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L'après Libre Journal
L’Histoire à l’endroit
Martel
par l’abbé B.A. Marche
(28 juillet 1994)

« Il est difficile de découvrir l’origine des localités importantes de la vicomté de Turenne, mais il l’est moins pour celles de Martel. Tous les historiens du Quercy s’accordent à rapporter sa fondation à la première moitié du VIIe siècle, à l’occasion du passage de Charles Martel en ce pays. Il paraît certain, en effet, que ce conquérant, en revenant de combattre les Sarrasins, fit bâtir en ce lieu une église qu’il plaça sous le vocable et la protection de saint Maur. (...)

« Le chef musulman Abdérame étant tombé mort sur le champ de bataille de Poitiers, ses troupes s’enfuirent en désordre dans la Septimanie, où les poursuivirent les vainqueurs.

« C’est en poursuivant les débris de leur armée que Charles Martel arriva jusqu’à Martel, où il leur aurait livré plusieurs combats meurtriers et décisifs. Nous donnerons là-dessus des renseignements détaillés qui ont échappé à l’histoire et qu’a bien voulu nous fournir un sincère et très digne prêtre de l’endroit, l’abbé Larnaudie, après avoir consulté la tradition orale et exploré lui-même les lieux qui lui étaient désignés. Il paraîtrait que le vainqueur, arrivant par Turenne et désirant se tenir sur les hauteurs qui dominent le pays afin de n’être pas surpris par l’ennemi et de pouvoir suivre ses mouvements, se serait dirigé vers l’Hôpital-Saint-Jean. S’étant aperçu de là que les musulmans s’étaient engagés dans un défilé formé par le ruisseau du Vignon, pour y faire désaltérer leurs chevaux et leurs soldats et peut-être aussi pour se dérober à la vue des Francs, il fut les y attaquer. Il rencontra leurs détachements à Murlat, près de l’emplacement où fut bâti le vieux château de Murel, et leur fit subir des pertes sérieuses.

« Après cet exploit qui ouvrait au conquérant la route et la porte du Quercy, il fallait épuiser les dernières forces de l’ennemi, et l’obliger constamment à se battre, afin de l’empêcher de reformer ses troupes. Or, voilà qu’au lendemain de ce glorieux combat se livrait entre les mêmes combattants, dans le vallon de Combe-Sangui, près de Loupchat, une autre bataille sanglante dont le souvenir est resté vivant dans le pays et que perpétuera le nom de Maurétie (Maure tué) donné au village bâti depuis en cet endroit. Chassés des hauteurs calcaires et délogés des épais bois taillis de chêne, derrière lesquels ils s’étaient retranchés, les Maures, en désordre, descendirent dans la magnifique plaine de Condat qui se déroule au sud-est de Martel et au-devant de Combe-Sangui. Ils y furent rejoints immédiatement par les armées victorieuses, qui, après avoir achevé de les disperser, s’arrêtèrent dans les marais de Cavaignac pour s’y fixer.

« Selon son habitude, Charles Martel ne crut pas devoir s’éloigner de ces champs de bataille où il s’était couvert de gloire, sans y laisser d’immortels et pieux souvenirs de son passage (...), il fit ériger des monuments religieux là où le catholicisme, par ses soldats, avait remporté un triomphe éclatant sur l’islamisme. La vieille église, dont nous avons déjà parlé, qui domine le vallon de Murlat, et au milieu de laquelle est creusé un tombeau (sans doute celui d’un pieux serviteur de Dieu), fut construite très probablement pour publier le succès des Francs et cette mémorable journée ; et elle dut être confiée aux soins des reclus, qui, chaque jour, faisaient monter vers le ciel des prières ardentes en faveur des héros de la foi, dont le sang avait été répandu en ce lieu pour la cause de la religion. Ce qui l’avait fait appeler : l’ermitage de Moradène. A côté de Combe-Sangui, sur le pic élevé d’Issendolus, on découvre un ancien prieuré qui dépendait des maltaises de l’Hôpital-Beaulieu, où des saintes femmes ne cessaient de remplir de leurs cantiques l’air que les barbares africains, en mourant, avaient rempli de leurs blasphèmes. La vieille légende qui donne à ce monastère le nom de Barbaroux raconte qu’il fut visité par le conquérant et vraisemblablement comblé de ses bienfaits, sinon fondé par lui.

« Mais s’il ne reste que des présomptions pour attribuer ces deux institutions à une fondation royale, il n’en est pas de même de l’église de Martel. L’historien des évêques de Cahors, Jean Vidal, nous dit que le vainqueur des musulmans l’avait fait construire et l’avait dédiée à saint Maur, en souvenir de la victoire qu’il avait remportée sur eux en cet endroit. »


Extrait d'un texte publié dans Le Libre Journal n°43.
1er septembre 2009 - lien permanent

Serge de Beketch : 'Mémoires Inachevés', présentés par Nicolas Bonnal et Danièle de Beketch

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par Serge de Beketch et Patrick Gofman, lors de l'émission du 11 avril 2007 sur Radio Courtoisie. (0:38)


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