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L'après Libre Journal
L’Histoire à l’endroit
La Baule - Biarritz : même idéologie
par Bernard Lugan
(18 novembre 1994)

En 1990, lors du sommet franco-africain de La Baule, la France socialiste avait imposé un diktat démocratique à l’Afrique.

Jusque-là, la coopération française avait mis en avant l’économique et le développement, postulant que la démocratie viendrait, comme "la cerise sur le gâteau", couronner tout naturellement une évolution automatique.

La même année, trente ans après les indépendances et après trois décennies d’aides, le temps des bilans était pourtant venu. Ils étalent catastrophiques : les colossales quantités d’aides déversées sur l’Afrique avaient été inutiles, voire néfastes, et le continent s’enfonçait chaque jour davantage dans le néant.

Face à cette évidence, une analyse lucide des échecs de la politique française aurait dû être entreprise ; de même aurait-il fallu poser enfin la question de l’incompatibilité culturelle de l’Afrique et de l’Europe. Or, au nom de notre prétendue "culpabilité coloniale", et aussi parce que notre philosophie universaliste postule que ce qui est bon pour nous l’est forcément pour tous les autres, cette démarche ne fut pas entreprise.

Bien au contraire, nos gouvernants s’entêtèrent à nier cette évidence qui est que les Africains ne sont pas des Européens pauvres à la peau noire et ils refusèrent l’approche de ce génie colonial que fut le maréchal Lyautey qui disait des peuples de l’Empire : « ils ne sont pas inférieurs, ils sont autres. »

Le président de la France socialiste décréta alors que, si l’Afrique était moribonde, c’était par manque de démocratie.

La priorité irait donc à la recherche de solutions démocratiques et l’étalon démocratique permettrait désormais d’attribuer l’aide française.

Dépendant pour leur survie des versements faits par notre pays, les Africains durent se soumettre. Et partout l’on joua à la démocratie. Partout des troubles éclatèrent aussitôt car le tribalisme qui n’avait jamais cessé fut exacerbé et chaque tribu voulut le pouvoir "démocratique" pour ses membres.

Le traumatisme fut générai car, du jour au lendemain, les sociétés communautaires africaines se voyaient imposer une philosophie non seulement exotique mais encore individualiste, ce qui est à l’opposé même de leurs fondements.

Le résultat fut clair : les pays francophones qui n’étaient pas encore déstabilisés basculèrent à leur tour dans le chaos.

Cas d’école de cet aveuglement idéologique, le Ruanda est un dramatique exemple des effets du diktat démocratique imposé à l’Afrique par les socialistes. Au nom de la loi du nombre, car telle est la légitimité démocratique, la France a aidé et même porté les plus nombreux, c’est-à-dire les Hutus (80 % de la population). Militairement, elle s’est engagée à leurs côtés afin qu’ils puissent s’imposer à ceux qui, en logique démocratique, étaient les mauvais puisqu’ils ne représentaient que 20 % de la population : les Tutsi.

Or, l’Afrique n’est pas l’Europe. Et les lois politiques africaines reposent sur d’autres critères que les nôtres. En Afrique, le pouvoir traditionnel (du temps d’avant les Blancs) n’appartenait que rarement aux plus nombreux. Bien au contraire, ceux qui le détenaient représentaient généralement des minorités obéies et respectées par les majorités. La sagesse millénaire africaine avait compris que les peuples dont les femmes ont le ventre le plus fécond ne sont pas automatiquement les plus aptes à commander.

S’il en était ainsi, disaient les vieux sages, les antilopes commanderaient aux lions.

Et l’on s’étonne que la démocratie, greffe étrangère et surréaliste, n’ait pas pris en Afrique.

L’étonnement est encore plus grand quand, ouvrant le sommet franco-africain de Biarritz, le président Mitterrand prétend toujours proposer la démocratie comme modèle pour l’Afrique. Combien de morts faudra-t-il encore pour que se taise notre arrogant universalisme idéologique ?


Texte publié dans Le Libre Journal n°51.
15 septembre 2009 - lien permanent

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