L'après Libre Journal - Retour à la liste
L'après Libre Journal
Radio Courtoisie
Troisième Oeil : Eclaircissements sur les Illuminati (I)
par Nicolas Bonnal

Triomphant sans cesse et sans limites de la nature
par la science et l’énergie, l’homme par cela même
éprouvera constamment une joie si intense qu’elle
remplacera pour lui les espérances des joies célestes.

"Les frères Karamazov"

Nous avons réalisé ce mois-ci, dans l’émission d’Arnaud Guyot-Jeannin sur Radio Courtoisie, une chronique du Troisième Oeil sur les Illuminati.



Extrait du "Libre Journal des Enjeux Actuels" diffusé le 12 février 2013. (12:53)
***

J’ai évoqué plusieurs fois, parfois avec humeur, la notion très cinéphilique des Illuminati, qui excite tout le monde, en particulier sur le réseau, où elle prend des proportions fantasmagoriques quand ce n’est humoristique. Des amis me demandent des éclaircissements, et je vais en donner, après avoir rappelé quelques sources américaines (<vigilantcitizen.com>, Tex Mars, <theoccidentalobserver.com>, Fritz Springmeier) et françaises (le toujours actuel Jacques Bordiot, notre ami Glauzy et bien sûr... Céline). Mais les maîtres comme Dumas ("Joseph Balsamo"), Balzac ou bien sûr Dostoïevski nous éclairent déjà très bien sur l’ombrageuse notion. Si j’avais à donner une définition, je dirai que l’Illuminati est l’héritier de Klingsor : un être inverti qui veut refaire le monde à son image, tuer le vivant et en faire un ersatz. L’environnement chassera la nature qui avait remplacé la création. Ce goût de l’artifice se retrouve dans tous les domaines.

- Le mot Illuminati s’applique d’abord à Spartacus, l’homme qui voulait justement détruire le monde réifié et athée des romains de la République (sic) et libérer ses colonies d’esclaves. Mais depuis il a été détourné, car chez les Illuminati on aime hybrider, subvertir, invertir ou renverser (voir Nietzsche à ce propos - Nietzsche qui est depuis toujours leur meilleur porte-parole). L’Illuminati est un révolutionnaire, un homme qui veut renverser l’ordre naturel existant et veut imposer un nouvel ordre quantitatif, le novus ordo saeclorum des billets américains et des héros du bolchévisme, qui devinrent tous ou presque des oligarques après la révolution russe.

- Le mot Illuminati vient bien sûr de Weishaupt et de son ordre secret révolutionnaire ; dénoncé par un éclair en 1784 (déjà !) et qui est lié à la chute de la monarchie française et aux massacres rituels de notre grande Révolution, décrits par Taine et explicités par Cochin. Pour ce dernier, le mécanisme de l’assentiment, qui rend les conservateurs si impuissants devant le déluge, est la clé du pouvoir démocratique. Il est très bien étudié, ce machinisme humain, par Cochin et par un savant biélorusse de l’époque de Cochin, Moïse Ostrogorski, dont je reparlerai un jour. Ostrogorski a parfaitement établi que la démocratie est tout sauf démocratique. Elle annonce l’ère du tireur de ficelles (wire-puller) qui a inspiré le célèbre Parrain. L’impudente démocratie parlementaire est la meilleure dictature qui soit pour contrôler la post-humanité industrielle (voir son passionnant contemporain William Lecky). Et elle est imparable, jugée fatale par Tocqueville même.

- L’illuminisme est lié à la science moderne, qui vira vite au délire (mesmérisme, darwinismes, relativismes, etc.). Le grand Mumford parle tristement de l’époque de Bacon et de Galilée, et bien sûr de la renaissance qui se moquent comme d’une guigne de nos libertés et de la démocratie des médias ; c’est aussi l’époque de Machiavel. « La vie n’est plus un risque à courir mais un problème à résoudre » (Bernanos). C’est le début de la mécanisation de l’homme, de la foi, de la vie humaine. Le spectacle de la cour de Louis XIV nous fait déjà froid dans le dos, et ce n’est pas un hasard. La machine moderne est déjà là, on le sent dans "le Bourgeois gentilhomme". L’illuminisme scientifique rejoint l’illuminisme politique et le savant veut toujours (et jamais parfois) du nouveau, du néo, du transhumain. Ce mot doit être présent dans ce qui nous reste de conscience, car nous serons bientôt remplacés. Les savants ont toujours accompagné les révolutionnaires, Français, bolchéviques, ou nazis. Sans oublier les acteurs de la mondialisation post-humaine décrite par les réseaux et les livres de science-fiction. La science est souvent l’ennemie de l’homme, est elle l’est toujours de son âme. Quant aux scientifiques...

- L’illuminisme est un empire des signes pour reprendre l’expression de Barthes à propos du Japon post-atomique. C’est un retour du mauvais baroque. Voyez l’architecture, les jardins, les chorégraphies, les transports. Tout n’est que codes, sémiotique, combinaisons, références, hommages, petits gestes (très bien expliqués par Tex Mars), et bien sûr bons gros symboles : pyramides, triangles, alignements, astronomique architecture, manie prométhéenne, anges bizarres, oeil qui voit tout, culte d’Isis et de Saturne. La mondialisation a permis la construction très maçonnique des mêmes centres politiques, juridiques et religieux un peu partout, en France, en Amérique, en Asie centrale : voir l’inquiétante capitale du Kazakhstan Astana bien décrite par <vigilantcitizen.com>. Comme Manhattan, ce transistor ou alambic de la vie moderne mimétique, les lieux de culte sont hors de prix, ce qui fait partie de leur charme luciférien. Le couple DINKS paie pour visiter l’enfer dans un monde symbolique transformé en salle d’attente (aéroports, centres commerciaux, gares, parkings, restaus géants, parcs d’attraction).

- Les Illuminati ont bien sûr créé un art moderne pas du tout sans racine, mais inverti, destructeur, analysé bien des fois, mais très bien par Tolstoï dont j’ai déjà parlé. L’art actuel est dominé par les marchands, un grand public taré et minoritaire (1 à 5 % d’idiots créent finalement les tendances), et par les invertis des médias et de la mode : c’était déjà prévu par Weininger dans son chef-d’oeuvre "Sexe et caractère". L’illuminisme veut créer théologiquement et techniquement un être unisexe, un inverti manipulateur de magie et de technologie, le Klingsor du Parsifal légendaire. Le monde moderne liquide les différences sexuelles au travail, dans les magasins de mode, dans les comportements et bien sûr dans les rapports reproducteurs. On n’a plus besoin d’être un homme ou une femme. C’est pourquoi l’Illuminati recycle la nature ou recouvre la terre en dévoilant le ciel. Et il faut un être transmuté sexuellement pour opérer, une nouveau Méphistophélès, un bon vieil androgyne. La mutilation initiatique fait aussi partie du projet intellectuel pervers. On conçoit que le mariage et l’adoption homo soient dans ce contexte un vrai grand projet ; et que toute résistance soit balayée d’un revers de clavier.

- La notion d’Illuminati suppose une élite sélectionnée, contactée, choisie, cooptée à la manière maçonnique, de manière à rester globalement solidaire. Il vaut mieux être riche, surtout quand cette richesse est fabriquée par les hasards de la bourse et de l’informatique à face de bouc. Il n’est pas nécessaire d’être compétent ni surtout honnête. Plus un homme politique est malhonnête, plus on peut le faire chanter. Cela est important dans la mesure où l’Illuminati est un anti-monarque, c’est-à-dire le représentant d’une élite hostile ou homicide (nazisme, communisme, libéralisme de la fin, social-démocratie, etc.). Aucun roi n’aurait jamais fait subir à un peuple ce que la démocratie nous a fait subir. Voyez l’exemple français depuis 1870. Trois charniers, des désastres coloniaux et pour finir le remplacement de notre population. Mais qui dit mieux ? La notion d’élite hostile, développée par le professeur McDonald, est la meilleure qui soit pour désigner les Illuminati. Dans ce système on ne monte que si l’on veut détruire son peuple. L’hétéro-phobie devient d’ailleurs une règle de vie dans ce monde en voie d’expiration.

- Un élément important que l’on néglige : la généalogie. Les hiérarchies des Illuminati sont liées aux lignées, bien étudiées par Springmeier, David Livingstone (Terrorisme Illuminati) et par d’autres. Les lignées royales en Europe ou dans les pays du Golfe sont toutes ou presque hybridées et perverties, liées aux sociétés mondialistes, et elles reflètent un monde obsédé par la génétique et les arbres généalogiques, un monde où l’on se reconnaît et où l’on se place. Dans le monde de Dan Braun et de la chapelle Roselyne, le vrai roi de France serait un Rothschild puisque le précieux bloodline de la famille au bouclier rouge est uni à celui des Saint-Clair. L’autre hiérarchie est liée au dressage militaire des tueurs (Van Damme, Jet Li, Hitman, etc.) ou à la soumission sexuelle, divisant le spectacle moderne en sex-slaves et sex-handlers : voir les incidents et morts qui ont concerné les people Français à New York ces dernières années... Le cinéma américain de l’âge d’or (Sinatra, Monroe, Bob Hope) a très bien reflété ces hiérarchies qui aujourd’hui sortent au grand jour dans l’indifférence générale. Le pouvoir est aussi lié au mauvais traitement des enfants ou à leur pollution, comme l’avait compris Drumont en son temps. Les droits de l’enfant ne font pas partie des droits de l’enfance. Quant au foetus, il est juste bon à recycler. Trente millions de petites filles ont ainsi été chassées de l’Inde grâce au scanner.

- Les progrès technique accélèrent l’horreur Illuminati, ils ne la créent pas. L’horreur devient indolore comme nos guerres, on ne la ressent plus physiquement (prédiction de Tocqueville). Mais si la technique a désenchanté ou démoli le monde, la technologie remplace l’esprit par la prothèse. La technique est de l’idéologie matérialisée dans le mode Illuminati. Un possesseur d’Apple est un possesseur de pod, de pad, smart-phone, que sais-je, et plus rien d’autre. Son cerveau est bon à être possédé par un body-snatcher ou un brain-snatcher... Il est une somme de demandes financées par sa carte de crédit. Il est conditionné et formaté par le médium mué en message, et sa compréhension du monde est absolument limitée. Le progrès technique permet de nous priver d’eau pure, d’air pur et de nourriture, comme disait Villiers. Il nous fait tout payer, puis il nous condamne à mort, aux cancers, aux maladies, à la bêtise et à l’obésité. Il a surtout permis de déshumaniser et de profaner tout notre environnement. Le guépard survivant au code-barres penaud est filmé pendant sa chasse rétrécie dans sa savane couverte de touristes et photographes.

- Le progrès médiatique a facilité l’invasion de nos consciences par le chaos, la nullité des préoccupations, l’incohérence, la bouffonnerie et la pornographie galopante (elle est même folle si vous avez l’hypocrite courage d’aller vérifier). Il faut dissoudre tout rapport avec la réalité ou désespérer les gens (rôle des news) et ensuite les enduire de néant ou de satanisme obtus. On ne voit plus que des films d’horreur, des zombies, des gosses tordus, des vampires et tout le reste à la télévision. Rihanna ou Gaga, Kesha ou Beyonce chantent des hymnes au satanisme et au contrôle mental, le tout dans une indifférence totale. Leurs chorégraphies sont aussi démentes, comme les costumes et les corps des danseurs-remueurs. La transformation des vétéranes blanches Jane Fonda ou Andy McDowell en éternelles gamines trans-humaines de 66 ou 77 ans est aussi une monstruosité digne de l’industrie cosmétique, qui a toujours traîné dans les parages les plus sombres de notre histoire (voir l’affaire l’Oréal). On nage avec l’Azazello de Boulgakov, inspiré bien sûr du livre d’Enoch et des mauvais instructeurs chus du ciel noir. Ici encore les clips épouvantables de Lady Gaga sont très instructifs, même s’ils me paraissent aussi insoutenables à subir que le journal télé.

- L’obsessionnel métissage, fourrier de la race à prix unique, est aussi un mantra Illuminati. La catastrophe Illuminati s’appuie sur la dénonciation du racisme alors que c’est la race blanche qui a été détruite par le racisme Illuminati au vingtième siècle, juifs, slaves, Allemands, ou bien réduite en esclavage par le communisme puis par le nouvel ordre mondial. L’Illuminati rêve d’un être unique - le produit amorphe unifié de cette race à prix unique décidée à l’époque de Pearson ou de Vacher -, puis d’un mutant, d’un transhumain qui nous défera d’ici peu. Quant à nous, nous n’avons été, lorsque nous avons été une race supérieure, une simple race manipulée, la première à être rongée par le matérialisme et le progressisme. En relisant les écrits des théoriciens racistes des siècles passés, je me suis rendu compte du malheur de ces gens qui ne voyaient en nous que de grands singes bagarreurs et gloutons. Darwin, quand tu nous tiens...

- Dernier élément : le satanisme qui devient aujourd’hui la seule culture de masse. Tout est satanique à la télévision, toute la pop-culture, le rap, la chanson, les clips, les films, les séries télé, tous les programmes MTV ou Disney sont infectés de satanisme. Tout est lié même ironiquement, même humoristiquement, au contrôle mental et aux contrôles Monarque : voyez n’importe quel clip des stars de vos enfants. Le ventre est bien fécond d’où resurgit la bête immonde. C’est une pure culture pop, ce qui fait qu’elle ne choque plus. Il n’y a plus de bons prêtres pour nous protéger, et comme on ne peut plus guérir la maladie, on dit comme les Shadoks (parabole maligne sur la prise de pouvoir bureaucratique et cybernétique en France) qu’il n’y a plus de maladie. La culture Illuminati a pour but, je le dis comme je le pense, de remplir l’enfer. Les enfers sont les enfers, c’était le sujet de mon livre sur les "Maîtres carrés". Tocqueville a dit que la démocratie s’attaque à l’homme, pas au corps, elle le fait à l’école, à l’hôpital, à la télé, ou sur la route, dans les parkings labyrinthiques (les urbanistes sont tous Illuminati et la matrice du film homonyme a été dessinée par un "grand architecte"), supermarchés, les casinos (voyez le sinistre et futur et peu reluisant Euro-Vegas de Castille) et dans les centres commerciaux, entités de programmation contre-initiatique. Cherchez, disait Jésus, et puis vous trouverez. Ne vous croyez plus dans un monde innocent où être va de soi. Vous n’êtes pas là par hasard, même si vous avez déjà sans le savoir renoncé à tout espoir.

(A suivre)

27 février 2013 - lien permanent

Serge de Beketch : 'Mémoires Inachevés', présentés par Nicolas Bonnal et Danièle de Beketch

Publicité !

par Serge de Beketch et Patrick Gofman, lors de l'émission du 11 avril 2007 sur Radio Courtoisie. (0:38)


Archives du Libre Journal de Serge de Beketch en ligne

Archives du Libre Journal de Serge de Beketch à télécharger

Nicolas Bonnal : 'Les voyages de Horbiger, ou les Maîtres Carrés'

Patrick Gofman : 'Dictionnaire des Emmerdeuses'

Nicolas Bonnal : 'Mal à Droite - lettre ouverte à la vieille race blanche'

Laurent Blancy : 'Atlas de géopolitique révisé'

Patrick Gofman : 'Vengeances de Femmes'

François Brigneau : 'Faut toutes les buter'

Jean-Paul Chayrigues de Olmetta : 'Almanach du Marquis 2009'

Laurent Glauzy : 'Extraterrestres - Les messagers du New Age'

Retrouvez le Libre Journal de Serge de Beketch sur Radio Beketch,
avec Victoria, J.-P. Rondeau, F. Roboth, Le Marquis et Gofman.

Retour à la liste - Haut de page