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L'après Libre Journal
C’est à lire
"La réconciliation impossible"
par Saint-Plaix

Si le monde médiatique fait assaut de conformisme pour se vautrer dans le politiquement correct, agitant le « droit à l’ignorance » et autres sornettes, il se trouve encore parfois des gens pour nous faire souvenir que nous portons l’héritage de notre histoire. Lorsque l’on constate, presque avec surprise aujourd’hui, que parmi ces personnes, il s’en trouve de jeunes, cultivées, dynamiques, entreprenantes et volontaires, on ne peut que se réjouir et se prendre à espérer...

Comme le soulignait Charles Maurras : « En politique, le désespoir est une sottise absolue ».

Franck Abed est de ce bois là.

Ignoré des médias, ou presque, il se fait remarquer en politique par une candidature présidentielle en 2007... Animateur de la "Réconciliation Nationale", Franck Abed qui ne fait pas mystère de ses sympathies bonapartistes comme monarchistes, s’attache à l’analyse des forces d’opposition sociologiques qui cimentent ou qui déchirent notre pays depuis la révolution.

Il nous propose à cet effet son premier livre : "La réconciliation impossible".

Pour exposer son analyse, il reprend une forme aujourd’hui passablement tombée en désuétude, mais qui connut ses heures de gloire au XIXe siècle : la confrontation des protagonistes dans la conversation ou le dialogue.

On pourrait évoquer ainsi Joseph de Maistre et "Les soirées de Saint-Pétersbourg", voire même Wladimir Solovioff et "Trois conversations"... Mais à propos de cet admirateur de Napoléon, on ne peut éluder "Le souper de Beaucaire", opuscule qui met en scène en 93, dans une auberge de Beaucaire, un officier de la Convention venu réduire la rébellion royaliste dialoguant, lors d’un dîner, avec quatre marchands (représentant la société civile) cherchant à les convaincre du bien-fondé de la révolution et de la nécessité de s’enrôler à sa suite... Opuscule signé d’un certain... Bonaparte !

Ce n’est donc pas un hasard si Franck Abed nous campe en 1802 (en plein Consulat) la confrontation d’un "Bleu" et d’un "Blanc".

Mais au-delà du fond, l’auteur nous régale aussi de son style : il devient rare en ce début de XXIe siècle de voir manier la langue française de la sorte et on ne peut que se réjouir de voir un jeune auteur troquer avec bonheur les SMS et le "petit" Robert, pour le passé simple, le subjonctif et le Littré...

Cela donne des dialogues puissants, usant de tournures classiques proches de celles du temps. Jugez-en :

Le Blanc : « La Liberté ? Mais dites donc, nous n’aurons jamais la même définition des mots et des concepts. La Liberté qui consiste à contraindre les autres par la force afin de les guider vers un prétendu bonheur. La Liberté d’être obligé de crier vive la République, sous peine de passer à travers les fourches caudines du tribunal révolutionnaire. La Liberté de dénoncer ses voisins qui auraient, au temps de la monarchie, manifesté un jour une mauvaise humeur à votre encontre. La Liberté d’être enrôlé de force dans les armées révolutionnaires, faute de quoi la famille du récalcitrant se fait occire par les gentils hommes que vous êtes. Allons, liberté ne rime pas avec contrainte, exécution, pillage. »

Le Bleu : « La levée en masse fut décrétée car les ennemis de la République avaient conduit de nombreuses armées d’esclaves sur le territoire national pour nous écraser. Ne devions-nous pas nous défendre ? Vous me répondrez que non car nous, les républicains, sommes de vrais barbares assoiffés de sang. Notre édifice était fragile, il ne devait pas souffrir d’être attaqué sans aucune réponse de notre part. Oui, nous effectuâmes la levée en masse, mais avec l’unique but de défendre notre pays, notre nation. Alors, lorsqu’il s’est trouvé des rebelles qui ne voulaient pas porter l’uniforme pour défendre la cause sacrée, nous agîmes pour établir l’ordre que ces brigands voulaient refuser. »

Le Blanc : « Les rebelles sont les personnes qui portèrent atteinte au trône et à l’autel et non le contraire. Vous avez l’art admirable de détourner le sens réel des mots... »

La question est bien de savoir si au-delà des clivages, des idéologies et des étiquettes, une réconciliation nationale est possible et sera viable : c’est vers cette réflexion politique riche, qui dépasse le contexte historique et a parfois une résonance - évidemment voulue - terriblement actuelle, que ce jeune auteur nous entraîne. Le titre peut apparaître pessimiste, mais c’est au lecteur de s’y faire une opinion...

Saluons cet essai original et courageux à l’aube du XXIe siècle.


Franck Abed : "La Réconciliation impossible". Editions Godefroy de Bouillon. Prix : 15 euros.
15 septembre 2009 - lien permanent

Serge de Beketch : 'Mémoires Inachevés', présentés par Nicolas Bonnal et Danièle de Beketch

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par Serge de Beketch et Patrick Gofman, lors de l'émission du 11 avril 2007 sur Radio Courtoisie. (0:38)


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Nicolas Bonnal : 'Les voyages de Horbiger, ou les Maîtres Carrés'

Patrick Gofman : 'Dictionnaire des Emmerdeuses'

Nicolas Bonnal : 'Mal à Droite - lettre ouverte à la vieille race blanche'

Laurent Blancy : 'Atlas de géopolitique révisé'

Patrick Gofman : 'Vengeances de Femmes'

François Brigneau : 'Faut toutes les buter'

Jean-Paul Chayrigues de Olmetta : 'Almanach du Marquis 2009'

Laurent Glauzy : 'Extraterrestres - Les messagers du New Age'

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avec Victoria, J.-P. Rondeau, F. Roboth, Le Marquis et Gofman.

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