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L'après Libre Journal
C’est à lire
Commentaires sur mon oeuvre diffusée en PDF
par Nicolas Bonnal

Récemment à Paris, je me suis retrouvé sous le feu des pieux conseils d’anciens amis qui me reprochent de ne pas écrire d’oeuvre (???) ou de ne pas avoir de site Internet. Je n’ai jamais pensé que je puisse devenir Victor Hugo (comme il disait avec orgueil, donc avec justesse, il faut être Chateaubriand ou rien) et pour dire vrai, je ne suis pas très prêt à satisfaire les dix, vingt ou cent lecteurs qui ont pu m’apprécier, et que je n’ai jamais pu « sentir » non plus. On n’écrit que pour soi, comme dit Borges, pour oublier le temps qui passe, et pour quelques esprits proches. Mes essais les plus connus ont des dizaines de milliers de lecteurs, et cela n’a servi bien sûr à rien.

La technologie aura permis deux choses : prolétariser 99 % des écrivains (il faut acheter de l’action Amazon, elle vaut cent fois son chiffre d’affaires), faire que tout le monde se sente écrivain et que plus personne n’ait la patience et l’humilité d’être lecteur. Elle permet de jeter son texte en PDF comme une bouteille à la mer. Pourquoi pas ? C’est la nouvelle voie initiatique que j’ai évoquée avec peur et humour il y a de cela quinze années.

***

J’ai écrit des livres que j’ai perdus : le Testament d’Adam, la Croix gommée, mon journal de voyage d’Amérique... Quel dommage que je n’ai jamais eu d’immobilier, des maîtres carrés comme on disait dans un roman célèbre !

On trouvera donc ici les opus suivants : on commence par ceux de jeunesse écrits en 83 et 84. Ils n’ont pas été alors publiés et c’est sans doute pourquoi j’ai renoncé à toute « oeuvre ». Très tôt, dit l’autre, il a été trop tard.

"Nev le bureaucrate", livre de science-fiction ou de fantastique, livre religieux aussi qui narre l’attente, dans un monde de bureaux situés dans l’espace, d’un messie. Les rapports se succèdent sur ce messie, nommé Nev (ce n’était pas Gorbatchev !) et ils racontent l’approche poétique de cette entité bénéfique.

"La nuit du Lemming", récit fantastique aussi. Dans une principauté d’Europe centrale, un riche écrivain arrive, croit revoir sa femme (elle reviendra, mais c’est un faux), assiste à une révolution de palais qui dégénère, et rencontre l’Antéchrist. Jean Parvulesco adorait ce roman qu’il disait avoir été écrit sous la Dictée (de qui ? de quoi ?) et j’ai vu quelqu’une saigner du nez en le lisant.

A cela j’ajoute des oeuvres (pour rire !) plus récentes :

- "Les Territoires Protocolaires" (ici et ), sans commentaire.

- "Les contes de Monaco", inspirés par la surréalité locale. Monaco est un compendium et un concentré de l’hyper-réalité actuelle. J’en suis très content, l’écriture en excellente et les histoires bienveillantes.

- "Les Rencontres avec les animaux des cataractes", publiés à Iguaçu en 2008. Ces contes inspirés des "contes latinos" publiés ailleurs, mais moins ésotériques et plus comiques, décrivent la confrontation des animaux à la globalisation et au tourisme de masse (très récent là-bas) dans le parc, pendant qu’au dehors les hôtels rongeaient le paysage. Le livre a été publié en anglais (traduction par mon témoin de mariage Kevin Hin) et en espagnol, vendu - si j’ose dire - sur place.

Mes chroniques de Horbiger pour Serge, qui racontent mes voyages latinos. Comme on sait j’aime ce qui est déjanté, comme me le reproche Jean Raspail !

Je rajoute mon livre sur "Internet, nouvelle voie initiatique" (qui fut traduit et vendu au Brésil !), promis jadis à un certain succès critique (40 articles de la mort !), si riche des enseignements de la Bible et de la Kabbale, de tout le contenu rétrofuturiste de notre époque trans-humaine. Et ma "Lettre ouverte à la vieille race blanche" : c’est comme du Soral, mais en mieux. J’étais invité à la télé, je n’y suis pas allé, préférant alors gambader dans les collines de l’Alhambra avec Tatiana. Je pense toujours à l’assoiffé de Zarathoustra qui de rage froide refuse de boire l’eau d’un puits dans le désert.

Et je donne bien sûr "les Maîtres carrés", immense roman héroïco-comique qui a pour cadre la dévastation de Paris et la spéculation immobilière, pour propos la révolution spirituelle et médiévale avec un grand monarque, pour personnages des originaux polémiques, pour narrateur un ange déchu et heureux de l’être.

Placer un tel roman sur le marché est aussi dur que trouver un logement à Paris. On le verra donc - si l’on veut - dans le cyberspace. J’ai tiré on le sait un gros trait sur la France : heureusement que j’ai épousé une Ukrainienne traductrice, que j’ai eu les Chinois pour me traduire, les Juifs pour me complimenter et les conseilleurs Beurs pour m’inspirer ! La France a d’abord été remplacée dans sa tête avant de l’être sur le terrain. La bourgeoisie n’est-elle pas la seule classe révolutionnaire dans ce foutu pays ? Et le bourgeois français est insatiable, est infatigable. Il a la maîtrise carrée de l’univers. Dix mille euros partout, du beau Montmartre à Marrakech. Avec le vote libertaire en sus.

***

Je n’ai pas terminé d’écrire.

J’ai repris la plume ou le clavier car j’ai arrêté mes chroniques. Un peu tard : j’ai perdu de bonnes années. C’est incroyable ce que cela prenait comme temps, comme influx, comme grâce et inspiration. Et je continue de publier : "Ridley Scott" que l’on trouvera chez Dualpha, en collection cinéma. Et "Stanley Kubrick", mon génie feuj polysémique et préféré, que l’on verra ainsi (en PDF), si aucun éditeur n’est assez fou pour l’éditer. Je cherche aussi à caser un petit essai sur Dostoïevski. On verra.

***

Je ne sais pas combien il y a de millions d’écrivains dans le monde. Combien il y a de milliards de livres et de commentaires. Tout cela fatigue. Je ne joue donc plus, je jette du PDF. Pour la littérature lisez Poe, Balzac, Gogol (et pas Google !). La réalité était déjà battue en brèche, mais en littérature je m’arrête là : au chef d’oeuvre connu. Années 1830, fin de l’histoire. Je publierais dessus.

On lira donc ces essais en vue de mieux et pas de grandes oeuvres !

Ou on ne les lira. On les téléchargera.

7 novembre 2014 - lien permanent

Serge de Beketch : 'Mémoires Inachevés', présentés par Nicolas Bonnal et Danièle de Beketch

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par Serge de Beketch et Patrick Gofman, lors de l'émission du 11 avril 2007 sur Radio Courtoisie. (0:38)


Archives du Libre Journal de Serge de Beketch en ligne

Archives du Libre Journal de Serge de Beketch à télécharger

Nicolas Bonnal : 'Les voyages de Horbiger, ou les Maîtres Carrés'

Patrick Gofman : 'Dictionnaire des Emmerdeuses'

Nicolas Bonnal : 'Mal à Droite - lettre ouverte à la vieille race blanche'

Laurent Blancy : 'Atlas de géopolitique révisé'

Patrick Gofman : 'Vengeances de Femmes'

François Brigneau : 'Faut toutes les buter'

Jean-Paul Chayrigues de Olmetta : 'Almanach du Marquis 2009'

Laurent Glauzy : 'Extraterrestres - Les messagers du New Age'

Retrouvez le Libre Journal de Serge de Beketch sur Radio Beketch,
avec Victoria, J.-P. Rondeau, F. Roboth, Le Marquis et Gofman.

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