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L'après Libre Journal
Relecture post-Apocalyptique
Taine et l’homme moderne rapetissé
par Nicolas Bonnal

D’un paysage nous avons fait un potager.

Dans "La Fontaine et les Fables", son meilleur livre, Taine règle ses comptes avec l’homme moderne. En profitant du culte qu’il voue à notre fabuliste et ses animaux, le grand théoricien si caricaturé par nos vilains manuels scolaires (« le vice et la vertu, le sucre et le vitriol »...), dresse un tableau des homoncules modernes, avec une inspiration et une précision qui font de lui l’égal de Nietzsche ou de Guénon (Nietzsche d’ailleurs le respectait beaucoup).

L’homme moderne devient ainsi l’équivalent d’une grande ville où tout est laid, artificiel et fonctionnel :

« L’homme aujourd’hui ressemble à ces grandes capitales qui sont les chefs-d’oeuvre et les nourrices de sa pensée et de son industrie ; le pavé y couvre la terre, les maisons offusquent le ciel, les lumières artificielles effacent la nuit, les inventions ingénieuses et laborieuses encombrent les rues, les visages actifs et flétris se pressent le long des vitrines ; les souterrains, les égouts, les quais, les palais, les arcs de triomphe, l’entassement des machines étalent et multiplient le magnifique et douloureux spectacle de la nature maîtrisée et défigurée. Nous en voulons sortir. Nous sommes las de ces coûteuses merveilles. »

La France a joué un rôle sinistre au cours de sa révolution, Taine l’a montré mieux que personne ; c’est que la France est la terre par excellence du bourgeois étriqué et mesquin qui naît malencontreusement sous la monarchie de Louis XIV (et même avant, si l’on en croit Michelet, qui voit la farce poindre avec son maître Patelin) :

« Le bourgeois est un être de formation récente, inconnu à l’antiquité, produit des grandes monarchies bien administrées, et, parmi toutes les espèces d’hommes que la société façonne, la moins capable d’exciter quelque intérêt. Car il est exclu de toutes les idées et de toutes les passions qui sont grandes, en France du moins où il a fleuri mieux qu’ailleurs. »

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11 janvier 2013 - lien permanent
Relecture post-Apocalyptique
De Wagner à Hitler : les prédictions du comte Tolstoï
par Nicolas Bonnal

Ce n’est pas de l’art, c’est de l’hypnose

J’ai déjà parlé à mes lecteurs de l’excellence du livre de Tolstoï sur l’art, téléchargeable en ligne comme tous les bons livres, et gratuitement. Dans ce livre le comte Tolstoï tord le cou à l’art moderne mais il le fait avant l’époque facile de piss christ ou de pussy riot, il le fait à la lecture de Maeterlinck et à l’audition de Wagner ce qui est plus courageux, plus difficile et surtout plus lucide.

Le chapitre 12 porte justement sur Wagner, à qui l’auteur de "Guerre et Paix" tord littéralement le cou. Il va le faire d’abord en utilisant un registre comique et sarcastique, en décrivant une pompeuse représentation de Siegfried. On comprend là le conditionnement social de l’art dit de l’élite :

« Quand je suis arrivé, l’énorme salle était déjà remplie depuis le haut jusqu’en bas. Il y avait là des Grands-Ducs, et toute la fleur de l’aristocratie, du commerce, de la science, de l’administration et de la bourgeoisie moyenne. La plupart des auditeurs tenaient en main le livret, s’efforçant d’en pénétrer le sens. »

Vient la description assez tordante à vrai dire du spectacle wagnérien. Le comte Tolstoï décrit littéralement ce qu’il voit, et le mythe ainsi décrit ne vole pas très haut. Il parle de Mime comme l’enfant du comte d’Andersen parle du roi nu :

« L’acteur portait un maillot de tricot, un manteau de peau, une perruque et une fausse barbe, et, avec des mains blanches et fines, qui révélaient le comédien, il forgeait une épée invraisemblable, à l’aide d’un marteau impossible, d’une façon dont jamais personne n’a manié un marteau ; et en même temps, ouvrant la bouche d’une façon non moins étrange, il chantait quelque chose d’incompréhensible. »

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10 janvier 2013 - lien permanent
Relecture post-Apocalyptique
Maistre et l’éloge de la mondialisation : une rassurante prédiction ?
par Nicolas Bonnal

Pour comprendre l’homme actuel, il suffit de lire intelligemment Molière et Montesquieu : tout y est, parce que le christianisme a déjà décliné, parce qu’on est à la cour, dans un concentré de modernité, cette modernité qui apparaît avec l’âge baroque. Le monde n’a ensuite qu’à accélérer sa transformation matérielle pour généraliser le spectacle de cour, et les angoisses qui vont avec. On est alors dans notre société.

Voyons plus globalement. En 1815 les carottes sont déjà cuites ; et les grands esprits, Français pour la plupart, entrevoient le monde dans lequel nous flottons aujourd’hui, quand ils ne le décrivent pas parfaitement. J’ai évoqué Tocqueville et Chateaubriand, je prônerai aujourd’hui Joseph de Maistre et sa deuxième "Soirée de Saint-Pétersbourg", merveilleuse de réflexion, de culture et de souveraineté stylisée. Maistre ouvre des portes avec une érudition incroyable sur l’origine des langues ou la notion de civilisation, d’âge d’or ou de sauvagerie. Mais il voit aussi que nous arrivons à un seuil, que nous sommes aux portes de la grande parodie terminale, et que les dés sont jetés.

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10 janvier 2013 - lien permanent
Derrière l’écran
Gérard Depardieu, particule médiatique accélérée
par Nicolas Bonnal

Je ne vais pas me lancer dans une glose fiscale sur l’affaire Depardieu. J’ai mieux à faire, même si je pense que ce sont les pauvres qui plus que les riches ont intérêt à quitter la France socialiste. Avec le socialisme, le pire de tous, le libertaire (Zapatero) et fiscaliste (Harold Wilson), les riches auront toujours quelque chose, mais les pauvres seront condamnés éternellement au grand rien.

La deuxième partie, assez satanique il est vrai, du programme socialiste est enclenchée, qui consistera non tant à remplir la France d’immigrés qu’à chasser les Français de leur propre patrie. La politique de la gauche profonde c’est l’Emigration. Rappelez-vous 1792 et les massacres : il valait alors mieux être dehors. C’est à cette condition que l’on pourra réaliser l’anarchie cosmopolite d’Anarchasis Cloots. L’on pourra alors célébrer la grande fin de l’histoire, la grande fin des déterminismes.

Mais Depardieu ? Il y a une trentaine d’années déjà, la revue Time, alors mieux inspirée, l’avait baptisé l’homme à tout faire de la nouvelle vague française. Le cinéma français à la mort de Truffaut et des grands était en plein décadence (depuis il est mort) et il semblait que par sa grande présence physique et vocale, le grand ventripotent et surtout omniprésent Gérard allait devenir l’homme à tout faire de la cinématographie française. Il est à noter que c’est à cette époque que la cinématographie française est devenue totalement fonctionnaire. On a bien insulté les provocations de Torreton, mais ce dernier, bien que torché par Deneuve ou Bardot, autres stars de l’Antiquité française, a mis le doigt sur la vérité qui fait mal : Depardieu est un fonctionnaire très bien payé de l’exception culturelle, comme presque tous les acteurs Français. C’est pour cela que les bons disciples de Jack Lang et financés de tout poil ont encouragé la réélection de Mitterrand en 1988.

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9 janvier 2013 - lien permanent
Relecture post-Apocalyptique
Trotski, l’Amérique et la balkanisation de l’Europe
par Nicolas Bonnal

Le trotskisme n’est évidemment pas ma tasse de thé et les trotskistes ont toujours beaucoup nui partout où ils sont passés, partout aussi où ils se sont métamorphosés : en France en suscitant l’antiracisme de masse puis en collectionnant les montres et les femmes de ménage, à Washington en collectionnant sous la forme néo-conne les interminables et ruineuses guerres néoconservatrices.

Mais je dois reconnaître que j’aime bien lire Trotski, parce qu’il me renseigne beaucoup mieux que les historiens sur son époque et son action, parce que, aussi, il a parfois diablement raison !

***

Voici ce qu’il écrit de Léon Blum, que l’on pourra appliquer aux insignifiants Obama et actuel résident hexagonal :

« Il est difficile d’imaginer une occupation plus pénible que la lecture de Léon Blum. Cet homme cultivé, et intelligent à sa manière, on dirait qu’il s’est donné pour but dans la vie de ne rien dire d’autre que de plates inanités et de prétentieuses sottises. La clé de l’énigme, c’est qu’il est, politiquement, depuis longtemps périmé. Toute l’époque actuelle dépasse sa taille. Son tout petit talent, valable pour les couloirs, prend un air pitoyable et nul dans l’effrayant tourbillon de nos jours. »

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9 janvier 2013 - lien permanent
Derrière l’écran
Introduction à la grandeur et au mystère du juge Roy Bean
par Nicolas Bonnal

Il me semble que le Far West ne s’est pas établi sur la Bible et le fusil, bien plutôt sur le droit et la manière de déclarer que ce qui est aux autres (les Indiens) est ou à tout le monde ou à moi. C’est un peu comme le discours sur l’inégalité (le premier qui...) ou les privatisations avec leurs fameux noyaux durs !

Et c’est là que le juge Roy Bean intervient, tel un bon apôtre du nouvel ordre mondial, déclarant lui ce qui est bon et ce qui est mal, et parvenant à faire respecter sa bizarre et meurtrière conception. On ajoute là-dessus l’ours et une bonne dose de clownerie et d’ivrognerie (le saloon comme endroit classique pour plumer tout le monde), et l’on a un truculent et rabelaisien personnage du grand Ouest, qui incarne quand même aussi une barbarie décalée et le mythe de la frontière. A l’ouest du Pecos... ou du Jourdain ? On en revient à la Bible, tiens, avec des livres comme Juges et Nombres, véritables épopées des manipulateurs de symboles où tout est bien dûment réglementé. Le juge et sa loi incarnent d’ailleurs le conflit entre les éleveurs et les cultivateurs, que Goscinny reprend dans un des meilleurs Lucky Luke, et qui est bien sûr à la source de la Bible, avec le duel fratricide entre Abel et Caïn, tant de fois repris dans les westerns légendaires.

Mais le juge c’est aussi le romanisme du poster que les aviateurs américains collaient sur leur cockpit avant de bombarder les villes françaises ou japonaises. C’est la pin-up, la star, la Lily Gantry, beauté façonnable digne de Marilyn ou Lola Montes, et qui émeut les foules et les hommes perdus dans leur cambrousse jusqu’à la folie. Nous périrons par le regard si nous n’arrachons pas notre oeil.

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8 janvier 2013 - lien permanent
Relecture post-Apocalyptique
Bloy, le bourgeois de gauche et la France qui avale tout
par Nicolas Bonnal

La scène se passe en Hollande, c’est-à-dire nulle part.

Pseudo-Jarry

On ne peut pas dire que depuis qu’ils sont repassés aux affaires (et Dieu sait qu’avec eux les affaires sont toujours les affaires...), les socialistes se soient privés de faire ce qui leur plaît : lutter contres les préjugés et les déterminismes ; augmenter les taxes de tout poil et toute nationalité ; encourager l’immigration et surtout l’émigration - des Français ; nous engager dans des guerres ubuesques au nom de la tradition coloniale républicaine ; provoquer en somme la raison et le bon sens de tout honnête homme. Et rien. Aucune réaction. La France aplatie, avachie de la postmodernité a tout gobé sans sourciller.

***

Souvenez-vous de 1981. Si la révolte a grondé, si les bons chrétiens se sont mobilisés pour l’école libre, si le Front national a pu percer, c’est bien parce que les gens ont été vite excédés. Il y avait encore un pays réel susceptible de réagir à un ensemble de provocations qui ne s’étaient pas vues depuis les années 1870, qui avaient d’ailleurs quasi fini par amener le boulangisme aux affaires. Après l’infâme dix mai la vague de protestation avait gonflé jusqu’en 1984 puis elle avait reflué. La droite n’avait alors pas été trop débordée sur son aile droite parce qu’elle était encore la droite, au moins jusqu’en 86. Relisez les textes de l’époque et vous comprendrez.

Mais là, rien. Plus rien. La France gobe tout et avale tout. Il faut dire qu’avec la droite nouvelle, on serait, comme on dit, logé à la même enseigne... Il faut dire aussi que sur le plan diplomatique l’actuel pouvoir n’apporte rien de nouveau : avec Chirac et Sarkozy nous étions déjà inféodés. Quant aux impôts... Qui regrettera le bon vieux temps d’avant mai 2012 ? Une poignée d’exilés qui ne sont pas non plus des modèles. Je ne parlerai même pas de l’immigration.

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8 janvier 2013 - lien permanent
Après l’Apocalypse
Le professeur Monti, les bergers du Qatar et les laquais du mondialisme
par Nicolas Bonnal

C’est les nouveaux rois mages ! C’est Noël ! Les Bilderbergs, mondialistes et technocrates de tout poil et banquiers de Goldman Sachs ont pris le pouvoir. Nous verrons si comme le disait Serge de Beketch ils continueront à nous tondre (c’est bien parti en France, et pas que pour les riches, et pas que pour les riches !), ou bien s’ils vont commencer à nous sacrifier quelques têtes dans l’indifférence générale des mâcheurs de chewing-gum et des contemplateurs de télé et autres absorbeurs du dernier Apple. Comme dit Boris Vian, ils cassent le monde, il en reste assez pour moi ! C’est notre honte, et on l’ignore !

Le système, je le dis comme je le pense, ne prend même plus de gants pour nous l’imposer bien profonde, la globalisation. Je suis tombé par hasard sur une de ces pages de Challenges, la revue Thénardier de la gauche-caviar, que je n’avais plus lue depuis vingt ans, et qui appartenait alors à Perdriel et au Nouvel Obs, organe vieillissant de la gauche valeureuse !

Je cite le journaliste, qui parle d’un raout luxueux au Martinez cannois (où entre nous soit dit, à côté de la suite à 20 000, la piaule sur <booking.com> n’est qu’à 160 euros la nuit : la crise bat large...). Il y a Monti en pleine forme, démissionné pour être remis en selle par les 300 qui dirigent le monde, et bien sûr les qataris, nos patrons du moment, les seuls à ne pas payer d’impôts en France et à faire ce qu’ils veulent de nos troupes :

« "On m’informe que Mario Monti a remis sa démission, elle sera effective après l’adoption de la loi de stabilité budgétaire, on me dit qu’il pourrait s’agir d’un mouvement tactique" annonce Thierry de Montbrial, interrompant le dîner de gala et le spectacle offert, ce samedi soir, par Total à l’hôtel Martinez, à Cannes. »

Montbrial, on l’a toujours connu : l’affreux passait déjà aux Dossiers de l’écran. Il sera là dans quarante ans. Il terrorisait notre vieil ami Yann Moncomble. C’est le poli technicien chargé de la promo du mondialisme en France. Là, il est entouré de beau linge, le linge sale du pétrole, venu en famille avec les patrons qataris applaudir la leçon du signore Monti, qu’on dit très catholique. O saint François, que tu es loin !

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7 janvier 2013 - lien permanent
Relecture post-Apocalyptique
Arguments de droite en faveur de l’islamisation de la France
par Charles Marteau

On parle d’islamophobie. Je propose le terme plus nouveau, encore néologistique (!) d’islamophile. Grand amateur de l’Alhambra (voir mon "Voyageur éveillé"), de l’Iran magique et de l’Inde des Moghols où j’ai vécu, j’ai décidé de m’ouvrir les yeux grâce à Dieu et d’apporter ma pierre d’angle à l’édifice immense de l’islamisation de la France. Tels sont mes voeux pour le bon an 2013.

***

L’accélération de l’islamisation de la France est une donnée incontestable, à laquelle il ne nous reste qu’à nous accommoder. Elle va de pair avec l’argent du Qatar et le peuplement africain, de pair aussi avec la volonté de nos évêques et de nos bons politiques, que nous ne cessons de réélire tellement nous sommes accommodants. Alors pourquoi se priver de l’islam devenu riche et couvert de gratte-ciels de Rabat à Kuala Lumpur et de Dubaï au grand Londres ?

Dans cette perspective alléchante, j’ai redécouvert des pages incontournables du docteur Gustave le Bon. Le grand penseur de la "Psychologie des foules", livre de chevet du bon docteur Freud, avait ainsi résumé les choses dans son "Histoire de la civilisation des Arabes", ouvrage que l’on peut consulter en ligne. L’islam était une civilisation alors que le monde occidental n’était qu’un monde de germains brutaux. Le docteur le Bon, que certains s’échinent à croire de droite (ou même d’extrême-droite !) alors qu’il est un islamophile accommodant décrit ainsi le christianisme dans l’opus cité :

« Les peuples de l’Europe n’ont-ils pas considéré comme des vérités indiscutables des légendes religieuses aussi barbares, quand on les examine de près, que celles de Moloch ? L’effrayante absurdité de la légende d’un Dieu se vengeant sur son fils par d’horribles supplices de la désobéissance d’une de ses créatures, n’a pas été aperçue pendant bien des siècles. »

Le docteur le Bon n’y va pas avec le dos de son petit scalpel ! Légendes barbares ! Effrayante absurdité ! Horribles supplices du fils ! a quand, docteur, un vaccin contre le christianisme ? Mais continuons, comme dit l’autre.

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4 janvier 2013 - lien permanent
Derrière l’écran
Alexandre Ptouchko, le cinéaste initiatique de l’ère soviétique
par Nicolas Bonnal

Le cinéma soviétique a été caricaturé et même occulté par son avant-garde esthétique bolchevique qui aura surtout inspiré l’art de la propagande et la publicité moderne : les monteurs américains copient tous le premier Eisenstein et son efficace brutalité. On a du coup ignoré l’inspiration mythologique, folklorique et initiatique de ses grands petits maîtres, au premier rang desquels Alexandre Ptouchko, qui connurent leur heure de gloire avec la grande guerre patriotique et le revirement culturel de ce grand pays.

***

Dans son excellent livre sur le déclin de l’art qui recense déjà tous les délires et déboires de l’art dit moderne, le comte Tolstoï nous donne une définition à la fois médiévale, chrétienne et je dirais soviétique de l’art traditionnel : « il est un moyen d’union parmi les hommes, les rassemblant dans un même sentiment, et, par là, indispensable pour la vie de l’humanité, et pour son progrès dans la voie du bonheur. » Alexandre Ptouchko a très bien exprimé cette définition de l’art, un art qui célébrait la patrie, la terre des ancêtres et la loi de nos rois. On comprend que ce très grand auteur n’ait pas été cité en Amérique, où son oeuvre fut froidement pillée (le grand navigateur Sadko devenant Sinbad le marin !), ou qu’on l’ait comparé stupidement - sur wikipédia, comme toujours ! - à Walt Disney alors que les deux réalisateurs n’ont rien à voir : Disney recycle et caricature pour vendre, Ptouchko puise dans les mythes slaves pour inspirer un grand peuple. Il n’y a qu’à voir le bilan du monde Disney chez Obama ou ailleurs. Le fait que Ptouchko soit oublié ne fait que confirmer la misère de ces temps.

On peut certes se satisfaire de la médiocrité dans laquelle on patauge ; et je ne veux pas me faire accuser d’être à la solde de l’URSS : c’est un peu tard et ridicule ! Je veux juste donner quelques conseils cinéphiliques, en rappelant que Youtube peut aussi être une belle source de trouvailles pour ceux qui n’ont pas les moyens comme moi de se fournir de l’autre côté de l’ancien rideau de fer ! A ce propos je remercie encore Igor et Elena de nous envoyer de Dniepropetrovsk toutes ces merveilles : les films d’Alexandre Rou, dont j’ai déjà parlé, l’as soviétique du cinéma symbolique pour enfants, et bien sûr ceux de Ptouchko.

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1er janvier 2013 - lien permanent
Derrière l’écran
Le voyage d’Omar Sharif à Carboneras
par Nicolas Pérégrin

J’ai eu le plaisir de voir Omar Sharif sur la place du château à Carboneras, dans la province d’Almeria, près des lieux de tournage qui ont symbolisé le dernier élan mythique du cinéma européen et même sans doute américain : car les péplums c’était vraiment la métaphore pour notre époque... Le vieil acteur est descendu, a salué tout le monde, a lancé des bénédictions à la façon orientale : il aura vécu pour faire rêver un public, et son public le reconnaîtra toujours, même celles et ceux, comme ma femme, longtemps nés après ses grands films.

On n’avait pas l’impression de voir un vulgaire people américain, mais un prince arabe ; pas une célébrité, mais une légende ; pas un rich and famous, mais un lord protecteur, un sidi, comme on disait chez moi. J’ai bien aimé Omar, un des rares acteurs dont l’épaisseur humaine arrive à traverser les écrans vidés du néant numérique de l’époque, dans Monsieur Ibrahim et les fleurs du Coran, par exemple. C’est encore un être humain en profondeur, un être humain d’avant le spectacle en pixels. Ces grandes étoiles sont condamnées à se survivre au milieu des ruines, comme des personnages de Borges, avec des ombres d’adorateurs autour de leur grande ombre.

En Almeria furent tournés bien sûr les westerns spaghetti, genre parfois sympathique mais surtout parodique qui tua le genre (comme l’analyse très bien Lourcelles), mais aussi, mais surtout des Cléopâtre, des Spartacus, des Chute de l’empire romain, le général Patton, le tome III des aventures d’Indiana Jones (tourné sur la magique plage de Monsul), sans oublier Lawrence d’Arabie dont la ville, célébrée en son temps par Gainsbourg, fêtait le demi-siècle. On ne sait plus que célébrer des demi-siècles, celui des Bond et des Lawrence.

Quant à l’Espagne, depuis la mort du général Franco, elle a perdu tout son charisme, et n’a su que se couvrir de dettes, de ridicule et de bancal immobilier. Ce n’est pas moi qui le dis, c’est Orson Welles, qui ajoute même que la démocratie a tué son âme. Retrouvez l’interview : elle vaut son pesant d’or politiquement incorrect.

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31 décembre 2012 - lien permanent
Radio Courtoisie
Troisième Oeil : Le Hobbit de Peter Jackson

Arnaud Guyot-Jeannin a proposé à Nicolas Bonnal de "ressusciter" sa chronique du Troisième Oeil au micro de Radio Courtoisie, chronique de décryptage des films cinématographiques initiée dans le journal Minute lorsque celui-ci était sous la direction de Serge de Beketch. Ce mois-ci Peter Jackson et son Hobbit en prennent pour leur grade.



Extrait du "Libre Journal des Enjeux Actuels" diffusé le 18 décembre 2012. (15:00)
29 décembre 2012 - lien permanent

Serge de Beketch : 'Mémoires Inachevés', présentés par Nicolas Bonnal et Danièle de Beketch

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par Serge de Beketch et Patrick Gofman, lors de l'émission du 11 avril 2007 sur Radio Courtoisie. (0:38)


Archives du Libre Journal de Serge de Beketch en ligne

Archives du Libre Journal de Serge de Beketch à télécharger

Nicolas Bonnal : 'Les voyages de Horbiger, ou les Maîtres Carrés'

Patrick Gofman : 'Dictionnaire des Emmerdeuses'

Nicolas Bonnal : 'Mal à Droite - lettre ouverte à la vieille race blanche'

Laurent Blancy : 'Atlas de géopolitique révisé'

Patrick Gofman : 'Vengeances de Femmes'

François Brigneau : 'Faut toutes les buter'

Jean-Paul Chayrigues de Olmetta : 'Almanach du Marquis 2009'

Laurent Glauzy : 'Extraterrestres - Les messagers du New Age'

Retrouvez le Libre Journal de Serge de Beketch sur Radio Beketch,
avec Victoria, J.-P. Rondeau, F. Roboth, Le Marquis et Gofman.

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