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L'après Libre Journal
Après l’Apocalypse
Edith Piaf, Aznavour et le génie de la chanson française
par Nicolas Bonnal

C’est payé, bien passé, oublié, je me fous du passé.

Edith Piaf

Si Edith Piaf dit ne rien regretter dans sa chanson bien-aimée, nous pouvons nous regretter Edith Piaf et toute son époque.

En tant que Français né un peu tard, il m’est difficile de bien parler de la grande chanson française et des Piaf, Aznavour et Montand qui ont pendant vingt ans, mettons des années 40 aux années 60, dominé la scène mondiale. Il est pourtant impossible d’ignorer que Charles Aznavour a vendu 500 millions de disques, qu’il a été élu artiste du siècle devant Elvis Presley et que Piaf fut et demeure une star dotée d’une aura inouïe, comme le prouve l’Oscar récent de Marion Cotillard et le nombre incroyable de reprises - de la Vie en rose par exemple. Au fur et à mesure que je me plonge dans le sujet je note que les noms me viennent et se chevauchent : Charles Trenet, Léo Ferré, Jean Ferrat, Serge Reggiani, Gilbert Bécaud, Jacques Brel bien sûr, et qu’ils ont aussi bien marqué la scène mondiale que la scène française, aussi bien illustré la littérature que le cinéma ou la musique. En réalité il semble bien que la grande chanson française, à laquelle j’ajoute des noms comme Maurice Chevalier (un peu antérieur), Georges Brassens, Georges Moustaki ou Sacha Distel, a marqué de son empreinte le vingtième siècle comme l’art italien a marqué la renaissance ou le roman russe le dix-neuvième siècle. Disons qu’à l’époque où le grand cinéma classique était hollywoodien - pour la plupart des amateurs -, la chanson se devait d’être française, tout comme la révolution était russe ou le siècle des philosophes se devait d’être français. Piaf, Bécaud, Ferré furent nos Rousseau, nos Voltaire, nos Diderot, partout reçus, partout couverts de gloire - et cela dure... le général de Gaulle disait d’ailleurs un jour à Bécaud, auteur de l’immortel l’Important c’est la rose, qu’il n’y avait pas meilleur ambassadeur pour la France et sa culture qu’un de ses grands chanteurs - qu’une de ses grandes chanteuses.

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22 février 2013 - lien permanent
Après l’Apocalypse
La guerre d’Espagne et l’art moderne comme instrument de torture et de conditionnement social
par Nicolas Bonnal

Car le fantastique me tourmente comme toi-même,
aussi j’aime le réalisme terrestre. Chez vous, tout
est défini, il y a des formules, de la géométrie ;
chez nous, ce n’est qu’équations indéterminées.

Le Diable (dans "les Frères Karamazov")

A mesure que le déchiffrage de l’Histoire progresse, la guerre d’Espagne apparaît, par-delà son imagerie romantique, comme le premier laboratoire orwellien de la modernité. A mesure aussi que l’humanité toute nue et entière entre dans cette modernité, elle ne peut qu’abandonner tout espoir, comme les victimes de l’enfer dantesque. Elle se déconnecte ou elle rêve, et puis elle se soumet.

L’historien espagnol José Milicua a découvert que, pour torturer et briser psychiquement des détenus politiques, l’avant-garde révolutionnaire avait utilisé l’avant-garde artistique. L’art moderne, éclaireur et compagnon de route des révolutions, se faisant ainsi le complice de leurs dérives totalitaires. C’est un ouvrage introuvable, "Por que hice las checas de Barcelona", de R.L. Chacón (Ed. Solidaridad nacional, Barcelone, 1939), qui est à l’origine de cette révélation paradoxale, les tortionnaires furent les républicains anarchistes et marxistes et leurs victimes les fascistes franquistes.

Chacón a consigné la déposition d’un anarchiste français d’origine austro-hongroise, Alphonse Laurencic, devant le Conseil de guerre. Accusé de tortures par la justice espagnole, ce geôlier amateur reconnaît en 1938 que, pour pousser à bout ses prisonniers franquistes, il a, avec deux autres tortionnaires appelés Urduena et Garrigo, inventé des checas, cellules de torture psychique. Il enfermait ses victimes dans des cellules exiguës (ce n’est pas nouveau), aussi hautes que longues (2 m) pour 1,50 m de large. Le sol est goudronné, ce qui, l’été, suscite une chaleur épouvantable (l’idée sera abandonnée parce que, du coup, ces cellules sont moins glaciales en hiver). Les bats-flancs, trop courts, sont inclinés de 20°, ce qui interdit tout sommeil prolongé.

Le prisonnier, comme l’esthète décadent d’"A rebours", de J.K. Huysmans, est accablé de stimuli esthétiques : bruits, couleurs, formes, lumières. Les murs sont couverts de damiers, cubes, cercles concentriques, spirales, grillages évoquant les graphismes nerveux et colorés de Kandinsky, les géométries floues de Klee, les prismes complémentaires d’Itten et les mécaniques glacées de Moholy Nagy. Au vasistas des cellules, une vitre dépolie dispense une lumière verdâtre. Parfois, comme Alex, le héros d’Orange mécanique, ils sont immobilisés dans un carcan et contraints de regarder en boucle des images qui évoquent un des plus célèbres scandales de l’histoire du 7e Art : l’oeil découpé par une lame de rasoir du Chien andalou, de Buñuel et Dali et dont l’historien du surréalisme, Ado Kyrou, écrit que ce fut le premier film réalisé pour que, contre toutes les règles, le spectateur moyen ne puisse pas en supporter la vision.

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20 février 2013 - lien permanent
Relecture post-Apocalyptique
Réflexions sur Vacher de Lapouge et la fin de l’histoire
par Nicolas Bonnal

On frémit en pensant aux hécatombes
humaines que l’avenir réserve. La lutte entre
les prétendants à la domination universelle
sera longue, et nécessairement sans merci.

1898

Quand on parle de racisme, on parle des philosophes ou des savants racistes ; et on oublie qu’au siècle de Hitler les victimes de ce racisme scientifique ont été les blancs ; les juifs bien sûr (vus comme une menace supérieure, aristocratique même), les slaves bientôt condamnés à l’esclavage par les nazis (eux-mêmes complexés par la présumée supériorité britannique), et les latins ou Français, taxés de brachycéphalie et de catholicisme congénital.

Il est le temps de le dire : beaucoup plus que les autres races, la race blanche a été la grande victime du délire raciste de l’université et de la pensée déjantée de l’après-christianisme. Les guerres allemandes contre la Russie et le monde slave ont surtout eu une logique raciste - et bien sûr d’espace vital. Avec le marxisme sa promesse d’extermination des classes supérieures, le racisme hérité du darwinisme aura été le fourrier des charniers et des champs de nos deux guerres mondiales. La science n’est jamais infaillible et elle est presque toujours l’illustration d’une idéologie. Y compris à notre époque trans-humaine...

A l’époque donc la race supérieure ou considérée telle n’est pas la germanique (jugée trop brachycéphale !) mais l’anglo-saxonne, mise à la mode par Jules Verne (Passe-partout valet de pied français de Philéas Fogg) ou Kipling. C’est elle qui est dolichocéphale et doit dominer le monde.

Mais j’en viens à Vacher que je viens de relire sur <archive.org>.

J’avais découvert Vacher de Lapouge il y a trente ans grâce aux livres et aux conférences (à Sciences-po) du professeur Zeev Sternhell ; ce dernier l’étudiait sans le diaboliser. Ce qui m’avait le plus intéressé, par-delà les réflexions craniologiques un peu démodées déjà, était la réflexion sur la fin de l’histoire que faisait Lapouge, et qui n’en finit pas de nous concerner.

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18 février 2013 - lien permanent
Entretien courtois
Interview de Jean-Jacques Annaud à <pravda.ru>
par Nicolas Bonnal

:: Texte en anglais

Questionnaire pour M. Annaud, à répondre of course en anglais.

Désolé, j’avais pas vu, je l’ai fait en Français...

***

Monsieur Annaud, vous avez réalisé l’an dernier un film sur l’or noir. Pourquoi vos sujets tournent presque toujours autour du récent passé et de l’exotisme, des paysages de grande aventure ?

Jean-Jacques Annaud : Le passé récent, oui, aussi, si on considère que l’époque néanderthalienne où se situe « LA GUERRE DU FEU » fait partie d’un moment proche dans l’aventure de l’évolution humaine, que le moyen-âge du « NOM DE LA ROSE » était hier, et que les néolithiques de « SA MAJESTE MINOR » vivaient avant-hier.

Quatre de mes films sont situés dans les années 1930 (« L’AMANT », « LES AILES DU COURAGE (IMAX 3D) », « DEUX FRERES », « OR NOIR ». Ils sont encadrés par un film situé pendant la première guerre mondiale, « BLACK AND WHITE IN COLOR », et « ENEMY AT THE GATES » pendant la seconde.

Je vis très agréablement dans le monde contemporain. La ville, les aéroports, les salles de cinéma sont mon univers quotidien. Quand je vais au cinéma, j’aime sortir de ce quotidien, voyager dans le temps et dans l’espace. J’aime les films qui me transportent ailleurs, dans un monde plus beau, plus fort, plus dangereux, plus émouvant et différent que celui de ma cuisine.


Comment vous était venue l’idée de tourner un film sur Stalingrad ? Comment avez-vous osé prendre le parti, à Hollywood, d’un soldat soviétique et de l’Armée rouge ?

J.-J. A. : J’avais depuis très longtemps envie de traiter de la Russie. Je suis très touché depuis toujours par cet immense pays, par l’âme douloureuse et talentueuse de son grand peuple. J’avais envie de faire partager cette pulsion aux publics qui ne vont pas spontanément voir des oeuvres issus de la cinématographie russe. Une cinématographie qui pourtant a été décisive pour moi, grâce à un de mes maîtres de l’école de cinéma, Georges Sadoul, grand communiste devant l’éternel et fabuleux connaisseur du 7e Art d’Union Soviétique.

Vu d’Hollywood, monter un film à gros budget autour d’un héros non Américain relève d’un défi assez fou. J’ai été aidé par un des « exécutifs » de la société de production avec laquelle j’étais sous contrat et qui était lui-même descendant d’émigré Russe. Je suis connu à Los-Angeles pour préférer les sujets atypiques. J’ai décidé de tourner en langue anglaise pour ne pas cantonner à travers le monde le film aux circuits d’Art et Essais. J’ai choisi de faire interpréter les Russes, les « gentils » par des Européens donc par des Anglais (Jude Law, Jo Fiennes, Rachel Weiss), et les méchants, les Allemands, par des Américains (Ed Harris). Paramount m’a suivi dans cet autre défi.

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15 février 2013 - lien permanent
Après l’Apocalypse
Variations sur William Lecky et l’éternel retour des idées du FN
par Nicolas Bonnal

Un énième sondage du Monde, toujours sourcilleux en la matière, fait état d’une progression des idées du Front national dans l’hexagone et d’une banalisation des idées du mal absolu qu’incarne ce parti. Au bout de trente ans (déjà...) de banalisation des idées du Front national, il serait peut-être temps de faire le point en cette matière, à peine de nous retrouver vers 2043, quand nous seront tous bien morts ou bien chenus, et bien barbus, face à une autre et énième dénonciation de la banalisation des idées du Front national par les idiots de l’alors tiers-monde et des autres médias.

***

Que nous apprend ce sondage commenté par les sempiternels experts dans le genre de Perrineau ? Certains (30 % ? 70 % ? 100 % ?) Français considèrent donc qu’il y a trop d’immigrés en France ! Mon Dieu ! Certains Australiens aussi, certains Norvégiens encore plus, certains Américains, tout le monde en fait sur la planète considère qu’il a trop d’immigrés dans son pays ! Même les Qataris ! Certains Français considèrent ensuite que l’islam est une menace pour nos valeurs républicaines, laïques (voyez ce qu’elles ont fait subir au christianisme, ces valeurs, avant de les juger démocratiques), notre liberté, etc. Là aussi, on est effrayé de tant d’originalité ; est-il besoin d’être membre actif du Front national pour douter que l’islam soit une religion d’amour et de tolérance ?

Enfin (mais je vais arrêter, on se moque quand même trop de nous) certains Français considèrent que l’on assiste à un déclin français, alors que tout ne s’est jamais si bien porté dans notre beau pays, surtout sa dette immonde ! On devrait pourtant juger d’un bon oeil l’agenda néocolonial en Lybie, au Mali, en Syrie, qui nous ramène au meilleur des jours de nos précédentes républiques. « Les races supérieures doivent civiliser les races inférieures », disait le grand Ferry.

Et elles n’y manquent pas.

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14 février 2013 - lien permanent
Après l’Apocalypse
Le Vatican, l’éclair et les Illuminati
par Nicolas Bonnal

Le pape, combien de divisions ?

Staline (Oncle Joe, pour les Alliés)

Le 11 février (11.02.13), le pape démissionne dans des circonstances pas très claires, comme on dit chez les illuminés des médias. Est-il un homme de Dieu lassé par un temps pas très divin comme le pense Pat Buchanan ? Ne le savait-il pas avant d’être élu, que la météo était chargée d’éclairs et que le temps n’était ni divin, ni chrétien ni rien ?

Cela intervient en tout cas au pire moment pour nous, puisque les catholiques encore chrétiens (tous les catholiques ne sont pas des chrétiens) découvrent leur impuissance totale face au mâle qui veut adopter des enfants préfabriqués et brevetés. On nous a dit qu’Hitler avait eu un papa et une maman et cela suffit à détruire la famille. Comme toujours cet argument suffit, même si Hitler finalement a surtout été élevé par une mère vite célibataire et qu’il a vécu une jeunesse fauchée dans une société multiraciale ; sans compter qu’il se moquait comme d’une guigne qu’un enfant fût élevé par ses parents.

Je rappelle qu’on brevète le vivant au Spitzberg en ce moment. On nous fait plein de reportages, c’est rigolo, on évoque Noé et les vaisseaux spatiaux. C’est 2012 en 2013 ! Mais que nous prépare-t-on en haut lieu, à part des tempêtes boursières, des tempêtes sociales, des cataclysmes météo et des tsunamis scientifiques ?

Bref le pape abandonne son poste au moment où un million de chrétiens dans la rue cela ne suffit pas, au moment où un demi million de signatures cela ne suffit pas, au moment où l’on est revenu aux temps romains (c’est le cas de le dire !). Nous sommes avant une prochaine vague de persécutions, qu’on se le dise. Notre société n’a été que trop bonne jusque là, disait Debord. Mais voyons les Illuminati en action.

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13 février 2013 - lien permanent
Après l’Apocalypse
Californie : la faillite économique du modèle multiculturel américain
par Nicolas Bonnal

Demandez-vous ce que votre
nouveau pays peut faire pour vous.

Nouveau Kennedy

La manipulation des cours boursiers n’empêche pas la réalité accélérée du déclin américain ; que l’on me cite d’ailleurs un grand, un beau, un noble modèle culturel qui vienne aujourd’hui de l’Amérique. Et que l’on me cite une grande nouveauté qui en vienne aussi. Ce n’est pas qu’il y en ait beaucoup qui viennent d’ailleurs (les innombrables Manhattan chinois sont déjà à moitié vides...). Mais il y a autre chose : la faillite financière qui menace une société sans projet et sans exigences.

S’il y a un mot qui convient bien à l’administration Obama, c’est bien celui de l’acédie. Cette administration n’a aucun projet économique, culturel ou diplomatique ; son seul but est de faire vivre les minorités qui l’ont élue et réélue en aggravant le budget de l’Etat, dont le déficit est passé depuis l’an 2000, année de la fatidique élection de Bush fils de 6 000 à 16 000 milliards de dollars (il est vrai que cela ne semble plus inquiéter personne : à quand les cent mille milliards ?) Et cela trente ans après la soi-disant révolution reaganienne et les belles théories de Friedman. Elles n’auront été appliquées, ces théories qu’hors des frontières des pays concernés, et par des gens extrêmement fortunés qui souvent d’ailleurs ont cessé de payer des impôts. L’Amérique est une matrice, ce n’est plus un pays, et sa fortune privée n’est plus en Amérique. Elle est dans un ordinateur ou bien dans le cyberspace, cette fortune. La dernière élection a permis de comprendre que le citoyen travailleur ou aisé paie beaucoup d’impôts, mais pas le milliardaire. En France ce sera pareil puisqu’ils seront tous en Suisse ou ailleurs, nos milliardaires !

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11 février 2013 - lien permanent
Après l’Apocalypse
Vers la révolution médiévale à la française (I)
par Nicolas Bonnal

Le premier des bienfaits dont nous soyons,
positivement, redevables à la Science, est d’avoir placé
les choses simples essentielles et "naturelles" de la vie
HORS DE LA PORTEE DES PAUVRES.

Villiers de l’Isle-Adam

Il ne faut rien attendre des politiques. La crise qui frappe la France frappe partout, parfois plus fort, parfois moins fort. On sait qui est Hollande, on sait qui est Copé ou le suivant, on sait que la candidate en liquette n’a pas daigné se rendre à la manif cardinale, celle qui défendait la famille, la seule importante qui soit, puisque comme le dit Chesterton la famille est le seul état qui crée et qui aime ses citoyens. Les Etats en occident aujourd’hui ne rêvant que de les détruire ou de les polluer, leurs citoyens.

Mes lecteurs savent que j’insiste beaucoup sur les leçons de l’histoire et des grands esprits ; si l’on peut appliquer Juvénal, La Boétie, Montesquieu ou bien Tocqueville à notre époque, c’est qu’il y a bien peu de chances d’améliorer les choses ! On aurait pu, dans la première moitié du siècle dernier, aux temps de Péguy et Bernanos, et l’on a complètement échoué, se contentant de la mécanisation et des guerres du Péloponnèse, comme dit Stoddard, qui ont exterminé l’élite guerrière et spirituelle de la race blanche et préparé une fin du monde molle et interminable, grise et polluée, flasque et fainéante. On ne l’emportera pas au paradis. De toute manière les temps heureux n’existent pas et les temps brillants sont bien courts ; la Grèce, le siècle de saint Louis, la renaissance italienne, l’époque romantique ? Mais assez de tourisme historique. Et assez de pensée globale et de commentaire creux sur l’actualité et sur ce monde soi-disant devenu fou.

***

Pour se sauver, il faut commencer à se sauver soi-même, c’est ce que fait Noé avec sa famille et ses meilleurs animaux. Le système l’a compris et propose des milliers de bouquins aux damnés de la crise, entre deux salles d’attente, ces métaphores du purgatoire où nous passons nos vies. Mais il faut penser une révolution personnelle, immédiate, médiévale et pratique. Les outils sont déjà là, modestes solutions, depuis longtemps : on a Céline et le rigodon, Tolstoï et son mir russe, Tolkien et les Hobbits, William Morris et le socialisme artisanal du règne victorien. Une forme de retour à l’ancienne, une manière chic et étrange de se mettre en marge du monde en recomposant peut-être un passé hybride puisé aux bonnes idées de tous les passés... Cette mise en marge du monde mérite bien sûr un livre que j’écrirai peut-être, et qui s’articulera sur les points fondateurs suivants.

- La famille et la communauté : il ne faut pas repenser à fonder la grosse société, elle est foutue et je dirai même qu’elle est une abstraction. Il faut penser à sauver les siens, et je dirai non pas tant chercher à sauver leurs corps (on vivra vieux de toute manière, car pour l’instant cela arrange la matrice) que toute leur âme. Le village est aussi à reconstituer avec son espace sacré, toujours attaqué par les médias, y compris et surtout par le prisonnier ; il est vrai qu’on a eu les villages de vacances et la tradition parodiée par la prostitution touristique. Mais Giono ou bien Pagnol y tenaient, à leur regain villageois, et ils avaient raison. On verra les cités médiévales après. Voyez le curieux film de Shyamalan sur Le Village.

- La mise en colère. On ne se pose qu’en s’opposant. C’est ce qui manque aux chrétiens d’aujourd’hui, on les a rendus tristes et fatigués en interdisant la juste colère. Les pères de l’Eglise défendent la colère, et le Christ se met en colère, et saint Paul défend la colère. « Que le soleil ne se couche pas sur votre colère, et ne donnez pas votre entrée au démon »... Tocqueville l’a dit, que la démocratie vise les âmes. Je dirai en tombant parfois la télé qu’elle cherche à remplir l’enfer, la démocratie, et qu’elle y arrive peut-être, vu le tonnage d’abjections ahuries et vu surtout l’absence de réaction en face : les gens sont désensibilisés comme les zombis. La guerre que nous livre la brutalité technologique, la guerre que nous livre la salauderie médiatique, elle est métaphysique, elle est démiurgique pour qui sait la voir en face. Essayez une nuit de télé ou un jour de dessins animés pour voir. Et pensez au suicide pontifical de Tony Scott, le cinéaste luciférien.

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1er février 2013 - lien permanent
Derrière l’écran
Inagaki et le cinéma initiatique japonais
par Nicolas Bonnal

Les années cinquante et soixante constituent malgré elles le seul vrai âge d’or du cinéma. On est avant la télévision de masse, dans un art encore exigent et populaire. Cela est vrai bien sûr du cinéma américain avec les grands westerns, les classiques, le cinémascope et le chant du cygne des trois grands maîtres (Ford, Hawks, Walsh) ; mais aussi du cinéma soviétique, dont la beauté, le dynamisme et la naïveté vont se poursuivre jusque dans les années 70. Le cinéma français et le cinéma italien préparent quant à eux des temps moins joyeux. C’est la nouvelle vague et le mauvais communisme, celui de l’ouest, qui va oeuvrer dans ce sens.

Un autre cinéma qui a été oublié depuis fournit au cours de cette fastueuse époque des films superbes enracinés dans le passé, la tradition et le paganisme local. Il s’agit du cinéma du Japon, pays où les effets secondaires (la pluie noire, comme dit Ridley Scott dans un de ses films à clé les plus incompris) de la bombe atomique et de la société de consommation ne s’étaient pas encore fait ressentir. Le Japon des années cinquante a encore de beaux restes de nationalisme, une grande population paysanne et il rêve d’un ailleurs absolu, pour parler comme Jacques Bergier, c’est-à-dire d’un passé ancestral et mythique.

***

Le maître que je choisis de recommander pour développer cette vision magnifique du Japon tellurique, épique et guerrier n’est pas connu comme d’autres bons maîtres ni bien sûr très populaire chez la critique de cinéma : il s’agit d’Hiroshi Inagaki, un enfant de la balle qui évolue durant soixante années dans les milieux du spectacle nippon, se spécialise dans les fameux jedi-gekai, les films à costume (le jedi a bien sûr inspiré Lucas, qui a recopié la forteresse cachée de Kurosawa en oubliant la seule scène sublime, celle des charbonniers de la forêt), mena une carrière discrète (couronnée quand même d’un lion d’or, et qui mourut d’alcoolisme croit-on par un triste soir dans un hôpital du grand Tokyo transformé en mégapole cybernétique et post-humaine - c’est à Tokyo que Tarkovski filme le voyage de son cosmonaute dans Solaris). On pourra se faire une idée des films d’Inagaki sur Youtube encore qu’on puisse bien sûr les trouver les commander sur les sites commerciaux.

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30 janvier 2013 - lien permanent
Après l’Apocalypse
Timides observations sur la destruction de la race blanche en Australie (et ailleurs)
par Nicolas Bonnal

Le journal culturel Quadrant, de tonalité conservatrice, a récemment permis à un généticien et penseur audacieux, Frank Salter, de s’exprimer sur un sujet tabou : celui de la destruction de la majorité blanche de souche anglo-celtique en Australie. Il est facile de lire cet article en ligne, que j’ai découvert par un commentaire de Kevin McDonald sur son site <theoccidentalobserver.com>.

Ce texte ne nous apprend rien que nous ne sachions déjà. La force d’une catastrophe est de frapper partout et simultanément. En Australie aussi, on supprime l’histoire, on favorise l’immigration du tiers-monde (M. Salter ose ce néologisme !), on criminalise les blancs, on leur censure tout accès au média s’ils ne pensent pas antiraciste, on encourage leur dénatalité s’ils ne sont pas Skippy le kangourou ! Rien que des bonnes nouvelles par conséquent pour tous les ennemis comme moi du fanatisme et de l’intolérance. M. Salter ajoute que c’est le premier exemple de colonisation obligatoire imposée contre sa propre population (aucun roi n’aurait fait cela, écrit-il étonnamment) ; enfin que si les USA ont commencé à basculer dans les années soixante, l’Australie a basculé dans les années 70 pour obéir à l’agenda multiracial.

C’est comme en Hexagonie depuis les années 70. Giscard, Pompidou, la loi Pleven, la loi Veil, le regroupement familial, le rapport Ozbekan-Pelrmutter (agenda : défranciser la capitale et transformer Paris en plateforme cosmopolite), le périphérique, les grands ensembles, tout nous est tombé dessus en un seul jour, même les films Dupont-Lajoie ou Rabbi Jacob (l’affreux de Funès patauge dans ses préjugés raciaux et bien sûr dans le chewing-gum vert nommé Yankee !)

***

L’intérêt du texte de M. Salter est ailleurs : il montre que la destruction de la race blanche est le programme de la démocratie mondialisée partout ; que les blancs, même quand ils votent, sont mis en minorité finalement dans leur propre pays ; qu’ils sont les seuls à être des racistes et des assassins en puissance ; qu’enfin leurs hommes et surtout leurs femmes politiques ne savent pas trop que faire pour en finir avec eux. Peut-être qu’on sera plus radical avec nous dans trente ans, quand nous aurons soixante ans de moyenne d’âge et qu’il faudra laisser la place à de plus jeunes et plus vaillants que nous ? Cochin avait décrit déjà, et Robert Michels, comment on fait monter ceux qu’il faut dans les appareils politiques.

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29 janvier 2013 - lien permanent
Relecture post-Apocalyptique
Mirbeau, Tolstoï et le règne de la quantité dans les arts
par Nicolas Bonnal

La fin du dix-neuvième siècle met en place la matrice moderne sur le plan des arts. L’industrie et l’éducation industrielle bouleversent les données héritées de mille ans. Tout est dominé par l’argent, la presse, le sexe (à propos de Zola, Léon Bloy parle même de « cul ») et les scandales. L’art décadent se nomme tel et on voit pulluler les artistes de toutes sortes avec Paris comme capitale des arts, comme c’était d’ailleurs bien montré dans le film rococo French cancan. On eut pu bien sûr en citer des dizaines d’autres (dont celui sur Lautrec de John Huston avec le toujours oppressant José Ferrer).

Voici ce qu’en dit le comte Tolstoï dans son incontournable livre sur l’art :

« J’ai lu quelque part qu’à Paris seulement le nombre des peintres dépasse vingt mille : il y en a probablement autant en Angleterre, autant en Allemagne, autant dans le reste des pays de l’Europe. C’est donc environ cent mille peintres qu’il y a en Europe ; et sans doute on y trouverait aussi cent mille musiciens, et cent mille littérateurs. Si ces trois cent mille individus produisent par an chacun trois oeuvres, on peut compter chaque année près d’un million de soi-disant oeuvres d’art. »

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28 janvier 2013 - lien permanent
Derrière l’écran
La Bible, Hollywood et les mouvements migratoires
par Nicolas Bonnal

Il arrivera dans peu d’années que tous les
Gaulois seront chassés de leur pays, et que
tous les Germains auront passé le Rhin.

César, "la Guerre des Gaules", I, 31.

Maistre avait annoncé à la fin de son second entretien des "Soirées" que nous serions tous broyés pour être mêlés. Rien ne pouvait être fait contre la Providence.

***

La réélection d’Obama est un événement très important, plus peut-être que son élection. Elle marque un basculement dans l’histoire démographique de la planète. Il n’y aura sans doute plus de président blanc en Amérique, vu que les Blancs, majorité condamnée, ne s’y voient plus comme race, à part une minorité pas très agitée d’ailleurs !

Les énormes mouvements migratoires actuels, qui ne font que s’amplifier et vont mettre fin à la vieille Europe et - aussi - à la vieille Amérique, c’est-à-dire à l’Amérique blanche, étaient parfaitement prévisibles, et même prédits d’ailleurs par l’australien Pearson ou par les penseurs ethno-centrés des Etats-Unis du début du siècle dernier. Dans son livre "la Fin d’une grande race", publié pendant la première guerre mondiale, l’anthropologue (depuis déconsidéré) Madison Grant n’est guère optimiste : pour lui l’Amérique philanthrope et humanitaire s’est condamnée à mort et le nordique américain sera bientôt un souvenir comme l’athénien de Périclès ou le normand de Rollon. On peut bien sûr se frotter les mains. A la même époque le journaliste Kenneth Roberts dénonce lui l’invasion de l’Amérique du Nord par l’Europe, en particulier l’Europe de l’Est et du sud. L’intelligentsia raciste rejette juifs, slaves, italiens, grecs, balkaniques. Cela explique les lois sur l’immigration des années 20, qui furent bien sûr levées après la Guerre. L’historien Stoddard plus pessimiste se rendait de toute manière compte que les progrès des transports rendraient vraisemblablement toute mesure de protection inopérante. Sur dix ans peut-être ? Mais sur cent ? Sur 200 ? Il y aura deux milliards d’africains en 2100 et une Europe blanche avec une moyenne d’âge de près de soixante ans !

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25 janvier 2013 - lien permanent

Serge de Beketch : 'Mémoires Inachevés', présentés par Nicolas Bonnal et Danièle de Beketch

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par Serge de Beketch et Patrick Gofman, lors de l'émission du 11 avril 2007 sur Radio Courtoisie. (0:38)


Archives du Libre Journal de Serge de Beketch en ligne

Archives du Libre Journal de Serge de Beketch à télécharger

Nicolas Bonnal : 'Les voyages de Horbiger, ou les Maîtres Carrés'

Patrick Gofman : 'Dictionnaire des Emmerdeuses'

Nicolas Bonnal : 'Mal à Droite - lettre ouverte à la vieille race blanche'

Laurent Blancy : 'Atlas de géopolitique révisé'

Patrick Gofman : 'Vengeances de Femmes'

François Brigneau : 'Faut toutes les buter'

Jean-Paul Chayrigues de Olmetta : 'Almanach du Marquis 2009'

Laurent Glauzy : 'Extraterrestres - Les messagers du New Age'

Retrouvez le Libre Journal de Serge de Beketch sur Radio Beketch,
avec Victoria, J.-P. Rondeau, F. Roboth, Le Marquis et Gofman.

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