L'après Libre Journal - Retour à la liste
L'après Libre Journal
Les voyages de Horbiger, ou les maîtres carrés
V - Chapitre suivant : Aventures dans une boîte de nuit
par Nicolas Bonnal

On se serait cru en effet dans une prison des anges. La pièce était géante et si haute qu’on n’en distinguait à peine le plafond, lui-même décoré d’un trompe-l’oeil. On avait peint un autre ciel là haut, et il aurait fallu du temps à Drake ou Superscemo pour en compter les mètres cubiques. Sur le parquet si bourgeois s’étendaient bien des jeunes. Ils avaient l’air transi, fatigué, bien lassé, avec un je-ne-sais-quoi d’aristocratique dans le regard ou le maintien, qui les distinguait bien des êtres des temps actuels (les tiens, cher lecteur). Ils posaient aussi, délicatement dandy, impassibles et las, tendant leur cou à un cygne invisible, se précipitant mollement vers une coupe de champagne aux deux tiers vides, en somme illuminés par des trésors d’ombre et de vacuité.

Elle comprit que là-bas d’inconcevables hordes d’invités dansaient, et il lui sembla que même les massifs planchers de marbre, de mosaïque et de cristal, de cette étrange salle étaient animés d’une pulsation rythmique.

Certains s’agitaient plus ; ils voletaient dans les airs, comme moi ou presque. Vêtus à l’orientale, comme dans un tableau romantique. Mes Incroyables dansaient la valse ou la polka, car les musiques s’envahissaient, se combattaient, parfois me gênaient, et elles tentaient de s’approprier les m² du grand espace. Il eût fallu un orchestre grandiose que je cherchais du regard. Les thèmes étaient classiques mais il y avait aussi des musiques plus modernes, comme des thèmes de films.

Ni Gaïus César Caligula ni Messaline n’éveillèrent l’intérêt de M., qui cessa également de s’intéresser à ce défilé de rois, ducs, chevaliers, suicidés, empoisonneuses, pendus, entremetteuses, geôliers, tricheurs, bourreaux, délateurs, traîtres, déments, mouchards, satyres.

Je cherchais des convives d’hier soir. Il me sembla en voir, mais je n’étais sûr de rien. Il y avait bien Teteras quelque part, mais il me sembla qu’il fuyait mon regard. La pièce était si grande que je me retrouvai toujours seul au milieu de quelque part, dans ce monde où le centre n’était nulle part. Je décidais de gagner une bouteille de champagne ou de Bourgogne. Après tout, le vin était ce qui seul m’avait maintenu sur terre aujourd’hui. Au passage j’admirais encore l’élégance bizarre et décalée, les lavallières des jeunes gens, leurs chemises de théâtre, les longues robes Empire des jeunes filles. Je reconnus d’un coup Tiphaine Dufeux, compagne de l’amiral Canaris, qui me jeta un regard dévastateur. J’attirais ainsi l’attention malgré moi. Un verre brisé capta mon attention. Puis je sentis comme un coup de vent derrière moi.

- Quelle odyssée, n’est-ce pas ?

- Pardon...

- Quelle odyssée de l’espace...

Voulant faire illusion, je compris l’allusion (jeu de mots intraduisible dans beaucoup de langues). Je jetai un regard rageur à mon interlocutrice, car c’était une interlocutrice, une jeune bien mise, façon bayadère chue d’un tableau de Delacroix, mais non d’un désastre obscur, et qui bougeait tout le temps, mais harmonieusement. Elle avait un regard gris, parlait avec aisance... Je me rendis alors compte que des tableaux suspendus aux murs glissaient ces personnages et ces costumes. Mais où donc étais-je tombé ?

- Oui, cela rajoute beaucoup d’espace en effet. On rentre, on sort dans les tableaux. je vous indiquerai... Vous aimez le décor ? On l’a choisi pour vous ? Vous dansez ?

Elle m’entraîna pour entamer une valse. Mais quelque chose me retint. Dans le salon géant de la Loge Noire, il régnait une atmosphère plus lourde encore que tout à l’heure. Et tous semblaient dormir, et ils tendaient leur cou. Ma comparse prenait tout cela avec le sourire carnassier qui caractérise la jeunesse ambitieuse et au fait de toute chose.

- Qu’ont-ils ?

- Ils sont étranglés. Ils sont vampirisés. Ils sont asphyxiés. Par l’étau. Par les taux. Par leurs dettes. Ce ne sont pas les maîtres carrés, ce sont les maîtres chanteurs, vous saisissez ? Le monde est une scène de théâtre où les acteurs sont de plus en plus mauvais, et la scène de plus en plus chère... Bonsoir. Je m’appelle Anne-Huberte, Anne-Huberte de la Crosse.

On la héla, elle s’en alla. Je regardais cette triste compagnie de théâtre ; et en effet ces jeunes et ces moins jeunes convives semblaient épuisés, comme vidés d’eux-mêmes par une force mystérieuse - j’eusse risqué le mot farce si j’avais été moins prévenu. Je m’approchais d’eux cette fois, un verre ou deux à la main, et je les observais avec application, sans doute avec contrition. Comme ils me semblaient beaux ! Comme ils me semblaient las ! Il y avait une brume qui flottait, mais ce n’était pas de la fumée, même le tabac est parti en fumée ici très bas.

Certains me fixaient toutefois, me fouillant presque du regard, comme s’ils recherchaient quelque chose que je devais porter sur moi, et je ne savais quoi. Je me tâtai les poches et le torse, impuissant. Une voix vint, grave et puissante, de l’invisible.

- C’est votre carte d’or qu’ils veulent. Crédit illimité. Vie éternelle à crédit. Non plus la mort, non plus la vie. L’éternité à crédit. Ils vieilliront et ils paieront.

- ...

- Mais venez écouter la prière.

Mon rameau d’or, c’est vrai, semblait les ranimer. A vue d’oeil, pourvu que je demeurasse un certain temps, c’est-à-dire, lecteur, une poignée de secondes, on voyait ces victimes se renforcer à mon contact pythagoricien. Ils reprenaient des forces, cherchaient à me toucher, me souriaient. Je fus bientôt entouré, gourou d’un genre nouveau. Mais l’âme damnée qui m’avait parlé se tenait toujours derrière moi. Elle resta derrière moi, car je ne me retournais pas. Je pouvais lire en elle à chaque mouvement de sa pensée. Et il se fatigua avant moi. C’était l’amiral Canaris. J’avais capté son attention, sa femme et son or.

***

Des mains amicales me menèrent à travers brumes et espaces dans une autre pièce plus discrète et tout noire. De longs rideaux noirs pendaient des murs ; je voyais des têtes de morts et de curieuses pendeloques. On s’agitait un peu, puis on fit silence pour écouter l’orateur, auteur du premier monologue.

Puis ils m’enlevèrent dans un endroit où il y avait comme un feu dévorant ; et où, selon leur bon plaisir, ils prenaient la ressemblance de l’homme.

C’était le cher Gaston, celui du soir précédent, le comparse de Dieter. Il était plus impressionnant, mieux mis, secouant sa tignasse rousse dans l’or du projecteur tamisé. Je remarquais alors qu’il jetait souvent son regard sur moi, que moi-même j’irradiais un peu, sans que j’eusse mis quelque source de lumière artificielle dans mes poches. Ce devait être la carte dorée, à moins que ce ne fût moi... Je vis alors entrer ou s’approcher des êtres que je connaissais déjà : il y avait Teteras déjà vu, le sinistre GFK, l’inévitable Jean des Maudits, le cher Dieter de l’agence Roth&co, la chère Anne-Huberte et ses compagnes de jeu... Je cherchais un allié du regard, et je vis le cher Ivan Mudri, le comparse de Superscemo privé de sortie ce soir là. Il me regarda d’un air fort sérieux puis sourit de ce sourire inquiétant dont se targuent les gamins qui ont lu trop de livres d’horreur ; puis il se blottit sur un strapontin, tout près d’un rideau noir.

C’était au tour de Gaston, que l’on présentait comme Gaston Suce-kopek, l’homme qui aime le blé. Il commença d’une voix normalement enrouée qui alla progressivement s’éclaircissant et devint presque enflammée vers la fin de sa brève allocution.

- Saluons... saluons la venue de notre cher envoyé, M. Nemo, puisque personne ne lui donne de nom, à l’exception des enfants. Eux l’ont appelé Gerold, et c’est donc un héraut qui est venu nous apporter la bonne parole... Ou mieux que la bonne parole, la carte d’or, le meilleur moyen de paiement. Lui est comme nous passé de l’autre côté, il est du bon côté. Vous, je vous vois tous lassés, étranglés par vos dettes de jeu, par vos maigres carrés, par la finitude de votre espace concis. Vous n’êtes pas riches, mes frères, vous n’avez pas le blé. Vous n’avez pas, vous les jeunes, vous mes petits pécheurs, mes petits pauvres, les pépètes. Vous n’avez pas les maîtres, vous n’êtes pas les maîtres. Vous êtes des pécheurs, vous êtes débiteurs, et vous devez à nous des milliers de m² et des milliers d’années de travail. J’aime quant à moi voir défiler ces écrans de fumée, ces rideaux de chiffres gluants et glauques, j’aime voir les chiffres cligner de l’oeil, gonfler comme les bulles, j’aime jouir moi, petits minables, de cette transe infuse immobilière. Je suis un Suce-Kopek fier de mon nom, je suis aussi celui qui suce le sang, cette sueur du pauvre, je suis l’agent mobilisateur de votre temps, de votre argent, je suis l’architecte du déplaisir. C’est dans un premier temps, c’est dans un premier temps... Après je vous démobilise, après vous devenez les architectes de votre petit univers de 100 m² ou moins, après vous apprenez à vous débrouiller sur vos 20 m² de merdes, après vous êtes chez vous, dans votre propre petite patrie... J’en ai rêvé, bourgeois de ton patrimoine, aristo, j’ai voulu le noyer dans les eaux glaciales du calcul égoïste, et j’y ai réussi. Tu seras ce que tu as, me suis-je dit si jeune, et j’ai décidé d’avoir plus pour être plus. Je le veux ton pognon, je le veux ton sang, ton oseille, ta purée, ton bifton, ton rigaudon, ton grain de blé bien doré, ton napoléon bien astiqué, je l’ai aimé ton bout de gras, l’ai chouchouté et bichonné, et bouchonné, et caressé, ton flouze, mon taré.... Toi, tu n’es rien, petite frappe, misérable, barricadier noyé sous les flots de bitume, de contredanses et de bagnoles, toi tu n’es rien qu’un enragé et je te noierai dans des lacs de sang impur...

En parlant ainsi, Gaston s’agitait et il bavait. Il finit par trépigner et deux athlétiques agents de sécurité vinrent le retirer de son parloir. Apparemment sa langue n’avait pas fourché et il avait fait comme de coutume. On me secoua le bras : c’était le petit Ivan Mudri, tête ronde, cheveux blonds, yeux bien bleus et astucieux, qui avait repris sa taille d’enfant. Je demandai de l’espace pour le saluer et l’écouter : on m’en fit. Je m’assurai que ma carte d’or, objet de tant de faveurs nocturnes, était restée en ma possession - possession est le mot, croyez-moi. Et je collais ma pauvre contre elle. Le maltchik alors me dit au creux de l’oreille, pendant qu’on lui demandait de se taire :

- C’est nul. C’est un nul. Lui n’est pas Evil Side.

- ... ?

- Vous vous êtes Evil Side. Comme moi. Comme lui. Lui, Morcom, il est Evil Side.

Morcom venait en effet et on faisait place nette autour de lui. On aurait dit que l’assistance s’éloignait de lui, pas tant par peur que pour des raisons physiques : cet attracteur repoussait les gens comme certains corps célestes.

Il était naturellement masqué ou presque. Après tout, nous étions au bal masqué de la Grande Loge Noire. Il commença comme s’il était en état de transe, mais une transe tranquille.

- Convertir, l’objet est de convertir. Le temps en espace, l’espace en argent. Devant le temple, il y a les changeurs, devant le temple les conversions... la loge noire signifie la conversion de tout en espace, l’espace du temple, ou celui du temps plié. Mais mon système devient fou, et l’exorbitance des chiffres gangrène tout et crée un nouveau rite. Il ne te faut plus dix, vingt ou trente ans pour te loger, il t’en faut mille. Et tu n’es plus rien, sauf si tu traînes en favela ou que tu me voles, sauf si tu te risques à me voler ma fausse monnaie spatiale.

Tu veux savoir pourquoi tu dois payer :

La sagesse n’a point trouvé sur la terre de demeure où reposer sa tête ; c’est pourquoi elle fait sa résidence dans le ciel.

La sagesse étant absente de ta terre, tu dois me la payer, espace pur et quantité. T’endetter c’est reconnaître ta faute. Ta dette est ton péché, debitum te dit ta religion. Tu veux que je te pardonne tes péchés ? Dimitte nobis debita nostra... Alors tu n’as pas fini de racheter, redemptor, la terre que tu as perdue par tes erreurs. Tu es être de chair et de tentation, d’ennui et dépendance. Tu as besoin de devoir pour vivre, de rembourser pour vivre. Tel est ton mérite, maître du vide.

Et maintenant les géants, qui sont le prix du commerce de l’esprit et de la chair, seront appelés sur la terre de mauvais esprits, et leur demeure sera sur la terre. Ils procréeront à leur tour de mauvais esprits, parce qu’ils tiennent au ciel par un côté de leur être, parce que c’est des saints vigilants qu’ils tirent leur origine. Ils seront donc de mauvais esprits sur la terre, et on les appellera esprits du mal. La demeure des esprits célestes est le ciel ; mais c’est la terre qui doit être la demeure des esprits terrestres qui sont nés sur la terre.

Pour tout faire payer, je raserai les favelas, j’oublierai les terres, je les interdirai, je les mettrai sous mes contrôles. Les 160 millions de km² de terrain passeront sous notre contrôle et chacun suera et paiera. Les autres seront expulsés, mis même ainsi on les enfermera et on les punira et ils paieront pour leurs cellules. Et ce seront mes specteurs qui accompliront cette tâche humaniste. Ceux qui me résisteront, je les soumettrai au tribunal de l’acquisition.

Dans ces jours je vis des anges qui tenaient de longues cordes, et qui, portés sur leurs ailes légères, volaient vers le septentrion. Et je demandai à l’ange pourquoi ils avaient en mains ces longues cordes, et pourquoi ils s’étaient envolés. Il me répondit : Ils sont allés mesurer. L’ange qui était avec moi, me dit encore : Ce sont les mesures des justes ; ils apporteront les cordes des justes, afin qu’ils s’appuient sur le nom du Seigneur des esprits à jamais.

***

Morcom avait fini. Il avait tétanisé l’assistance, me confirmant que ces temps étaient devenus froids, et qu’ils ont pour but de conditionner l’esprit dit humain ; en utilisant l’énergie et la chaleur de la terre. Plus le climat se réchauffe, et plus l’âme est glacée. Un silence glacial avait justement accompagné sa litanie, silence au sens propre car il faisait froid dans la pièce maintenant, même pour moi qui en avais vu d’autres. Je décidais de m’approcher de lui pour en savoir plus à son sujet, mais un flot d’obstacles m’en empêcha. Des gens, des chiffres, des données, des ombres, et même Ivan qui continuait à me tanner avec son Evil Side.

Morcom était parti mais Gaston était là, tout prêt qui me regardait en ricanant. Je voulus lui tendre la main, peut-être sottement. Ma main aussi était glacée. Ma carte avait fondu dans un premier temps, transpiré, puis elle s’était collée et comme agglutinée à ma peau. Je voyais des chiffres sur ma chair, et du plastique ou quelque autre impure matière pénétrée de signes et de plomb durci. Le 666... Allais-je perdre l’usage de ma main ? Qu’allait devenir le sens de ma présence ici, maintenant que j’étais au fait de la folie des Morcom, de la bande des Roth&Co et de toute la folie de ces âmes corrompues ? Mais ma main n’était pas l’unique ici très bas à donner des signes de fatigue et d’effusion. Morcom avait réveillé lui aussi des forces très spéciales, des mysterious agencies qui maîtrisaient bien en un sens la situation.

***

Je me retrouvais pris dans un mouvement de foule, qui sortait de sa glaciation. Comme après un long sommeil, une molle inertie, une bien lourde apesanteur ; nous étions progressivement anéantis et avalés par une atmosphère moite, étouffante, une fumée du coeur et du cerveau. Et cela les réveillait tous ces beaux visages endormis ou soucieux. Ils se muaient en foule. Mais cette foule irritée devenait sanguinaire, brutale. La maison cette fois donnait des signes de fatigue, presque d’écroulement. On entendait des cris, et l’on croyait aux flammes. Les mètres glissaient. On cherchait les issues. Je devais protéger mes jeunes compagnons. Je serrai la main d’Ivan et nous tentâmes de gagner la sortie. La voix de d’Artagnan surgit du néant : "Venez", me dit-il d’un ton exalté. Nous nous approchâmes d’une fenêtre immense. Il s’empara d’une chaise Louis XVI et la projeta avec violence. La fenêtre brisée, nous nous jetâmes dans le vide. A quelle hauteur pouvions-nous être ?

Elle est tombée, elle est tombée, Babylone la grande ! Elle est devenue une habitation de démons, un séjour de tout esprit impur, un repaire de tout oiseau immonde et odieux, parce que toutes les nations ont bu du vin de la fureur de son impudicité, que les rois de la terre se sont souillés avec elle, et que les marchands de la terre se sont enrichis par l’excès de son luxe.

(à suivre)

25 février 2011 - lien permanent

Serge de Beketch : 'Mémoires Inachevés', présentés par Nicolas Bonnal et Danièle de Beketch

Publicité !

par Serge de Beketch et Patrick Gofman, lors de l'émission du 11 avril 2007 sur Radio Courtoisie. (0:38)


Archives du Libre Journal de Serge de Beketch en ligne

Archives du Libre Journal de Serge de Beketch à télécharger

Nicolas Bonnal : 'Les voyages de Horbiger, ou les Maîtres Carrés'

Patrick Gofman : 'Dictionnaire des Emmerdeuses'

Nicolas Bonnal : 'Mal à Droite - lettre ouverte à la vieille race blanche'

Laurent Blancy : 'Atlas de géopolitique révisé'

Patrick Gofman : 'Vengeances de Femmes'

François Brigneau : 'Faut toutes les buter'

Jean-Paul Chayrigues de Olmetta : 'Almanach du Marquis 2009'

Laurent Glauzy : 'Extraterrestres - Les messagers du New Age'

Retrouvez le Libre Journal de Serge de Beketch sur Radio Beketch,
avec Victoria, J.-P. Rondeau, F. Roboth, Le Marquis et Gofman.

Retour à la liste - Haut de page