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L'après Libre Journal
Bientôt sur vos écrans
Cinq scénarii vigilants et citoyens
par Nicolaï Kolkhose
La théorie de la conspiration

Appartement petit avec des posters de films de Kubrick, de contrôle mental, de lady Gaga. Un coin-cuisine, quelques litières, une grande table avec trois ordinateurs à grand écran.

On entre. Wang, Anthony et Fatima troublent Maubert en plein travail.

- Oh, tu étais là ? On pensait se connecter un peu.

- Mais si tu écris...

- Qu’est-ce que tu es en train d’écrire ?

- Je voudrai composer une théorie de la conspiration.

- ...

- Je vois que le sujet vous passionne.

- Non, ce n’est pas ça, mais pourquoi faire ?

- La plupart du temps, on présente les théoriciens de la conspiration comme des maniaques de la conspiration.

- Ce sont plutôt des crétins de la conspiration.

- Ils sont tout ce que tu veux, qui est ce que veut le Système. Des crétins, aigris, ratés qui ne vous rateront pas, mais je m’en fous. Bon : pourquoi on dit théoriciens de la conspiration, alors, si on pense que ce sont - pardon, que nous sommes - de gros malades ? Pourtant conspiration il y a toujours. Réfléchissez donc : qui a voulu l’Europe ? Qui a voulu l’ONU, qui a voulu l’euro ?

- Qui a voulu Internet ? qui a voulu les autorités et les supermarchés ?

- Hitler et les compagnies pétrolières. Et qui a voulu les théoriciens de la conspiration ?

- Exactement. Rien n’arrive par hasard, et surtout pas le web bouffé par la parano des attardés mentaux. Mais ma théorie de la conspiration est avant tout une théorie de l’explication, quand les médias se moquent de nous.

- Il lit Debord !

- Debord, toujours !

- C’est qui, qu’est-ce qu’il dit ?

« L’imbécillité croit que tout est clair, quand la télévision a montré une belle image, et l’a commentée d’un hardi mensonge. »

- L’important donc comme nous venons de le voir avec notre ami n’est pas tant de rendre ses lettres de noblesse à la conspiration qu’à sa théorie. Car c’est la théorie qui souffre par les temps chaotiques et néolibéraux qui sont les nôtres.

- Si je comprends donc bien, vénérable professeur, il faut en revenir aux racines de l’hégélianisme et du marxisme ?

- Oui, Wong, la philosophie a assez transformé le monde, il est temps de le réinterpréter. Et ce d’autant plus volontiers qu’il n’y a plus de gêneurs stalino-communistes pour nous tirer dans les pattes. Regardez-moi ces lignes :

« Mais tandis que Feuerbach a dévoilé des mystères réels, M. Szeliga métamorphose en mystères de réelles banalités. Son art consiste non pas à dévoiler ce qui est caché, mais à cacher ce qui est dévoilé. »

- C’est de toi ?

- Mais non, réfléchis, c’est génial !

- Merci bien ! Non, c’est de Karl Marx ! il me semble nous indiquer ce que nous devons faire maintenant. Dévoiler ce qui est caché et non cacher ce qui est dévoilé. Le gros problème de bien des maniaques des conspirations est qu’ils se chargent des mauvaises conspirations. On nous gonfle avec les reptiliens, les aliénigènes, les soucoupes violentes, les hommes à la cigarette, jamais avec les conspirations sérieuses. Tout ce menu fretin c’est la conspiration des imbéciles, dirait Vladimir Illytch.

- Il faut donc conspirer contre les faux conspirateurs !

- Debord dit la même chose je crois...

- Sur la demi-élite ?

« La demi-élite se contente de savoir que presque tout est obscur, ambivalent, "monté" en fonction de codes inconnus. »

- Ouais, c’est nous ça, pardon c’est les autres...

- Voilà pour moi, pardon, voilà pour nous.

« Une élite plus fermée voudrait savoir le vrai, très malaisé à distinguer clairement dans chaque cas singulier, malgré toutes les données réservées et les confidences dont elle peut disposer. »

- C’est ça ! c’est nous ça ! mais on ne nous dit rien ! on nous aiguille mal !

- Mais tu vas faire un livre ou une théorie ?

- Je ne sais pas encore. Je réfléchis !

- Tu vas parler du onze septembre ?

- Parce que si tu parles du onze septembre, tu ne passeras pas à la télé !

- Comme disait un copain, le onze septembre, c’est l’opération qui a fait baisser les taux d’intérêt et donc exploser les prix de l’immobilier ?

- Au fait, tu savais que le passeport de Néo dans Matrix n’est valable que jusqu’au onze septembre 2001 ?

- Ah ouais, voilà qui explique tout !

- Les producteurs savaient ! Ah, Hollywood tout de même !

- On va créer une cellule de surveillance des sociétés secrètes actives !

- On s’appellera Vigilants et citoyens !

- Très bien, Anthony !

- Il va falloir faire attention parce qu’on va te surveiller, avec ta géniale théorie !

Agitation. Bruits à la porte. On prend peur, on finit par ouvrir. C’était une facture.

- Ce n’était rien du tout ! la facture d’Internet ! Pourquoi tu fais cette tête ?

- Je viens nerveusement d’effacer tous mes textes !

- Oh, un alexandrin !

***
Le vilain nombre de la bête

Maubert est seul. Entre Fatima moins pressée que d’habitude.

- Qu’est-ce que tu fais ? ah, tu lis encore ?

- Je relis Saint-Jean.

- Qui ?

- L’apôtre saint Jean. Un évangéliste, proche d’un gars nommé Jésus.

- Oh, ça va, ça va !

- Il a écrit un bouquin genre "Da Vinci Code" qui s’appelle l’Apocalypse !

- La peau quoi ?

- O madone !

- Je plaisante ! c’est son livre sur la fin du monde ? et ça fait 2 000 ans ?

- Oui, sur la faim dans le monde !

- Arrête de te moquer de moi. De quoi il parle là tout de suite ?

- Du 666, du nombre de la Bête.

- Ca, je connais. Ce n’est pas ce chiffre qu’on met à toutes les sauces ?

- Comment à toutes les sauces, tu as pêché ça où encore ? Ecoute, il annonce les temps de contrôle absolus de la bête informatique et de la mondialisation. Nous sommes sous le contrôle. Ecoute :

« Et elle fait qu’à tous, petits et grands, et riches et pauvres, et libres et esclaves, on leur donne une marque sur leur main droite ou sur leur front ; et que personne ne peut acheter ou vendre, sinon celui qui a la marque, le nom de la bête, ou le nombre de son nom. »

- C’est beau. Qu’es-ce que ça veut dire ?

- Le code-barres ! Qu’il faut avoir peur ! Ecoute encore !

« Ici est la sagesse. Que celui qui a de l’intelligence compte le nombre de la bête, car c’est un nombre d’homme ; et son nombre est six cent soixante-six. »

- Regarde ta carte de crédit. Il y a le code six. C’est le code-barres. C’est le nombre de la bête.

- Mon dieu !

- Ce n’est pas la monnaie de plastique. C’est de la monnaie électronique. Ils savent tout ce que tu consommes, tout ce que tu penses en achetant sur les réseaux, et d’un coup, crac ! on te tombera dessus !

- Mais pourquoi on me tombera dessus à moi ? Sur moi ?

- Mais comme ça, comme dans Brazil !

- Le film tu veux dire ?

- Gilles Deleuze a dit : la vie moderne est un mauvais film.

- Que faire alors ? bouger avant la fin de la séance.

- Ne sois pas suicidaire... Je lisais aussi Lagarde.

- Qui ?

- La ministre de Sarkozy. Celle du FMI.

- Elle est chouette, j’adore ses carrés Hermès. Mais continue, de toute façon, elle est trop bourge.

- Elle a dit qu’on a des déficits et des dettes de budget de guerre.

- Et alors ?

- C’est un peu la fin du monde. Il y a cent mille milliards de dettes dans le monde.

- Il va falloir économiser, alors ?

- Tu rigoles, il n’y aura bientôt plus d’argent, c’est tout !

- Comment on va faire alors ? Il faut avoir quelque chose, mais quoi ?

- De l’or, des diamants ?

- Mais l’or il a baissé non ?

- C’est un truc, un complot. Ils ont fait baisser artificiellement l’or, c’était sur un site américain. Ils ont expliqué qu’ils ont vendu de l’or qu’ils n’avaient pas. De toute manière, ce qui importe, c’est l’or physique. Il faut avoir des pièces, pas des lingots, c’est trop gros, des pièces.

- Mais pour faire des courses, tu ne vas pas payer en pièces d’or tout de même ! Il vaudrait mieux avoir des aubergines et de l’eau minérale à la maison.

- Bravo, tu as tout à fait raison, et aussi du sucre, farine, pâtes, bouteilles de gaz...

Wang rentre soudainement. Sonnerie bizarroïde du Smartphone.

- Attends, on m’appelle ! salut, Sami, tu vas bien. On se voit à quelle heure alors ? Oh, je fonce. Dis donc, tu savais pour l’or ? Non rien, j’arrive... Dis donc, il ne savait pas pour l’or... Bon bises, à plus...

- Ne raconte rien à personne, c’est trop important. C’est pour les Happy Few !

Elle sort, il est seul. Wang voit sa carte de crédit.

- Fatima tu as oublié ta carte de crédit... On commande deux pizzas ?

- Avec deux côtes du Rhône. Cela lui apprendra à ne pas m’écouter (il imite Jean Marais) quand je parle du nombre de la bête !

- Je vais lui en mettre pour 66 euros !

***
On n’a pas marché sur la lune

Anthony studieux avec Maubert et Wang.

- Tu te rends compte ?

- De quoi ? je me rends compte de quoi ?

- Mais tais-toi, laisse-moi m’exprimer...

- Ah ! si tu le prends sur ce ton...

- Je lisais une interview de Brian de Palma l’autre jour.

- Moi aussi, j’en lis des interviews.

- Oui, mais lui il disait que l’on avait le nez plongé dans les cours de Yahoo au lieu de fixer les étoiles.

- Tu les as déjà fixé toi, les étoiles ?

- Moi ? Jamais... à part la place de l’étoile...

- Et toi ?

- Je ne sais pas comment la grande ourse fait pour reconnaître ses petits !

- Mais il n’y en a qu’une, la petite ! Et puis zut laissez-moi parler. Je voulais dire simplement... bien ça quoi... On est nuls...

- Nuls de quoi ? Qu’est-ce qu’on a fait ?

- Ou plutôt qu’est-ce qu’on n’a pas fait ?

- On n’a plus été sur la lune. On ne voyage plus dans l’espace. On ne conquiert pas les planètes. C’est tout.

- Et alors ? on n’est plus dans un film de science-fiction, c’est tout.

- On reste planté devant son poste de télé ou ses cours de la bourse ou son émission de télé ou son écran de portable et on ne fout plus rien. Voilà. Alors qu’il y a quarante ou cinquante ans on était dans l’espace, on conquérait le cosmos, on faisait un pas de géant pour l’humanité, on...

- C’est faux.

- On décollait de cap Canaveral, on allait sur la lune, on...

- C’est faux je te dis. Tu te fais du mal pour rien. On n’a jamais été dans l’espace et la meilleure preuve c’est qu’on n’y retourne pas avec toute la technologie qu’on a. C’est bien la preuve !

- Qu’est-ce que tu racontes, qu’on n’est pas allé dans l’espace et qu’on aurait monté tout ce tintouin pour rien ? mais pourquoi ?

- Pour t’occuper, tiens ! Pour t’épater, pour te faire rêver, pour te faire fantasmer, pour te bourrer le mout ! Grâce à la pseudo-conquête de l’espace, on a conditionné l’être humain, c’est très bien expliqué par un gars qui dit que le contrôle mental a fait des pas de géant depuis le soi-disant alunissage !

- Mais t’es dingue ! t’es complètement parano ! Il faut t’interner !

- Pas du tout. Personne ne peut expliquer techniquement les alunissages. On s’interne tout seul dans nos bulles et nos cellules et nos studios à trois mille euros comme les Japonais, c’est cela la vie de cosmonaute, un bébé de plastique suspendu dans l’espace et qu’on s’occupe avec des connexions et de la communisation !

- Et qui doit même apprendre à refaire pipi !

- J’allais le dire !

- Des preuves, donne-moi des preuves.

- C’est à eux d’en donner. Dans X-Files ils te gonflent avec les extra-terrestres et les cigarettes, jamais avec l’alunissage. Cherchez l’impair. Il y a même un gars de la Nasa qui a écrit un livre sur ça, preuve qu’ils se sentent un peu morveux, non mais. Ils servent à quoi la Nasa, à part bosser avec Hollywood, comme tout le monde aux USA...

- Mmmmh... je ne vous crois pas. Pourquoi les Russes n’ont rien dit alors ? c’était l’époque de la Guerre Froide tout de même !

- Pays de Staline ! tout pour le mensonge ! Ecoute, il y a même eu un film sur la grosse manipulation. Il est passé sur Arte.

- Il est passé sur Arte ?

- Oui, et il explique que Kubrick était dans la combine dans 2001. C’est lui et son équipe qui ont filmé l’alunissage.

- Mais comment ? Pourquoi ?

- Mais débarque un peu. Il était parti en Angleterre. Ils le tenaient pour des raisons psychotiques et politiques : son frère Raoul était communiste déjà, le FBI le faisait chanter, l’écrivain qui avait écrit docteur Folamour s’était suicidé, il avait peur, et il a filmé tout ça.

- Et c’est passé sur Arte ?

- Oui.

- Et ils n’ont rien dit les gens ?

- Ben non. Débarque. Pourquoi ils diraient quelque chose ? Ils s’en foutent, ce n’est pas comme le prix de l’essence tout de même.

- Les gens se foutent de tout, même du prix de l’essence.

Anthony s’éloigne mais Wang s’énerve.

- C’est très important quand même. Mais qu’est-ce que je dois dire à ma mère alors ?

- Pourquoi ?

- Je dois manger chez elle demain soir. Elle me parle tout le temps de l’alunissage et Neil Armstrong. Elle avait douze ans ! Qu’est-ce que je vais dire à ma mère ? parce que je vais lui en parler, je ne pourrai pas m’en empêcher !

- Tu n’as qu’à lui dire que sur Internet plein de conspirateurs pensent que Neil Armstrong tournait un film à Londres avec Nixon dans la cabine d’à côté !

- Qu’est-ce que je vais dire à ma mère !

Fatima rentre, elle est en pleine forme et a (enfin) fait les courses.

- Fatima, tu te rends compte qu’on n’a pas marché sur la lune !

- Et alors, Maubert ? je vais faire des pâtes !

***
Kubrick et les Illuminati

Anthony est euphorique devant Internet. Maubert revient.

- Qu’est-ce que tu fais ?

- Je suis en train de lire un texte sur Shining... c’est dément... le site dit avec photos à l’appui que Shining est plein de références à la pornographie. Le Jack Torrance c’est un vrai cochon, il a des photos presque invisibles de filles à poil presque partout.

- Génération Play Boy, c’est normal.

- Oui, mais au début du film devant la réception de l’hôtel, il feuillète Play Girl. On ne peut pas le voir au cinéma, seulement en bloquant l’image. Regarde.

- Fais voir... intéressant. Il parle des Illuminati ton site ?

- Je ne sais pas... C’est quoi le lien je veux dire le lien entre Kubrick et les Illuminati ?

- Ben, il est partout, voyons. Orange mécanique avec la programmation mentale, l’oeil qui voit tout, la couleur orange, la musique au synthé, les viols, la violence, tout le saint-frusquin. Orange mécanique c’est le film inspirateur de Nick Knight et de Lady Gaga.

- C’est qui Nick Knight ?

- Le photographe Illuminati de Lady Gaga. Il a commencé en faisant un bouquin de photos sur les skinheads.

- Dans Shining aussi, tu vois, c’est la grande métaphore sur les maux américains, le racisme, la haine des blacks, le génocide indien, et comme tu viens de le voir, le sexe omniprésent, les esclaves sexuels, le viol des enfants...

- Quoi, quoi, quoi ?

- Et docteur Folamour aussi, avec le nazisme, les élites folles, la programmation survivaliste, la fin du monde...

- Ah, et la secrétaire nymphomane, je me souviens, celle qui veut se faire sauter par le général. Une autre Lolita !

- C’est ça !

- Et Lolita, elle c’est un sexe objet, Quilty c’est son maître programmeur...

- C’est ça ! Humbert lui paie les peaux cassées !

Wang vient de rentrer.

- Et Spartacus ?

- Et Spartacus, c’est un grand film communiste sur l’Aliah, et c’est surtout le nom du premier Illuminati, Weishaupt, celui qui a fait les Illuminés de Bavière !

- C’est ça !

- Attends, attends, attends... Tout ça c’est dans Kubrick ?

- Exactement, son oeuvre est une réflexion sur les agissements des Illuminati à toutes les époques. Comme le film sur Lara Croft et comme Lady Gaga. Mais en plus sérieux, bien sûr.

- Et Barry Lyndon ?

- C’est pareil. Le film se termine en 1789 d’ailleurs. C’est une métaphore eschatologique sur l’avènement de nouveaux temps, les temps postféodaux.

- Oh ? Et les Illuminati ?

Eyes Wide Shut. C’est le grand testament, le film à clé. Les élites corrompues...

- La soirée partouze ! les masques vénitiens !

- Le décor de l’Alhambra ! les sociétés secrètes !

- Voilà ! attendez, je vérifie un truc...

Anthony se jette sur l’ordinateur.

- vous voyez, il est mort en 1999...

- 666 à l’envers !

- Je ne te le fais pas dire, Wang. Et vous savez combien de jours avant 2001.

2001, l’odyssée de l’espace !

- Merci. Vous savez combien de jours avant 2001 justement ?

- ...

- 666 !

- 666 ! le nombre de la Bête !

- 666 ! le code-barres IBM !

- C’est le nom d’HAL 9000. H pour I, B pour A, M pour L ! je suis fort, hein ?

- Kubrick est mort dans son dernier film d’ailleurs. On voit son sosie. Le vieil homme chez qui va Tom Cruise.

- C’est comme Bruce Lee. La triade a utilisé un sosie après l’avoir tué.

- Mais le titre ? "Les yeux grands fermés" ?

- C’est dans Isaïe, écoutez :

« Nous tâtonnons après le mur comme des aveugles, et nous tâtonnons comme si nous n’avions pas d’yeux ; nous avons trébuché en plein midi, comme dans le crépuscule ; au milieu de ceux qui se portent bien nous sommes comme des morts. »

- C’est beau...

- J’ai peur, Dave...

- Tais-toi, Hal !

Fatima rentre.

- Salut tout le monde ! vous en faites une tête ! qu’est-ce qui se passe encore ?

- Nous sommes comme des morts et nous tâtonnons...

- Oh, vous tous alors ! Zombie or not be, that is the question!

***
La grande peur sur le réseau

Tu as vu ?

- Quoi ? qu’est-ce qu’il faut voir ?

Google veut fabriquer un logiciel qui va dénoncer les gens qui font des réflexions politiquement incorrectes ! on les préviendra gentiment avant de...

- Tu as des éléments ? cela sonne un peu imprécis, comme prose. Google veut envoyer sa clientèle en prison ?

- C’est possible après tout. C’est comme les contrôles routiers. Cela concerne a priori les chauffards et bientôt tout le monde. Ils peuvent d’abord dénoncer les racistes mais aussi les islamistes mais aussi les as du conspirationnisme mais aussi les anarchistes et de fil en aiguille un peu tout le monde.

- Pourquoi t’es parano ?

Because only paranoids survive ! tu verras, continue de faire ta bécasse bien soumise, tu verras comment tu finiras ! Comme Britney Spears !

- Et bien c’est très bien ! on enverra un milliard de gens en prison et cela résoudra le problème du chômage !

- On pourra consulter Google en prison ?

- Peut-être pas à Guantanamo !

- Ne fais pas ton cynique comme d’habitude ! ce sera plus subtil, plus digne de Big Brother !

- Que veux-tu dire ?

- Bien que dans la panique ou disons la peur de mal dire, nous règlerons notre conduite, comme dirait le chinois Lao Tse, et que...

- Confucius, c’est Confucius.

- Et que donc nous ferons attention à ce que nous dirons.

- Tu veux dire que c’est un Panopticon.

- C’est quoi le Panopticon ?

- Un truc du philosophe british Bentham. Une prison ronde où tout le monde s’observe et donc règle sa conduite, comme il dit. C’est le fondement des sociétés de surveillance. On inhibe. Bentham c’est aussi un preux défenseur de la pédophilie et de l’usure. Un néolibéral en quelque sorte.

- Toi, tu n’as pas lu ça dans Wikipedia... Il était pour Thatcher ?

- C’était le même genre.

- Bon, reprenons : et si Google nous dénonce ? Ils sont invités aux Bilderbergs cette année.

- Tu as quelque chose à te reprocher ?

- Des mauvaises pensées ?

- Non, mais...

- Des mauvaises menées ?

- Non, mais...

- On conspire contre le gouvernement ?

- Non, mais... juste un peu...

- Un peu, c’est trop. On t’observe.

Un silence, puis Anthony décide durement :

- Bon, ben puisque c’est comme ça, j’arrête.

- Tu arrêtes quoi ?

- Ben, de surfer... j’arrête Google, quoi.

- Et tu feras quoi à la place ?

- Je consulterai un autre moteur de recherche.

- Mais ils appartiennent tous à Google. Rien n’échappe à l’oeil vigilant.

- Alors j’arrête complet.

- Et comment tu feras ?

- Ben, je discuterai... avec vous, avec les autres.

- Mais si on est sur Google au même moment ? et qu’on se fait coincer par la police ?

- Mais comment ils la paieront la police ?

- On trouvera toujours de l’argent ou du solide pour payer la police. Et puis rien ne dit que dans le futur avec la puce qu’ils nous mettront à la naissance dans le cerveau, ils auront besoin d’une police physique au sens que nous connaissons. Ils pourront nous vider le compte, la mémoire et nous paralyser le cerveau à distance.

Cette fois, Fatima s’affole enfin.

- C’est gai. Et tu ne crois toujours pas aux aliénigènes ? car qui peut nous faire des coups pareils ?

- Je ne sais pas, mais moi, j’arrête Google en tout cas.

Fatima sort un peu nerveusement. Wang à Maubert.

- Tu deviens un de ces manipulateurs quand même... regarde dans quel état psychique tu l’as mise...

- Elle me plaît trop.

- Je comprends... Dis-donc, tu crois vraiment qu’il faudra s’arrêter de penser ?

3 juillet 2013 - lien permanent

Serge de Beketch : 'Mémoires Inachevés', présentés par Nicolas Bonnal et Danièle de Beketch

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par Serge de Beketch et Patrick Gofman, lors de l'émission du 11 avril 2007 sur Radio Courtoisie. (0:38)


Archives du Libre Journal de Serge de Beketch en ligne

Archives du Libre Journal de Serge de Beketch à télécharger

Nicolas Bonnal : 'Les voyages de Horbiger, ou les Maîtres Carrés'

Patrick Gofman : 'Dictionnaire des Emmerdeuses'

Nicolas Bonnal : 'Mal à Droite - lettre ouverte à la vieille race blanche'

Laurent Blancy : 'Atlas de géopolitique révisé'

Patrick Gofman : 'Vengeances de Femmes'

François Brigneau : 'Faut toutes les buter'

Jean-Paul Chayrigues de Olmetta : 'Almanach du Marquis 2009'

Laurent Glauzy : 'Extraterrestres - Les messagers du New Age'

Retrouvez le Libre Journal de Serge de Beketch sur Radio Beketch,
avec Victoria, J.-P. Rondeau, F. Roboth, Le Marquis et Gofman.

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