs... Le Nègre n’a point de famille ; il ne saurait voir dans la femme autre chose que la compagne passagère de ses plaisirs, et, en naissant, ses fils sont ses égaux. »

C’est l’homme des réseaux coquins et copains qui n’a plus de foi ni de patrie ni de famille. Ou bien si peu ; il lui reste les centres commerciaux. Comme le remarquera plus tard Soljenitsyne, cet homme ne sait plus s’il est vivant. C’est le zombie repus de nos médias. Il adore ses maîtres et ses élites :

« Plongé dans cet abîme de maux, le Nègre sent à peine son infortune ; la violence l’avait placé dans l’esclavage, l’usage de la servitude lui a donné des pensées et une ambition d’esclave ; il admire ses tyrans plus encore qu’il ne les hait, et trouve sa joie et son orgueil dans la servile imitation de ceux qui l’oppriment. Son intelligence s’est abaissée au niveau de son âme. »

Cet atome crochu n’a plus à se soucier de son avenir. Quelqu’un y pourvoit gentiment, le pouvoir bienveillant, tutélaire et doux. C’est la servitude dont Tocqueville parle dans un autre célèbre passage, servitude liée au développement de l’Etat moderne.

« Sans besoin comme sans plaisir, inutile à lui-même, il comprend, par les premières notions qu’il reçoit de l’existence, qu’il est la propriété d’un autre, dont l’intérêt est de veiller sur ses jours ; il aperçoit que le soin de son propre sort ne lui est pas dévolu ; l’usage même de la pensée lui semble un don inutile de la Providence, et il jouit paisiblement de tous les privilèges de sa bassesse. »

La liberté n’est plus utile et, on l’a compris comme Lénine, elle n’est pas la bienvenue dans le nouvel ordre mondial (on peut toujours voter Copé ou bien Fillon !). Mais le troupeau est bien soumis, bien docile et habitué à obéir, dira Céline dans le "Voyage en Amérique".

« S’il devient libre, l’indépendance lui paraît souvent alors une chaîne plus pesante que l’esclavage même ; car dans le cours de son existence, il a appris à se soumettre à tout, excepté à la raison ; et quand la raison devient son seul guide, il ne saurait reconnaître sa voix. »

***

Dans l’esclavage moderne la consommation règne en maîtresse de nos âmes. On oublie d’ailleurs que le nombre 666 sert surtout à vendre et à acheter. Si l’on sait faire quelque chose de ses dix doigts, de son cerveau, et qu’on n’achète ni ne vende, on lui échappe à l’entité, et ses changeurs...

« Mille besoins nouveaux l’assiègent, et il manque des connaissances et de l’énergie nécessaires pour leur résister. Les besoins sont des maîtres qu’il faut combattre, et lui n’a appris qu’à se soumettre et à obéir. Il en est donc arrivé à ce comble de misère, que la servitude l’abrutit et que la liberté le fait périr. »

La liquidation des races, nations et cultures passe par la création et la manipulation industrielles d’un complexe d’infériorité. On n’est pas dans la matrice américaine : donc, de Madrid à Dubaï, et de Shanghai à Pretoria, on s’efface. On gomme sa culture, on la recycle et on s’intègre en s’écrasant. L’esclave noir américain décrit par Tocqueville annonce donc ce qui va nous arriver à tous.

« Le Nègre fait mille efforts inutiles pour s’introduire dans une société qui le repousse ; il se plie aux goûts de ses oppresseurs, adopte leurs opinions, et aspire, en les imitant, à se confondre avec eux. On lui a dit dès sa naissance que sa race est naturellement inférieure à celle des Blancs, et il n’est pas éloigné de le croire, il a donc honte de lui-même. »

On comprend donc à quoi servent les repentances un peu partout, et pas seulement en France. On se fait honte pour se préparer mieux à l’esclavage. Bienvenue aux esclaves blancs. Ce sont des produits de la matrice, et plus des patries.

Voilà pour les esclaves. Nous verrons comment Tocqueville traite le problème des résistants à la Weltanschauung de la modernité, autrement dit les indiens.

(à suivre)

15 janvier 2013 - lien permanent

Serge de Beketch : 'Mémoires Inachevés', présentés par Nicolas Bonnal et Danièle de Beketch

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par Serge de Beketch et Patrick Gofman, lors de l'émission du 11 avril 2007 sur Radio Courtoisie. (0:38)


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Nicolas Bonnal : 'Mal à Droite - lettre ouverte à la vieille race blanche'

Laurent Blancy : 'Atlas de géopolitique révisé'

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François Brigneau : 'Faut toutes les buter'

Jean-Paul Chayrigues de Olmetta : 'Almanach du Marquis 2009'

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avec Victoria, J.-P. Rondeau, F. Roboth, Le Marquis et Gofman.

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