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L'après Libre Journal
Les voyages de Horbiger, ou les maîtres carrés
VI - Autre acte gratuit moscoutaire
par Nicolas Bonnal

Nous allions au pas de charge. D’Artagnan me précédait toujours dans sa course rapide et militaire, qui nous menait au légendaire palais ceint d’un jardin baroque.

Prédire une victoire que l’homme ordinaire peut prévoir, et être appelé universellement expert, n’est pas le faîte de l’habileté guerrière.

Tout s’était passé si vite que je ne me rappelais plus du rythme et de la suite des événements bizarres qui avaient succédé à l’incroyable soirée. Quand nous avions sauté, Drake était dehors et avait plié des mètres carrés ; ainsi, alors que je pensais que nous chutions du troisième étage au moins (mais j’y étais prêt, cher lecteur, j’y étais prêt, en tant qu’esprit), nous avions chuté de quelques décimètres tout au plus. Et nous courions dans le parc du grand hôtel particulier, ayant changé d’arrondissement dans la Ville, comme si justement ce palais était plus grand que cette Ville, jusqu’au tarantass de notre ami Charon, dont Drake et d’Artagnan me certifièrent qu’il était des nôtres. Avant que je pusse comprendre la signification de ce pronom très personnel, le cocher nocturne avait enlevé Ivan, jusque là fort amusé et soudain mécontent de me quitter, la jeune Anne-Huberte de la Crosse, Tsunami que j’avais oubliée de recenser et quelques autres jusque là invisibles à l’oeil nu. Puis nous avions retrouvé Baptiste sous sa tente quechua qui avait recueilli petit Pierre et ses deux charmants garçons, qui venaient d’être expulsés par les specteurs. Mais la tente de Baptiste, tu le comprendras au cours de mon récit lecteur, peut revêtir des dimensions tout autres que celles d’une tente de camping. Après l’on m’avait amené chez un habile bijoutier du nom de Jacob qui avait réussi à extraire de mon sang et de mes nerfs la carte engloutie par le froid. Et le plus remarquable était qu’il en avait gardé les propriétés, alors qu’il avait bien sûr guéri ma main. Il était bien sûr chirurgien et avait travaillé pour Buckingham, me certifia encore d’Artagnan, qui aimait les pierreries et les bijoux sertis. Je me souviens encore qu’il y avait une échelle perdue dans un coin de l’atelier de Jacob, qui montait jusqu’au plafond, mais que je ne voyais pas ce plafond. Drake y monta et ne reparut pas. Et Jacob me sourit d’un oeil immense et vert qui en disait bien long.

Il enseigna encore aux hommes à faire des épées, des couteaux, des boucliers, des cuirasses et des miroirs ; il leur apprit la fabrication des bracelets et des ornements, l’usage de la peinture, l’art de se peindre les sourcils, d’employer les pierres précieuses, et toute espèce de teintures.

***

J’oubliais le reste. J’avais dû dormir ou boire encore avec d’Artagnan qui cette fois savait à quoi s’en tenir à mon sujet. Mais là il me menait chez lui quelque part dans l’ancienne Urbs condita encore épargnée par les vicissitudes de la guerre immobilière qui se préparait. Il commençait à me parler, tout en marchant devant moi en détournant la tête ; il me semblait que j’aurais pu la lui retirer.

Mon ami était venu à notre bal masqué en tenue de mousquetaire, et il l’avait gardée. Nous arrivâmes enfin dans une vieille et prestigieuse rue, dont l’Etat, me dit-il, était encore le propriétaire, et où l’on pouvait donc se réfugier sans encombre, et s’étaler en toute liberté. Nous montâmes à sa chambre, assez discrète, mais de style Louis XIII. Je m’y sentis comme chez moi, m’attendant à quelque blonde aux yeux noirs en ses habits anciens. Il se déchaussa, déboucha une bouteille de Pomerol, se moucha, frisa sa moustache, m’invita à m’asseoir après avoir étendu quelques mètres carrés, et me dit enfin :

- Laissez-moi vous narrer mon histoire. Il était une fois un jeune qui arrive dans la capitale. C’était dans les années quatre-vingts...

- 1900 ?

- 1900. Notre jeune provincial, car c’est un provincial, manque d’amis, de logement, de tout. Il est seul dans cette rue, il se rend dans un café. Là, il bouscule quelques drôles, qui commencent à le menacer. Il se défend à coups de poings, entraîne dans sa lutte une série de bonshommes de neige, comme ce Drake que vous connaissez, le drille que vous nommez Petit Pierre, et de fil en aiguille il s’installe, quoi, dans la bonne vieille ville. A cette époque, on sort, on boit, on se bat tous les soirs. C’est la gaudriole...

- Et on se loge comment ?

- Le théâtre, l’ami. La chambre de bonne, l’amuse-bouche de la vertu mobilière, et les femmes, bien sûr... On ne compte pas à l’époque, on raconte... Les temps sont encore jeunes, et le peuple présent. On n’a pas besoin de recenser les nôtres comme maintenant. Nous sommes tous là, nous nous reconnaissons, nous nous saluons dans la rue. On se réveille, on crie, on chante des lieder avec de jeunes professeurs. C’est toute une époque, même si bon... Vous le savez comme moi, les Temps sont toujours durs... ou toujours mous, c’est selon.

- Constance ?

- Constance bonne au pieu ? Au début, cela s’est passé comme dans un livre. Encore que rien ne vaut une femme enlevée, vous savez, l’ami... Comme dit le poète que vous inspirâtes, il vaut mieux mourir pour une femme que vivre avec elle.

- Je sais...

- Mais quand même ! Quelle friponne, mon gars ! Tant qu’il s’est agi de l’aider à tromper le mari et à divorcer, tout allait bien. Tant qu’il s’est agi de soirées romantiques et de menaces physiques pour obtenir la pension de Bonacieux, alimentaire mon cher Watson ! Mais après ! mais après ! Je me suis retrouvé chez elle, et un beau jour la ribaude me demande de payer mon écot. Vous vous rendez compte ! Moi ! Un loyer ? Voleuse, va.

- Non, mais cela doit être terrible ! Qu’avez-vous fait ?

- Que croyez-vous qu’il fît ? Il partit, pardi ! Et il viva, pardon il vécut chez les unes, chez les autres, et ne se priva jamais de rien... Et à chaque nouvelle aventure, je me faisais loger par le mari... cela, je l’avais bien compris. Ne jamais séparer l’amante de son époux, surtout s’il est fortuné...

- Et Bonacieux l’était...

- Fortuné ? Vous pensez ! Dix chambres de bonnes à Saint-Germain des Prés ! Millionnaire qu’il était ! On n’est plus au temps de Clovis ou des bons moines, mon vieux !

- Je sais. Les chambres de bonnes ont remplacé les chambres de moines.

Il régnait une belle lumière. C’était une de ces chambres ensoleillées, et qui donnent sur les cours où manquent tant les bons chevaux ; des chambres d’écrivains, chambres de créateurs, où l’on attend la fin de sa vie, d’une vie qui n’a jamais commencé en fait. Un rayon illumina la bouteille qui flamboya. Puis je vis le visage de mon ami se flétrir presque imperceptiblement, la mine grise l’envahir, la moustache blanchir, le sel de son propos s’affadir.

- Après, tout a changé...

- Mais ne dit-on pas cela à toutes les époques ?

- C’est ce qu’on dit en effet. Mais moi je vous dis que tout a changé. Vous voyez ce qu’on peut faire maintenant, mes amis et moi-même ? Rien ! Vous pensez que c’était imaginable il a seulement trente ans ? Non, tout a changé. Ils sont venus, les dévoreurs d’espace, ils nous ont tous volés, ils ont détruit les villes, chassé les soldats et les artistes, les ripailleurs et les aventurières, ils ont viré les anges et les poètes, mon vieux ! Ils ont installé les maîtres carrés... C’est une volonté cardinale...

- Le cardinal de Richelieu ?

- Lui-même, qui a voulu tout cela. Et ils ont eu ce qu’ils voulaient depuis longtemps. Ils ont fait de la communauté un conglomérat de solitudes sans illusions. Et non seulement cela, ils ont gagné ! Les populations se sont soumises... Chez le petit peuple, disent-ils, l’appétit vient en mangeant, alors il faut tout lui retirer, et petit à petit il s’apaisera. Ventre affamé n’a plus de volonté. Heureusement que maintenant nous pouvons les voler...

- Et vos amis ?

- Ils sont encore comme moi dans la police, dans l’armée, la Royale... Ils sont au service d’une certaine idée de la France... Le roi, l’empire, la république...Pierre est plutôt républicain, moi royaliste, Drake défendra l’Empire... Mais nous devons toujours combattre, et nous prenons de l’âge... On est vingt ans après, et même plus. On est trente ans après. Ce qui ne nous tue pas nous rend plus vieux... mais la relève arrive, grâce à vous, et à vos jeunes compagnons ! Le sage l’avait dit : les cosaques et le Saint-Esprit!

On frappa à la porte. Comme au théâtre, il me sembla alors que le rideau se levait, que donc la scène - la maigre chambre de mon hôte - s’agrandissait soudain, recouvrant sa splendeur d’antan. Je vis même apparaître une soubrette qui me dit s’appeler Guillerette et se proposa de me donner satisfaction. Guillerette était blonde, portait bien, se disait bourguignonne et minaudait à propos. Je me voyais dans quelque vieille toile avec une bonne flamande. Tout de suite j’entrais, imprudemment j’avoue, en contact physique avec ma belle et chère créature venue de terres hétaïres.

J’entendais de grands éclats de rire clairs comme l’éclair. D’Artagnan avait reçu un colosse blondasse avec lequel sa communication se limitait pour l’instant à l’hilarité. Le bonhomme vint alors à ma rencontre et se présenta. Il s’appelait Mandeville, joyeux godelureau normand comme il me dit. Puis il s’assit, écarta ses larges cuisses et ses grosses bottes et attendit son verre. D’Artagnan revient et me présenta ainsi : je reproduis comme je peux la vivacité curieuse et sans doute superficielle de notre joute verbale et amicale. A toi lecteur de reconnaître les locuteurs.

- C’est un envoyé de l’espace.

- Un cosmonaute ? Il est le bienvenu !

- Il vient à notre aide !

- Quel est son nom ?

- Je ne sais pas... Comme je vous dis ! Un vrai Nemo ! On l’appelle aussi le gerold.

- Gerold ?

- Le héraut. En russe.

- Le héros ?

- Héraut, a-u-t.

- Etes-vous sourd, commandant Mandeville ? Ou bien aveugle ?

- Très drôle ! Au fait, mon ami, il faut que nous parlions !

- Si fait ! et de quoi ?

- Constance... des nouvelles ?

- Mais non, enfin ! Depuis le temps !

- Bien bien... Et sur le front, quelles nouvelles ?

- Eh bien, mon vieux, sachez que nous leur avons dérobé quelques ares hier !

- Des zarzières ?

- Des ares hier ! Etes-vous sourd, bon sang ?

- Des arrhes y errent ?

- J’ai dit des ares, des centaines de mètres carrés, si vous préférez...

- Ah, j’y suis !

- Eh bien restez-y ! Vous avez un grain ma parole...

- Je vous jure que non ! Le grain n’est jamais là.

On sonna tandis que d’Artagnan s’irritait contre son fort sot ami, capable de forcer n’importe quelle porte d’un coup d’épaule, mais inapte à se remémorer un mot ou un digicode. Guillerette alla ouvrir et j’eus la surprise de voir mes vielles connaissances, Nabookov, sa discrète moitié, Superscemo et son comparse Siméon quittait derrière lui un étrange petit chariot couvert d’un sac en plastique (j’ai du mal à m’accoutumer à ce mot depuis mon retour). Tous me saluèrent avec effusion, ce qui sembla irriter Mandeville.

- Mais il est plus connu que nous, ma parole !

- Nous en sommes là ! Quand je vous dis qu’il est venu de l’espace...

- Mais que signifie cette présence dans le monde de têtes blondes et oblongues ?

- Eux ? Des russes, voyons !

- Mais que je croyais que l’Allemand les avait tous tués !

- Au fait, à ce propos... Nous avons écouté hier notre ami Morcom. Notre ami Gerold a croisé hier Jean des Maudits, ce renégat. The enemy is moving...

Tout le monde se tut. Je retraçai les propos du pauvre specteur, les épisodes de la soirée, la trahison de Ivan Mudri, qui enchanta Simon et Superscemo (alias Edwin Vassiliévitch Pyvo, mon cher lecteur), et les mesures des étranges anges à venir. Je voyais la ville, le monde se dépeupler, ajoutais-je, et cela me désolait fort. Mais cela ne semblait pas préoccuper notre ami d’Artagnan pour un sou. Il repartit d’un de ses éclats de rire énigmatique puis demanda tout de go à ce fleuron de l’intelligence normande :

- Vous connaissez Canaris ?

- Personnellement ? Non. Qu’est-ce ? Un amiral ?

- Non.

- Un archipel ?

- Mais non. Vous connaissez Dieter alors ?

- Non.

- Suce-Kopek ?

- Non. Quels sont ces messieurs ?

- Des agents du cardinal. Pardon, du maître carré. Connaissez-vous Lord Morcom, leur capitaine ?

- Oh, oui, celui-là, je le connais, non pas personnellement, mais pour en avoir entendu plus d’une fois parler à ma maîtresse, Laurence, comme vous savez, comme d’un brave et loyal gentilhomme.

- Messieurs, messieurs, je vous en prie...

C’était la voix coupante de Nabookov qui s’exprimait dans les airs, tandis que je m’asphyxiais sous le poids peu hyperboréen de leurs répliques, et que les petits russes s’agitaient. Nabookov était de ces esprits qui pouvaient dénombrer les insectes de la fenêtre d’un train, apprendre une langue entre deux interrogatoires, et défier un grand maître aux échecs durant une conversation si française, comme celle à laquelle je venais malgré moi d’assister. Sa femme, si discrète et élégante, faisait et défaisait de ses doigts admirables sa longue tresse brune entre nos vains propos.

- Nous avons un problème éminent à résoudre.

- Un bel alexandrin...

- C’est cet après-midi. Professeur Propolis...

- Conférence de presse ? Et belle allocution ?

- Avec ou sans diérèse ?

- Taisez-vous, nom de Dieu ! C’est une Exposition ! Explique-leur, ma femme.

Elle s’exécuta en dénouant sa tresse.

- Oui, chérri... Exposition du concept métaphysique de l’espace...

- Nous devons nous y rendre. Ce professeur de l’université de Trieste, descendant d’un prince autrichien, amiral de la flotte de l’empereur François-Joseph, peut nous sauver les amis. D’un point de vue philosophique.

- Filou quoi...

- Philosophique, mais que vous êtes sot mon ami... Mandeville ! Je vous manderai à la campagne, moi, tout aristo que vous êtes...

- Et j’y élèverai des abeilles, je sais... Je suis sot.

- Il nous faut donc aller, reprit Nabookov, tandis que son épouse achevait sa tresse admirable.

- Alchimique, dirais-je...

- Pardon ?

- Sa tresse est alchimique... Elle exprime le rayon d’or.

C’était d’Artagnan qui s’exprimait ainsi, se retrouvant de sa fatigue matinale et se réveillant de son entretien peu courtois avec le Mandeville en question. Il avait lu dans mes pensées, comme il savait voler les maîtres... d’Artagnan !

***

Mandeville salua et sortit. Nous nous préparions pour cette Exposition qui promettait beaucoup, mais où nous ne pourrions tous nous rendre. Ce serait en tout cas l’occasion pour moi de revoir ce bon vieux collège de France, et de saluer mon clochard quechua, à condition que mon nomade compère n’ait pas été pourchassé par les menaçants sbires de la cardinalerie immobilière. Mais les enfants n’entendaient pas qu’on les ignorât. Siméon déjà dégagea son étrange machine du plastique noir qui l’encombrait. Cela déplut à notre hôte.

- Mais que fait ce blondinet avec cette chiotte ? On fait des chiottes portables maintenant ?

- Ecoutez, d’Artagnan...

- Ecoutez, mon ami. Nous nous plaignions du cerveau de Mandeville. Mais avec vos jeunes écervelés, nous avons baissé d’un cran.

- Je ne crois pas, souligna la voix grave de Nabookov. Ce sont de jeunes cerveaux, et ils sont révoltés.

- Celui-là, dis-je, quelque peu embarrassé, veut qu’on le nomme captain Toilet. Vous allez savoir pourquoi. Voyez et méditez. Nous avons en face de nous autres, les nôtres comme vous dites, captain Attila, celui-là même qui ne veut plus voir d’herbe, mais seulement de la glace, et du verre, et du cristal, et du béton. La bête immonde, ô béton monde...

Siméon s’en alla décrocher un miroir du mur, puis approcha une chaise. Il entassa comme il pouvait cet équipage dans la cuvette de son ustensile puis tira la chasse. Devant nos yeux écarquillés, la bobinette cherra, et tout le beau mobilier s’en alla. D’Artagnan sursauta.

- Mon miroir Henri IV ! ma chaise Louis XIII ! Le barbare, le scythe ! C’est l’incendie de Moscou ! Ce garnement est Rostopchine !

- Ne nous énervons pas, après tout nous aussi nous voulons faire disparaître ce monde, souligna Nabookov dont la femme sublime renouait sa tresse.

- Simon, where is the chair, demandai-je gravement.

I don’t know where this shit is going. I just flushed it out, souligna le blondinet, pendant qu’Edwin Vassiliévitch s’esclaffait.

D’Artagnan bouillait, mais il comprenait bien le surprenant pouvoir que cette machine conçue par un physicien enfant renfermait. Il s’apaisa, et à ce moment précis parut la belle blondinette nommée Guillerette. Elle-même brandissait un gigantesque aspirateur allemand. Elle le promena dans la pièce en expliquant que cette nouvelle machine aussi pouvait aspirer les objets. Elle engouffra ainsi deux ou trois meubles supplémentaires du pauvre d’Artagnan qui n’en pouvait mais. Cette fois, ce fut Nabookov himself qui tempéra l’ardeur dévastatrice de nos carnassiers convives. Il calma le petit russe d’une phrase puis, en en français :

- Ce n’est pas la peine d’en rajouter, ou plutôt d’en enlever... Nous sommes ici pour rendre l’immobilier au peuple, pas pour enlever le mobilier aux...

- Aux moscoutaires, brailla Edwin Vassiliévitch en se tordant de rire.

- Il est bon toutefois de constater que nous sommes équipés. La technologie est de notre côté, pour une fois. Nous allons pouvoir lutter bientôt à armes égales contre les maîtres carrés. Laissez-moi vous réciter quelques vers.

Et Nabookov, le maître regretté d’Ivan et de tant d’autres des nôtres, nous récita ces vers, cher lecteur, dont je ne sais si la lecture t’inspire, tandis que j’admirais sa femme à tresse et que Guillerette me couvait de regards chaleureux. Pendant qu’il déclamait ses vers, la pièce s’agrandit - et s’assombrit aussi.

Un attracteur étrange
Zéro venu de l’un
Ou l’Un vers l’infini
Boit une stase énumérée

Fractal un univers
S’arroge
Le droit de n’être pas
Ce quoi

Qu’enfin les pitres sachent
Que l’on ne peut impunément
Forcer les portes des demeures
Défaites par le maître.

- Vous n’êtes guère gai, mon bon ami...

- Ecoutez voir !

L’espoir est mort coulé dans du béton
Bêtes de jungle et morne jambe asphalte
De cavaler sur les montagnes plates
Le pied blessé par les égouts
L’ennui la ville ne rend plus les soupirs...

- Il suffit ! Il suffit !

- Ce texte n’est guère mobilisateur !

- Et pourquoi ? On était dans un monde où il y avait des poètes et des poissonnières, on est dans un monde où il n’y a plus que des maîtres carrés !

- Ou des bobos !

- Des proprios !

- Ou des propos !

- Il n’y a plus mères ni douairières !

- Les enfants ont d’autres idées, écoutons-les.

- Oui, Edwin Vassili, dis-je en me ranimant après la sinistre lecture. C’est quoi pour vous un maître carré ? Car c’est enfin le titre du récit...

- Arrêtez de faire le titre ! entendis-je brailler par d’Artagnan.

- Commençons par le mètre, murmura Nabookov d’un ton lugubre.

***

Nous quittâmes la chambre, accompagnés de Guillerette, qui ne cessait de lorgner vers moi, et de Siméon, ce qui embarrassa fort d’Artagnan. En pleine rue, sur les bords du jardin lunaire, en plein soleil aussi, nous formions avec la chiotte et le kolossal aspirateur, une curieuse compagnie. Mais n’oublions pas le mètre. Avec son petit accent russe et italien, cosmopolite mais pas babélien (je reviendrai sur la distinction), mon petit admirateur polyglotte s’exprima dans ce registre scientifique et philosophique :

- Oune ounité de longueur égale à la longueur du trajet parcouru dans le vide par la lumière pendant une durée de 1/299 792 458 de seconde. Avant, le mètre avait été défini comme une longueur égale à la dix millionième partie du quart du méridien terrestre.

- Vous avez raison, ils sont forts ces petits russes...

- On les appelle les gavnuks.

- Que veut-ce dire ?

- Les petites choses. C’est pourquoi ils en ont marre des adultes.

- Les megagavnuks !

- Dé 1960 à 1983, poursuivait Superscemo alias Edwin, mais tu l’auras compris, ô mon lecteur adoré, et d’un ton paisible quoique tranquille (???), le mètre a été défini à partir d’une des radiations émises par une lampe à décharge contenant l’isotope 86 du krypton.

- Le mètre, c’est autre chose !coupa Nabokov. Dans la prosodie grecque, le mètre désigne un groupe déterminé de syllabes, avec des temps marqués, non ?

- Et le maître, qu’est-ce ?

- Ah ! Maître d’armes, maître de danse, maître d’ouvrage ou maître d’oeuvre ?

- Le seul maître, c’est celui de l’auteur de la Tiphaine Dufeux... Celui qui fausta compagnie à notre Tiphaine Dufeux, la seule véritable...

- Et le carré c’est quoi ?

- C’est quoi le carré ?

- Le quadrilatère plan dont les quatre côtés ont la même longueur et dont les angles sont droits.

- Mais quelle littérature ?

- Mais en arithmétique, cher maître d’armes, le Carré d’un nombre est le produit de deux facteurs égaux à ce nombre... Mais le carré peut aussi être, ne vous en déplaise, le nombre entier qui est le carré d’un entier !

- Je me souviens aussi...

Siméon s’agitait. Il secouait sa tête blonde et rêvait de tester de nouveau sa belle invention en pleine rue. Ce fut un bulldog français qui en en fit les frais. Il passa le premier la cuvette, suivi de sa vieille maîtresse en survêtement qui plongea. Nous tentâmes de rester discrets, redoutant quelque reproche public ou poursuite de la maréchaussée. Mais rien ne survint, car cette ville est devenue bien trop distraite et endormie, parée de ses passants penchants rêveusement sur les pavés leur tête appesantie. Devant d’Artagnan indigné par tant de malignité puérile, il sortit une belle blanche pas trop blanche et barbouillée de signes.

Ils avaient édicté les nouveaux Ten Commandments :

Always kill the adults after forgive them.

Never mind, be a machinegun.

Just use the dolphins and the horses as means of transportation to save the Energy.

Be a joker, not only a killer.

Never listen to a president or a parrot.

Betray all your managers or presidents.

Earn money by stealing banks or casinos.

Shout everybody if you can, your buddies if you’ve already kill everybody...

Just destroy the humanity, not the earth.

Kill anyone who doesn’t respect these crazy rules.

Now forget these rules and be a child again.

***

La Conférence du professeur Propolis. Nous arrivions enfin à nos fins. A l’approche du Collège de France, nous vîmes que la salle serait bondée. Il y avait de fortes foules et un peu de houle. Nabookov commençait à rassembler les nôtres, comme on dit. Il y avait même Drake qui vint me saluer. Personne ne voulait laisser rentrer les enfants, mais le brio de Superscemo leur obtint de droit de passage, avec l’étrange appareil de Siméon ; et Guillerette passa aussi, se faisant passer pour une femme de méninge de plus grand importance. Je remarquais alors sa belle peau de blonde en sueur, mais aussi un air de cruauté gentille et satisfaite dans son beau regard bleu. Nabookov avait organisé son espace dans la vaste salle ouverte à quelque mille auditeurs libres. Il y avait des specteurs et des policiers partout. Teteras vint me saluer, en me disant que je ne devrais pas être ici, que je risquais beaucoup, comme si j’étais le seul à être menacé hic et nunc. Siméon lui aspira sa serviette en cuir noir.

Enfin le professeur entra. C’était un homme petit aux cheveux bien plantés, hérissée même.

Sous le chapiteau, tout le monde s’agitait. On attendait de cette conférence un justificatif philosophique. S’il remettait en cause la notion bourgeoise de l’espace, murmurait Nabookov entre ses dents, alors c’en était fait du pouvoir des maîtres carrés. Mais il ne fallait pas trop rêver, il ne faut jamais trop rêver. Les specteurs veillaient, des hommes en costume noir et ringard, mais Siméon et Guillerette, qui me souriait entre deux regards exterminateurs lancés à la police des mètres carrés qui jonchait la moquette comme autant de futures feuilles mortes.

Le professeur commença avec un accent gréco-italien, ou peut-être maltais. Des petits drapeaux s’agitaient dans l’espace mesuré de la grande salle. Il s’exprimait nerveusement, par saccades, la tête plongée dans ses notes, comme s’il nous menaçait indirectement.

Exposizione métafisica dou concept de l’espace. Au moyen dé cette propriété dé notre esprit qui est le senso extérior, nous nous rapprésentons certains objets comme étant hors de nous et placés tutti dans l’espace.

On commença à siffler. Il y avait ceux qui comme toi ne comprennent rien à cette posologie verbale, mon cher lecteur, ceux aussi qui comme moi avaient reconnu la félonie du professeur - qui reproduisait une dissertation célèbre du temps dit des Lumières -, ceux enfin qui voyaient que notre phénomène allait malgré tout menacer leurs privilèges en se réclamant des classiques tout simplement, et faire de l’espace tout autre chose que leurs manières d’anges déchus en avaient décidé. Le professore martelait maintenait ses phrases étincelantes, ses vers dorés comme s’il se fût agité d’une gavotte jouée au clavecin des énergies célestes. Et je voyais Guillerette agiter son aspirateur vers les plafonds et avaler tous les fanions qui traînaient.

Le temps ne pé pas être perçou extérieurement, pas plous qué l’espace ne pet l’être comme quelque chose en nous. Qu’est-ce donc qué l’espace et le temps ? Sont-ce des êtres réels ? Sont-ce seulement des déterminazioni ou même dé simples rapports des choses ? L’espace non è oune concept empirique, dérivé d’expérienze extériori.

La phrase déclencha les regrettables incidents dont la presse devait le lendemain se faire l’écho, et dans lesquels, cher lecteur, nous jouâmes, moi et mes chers petits compagnons, un non négligeable rôle.

- C’est faux ! Cet homme est un escroc. L’espace est à vingt mille euros le m², point à la ligne. Si ce guignol n’est pas content, il n’a qu’à aller voir ailleurs.

C’était la voix de Dieter. Alors Guillerette se leva, brandit sa tête d’aspirateur, et le croirez-vous lecteur, elle aspira ses bonnes paroles. Le professore pouvait poursuivre, pendant que j’entendais la voix de Suce-Kopek proférer d’autres insanités. Et il donna le coup de grâce.

2. L’espace est una rapprésentazione nécessaire, a priori, qui sert de fondement à toutes les intuiziones extériori... Il est donc considerato comme la condizione della possibilità des phénomènes, et non pas comme une déterminazione qui en dépende, et il n’est autre chose qu’une représentation a priori, servant nécessairement de fondement aux phénomènes extérieurs.

Tout le monde sauta sur sa chaise. On entendit hurler : "Dehors les pauvres ! Les Italiens en Italie, la France aux milliardaires". Mais cette envolée lyrique fut aussi avalée par mon aspiratrice blonde, et tout redevint silence. Le professore put alors porter l’estocade. Il avait perdu son accent et je le voyais grandi, resplendissant, assenant les vérités les plus philosophiques du monde.

L’espace n’est donc pas un concept discursif, ou, comme on dit, un concept universel de rapports de choses en général, mais une intuition pure. Nous affirmons donc la réalité empirique de l’espace (relativement à toute expérience extérieure possible) ; mais nous en affirmons aussi l’idéalité transcendantale, c’est-à-dire la non-existence, dès que nous laissons de côté les conditions de la possibilité de toute expérience, et que nous nous demandons s’il peut servir de fondement aux choses en soi.

Le rat des villes et le rat déchante. L’idéalité transcendantale de l’espace déclencha les hostilités, mais nous étions prêts. Siméon actionnait sa chasse d’eau, pendant que Guillerette aspirait et que Drake et d’Artagnan repliaient leurs mètres carrés. La défaite de l’ennemi n’était pas seulement théorique ; elle était aussi pratique.

Dans l’agitation qui régnait, je ne savais où donner de la tête, couvant de mon regard les enfants, et la sublime Guillerette dont je savais maintenant qu’elle ne pouvait s’appeler Guillerette et qu’elle était un agent au moins double. De loin je vis Nabookov qui faisait de grands signes. On avait enlevé Propolis... l’homme qui avait justifié la cause juste de la gratuité de l’espace par l’idéalisme transcendantal avait donc disparu ! Décidément nos adversaires auraient toujours le dessus. Mais non, nous avions aspiré et Siméon en avait envoyé un certain nombre Dieu sait où, de nos petits maîtres, agioteurs, marchands de biens, spéculateurs et autres éponges. Pendant que Superscemo atomiquement les désintégrait, si triste de n’avoir pu recueillir de précieuse autographe du grand professeur italien.

Nous étions déçus. Mais nous rassemblâmes nos troupes. Nous avions testé de nouvelles armes. Nous n’avions pas paniqué. Simplement, nous n’avions pas prévu que l’ennemi volerait notre meilleur témoin ; qu’il se permettrait de le faire. Je voyais déjà les titres de la presse du lendemain.

- Ils vont nous attribuer l’attentat ; et ensuite expliquer que personne n’a compris ce que voulait dire le professeur Propolis...

- Et ce sera ainsi jusqu’à la prochaine conférence de notre ennemie, la fameuse baronne Kitzer von Panzani...

- Allez, on a bien rigolé tout de même, pas vrai... Ah, quelle ruche mes amis !

C’était la bonne voix un peu sotte de notre ami Mandeville arrivé un peu tard comme la cavalerie, marmonna d’Artagnan. Pendant que nous nous rendions sur les hauteurs bohèmes du quartier latin pour prendre un thé à la menthe mérité, j’en profitais pour m’adresser à Guillerette. Ma belle blonde athlétique était ici under cover. Elle essayait des armes secrètes, comme cet aspirateur à phrases et à personnes. Je lui dis que son regard était aussi une arme secrète. Comme toutes les Allemandes, même celles de l’époque romantique, elle était très sérieuse. Mais enfin, je voyais que je ne lui étais pas indifférent. C’est toujours la même histoire ; je me voyais à Grinzing jadis, écoutant des lieder, et buvant de la bière, tandis que mon coeur faible s’enamourait d’une gretchen aux seins prospères...

Il arriva que des filles leur naquirent, élégantes et belles. Et lorsque les anges, les enfants des cieux, les eurent vues, ils en devinrent amoureux...

***

Nous nous retrouvâmes près d’une place saint Hilaire en face d’un monument de culte d’une grande beauté hérétique. Les gens se saluaient, nous buvions du thé à la menthe. Petit Pierre allait plus tard passer après son spectacle de rue. Nous eûmes droit aux vers inévitables et redoutables de ce bon Nabookov, intarissable et dans son bon droit :

Petit vaisseau qui passe dans l’espace
Le blanc la nuit l’effroi
Pour qui sonne la glace
J’attends le roi des rois

Dharamsala la porte ouverte
A stase empire et tradition
J’énumère la verte
Erin contemplation

Je notais que sa femme (celle de Nabookov, un peu d’attention, cher lecteur), qui se nommait Tatiana, ne cessait de faire et de défaire sa tresse. Mais ce n’était pas par détresse. En réalité elle prenait la peine de découper ses cheveux en quatre pour noter ce que son époux, moi-même ou un autre de nos compagnons disait. Elle le faisait plus vite de cette manière, n’ayant pour ainsi après plus besoin de prendre de notes. En fait elle tressait des quipus, comme au temps des Incas. La belle éthérée discrète aux airs elfiques (zerzerlfik, comme dirait Mandeville...) me confirma de sa voix musicienne qu’elle avait pris cette méthode au Pérou, où elle avait vécu avec son époux quelques années auparavant. Une paysanne quechua du haut pays d’Ayacucho lui avait confié ces secrets qui avaient échappé à la barbarie des conquistadores. Elle se servait de ses recettes secrètes pour prendre au vol les fulgurances, faux desseins et inspirations de Nabookov qui commençait trois contes et n’en terminait aucun, et avait fait de sa vie littéraire un jardin aux sentiers qui bifurquent. J’étais moi-même en train d’inspirer tout le groupe, ajoutait-elle avec son air doux et grave. Peut-être que...

Je pensais moi-même que j’avais affaire à une aspiratrice, un être plus incontrôlable qu’une aguichante inspiratrice. Ma chevalière teutonique tenait le corps de son aspirateur comme celui d’un dragon. Et sachant que Siegfried n’avait guère eu de chance avec son amour de guerre, je me préparais au combat avec une certaine réticence.

Le chevalier se perd
Il rit de se voir hydre en tel miroir
Et se prend à penser à des sillons de lune
Effleurant la nuit vierge

***

Guillerette, à l’insu du plein gré de d’Artagnan, se nommait donc Fräulein Von Rundfunk ; il faudra te rappeler de son changement d’identité remarquable, chère lectrice. Rundfunk me raconta son histoire. Elle pouvait s’appeler Giselle ou Catherine comme toutes les allemandes ; je préfère Fräulein. Elle était ingénieur, travaillait pour ces grandes et savantes usines qui ont recouvert la vallée du Rhin depuis qu’il n’y a plus de philosophes. Elle était rentrée dans la Résistance aux maîtres carrés par dépit amoureux (un de ses créations robotiques s’était refusée cette Pygmalionne). Sa beauté blonde aux anneaux ciselés évoquait certes les âges farouches, mais il y avait aussi quelque mécontentement sozial à l’origine de sa contestataire attitude. L’histoire de la grande famille des Rundfunk, la fille du Rhin à l’inépuisable aura gemutlich... l’affaire Morcom m’avait un peu refroidi sur mon anglophilie du voyage antérieur.

C’était l’histoire assez banale d’une grande famille bourgeoise du nord qui péchait par maladresse et en quelque sorte manque de fortune. On faisait de mauvais projets, on vendait au mauvais moment, on achetait au pire. Fräulein Von Rundfunk avait alors vu disparaître la grande salle de séjour et la buanderie, la deuxième chambre d’amis et la salle de jeux, la cour intérieure et la grande cuisine, le bureau de papa et celui de la petite soeur. Il y avait certes eu aussi tous les bombardements, mais Fräulein Von Rundfunk n’en parlait pas, et elle n’était pas née n’est-ce pas... c’est par esprit de révolte qu’elle s’était amourachée de sa vieille amie d’enfance, qui s’était enfui avec un africain en Europe orientale.

Tout en disant cela, mon ingénieuse guerrière prenait un air fragile et presque séduisant, qui lui retirait la virile énergie dont elle avait fait montre tout au long de la journée. La fatigue aussi la gagnait. Je lui pris d’ailleurs la main sans effort. Je sentais la tiédeur douce de la soirée, la chaleureuse amitié qui unissait nos coeurs. Je me crus alors sur les bords du Rhin, escaladant une montagne magique, un Zauberberg tel un Wanderer, un voyageur, avec ma Fräulein qui me tirait vers le haut, pour défier le Himmel und l’Abgrund germano-romantique et non plus germanopratin.

Meine liebe lui dis-je, Denn bleiben ist nirgends, a dit le poète, demeurer cela n’existe nulle part, nous n’avons pas trouvé de patrie toi et moi, Aber Heimat fand ich nirgends, les dieux nous montrent la route, Die Götter ebnen uns die Bahn, et tout le tralala du docteur Faustus qui marche si bien main dans la main avec la Weltschmerz, la douleur d’être au monde ou la chanson à boire la douleur de la terre ou du thé à la menthe.

Die Sterne, die beghert man nicht...

Ma logorrhée l’atteignit ; mais elle continua de m’entretenir sur la maison qui diminue. Maintenant on devait vivre sur 30 m², il n’était plus question de vie sozial ou de famille nombreuse ou de vie de couple d’ailleurs. On retombait dans le germanopratique. Je m’en tirais avec un coup d’oeil taquin de d’Artagnan, et une oeillade réprobatrice de Nabookov qui ne voulait pas d’un ange rebelle désertant le champ de bataille au moment de l’Endkampf final ; et ce d’autant qu’il se méfiait de la belle, que le moscoutaire considérait toujours comme sa bonne. Il ne fallait pas omettre en outre qu’elle était là en tant qu’inventrice ; et que la tête chaude cache souvent un coeur bien froid, comme il était dit dans une opérette dite les Visiteurs du soir. Bon.

- Alors voir la grande tante maintenant...

- La grande tente ? Allons bon. Apôtres, nous voici !

(à suivre)

4 mars 2011 - lien permanent

Serge de Beketch : 'Mémoires Inachevés', présentés par Nicolas Bonnal et Danièle de Beketch

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par Serge de Beketch et Patrick Gofman, lors de l'émission du 11 avril 2007 sur Radio Courtoisie. (0:38)


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Archives du Libre Journal de Serge de Beketch à télécharger

Nicolas Bonnal : 'Les voyages de Horbiger, ou les Maîtres Carrés'

Patrick Gofman : 'Dictionnaire des Emmerdeuses'

Nicolas Bonnal : 'Mal à Droite - lettre ouverte à la vieille race blanche'

Laurent Blancy : 'Atlas de géopolitique révisé'

Patrick Gofman : 'Vengeances de Femmes'

François Brigneau : 'Faut toutes les buter'

Jean-Paul Chayrigues de Olmetta : 'Almanach du Marquis 2009'

Laurent Glauzy : 'Extraterrestres - Les messagers du New Age'

Retrouvez le Libre Journal de Serge de Beketch sur Radio Beketch,
avec Victoria, J.-P. Rondeau, F. Roboth, Le Marquis et Gofman.

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