L'après Libre Journal - Retour à la liste
L'après Libre Journal
Errance
Le Karaoké casse le Barack au Karakorum
par Nicholas-Kurt Heil

Nous sommes dans la chaîne du Karakorum si mystérieuse où le Horbiger construit avec ce raseur de Braun ses soucoupes violentes et ses vaisseaux spatiaux. Il vient de concevoir un terrible cyclone B (elle est mauvaise, mais on la garde !) à lâcher sur Oklahoma city avec le succès que l’on sait. Il est entouré du célèbre docteur Mendele et du propagandiste Joseph Gobelet, surnommé ainsi à cause sa petite taille (certains écrivant Teil !). Ces montagnes sacrées peuplées de gentils talibans et des premiers aryens de l’Iran, du Pakistan et du Cachemire n’ont pas été violées par les armes discrètes du président zombi et de ses drones de guerre.

Pour l’anniversaire d’Horbiger, les animaux reconnaissants au parti d’en rire et fidèles à la mémoire de Mein fourreur ont décidé de casser le Barack avec un grand karaoké. L’émission de très haute fidélité et honneur, que tout le monde vénère, y compris Dominique, émet en onde très Kurt. Heil !

***

Joseph Gobelet fait le présentateur ce grand soir sur radio-Nuremberg :

- Bonsoir mes auditeurs, nous allons vous présenter comme premier chanteur et candidat Coco... Charnel.

- Vite, coco !

Notre perruche arrive et annonce timidement qu’elle reprend du Jean Ferrat. Elle reprend le cuirassé Potemkine. Lazzi et quolibets dans la salle, surtout quand le péremptoire volatile ou psittacidé entonne la ligne fameuse :

- Ce soir j’aime la Marine...

- Nous non ! on n’aime pas la Marine ! surtout avec Florian flippé !

- C’est Flippé le dauphin !

- C’est elle la dauphine ! tu as vu au fait qu’elle a glissé dans sa swimming-poule !

- Un peu de respect, les animaux ! Merci, Coco Charnel. Suivante...

C’est l’ara Petacci. Elle reprend Edith Piaf (c’était écrit !) et cela marche comme sur des roulettes : on n’entend pas un stuka dans la salle.

- Non rien de rien non je ne regrette aryen
Ni le mal tout ça m’est bien ég-heil
J’ai payé bombardé torturé je me fous du procès

- Bravo ! Bravo ! Elle m’a bouleversé !

- Elle a gagné !

- Mais il y a d’autres candidats, messieurs à fou rire, pardon à fourrure !

Le suivant c’est le pingouin Steven Spitzberg venu de si loin car on lui a promis du grand froid (nous sommes à 6666 m de hauteur transcendantale et animale). Il va chanter du Bernard Lavilliers. On est un peu scandalisé. Mais il a bien retravaillé les paroles, écoutez.

- C’est en hommage aux camarades néonazis malais !

- Il y a été nazi Léo Malet ?

- Mandeville (le célèbre éditeur sourd comme un pot), change un peu, laisse-nous chanter !

- De n’importe quel pays de n’importe quel couleur...
Le nazisme est un cri qui vient de l’intérieur !

- Le nazisme est un cri qui vient de l’intérieur !!!

- Bravo, excellent !

Arrive maréchal Grommelle qui a bien préparé sa performance mais comme on a vu il ne serait pas le seul. Le socialisme magique regorge de talents en altitudes. La bébête immonde préférée du professeur Hérisson (qui n’est pas un hérisson, notez-le, même si son ton est piquant) reprend pour le détourner à la Debord un vieux tube suif (le blues du businessman) :

- J’aurais voulu être un fasciste...

- Et pas un artiste !

- Pour pouvoir être un anartiste... Et pouvoir faire mon numéro...

- Très bon, très bon !

- A Rotterdam ou à Dachau !

- Quel mauvais goût, retirez ça tout de suite maréchal Grommelle !

- Tous les goûts sont dans la nature. Mais tous les dégoûts sont dans la mienne. Heil.

- Oh, il est descendu de scène. Quel caractère !

- Quelle phrase tout de même !

- Oui, il a pris Duchamp.

D’autres candidats se succèdent. On a oublié Gainsbourg et son rock around the bunker. On reprend quand même Joe Dassin et l’on chante l’été aryen. Il y a aussi Sacha Distel (Pour toute la pluie, tous les nazis tombent sur moi !), Charles Trenet (c’est un bunker ex-tra-ordinaire, chanson qui a l’heur de plaire au professeur Horbiger) et enfin Aznavour sur un sujet sur l’intolérance des démocraties. C’est chanté par Thibaud des croix sages, le lémur des lamentations.

- Je suis un facho comme ils disent... Et que c’est la bien la Kultur qui, et seule la Kulture qui/ fait de moi un facho/ comme ils disent...

- Attention, Thibaud, elle n’est pas gay ta chanson !

- On va te prendre homo !

On termine bien sûr par notre chinchilla préféré, ravi Jacob, le Zelig hôte de ses bois. Lui reprend Polnareff, le chanteur de l’élection de Sarko (tous nos classiques sont suif ou gay, voyez notre ouverture d’esprit, heureusement qu’il y a une berbère avec la Piaf, c’était notre rubrique socialisme et berbérie !)

- Sous quelle étoile suis-je né...

- On la connaît ton étoile !

- J’en suis encore à me le demander...

- Pas nous ! tu es né sous l’étoile de D... avide, ravi Jacob !

- Quand-est ce que tu bombardes l’Iran avec la bénédiction de l’ONU ?

Ravi grommelle à son tour et cette fois c’est Joseph Gobelet en personne qui, craignant une énième nuit de cristal de Murano (ou de Murnau), demande du silence et de la science :

- Silence dans la salle ! Ou je vous fais donner de la piqûre par docteur Mendele ici présent !

- Ce docteur Mendele, ce n’est pas celui qui torturait Horbiger en région Condor ?

- A l’hôpital Bismarck de Valparaiso je crois !

- Oui, mais Orbi l’a retourné. On vote ?

On vote et c’est bien sûr l’ara Petacci qui gagne, emportée par la foule. Maréchal Grommelle et ravi Jacob vont jouer au tarot des initiés. Tout le monde reprend en choeur dans la grotte géante de la puissante montagne :

- Non rien de rien... non je ne regrette aryen...

Les docteurs Mendele et Nicholas-Kurt Heil se rapprochent alors de Horbiger soudain très concentré. Il médite. Enfin il se lève et splendidement éclairé par les projecteurs de cette nuit aryenne il déclare à la foule en fou rire :

- Je viens de recevoir un message du professeur Von Braun. Nous sommes bientôt prêts pour lancer la troisième guerre géniale.

Silence magicien dans la salle. Malheureusement interrompu par la petite voix de maréchal Grommelle :

- Ravi Jacob, tu as encore triché aux cartes !

- Et alors, je n’ai jamais su jouer autrement !

7 juin 2013 - lien permanent

Serge de Beketch : 'Mémoires Inachevés', présentés par Nicolas Bonnal et Danièle de Beketch

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par Serge de Beketch et Patrick Gofman, lors de l'émission du 11 avril 2007 sur Radio Courtoisie. (0:38)


Archives du Libre Journal de Serge de Beketch en ligne

Archives du Libre Journal de Serge de Beketch à télécharger

Nicolas Bonnal : 'Les voyages de Horbiger, ou les Maîtres Carrés'

Patrick Gofman : 'Dictionnaire des Emmerdeuses'

Nicolas Bonnal : 'Mal à Droite - lettre ouverte à la vieille race blanche'

Laurent Blancy : 'Atlas de géopolitique révisé'

Patrick Gofman : 'Vengeances de Femmes'

François Brigneau : 'Faut toutes les buter'

Jean-Paul Chayrigues de Olmetta : 'Almanach du Marquis 2009'

Laurent Glauzy : 'Extraterrestres - Les messagers du New Age'

Retrouvez le Libre Journal de Serge de Beketch sur Radio Beketch,
avec Victoria, J.-P. Rondeau, F. Roboth, Le Marquis et Gofman.

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