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L'après Libre Journal
Les voyages de Horbiger, ou les maîtres carrés
VII - Digressions par la grande tente et ailleurs
par Nicolas Bonnal

Nous reprîmes la route. Il sembla que la vie de quartier revenait dans cette partie désertée de la bonne ville. Les enfants jouaient, les gens allaient et venaient, et souriaient, la tête relevée. Les portes s’ouvraient, on n’avait plus de codes, et l’on jetait les clés dans la rue. A plein regard la créature voit dans l’ouvert, m’entendis-je murmurer à ma belle ingénieuse. Elle me serra les doigts... La barbe, Nabookov !

Nous gagnâmes une esplanade en suivant d’Artagnan, qui reste un guide fantastique rue de Bièvre, chevalier du dragon. C’était près de la Seine, tout arboré, et plein du chant des oiseaux. On eût dit une volière.

Il y avait une grande tente, précisément une très grande tente, une immense étendue de toile étendue et qui faisait voûte sous le ciel. C’était la tente de mon vieil ami de trois jours. Baptiste l’avait installée là pour les besoins de sa communauté itinérante.

De vous à l’ennemi, il ne doit y avoir d’autre différence que celle du fort au faible, du vide au plein.

Baptiste a fédéré le vide, donc la force mobile de notre éternité.

On y allait et venait ; et quand on y entrait, on s’y sentait moins à l’étroit que dans la ville. La tente avait ces propriétés - si j’ose dire, parce qu’elle dissolvait justement l’ère de la propriété, elle y mettait fin à cette coupe au carré de l’humanité à sa coupe réglée - si particulières, que j’avais déjà observées depuis mon arrivée - à moins que je ne les répandisse, comme le supposaient Tatiana et Nabookov, et malgré moi -, et parmi ces propriétés, celle si étrange d’être immense et de paraître à l’extérieur de dimensions à peine respectables. Il y avait plein d’arbres, toute une forêt de chênes et de hêtres, un voile d’illusions, mais d’illusions solides. Nous n’étions plus dans la réalité vaporeuse et inessentielle qui est celle des toits modernes, pleins de vide et d’encens frelaté. Dans ce monde enchanté régnait mon simple clochard que j’avais cru si humble, Baptiste, et son bon ami Paul, qui avait été marchand de tentes quelque part en orient et avait comme tissé toutes les routes de la soie pour nous protéger de cette robe céleste. Je vis alors paraître un homme grand et athlétique, qui portait une moustache et un bonnet vert. Il s’adressa à moi avant de rejoindre ses compagnons plus loin.

- Bienvenue à Sherwood...

- Sherwood, en pleine ville ?

- Extension du domaine de la hutte ! Alors, robin, aux abois ?

C’était petit Pierre qui me haranguait ainsi, sifflant de sa flûte de Pan. Il y avait aussi des satyres, des faunes, des nymphes, des gobelins, des elfes bleus, et tous les gnomes et peuples de la forêt. Je serrai la main de ma compagne qui elle n’en croyait plus ses yeux. Se pouvait-il que nous fussions enfin dans une Lothlorien ? Mais Baptiste vint à ma rencontre. Il était flanqué de d’Artagnan et du redoutable Mandeville toujours prêt à s’exprimer en stichomythies moscoutaires.

- La tente c’est le symbole de l’univers, du vide aussi, comme tu sais... Le plus dur est de maintenir son imagination en éveil... c’est un effort collectif... Sinon, tout s’écroule... Remarque, leur monde aussi ne tient qu’à un fil, si j’ose dire.

- Leur monde tient à des calculs.

- Oui, c’est une immobile maladie, un mouvement autonome du non vivant, se répétant à l’identique. Banlieues, périphériques, trottoirs, embouteillages, centres d’affaires, rocades, aéroports, tunnels, détournements, malls, centres commerciaux, entrepôts, cages à habiter, j’en passe. Et tous les pauvres à la porte. Toute l’humanité à la porte. N’y reste qu’un zombie, un vampire, un maître carré...

- Comment tu as eu l’idée de...

- Nous avons eu de la chance, trouver le tissu couleur du temps. Du temps qu’il fait, wetter, ajouta Baptiste en regardant ma Fräulein. Ensuite c’est l’enchantement logique : nous pouvons tout si nous croyons. La taille de la tente Henriette dépend du vent, des temps, et de l’envie des gens. c’est Disneyland en réel.

- Pourquoi la tente Henriette ?

- C’était ma grand-tante. Elle m’abritait dans sa maison provençale lorsque j’étais enfant. J’y passais des heures délicieuses. Mais on l’appelle aussi la Loge.

- Quoi ? La tente la loge ?

Baptiste empoigna alors la belle teutonique, à la poitrine plus tonique et mécanique que jamais. Et il lui dit de sa voix impénétrable, alors qu’il resplendissait sous son couvre-chef à plumet et sa verdeur métaphysique :

- Loge vient du francique ripuaire laubja qui signifie "abri de feuillage", et a donné Laub en allemand moderne et loaf en anglais. Par exemple !

- C’est prodigieux. Donc le logement est lié au feuillage, à la forêt pure des bois.

Alles möglich mein liebe!

- Vous êtes wunderbar, merveilleux, s’écria Fräulein Rundfunk d’un ton très guilleret.

- Et au départ la loge désigne une petite cabane...

- Tout de même, dis-je en bon esprit naïf, comment avez-vous pu en arriver là ? Vous, les humains ?

- Tu n’as pas entendu parler des eaux glaciales du calcul égoïste ? Il faut te mettre à jour.

- Les calculs, c’est la maladie de la pierre, remarqua habilement d’Artagnan. Au fait, héraut, j’ai une bonne nouvelle... On a retrouvé Propolis.

***

C’était l’autre bonne nouvelle de l’après-midi ; du reste le crépuscule ne venait pas, le soleil ne se couchait pas, la terre semblait immobile sur son socle, comme si elle ne pouvait voir la fin de ce jour. Et sous la vaste tente Superscemo et Siméon jouaient enfin à donjons et dragons, mais avec de vrais dragons et de solides donjons. Ma Fräulein avait revêtu des vêtements de fée, tout comme Tatiana. Nabookov portait comme beaucoup un tablier de maître de cuisine ou de menuiserie (il fallait s’activer), comme beaucoup d’ailleurs. Mandeville se chargea de retirer à la scène de sa superbe mythologique.

- Propolis ? Vraiment ?

- Je vous le dis !

- Le professeur ? Pas Héliopolis ?

- Je vous assure...

- Ah ! Sapristi ! Et où cela ?

- Au Louvre !

- Ah ! Fichtre !

- Comme vous dites...

- Et comment cela s’est-il passé ?

- On va vous le montrer ! Vous l’allez voir à l’instant !

- Le lait boire à l’instant ! Saperlipopette ! Mais je le croyais enlevé ! Comme Elie !

- Par les nôtres ! Il a été enlevé puis libéré par les nôtres !

- Enlevé ou libéré, je n’y comprends plus rien !

- Mais les deux voyons ! Dans le doute ne vous abstenez pas ! Venez voir !

Le fait est que l’incertitude de Mandeville avait pour une fois ses raisons de mettre en doute la compréhensibilité des propos que l’on venait de lui tenir. Il arrive parfois où même un sot a le droit de se tromper... On m’introduisit dans la hutte de Propolis, surnommée la hutte finale. Là je vis notre petit bonhomme, mais il était en train de retirer la perruque qu’il avait revêtue durant la batailleuse journée. Et je voyais un petit homme chauve et puissant, qui dégageait une forte personnalité, les yeux durs masqués par de fantastiques lunettes d’écaille, et le corps recouvert d’une gabardine vert-de-gris. C’était lui le chef des nôtres. C’était lui qui avait monté la combine, comme il le dit de sa voix grave et actrice, qui prononçait d’un air initié et bourru des salves sentencieuses et infernales. Et il ajouta, en me prenant par le bras et en me fixant de son étincelant oeil de faucon :

- Vous comprrenez, mon cherr... Nous avons rridiculisé conspirrativement l’ennemi... Il est à notre botte maintenant.

- ... ?

- Il est foutu. j’ai prouvé dialectiquement par l’analytique transcendantale la nullité de ses propositions et la vacuité abyssale et qlipothique de ses tarifs. A ce rythme, et grâce à nos arrmes secrrètes, nous en aurons bientôt fini avec lui. Par qlipoth, j’entends bien sûr comme vous savez ces écorces mortes dont parle la kabbale... c’est de là que nous vient tout le mal. La conspiration des ténèbres finales nous vient du vide béant de ces logements transmués en loges noires prédatrices, tantriques et conspiratrices, ces aires vides possédées abstraitement par de la monnaie... Nous sommes en lutte contre le néant, son oeuvrre au noir, sachez-le mon cherr...

- Et chassons-le donc, s’exclama Mandeville, qui crut drôle la contrepèterie.

Je fus mis au courant. Il s’agissait - je parle de mon locuteur, lecteur - de Johannes Parvulesco, le maître de céans, conspirateur avant l’heure et avant-gardiste de la Révolution des anti-maîtres carrés. Ce personnage haut en couleur semblait s’être fait un nom parmi mes amis. Et ce sans que personne ne semblât lui obéir proprement dit. C’était une entité éclairante et donc tolérée, un Illuminatus venu de l’aube dorée des magiciens blancs. Et je mis à repenser à ces terribles vides entrevus dans les appartements et les loges bien noires. C’était cela le monde devenu : un wunderkammer, un cabinet de curiosités peu à peu vidé de toutes ses richesses et possédé par l’absence ivre de soi-même rendue en chiffres effarants.

- Mais dites-moi comment vont les choses là-haut...

- Je peux ?

- Bien sûr... Vous aurez comprris que je suis un familier des sorties dans l’astral.

S’ensuivit une confession que je n’ai aucun droit de retranscrire. Elle n’intéressera pas mon bon lecteur, et je l’invite à lire les vieilleries de Swedenborg, Jakob Boehme ou de quelques autres philosophes inconnus, s’il ne veut pas se perdre dans les méandres de mon espace à moi. Le feu clair qui remplit les espaces liquides est glacé.

A propos de Jacob, je le vis qui opérait par là. Je laissais le Maître à ses péroraisons et allais saluer mon héros et sauveur d’un soir. Il travaillait à de la menuiserie sous la tente, dont il avait assuré la charpente légère en son temps. Je lui demandais où était son échelle, il sourit et me la montra. Elle était là, pendant mollement, venue de l’inconnu, montant on se sait où. Je pourrais sans doute rentrer chez moi par cette échelle un jour.

Il arriva dans un lieu où il passa la nuit ; car le soleil était couché. Il y prit une pierre, dont il fit son chevet, et il se coucha dans ce lieu-là.

Il eut un songe. Et voici, une échelle était appuyée sur la terre, et son sommet touchait au ciel. Et voici, les anges de Dieu montaient et descendaient par cette échelle.

Je cherchais les limites de l’échelle et non du ciel - ou de la tente. Et j’atteignis la suprême vacuité, celle que gagnent les esprits épargnés par les corps. Mais on me secoua. Jacob avait disparu - comme toujours.

***

C’était mon bon Superscemo qui désirait me montrer quelque histoire. Siméon était reparti, enfin récupéré par le fameux majordome qui sortait d’une planche de l’encyclopédie ou d’un travail de Vaucanson. Il nous avait laissé sa fatale cuvette : on ne l’avait pas nommé Q par hasard. J’apprends vite, lecteur : en peu de temps j’enregistre grâce aux airs et aux ondes innombrables qui se trimballent dans ce que tu nommes ton espace ou bien l’air, et je me gave d’informations dont je ne sais que faire, comme toi et toute ta posthumanité je pense. Superscemo me montra tout d’abord le plan de sa ville : il avait dessiné son palais, ses forêts, ses zoos à l’air libre, ses usines, ses rampes de lancements de missiles, type Baïkonour, Cayenne ou cap Canaveral, il avait surtout gribouillé au milieu un petite territoire étranger à la ville.

- Là, me dit il gravement, j’installerai ma favela...

- Ta favela ?

- Oui. Il me faut une favela...

Nous étions entourés. Tout le monde acquiesça. Et si c’était la solution, bon Dieu, pour défier les marchands du temple ? Quels spoutniks ces enfants... Pendant qu’Edwin Vassili Serafimovitch Pyvo déclinait son génie urbanistique et conspiratif en russe, anglais, italien, quelque autre idiome aussi, je constatai que Baptiste avait accepté l’attention de ma bonne teutonique. Je n’en éprouvais aucune jalousie. Je n’avais besoin d’aucune aspiratrice, et ne pouvais lui servir d’inspirateur. Je redoutais seulement quelque bêtise future de sa terrible machine, de son arme secrète, comme j’avais tenu à dire. Elle pour l’instant paraissait avoir de l’intérêt pour mon clochard céleste et son magique toit, qui lui faisait oublier sa maison qui diminue. Mais Baptiste bâtissait dans le fragile, et qui sait mon nomade saurait raison garder pour la terrible sédentaire ? Je vis Mandeville, comparse inévitable, et commis l’imprudence d’entamer la conversation. On ne se méfie jamais que la première fois.

- Il faudrait la lui prendre...

- Plaît-il ?

- L’arme secrète.

- La Crète ?

- L’aspirateur. Le breveter.

- Une brève, té ?

- Le confisquer ?

- Le fisc, hé ?

- Notre ami veut vous dire, ahuri, qu’il nous faut surveiller l’invention de Fräulein l’ingénieuse (le lecteur aura reconnu dans cette intonation et dans ce double alexandrin la voix martiale de d’Artagnan). Ne vous tourmentez pas, Nemo, nous y veillerons. Je pense qu’elle rentrera chez moi encore quelques fois. Il est vrai qu’elle semble désirer une aventure en ce moment... Mais venez, votre bon ami Pierre nous prépare un spectacle de mime...

- Et ça s’appelle ?

- Les âmes mortes.

- Les ammor...

- Basta, Mandeville.

- Si fait, si fait...

Sur une espèce de théâtre qui me rappela les bons vieux temps du baroque espagnol, quand les jésuites tentaient d’expliquer le monde aux plus pessimistes de leurs contemporains, Pierre jouait une scène complexe adaptée de Gogol. J’eus toutes les peines à expliquer à Edwin Vassilievitch la différence entre Google et Gogol ; je n’essayais pas avec Mandeville qui reprenait son air éthéré.

J’étais bien satisfait de voir à l’oeuvre les âmes mortes. Cela me rappelait ma genèse, ou plutôt ma jeunesse romantique et rieuse. Ah ! La bataille d’Hernani, mon cochon, quel souvenir ! Et Venise, avec Byron ! Souvenirs...

Et je voyais notre Pierre jouer avec ses gestes, et être avec ses mains, et son teint blanc. Il rendait le désert d’âmes, qui évoquait le nôtre, et ses misérables toiles de maîtres.

Vends-moi des âmes mortes, j’éclatai de rire... j’arrive ici et on me raconte qu’il a acheté pour trois millions de roubles des paysans destinés à être colonisés ailleurs... colonisation ! Mais ce sont des morts qu’il demandait à acheter.

L’attention venait sur nous, la tension aussi... Il me sembla que la tente se rétractait sur cette berge noble de la Seine. Le sujet de la pièce ne nous protégeait pas ; mais il nous éclairait sur les combats à poursuivre.

Quelle énigme que ces âmes mortes ! Quelle énigme... Où est la logique dans ces âmes mortes ? Comment peut-on acheter des âmes mortes ?... Quel imbécile le ferait ?... Et avec quel argent invisible il les paierait ?... A quoi serviraient ces âmes mortes ?...

Et Pierre enfonça le clou de son spectacle :

L’acquisition demeure la raison d’être de tout, elle est l’origine de toutes les opérations que le monde qualifie de "pas très propres". Certes il y a quelque chose de répugnant dans ce caractère ; et le même lecteur qui, chaque jour, cependant, rencontre pareil homme, partage avec lui le pain et le sel...

- Je ne comprends plus guère... Pourquoi ce grand inquisiteur ?

- Acquisiteur !!!

- Vous avez presque raison. Pressons.

Nous avions froid. La taille de la scène diminuait, peut-être même la taille de petit Pierre, soumis à l’arraisonnement capital et cardinal de notre monde. De cette réfraction subsisterait quoi donc dans le futur ?

J’attendis Pierre à la fin de son spectacle. Mais d’autre gens m’entouraient ; la tente continuait de diminuer, il nous faudrait bientôt sortir. Les arbres disparaissaient. Ce n’était pas la forêt obscure qui nous effrayait, bien plutôt sa disparition. Mais Baptiste m’assura qu’elle subsisterait ailleurs, et que ce soir comme toujours j’aurai de la place à son bivouac. Les deux garçons de Pierre, Victor et Cyprien, seraient de la partie. Mais il n’était pas question pour moi de rentrer bientôt sous la tente.

***

On me fit savoir que l’honorrable Johannes Parvulesco désirait encorre me voirr. Il n’était plus sous la tente, mais dehors déjà, si j’ose dire, et dans un café obscur où il pouvait prétendre atteindre déjà des dimensions cosmogoniques plus dignes de lui, à l’intérieur de son plérome. L’étrange bonhomme créait un cercle de créatures invisibles autour de lui, de disciples translucides. Ce fut le petit Superscemo, qui après avoir commandé son lait orgeat, nous le fit remarquer. Cette observation de mon brillant second parut irriter le vieux maître qui expliqua toutefois.

- Ce sont les galactiques... Ils m’accompagnent. Mais prenez place, je vous prie.

- Nous nous tiendrons bien. Vous vouliez me voir encore ? Comment expliquez-vous ces variations dimensionnelles ?

- Mais je m’en fous ! Je ne suis pas physicien ! Les temps sont à la subversion transcendantale, c’est tout... Les temps et bien sûr l’espace. La forme a priori de...

- Notre sensibilité ! brailla Superscemo entre deux hoquets.

- Il est impressionnant cet enfant... mais faites-le tairre...

Moltchi, gavnuk !

Superscemo se tait, on ne sait pour combien de secondes, comme toujours avec les enfants. Je n’aime pas faire taire les enfants de cette espèce. On ne sait jamais quel trait de génie on va ainsi perdre. Je l’envoie étudier les arborescences de la forêt agonisante de notre cher Baptiste, étudier l’hébreu ancien avec Jacob le chirurgien gardien de joaillerie. Etant ainsi enfin passé du passé simple au présent éternel, celui qu’on dit de narration, je poursuis mon épisode, ô cher lecteur qui voit se chambouler toute l’histoire littéraire : car on se moque du lecteur. Mais te rends-tu compte, ô lecteur, comme Gogol, de la médiocrité petite de cette vie moderne ? Quelques impôts et quelques codes, quelques numéros de cartes et quelques coups de fil, que reste-t-il de ta vie, ô pauvre malheureux ?

- J’ai à vous dirre mon cherr des choses de la plus haute importance...

- J’ai compris qu’avec vous, quoique ange - si vous me pardonnez l’absence d’élision -, il faut toujours être prêt à de plus intenses révélations...

- Elie-Sion, tout un programme...

- C’est vous qui le dites, cher maître. Elie, le char, Sion le refuge.

- Mais quoi, finalement, qu’est-ce que vous y foutez là-haut ?

- Je navigue entre deux eaux, entre deux flammes, entre deux glaces. Mais surtout je m’y pose sur le rameau.

- Je ne supporte pas ce putain de siècle des lumières !!! Le plus petit des siècles, comme disait notre, notre Léon Bloy.

- Mais j’en suis moi, vénérable. Je suis l’esprit éclaireur de la Liberté.

- Pas du libéralisme, j’espère ?

- Mais vous, dialecticien ? Vous ne savez faire la différence entre la Liberté et le libéralisme, entre la liberté de l’esprit et celle des choses ?

- Je vous comprends, je rrenonce à toute polémique... Je vous sais envoyé de là-haut. Et bien envoyé d’ailleurs.

- Il était temps d’ailleurs !

- Il était espace, dirais-je sûrement... Bon, maintenant, assez déliré. Savez-vous pourquoi je vous ai mandé ?

- Mandé ?

- Ne vous prenez pas pour Mandeville !!! Convoqué ! Ce que j’ai à vous dire est de la plus extrême, abyssale et conspirative importance...

- Il ne s’agit de rien de moins que de sauver l’Occident des griffes de la conspiration russo-soviétique ?

- Taisez-vous, moins que rrrien ! Et écoutez mon onzième commandement, et quatrième protocole : rendez-vous donc dans la bibliothèque. Celle de la fille abscondita, de la hija escondida du défunt président français. Aussi vrai que je vous parle d’Arica, rocher chilien désespéré d’où je sais que vous partîtes...

- Mais comment...

- Aussi vrai que je crie de ce rocher, vous dis-je, vous pouvez vous rendre ce soir-même à la galactique et présidentielle, et je dirai même abélienne bibliothèque. Et même accompagné de ce petit emmerdeur d’enfant...

(à suivre)

11 mars 2011 - lien permanent

Serge de Beketch : 'Mémoires Inachevés', présentés par Nicolas Bonnal et Danièle de Beketch

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par Serge de Beketch et Patrick Gofman, lors de l'émission du 11 avril 2007 sur Radio Courtoisie. (0:38)


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Archives du Libre Journal de Serge de Beketch à télécharger

Nicolas Bonnal : 'Les voyages de Horbiger, ou les Maîtres Carrés'

Patrick Gofman : 'Dictionnaire des Emmerdeuses'

Nicolas Bonnal : 'Mal à Droite - lettre ouverte à la vieille race blanche'

Laurent Blancy : 'Atlas de géopolitique révisé'

Patrick Gofman : 'Vengeances de Femmes'

François Brigneau : 'Faut toutes les buter'

Jean-Paul Chayrigues de Olmetta : 'Almanach du Marquis 2009'

Laurent Glauzy : 'Extraterrestres - Les messagers du New Age'

Retrouvez le Libre Journal de Serge de Beketch sur Radio Beketch,
avec Victoria, J.-P. Rondeau, F. Roboth, Le Marquis et Gofman.

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