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L'après Libre Journal
Après l’Apocalypse
La culture actuelle comme satanisme de masse et arme de destruction massive
par Nicolas Bonnal

Car notre lutte n’est pas contre le sang et
la chair, mais contre les principautés, contre
les autorités, contre les dominateurs de ces
ténèbres, contre la [puissance] spirituelle de
méchanceté qui est dans les lieux célestes.

Ep.,6,12.

Le déclin du christianisme en Occident ne suffit pas à nos élites. Il est trop lent. Elles veulent plus.

L’affaire des Pussy Riot ou des Femen a montré que le satanisme est devenu la culture officielle de l’Occident, et que l’Occident est prêt à tout pour le défendre. L’historien anglais Trevor-Roper avait montré que la sorcellerie aux temps modernes était une affaire sérieuse, hautement motivée (voir la phrase limpide, « a new explosive force, constantly expanding with the passage of time »).

La sorcellerie est partout aujourd’hui. On le voit avec les sorciers de Wall Street et d’ailleurs, avec Harry Potter, on le voit avec les stupéfiantes émissions de la planétaire MTV (zombies, vampires et cannibales, sans oublier les familles qui organisent la chasse à leur enfant) ou avec les provocations antifrançaises de Madonna à Tel-Aviv, avec tout le background occultiste et le bataclan Illuminati qui aujourd’hui accompagne les concerts de rock et de pop un peu partout. Les référents sataniques sont soigneusement calculés et incarnent la face cachée de la démocratie humanitaire, celle de la bourse folle, des ONG et du clonage humain. La cible est tout ce qui ne rentre pas dans le système et la cible est surtout le christianisme. Les provocateurs comme Madonna sont "cabalistes", les provocateurs néo-païens comme les Pussy Riot ont peur des musulmans et ne s’en prennent qu’aux églises accusées d’être la manifestation d’un héritage que l’on ne supporte plus en Occident. Les églises empêchent nos démons de faire la fête et nos démocraties ne le supportent plus. La société liquide décrite par Bauman veut liquider toute trace de pureté et de sacré. On pourra appliquer aux grosses sociétés productrices de biens (de maux, plutôt) culturels ces phrases lumineuses de l’encyclique Rerum Novarum, d’actualité comme jamais :

« Mais c’est une opinion confirmée par de nombreux indices qu’elles sont ordinairement gouvernées par des chefs occultes et qu’elles obéissent à un mot d’ordre également hostile au nom chrétien et à la sécurité des nations. »

Il est vrai qu’il n’a plus rien à défendre ; l’occident médiéval est un pieux souvenir. La mondialisation forcée a montré que l’occident est aujourd’hui partout : c’est un centre commercial, une autoroute, un match de foot. Et pendant peu de temps finalement on nous a fait croire que l’occident était quelque chose de bon et menacé par le communisme ou par le soviétisme ; ou bien ensuite par l’islamisme avec qui nous avons fusionné, de Riad aux banlieues. Ce monde né dans les souks, les bazars, les caravansérails et les magasins (tous mots d’origine arabe) est devenu finalement le nôtre dans le cadre du "cash des civilisations" le centre commercial américano-centré ; avec à son service une culture de satanisme et de désensibilisation psychiatrique, car cela va avec. Il faut pousser le caddie, il faut manger des chips et regarder des monstruosités toute la nuit ou toute la journée sans jamais réagir. Ce serait conspiratif !

***

D’après le chercheur Daniel Estulin, auteur du très informé Tavistock Institute, la culture contemporaine postérieure à mettons 1960 a servi des propos bien sinistres de programmation mentale, sous sa forme élitiste ou de masse ; je n’ai jamais été bien seul à le penser, mais il était trop tard... La culture dans laquelle nous vivons, et qui a tourné le dos à notre patrimoine, qu’il s’agisse de Lady Gaga, du bouquin "Millenium", du jazz, du rap, des modes néo-punks ou du film Avatar, d’inspiration néo-païenne, n’est pas fortuite, elle n’est pas le fruit des goûts du public (Steve Jobs disait que le public ne sait pas ce qu’il veut, que le public prend ce qu’on lui donne) et du génie naïf de ses initiateurs. Cette culture n’est plus chrétienne, n’est plus enracinée dans l’histoire d’un peuple ou dans un sol ; elle est liée au conditionnement de masse, elle est abstraite et massifiée, elle a des buts abjects et des objectifs précis, mondialisés, qu’on peut aussi retracer à travers l’histoire de "l’alittérature contemporaine" ou du cinéma postclassique. La musique moderne doit rendre fou, disait déjà l’inévitable Adorno.

Par exemple, explique Estulin, le jazz imposé partout a été fabriqué à l’époque de Gershwin et il a sciemment remplacé les negro spirituals traduits par la grande Marguerite Yourcenar. Il a contribué à la déchristianisation des noirs américains, chose visible aussi dans le très beau biopic de Taylor Hackford sur Ray Charles, musicien dévoré par les drogues. Ces noirs US ont été rendus teigneux par le système dans les années 60, et je me souviens qu’Alain, le frère hindouiste du cardinal Daniélou, l’observait déjà dans ses mémoires. Quant aux rappeurs, ils ont accompagné le million de jeunes noirs (pas un de moins) tués pour quelques trottoirs de drogue... Tout le background Illuminati avec ses esclaves sexuels, ses croix égyptiennes, ses pyramides et son oeil d’Horus est venu se greffer après. Regardez attentivement un clip de lady Gaga comme Born this Way avec ses licornes, ses limaces et ses humains robots et vous comprendrez.

Estulin rappelle que, comme le rock, la culture beatnik a été lancée et encouragée pour détourner les activités des plus entreprenants de la politique. L’intronisation des drogues et de la contre-culture correspond à un projet policier et politique : Estulin cite les projets MK-Ultra, Cointelpro, Artichoke dont Hollywood s’inspira peu et mal à une époque plus contestataire. Ken Kesey, l’auteur du scandaleux Vol au-dessus d’un nid de coucous, essayait les drogues pour les programmes de contrôle mental. Les univers parallèles ont été plus faciles à contrôler que les partis politiques à noyauter. Quant à la révolution sexuelle, elle était déjà perçue comme un remède à l’esprit contestataire par Huxley... ou par les tyrans antiques ! L’ami de Montaigne la Boétie en parle ainsi : la taverne et le bordel pour calmer les citoyens d’une tyrannie quelconque. Elle a débouché sur une pornographie de masse accessible à tous et sur les meutes hargneuses du politiquement correct. L’oeil du voyeur fusionne avec celui du délateur. Le corps du petit monstre des télétubbies, émission emblématique chargé de conditionner les... bébés (antiracisme, héliotropie, sociabilité, animalisation) est déjà orné d’un énorme écran blanc. L’enfant est un hardware qui marche et qu’on programme. C’est un petit Golem dont le sexe des parents n’importe plus, on l’a compris en haut lieu.

***

Dans le même esprit bien sûr, toute la culture "sexe drogue et rock’n’roll" a eu un seul but : abrutir la jeunesse et pour plusieurs générations, répandre le consumérisme, l’hédonisme et le nihilisme et canaliser ainsi toutes ses énergies : il faut se transformer en canal, en pod (cosse, en anglais), en tube (you...tube ?). La référence postérieure au satanisme a été évidente dans la musique Heavy Metal, qui a recyclé le panthéon scandinave, puis dans la littérature pour enfants et la culture pop contemporaine via des bourriques comme Rihanna, Gaga ou Beyonce qu’Estulin nous invite à voir d’un autre oeil avec leur symbolisme maçonnique de bazar. L’oeuvre de Houellebecq a justement dénoncé cette collusion entre "les forces du marché" et la "culture libertaire" à fond néo-païen des années 60 et 70, qui ont désaxé nos sociétés un peu naïves. L’abrutissement par la musique qui effarait Soljenitsyne au sortir de l’URSS épargnée (ce n’est pas pour rien que la Russie est demeurée l’ennemi numéro un de l’oxydent) est aussi le fruit de patientes recherches en laboratoire. Saint-Exupéry en parle dans "Terre des hommes" : c’est le beuglant contre le classique. Mais comme il a écouté ce classique dans une usine russe, il « reçoit 200 lettres d’injures ». Il ne comprenait passe mieux que Léon XIII le génie de notre époque. Toujours du Rerum novarum :

« La soif d’innovations qui depuis longtemps s’est emparée des sociétés et les tient dans une agitation fiévreuse devait, tôt ou tard, passer des régions de la politique dans la sphère voisine de l’économie sociale. »

***

Mais poursuivons, car nos élites mondialisées ont liquidé partout la classe ouvrière, qui votait trop mal pour elle(1). Pour Töffler et pour bien d’autres, il était important au siècle de la propagande d’éviter toute nouvelle solidification des masses, comme le communisme ou le nationalisme - pour ne pas parler bien sûr du fascisme. On est alors passé de la solidification à la liquidation, liquidation massifiée très bien évoquée par Bauman. L’offensive philosophique a été menée en Amérique par la publicité, issue de la propagande de guerre (Bernays, auteur cynique du très bon "Propagande") puis par l’école de Francfort et sa chasse systématique à la figure autoritaire (aujourd’hui c’est Poutine !). On a créé de fausses communautés, plus celles des chrétiens ou des nations, celles des consommateurs et des supporters de football. On aussi promu comme le prévoyait l’irréprochable Adorno pour la télévision la figure de l’homosexuel, on a diabolisé le père de famille autoritaire, on a transformé la femme en madame Bovary de série, éternellement endettée et divorcée, on a créé l’ado rebelle insatisfait et demeuré, petit James Dean avec sa casquette retournée ; revoyez l’Equipée Sauvage de Brando qui remplace dès 1953 les héros traditionnels comme John Wayne et James Stewart. On a détruit la famille puis l’idée de nation, jugée fascisante, et bien sûr celle de civilisation ; on ne parlera pas de la race ! Estulin explique comme beaucoup d’autres comment l’école de Francfort a entre autres détruit notre enseignement après mai 68 et créé le bobo fluo et bio qui y va mollo. Je revoyais ce film abject des années 80, Trois hommes et un couffin, film le plus populaire de la génération Mitterrand, et je me demandais comment il serait possible de refuser au bobo et au transhumain du futur la maternité méritée. C’est chose faite, comme le prévoyait Muray. Les contrevenants seront gazés autour du Champ-de-Mars, tout en ne pouvant utiliser ce mort devenu orwellien.

Bien sûr tout cela ne peut venir à bout de tout : il reste des poches importantes de résistance, comme l’avait prophétisée Pie XII, et cela explique l’irréel acharnement des médias contre l’Eglise ou les innombrables manifestants du Champ-de-Mars.

18 Et moi aussi, je te dis que tu es Pierre ; et
sur ce roc je bâtirai mon assemblée, et [les]
portes du Hadès ne prévaudront pas contre elle.

Matthieu,16,18.


(1) Voir mon livre "Mal à droite" aux éditions Michel de Maule
17 avril 2013 - lien permanent

Serge de Beketch : 'Mémoires Inachevés', présentés par Nicolas Bonnal et Danièle de Beketch

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par Serge de Beketch et Patrick Gofman, lors de l'émission du 11 avril 2007 sur Radio Courtoisie. (0:38)


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Archives du Libre Journal de Serge de Beketch à télécharger

Nicolas Bonnal : 'Les voyages de Horbiger, ou les Maîtres Carrés'

Patrick Gofman : 'Dictionnaire des Emmerdeuses'

Nicolas Bonnal : 'Mal à Droite - lettre ouverte à la vieille race blanche'

Laurent Blancy : 'Atlas de géopolitique révisé'

Patrick Gofman : 'Vengeances de Femmes'

François Brigneau : 'Faut toutes les buter'

Jean-Paul Chayrigues de Olmetta : 'Almanach du Marquis 2009'

Laurent Glauzy : 'Extraterrestres - Les messagers du New Age'

Retrouvez le Libre Journal de Serge de Beketch sur Radio Beketch,
avec Victoria, J.-P. Rondeau, F. Roboth, Le Marquis et Gofman.

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