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L'après Libre Journal
En attendant l’apocalypse
L’économie vaudou et la fin des démocraties

Les catastrophes boursières à répétition sanctionnent notre entrée dans une économie du vaudou et veau d’or. Je me souviens que Bush père avait parlé d’économie vaudou à propos des théories reaganiennes en la matière qui ont précipité cette apocalypse occidentale que nous visons actuellement.

L’Amérique et l’Europe sont appauvries, peut-être définitivement, et ce sont les pays pétroliers, les fournisseurs de matières premières (il faut voir, comme je le vois, les fantastiques progrès du Brésil ou de l’Argentine) et bien sûr les vrais pays industriels comme la Chine, le Japon ou la Corée qui tiennent les cordons de la bourse. Nous, nous vivons à crédit, endettés (dans notre Pater, je rappelle aux imbéciles que les endettés - debitores - sont les pécheurs) jusqu’au cou, jusqu’à ce qu’une apocalypse financière et immobilière définitive nous ramène à l’âge de Pierre...

En 1980, Reagan décide de baisser les impôts mais pas les dépenses. Il laisse aussi gonfler le déficit commercial (dix fois supérieur aujourd’hui) en désindustrialisant son pays, ce que nous avons fait en France aussi. Bush junior a fait de même et c’est ainsi que l’Amérique est entrée dans l’économie vaudou, en demandant simplement à tous les autres pays d’acheter ses bons du trésor pour équilibrer ses comptes et faciliter son obésité consumériste.

En réalité nous ne sommes jamais sortis du keynésianisme et l’on a remplacé les impôts des plus riches par la dette accablante qui écrase maintenant les USA ou la France. La naïveté cynique qui prédomine est de dire que les Chinois ou les Arabes ne peuvent pas se permettre d’abandonner leur client endetté car celui ne pourrait payer leur camelote...

En France nous avons vécu à partir de Mitterrand une révolution similaire avec à la place des dépenses militaires, des dépenses sociales. Le déficit s’est aggravé au moment de la réunification allemande qui a ruiné l’Europe, et fait exploser les déficits du budget national. Sarkozy était alors ministre du Budget. Cette fois il a fait voter une baisse d’impôts pour les plus riches au détriment une fois de plus de notre endettement.

L’économie vaudou est convaincue que seule la consommation d’un milliardaire en euros ou en dollars peut sauver un pays. Et tant pis pour les classes moyennes et le reste...

Ce qui me frappe aussi avec le recul, c’est aussi la défaite cuisante du monétarisme aujourd’hui enterré par Ben Bernanke en personne. Le monétarisme devait nous aider jadis à lutter contre l’inflation. Or j’ai connu sur la Côte d’Azur des maisons en 1980 (donc avant les politiques de désinflation...) au prix de 400 000 francs, et qui valent maintenant un million d’euros... Et le prix de presque tout a décuplé... mais puisqu’on nous dit que nous sommes sortis de l’inflation...

J’en viens à mon deuxième point : la fin des démocraties. Les Etats Unis ont régressé de ce point de vue, l’Europe est tout sauf démocratique, mais surtout les pays qui montent sont des puissances féodales ou post-totalitaires. L’économie vaudou aura mis fin à la démocratie au niveau mondial. Nous avons les pétromonarchies et leurs 3 000 milliards de dollars, nous avons la Russie de Poutine et des oligarques, nous avons enfin la Chine post-communiste dont le parti s’est converti comme un seul homme pour fabriquer des jouets, des ordinateurs ou exporter en pièces détachées les organes des condamnés à mort.

Il est clair que les démocraties occidentales n’ont plus de vue stratégique : nous sommes dirigés par des ignorants au sens socratique. Les élites héritières du communisme ou de tradition musulmane me paraissent en avoir bien plus. Et nous sommes tout près de voir leur triomphe total et le monde débarrassé de la naïveté démocratique qui n’aura pas résisté à l’économie vaudou et à la simple montée des prix des matières premières et de l’énergie. Pour paraphraser Aristote, on dira que l’homme de la démocratie marché, est bien un animal, mais apolitique. Si le système tient encore quelques années c’est parce que les gens sont devenus apolitiques. Beaucoup de dettes, mais pas de têtes...

Qu’on se le dise...

Nicolas Bonnal

Chroniqueur et écrivain, Nicolas Bonnal est notamment l’auteur de "Tolkien, les univers d’un magicien" (Les Belles Lettres, 1998), "Internet, la nouvelle voie initiatique" (Les Belles Lettres, 2000), "Mitterrand, le grand initié" (Albin Michel, 2001) et "Les Mirages de Huaraz" (Michel de Maule, 2007). Ses livres sont disponibles en ligne sur Libre Diffusion (rubrique catalogue).
Texte paru sur Novopress
6 février 2008 - lien permanent

Serge de Beketch : 'Mémoires Inachevés', présentés par Nicolas Bonnal et Danièle de Beketch

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par Serge de Beketch et Patrick Gofman, lors de l'émission du 11 avril 2007 sur Radio Courtoisie. (0:38)


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Nicolas Bonnal : 'Les voyages de Horbiger, ou les Maîtres Carrés'

Patrick Gofman : 'Dictionnaire des Emmerdeuses'

Nicolas Bonnal : 'Mal à Droite - lettre ouverte à la vieille race blanche'

Laurent Blancy : 'Atlas de géopolitique révisé'

Patrick Gofman : 'Vengeances de Femmes'

François Brigneau : 'Faut toutes les buter'

Jean-Paul Chayrigues de Olmetta : 'Almanach du Marquis 2009'

Laurent Glauzy : 'Extraterrestres - Les messagers du New Age'

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avec Victoria, J.-P. Rondeau, F. Roboth, Le Marquis et Gofman.

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