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L'après Libre Journal
Relecture post-Apocalyptique
Léon Trotski et le cinéma comme moyen de conditionnement de masse (et de remplacement du christianisme)
par Nicolas Bonnal

:: Texte en russe

En 1923, Trotski est encore au pouvoir en URSS. Il rédige un ensemble de textes sur la question du mode de vie : un de ces textes concernant l’utilisation du cinéma comme moyen de propagande et d’élimination de toute vie religieuse et chrétienne. Comme le cinéma a essentiellement servi à cette fonction au XXe siècle, avant que la télévision ne le remplace (la gluante demi-heure du Seigneur n’aura rien changé, sinon accéléré le processus), je préfère citer ce texte qui montre qu’un programme global de déchristianisation a été mis en oeuvre aussi bien dans le monde communiste que dans celui dit libre du libéralisme et de la démocratie. Cela ne fait que conformer les analyses de Kojève sur la Fin de l’Histoire et la création du petit dernier homme nietzschéen par-delà les frontières politico-stratégiques.

***

Trotski cherche donc à divertir et éduquer les masses. Il remarque l’intrusion du cinéma dans la vie quotidienne et son inutilisation par les Bolcheviks - on est avant le cuirassé Potemkine ! :

« Le désir de se distraire, de se divertir, de s’amuser et de rire est un désir légitime de la nature humaine... Actuellement, dans ce domaine, le cinématographe représente un instrument qui surpasse de loin tous les autres. Cette étonnante invention a pénétré la vie de l’humanité avec une rapidité encore jamais vue dans le passé. »

Le cinéma s’impose vite à ses yeux comme un moyen de dressage des masses - pardon, d’éducation ! Même le dessin animé a une fonction de dressage de l’enfance, comme le montre le monde de Walt Disney ou celui de Tex Avery aux USA. On peut aussi penser à Charlot ou au cinéma de Frank Capra, caricaturaux dans leurs ambitions éducatives et mimétiques.

« C’est un instrument qui s’offre à nous, le meilleur instrument de propagande, quelle qu’elle soit - technique, culturelle, antialcoolique, sanitaire, politique ; il permet une propagande accessible à tous, attirante, une propagande qui frappe l’imagination ; et de plus, c’est une source possible de revenus. »

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5 septembre 2012 - lien permanent
Après l’Apocalypse
L’Axe Berlin-Moscou et l’eschatologie de l’Europe
par Nicolas Bonnal

Avec François Hollande, rien de nouveau sous le sommeil ; nous sommes en présence d’un retour de Guy Mollet aux affaires : la France est faible à l’intérieur et elle est faible à l’extérieur, soumise à des intérêts qui ne sont pas les siens. On pense à la piteuse campagne de Suez et à la guerre d’Algérie qui avec notre nouveau Guy Mollo est devenue la guerre d’égéries qui ne sont pas non plus les nôtres. La France va continuer de voir des finances siphonnées par la dette et les dépenses publiques sa population remplacée démographiquement ou ruinée fiscalement. La dette et l’impôt sont les deux des trois moyens (le troisième est la révolution sexuelle) de faire disparaître rapidement une population, on le sait depuis... la Bible.

11 Et ils établirent sur lui des chefs de corvées pour l’opprimer par leurs fardeaux.
(Exode, 1, 11)

Récemment nous avons pris la décision de forer quelque part pour trouver du pétrole ; car nous avons décidé de ne pas utiliser de gaz russe et de ne plus rien vendre à l’Iran pour complaire à GM et aux Américains. Nous en verrons le résultat. Il est clair en tout cas qu’en France et à Bruxelles nous avons affaire à une Europe atlantiste et que cette Europe atlantiste est l’ennemie des Européens. La volonté de faire de l’Europe un petit cap de l’Afrique est bien sûr atlantiste.

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4 septembre 2012 - lien permanent
Relecture post-Apocalyptique
Alexandre Kojève, le russe blanc qui a inventé la Fin de l’Histoire
par Nicolas Bonnal

:: Texte en russe

En dépit des guerres et des crises financières qui nous menacent de tous côtés, l’expression Fin de l’Histoire a fait le tour du monde. Elle n’est pas de Francis Fukuyama, mais de son inspirateur, un russe blanc émigré à Paris, Alexandre Kojève, esprit universel du niveau de Nabokov, professeur de sanscrit et auteur des meilleurs commentaires de la philosophie de Hegel. Fonctionnaire à la CEE vers la fin de sa vie, choix qui relevait chez lui d’un apostolat, Kojève s’est efforcé de comprendre pourquoi nous allions vivre des temps si ennuyeux. Voici comment il définit la Fin de l’Histoire dans ses notes célèbres sur Hegel, écrites en 1946.

« En fait la fin du Temps humain ou de l’Histoire signifie tout simplement la cessation de l’Action au sens fort du terme. Ce qui veut dire pratiquement : - la disparition des guerres et des révolutions sanglantes... Mais tout le reste peut se maintenir indéfiniment ; l’art, l’amour, le jeu, etc., etc. ; bref, tout ce qui rend l’Homme heureux. - Rappelons que ce thème hégélien, parmi beaucoup d’autres, a été repris par Marx. »

Ce bonheur de l’homme de la Fin de l’Histoire a aussi été prédit par Nietzsche dans "Zarathoustra" (« le dernier homme qui a inventé le bonheur ! ») et par Tocqueville dans des pages célèbres et magnifiques : « Je vois une foule innombrable d’hommes semblables et égaux qui tournent sans repos sur eux-mêmes pour se procurer de petits et vulgaires plaisirs, dont ils emplissent leur âme. »

Kojève ne nie pas le danger inhérent à cette Fin de l’Histoire : l’homme risque en effet de devenir un petit animal heureux, « un oiseau construisant son nid ou une araignée tissant sa toile ». Il redeviendrait même un jeune animal joueur, comme dans les films de Walt Disney ! Par une vision géniale, Kojève pressent même le devenir de l’espèce humaine livrée à la technologie, au téléphone et aux réseaux. C’est un avenir d’insecte communiquant.

« Les animaux de l’espèce Homo sapiens réagiraient par des réflexes conditionnés à des signaux sonores ou mimiques et leurs soi-disant "discours" seraient ainsi semblables au prétendu "langage" des abeilles... Car il n’y aurait plus, chez ces animaux post historiques, de connaissance du Monde et de soi. »

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3 septembre 2012 - lien permanent
C’est à lire
Dom Jean Leclercq et le génie du monachisme
par Nicolas Bonnal

Os sine requie sacra verba ruminans

Il y a seize mois, le pape Benoît XVI avait ébloui le monde lors de sa conférence au couvent des Bernardins à Paris. Il citait par trois fois Dom Jean Leclercq, l’auteur d’un livre vieux d’une cinquantaine d’années, magnifiquement intitulé "L’Amour des Lettres et le Désir de Dieu". Les éditions du Cerf ont eu l’excellente idée de le rééditer en y adjoignant la conférence de l’érudit pontife.

Enraciné dans une tradition millénaire, mais d’une éternelle jeunesse, ce livre étonnant et difficile mérite bien plus que des éloges. Aussi me contenterais-je de le citer pour l’essentiel, renonçant humblement à le juger, ou même à en conseiller la lecture. La splendeur des lignes que je vais citer suffira je pense à motiver le trop rare lecteur de ces temps post-historiques marqués du croc de boucher de la bêtise médiatique...

On sait que le sujet du livre porte sur la religion des lettres (dans tous les sens du mot, y compris et surtout littéral), de la musique, de la lecture et de la liturgie, vécues comme sciences sacrées en cette époque bénie du Moyen Age.

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31 août 2012 - lien permanent
Après l’Apocalypse
Remarques impertinentes sur l’état du christianisme en France et en Europe
par Nicolas Bonnal

:: Texte en russe

On me demande de Russie mon avis pour commenter l’état du christianisme en France. J’hésite à en parler, mais après tout j’ai écrit des années durant dans différents journaux catholiques, assez marqués par la tradition et le refus d’une certaine modernité il est vrai ! Beaucoup des membres de cette confrérie ont une famille nombreuse et ils ont raison de l’avoir. « La famille est le seul Etat qui crée et aime ses citoyens » disait Chesterton, et il me semble que la famille chrétienne est le dernier royaume de la liberté et de la vraie vie (au sens même de Rimbaud) dans un monde post-humain embaumé dans la culture de mort et son sarcophage festif.

L’état du christianisme en France... Je le trouve abominablement mauvais et je demande à des amis comme la permission d’en parler. Certains (j’en connais) vont trouver que j’exagère, que tout va pour le mieux avec trente fois moins de prêtres ordonnées que sous la... Restauration (avant 1830). Les prêtres ont plus de 70 ans en moyenne et il reste comme 400 000 catholiques pratiquants en France, dont un certain nombre lisent le journal La Croix, un des vieux piliers subventionnés du système. Car pas mal de journalistes chrétiens ont préféré une carrière à la télévision à une place au paradis ! Et ils illustrent aujourd’hui ce que l’éditorialiste Claude Imbert nommait il y a déjà dix ans « la tentation de l’autruche ». Je le cite :

« Face à lui, la tentation de l’autruche, disons de l’évitement, pèse sur deux bords opposés. D’un côté, les athées, les agnostiques... de l’autre côté, maints chrétiens contestent pareillement son importance tant leur foi les convainc que, "si le grain ne meurt", il s’agit d’une éclipse provisoire. Ils raillent le "cliché du déclin" et font confiance à la pérenne obstination de l’Eglise, à celle d’un pape impavide, et plus encore au reverdissement messianique du message chrétien. »

On croira ce qu’on voudra. Quand on se met à railler, c’est que l’on fait partie du camp des vainqueurs, et le camp du vainqueur, c’est l’athée. De toute manière le pessimiste est un imbécile malheureux, l’optimiste un imbécile heureux, disait Bernanos, auteur d’un grand pamphlet sur la "Grande peur des bien-pensants", où il fait la part des choses concernant le ralliement à la modernité du gros bloc catholique, qui par lâcheté, par goût bourgeois, par pharisaïsme dira-ton en lâchant le mot, est venu s’asseoir à la table du banquet des sciences, des techniques et de la logorrhée télévisée. Il s’est cru invité, le bourgeois catholique, dans le monde judéo-quelque chose des Américains qui est un monde où l’on ne parle plus du Christ (cherchez pour voir !) mais d’un Dieu plein de promesses matérielles. Voyez Marx : « Le dieu du besoin pratique et de l’égoïsme, c’est l’argent. »

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30 août 2012 - lien permanent
Derrière l’écran
Hollywood, les films-catastrophe et le syndrome de l’Atlantide
par Nicolas Bonnal

:: Texte en russe

Le destin du spectacle n’est pas
de finir en despotisme éclairé.

Guy Debord

Le cinéma, disait l’écrivain de polars Francis Ryck, c’est un vrai dressage. Il est le meilleur conditionnement de masse, car, ajoutait l’auteur du "Compagnon indésirable" (Le Secret, au cinéma, de Robert Enrico, avec Trintignant, film conspiratif avant l’heure), le public croit et copie les exemples ainsi montrés. C’est dans ce sens qu’il faut comprendre l’importance du cinéma-catastrophe (disaster-movies, en anglais) que l’on ne cesse de nous montrer et que le grand public ne cesse d’aller voir et revoir. L’humain aime qu’on lui enseigne par la peur. Voyez Ezéchiel (6,12) :

« Celui qui est loin mourra par la peste, et celui qui est près tombera par l’épée ; et celui qui est demeuré de reste, et qui est assiégé, mourra par la famine ; et je consommerai ma fureur sur eux. »

Ezéchiel était la référence avouée de Jacques Attali (et des élites qui nous gouvernent) dans une célèbre interview donnée au Monde il y a quelques années.

Le cinéma-catastrophe est bien sûr de toutes les époques (pensons à l’inondation de Métropolis, film-culte qui annonce le nazisme en 1925) mais il a pris une importance culturelle à partir de 1973 et de la crise du pétrole. A cette époque déjà pas très tranquille, nous avons eu les éruptions, les tours infernales et autres tours infernaux, nous avons eu King Kong (la version de 75 explique que si l’on ne trouve pas de pétrole, il faut montrer King Kong et faire un show destructeur avec lui, si possible sur les tours du World Trade Center !), nous avons eu les crashes d’avion, bref nous avons eu dans les années 70 une préparation en règle de tout ce qui allait nous arriver collectivement. Je dis collectivement, car une des fonctions du cinéma-catastrophe est de nous préparer à la mondialisation. Il n’y a plus de nations ou de frontières, il n’y a que des problèmes mondiaux. Voyez le nucléaire : des films comme le Syndrome Chinois (Jane Fonda) ou Silkwood (Meryl Streep) ont accéléré la dépendance au pétrole et la désindustrialisation aux Etats-Unis et en Europe. Les stars écolos d’Hollywood n’ont jamais fait qu’obéir à leurs maîtres en nous mentant sur les menaces.

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29 août 2012 - lien permanent
Nouvelles du Marigot
Peugeot, l’Iran et la fatwa américaine
par Nicolas Bonnal

Ce n’est pas moi qui ferai l’éloge de l’automobile. L’automobile et son pétrole font le malheur de l’humanité ou sa bêtise, ou bien sa ruine ; ils font aussi la destruction du monde physique, de son paysage urbain. Et puis ses guerres.

Mais sur l’affaire de Peugeot et d’Aulnay, dont je n’avais rien dit jusque là, je tiens à préciser les points suivants, parce qu’il me semble que les Ran-Tan-Plan de l’économie de marché et du reste nous prennent pour des souriceaux.

1/. On peut tout à fait dire que les Peugeot ne sont pas de très bonne qualité, notamment par rapport aux automobiles allemandes. Mais cela a toujours été le cas. Il n’y a rien de nouveau sous le soleil noir de l’industrie française. C’est une raison de plus de mettre fin à l’expérience désastreuse de l’euro, non ? Pas folle, Angela Merkel veut plus d’intégration européenne. Elle ne l’emportera pas au paradis le jour où Goldman Sachs présentera l’addition de la faillite de la BCE au contribuable européen.

2/. On peut tout à fait prétendre comme l’a fait PSA que l’automobile se vend moins dans le sud de l’Europe. Mais là aussi il importe de se réveiller : gentlemen, la crise a commencé il y a cinq ans dans le sud de l’Europe ! L’Espagne a acheté moins de 400 000 voitures de tourisme l’an dernier, soit moins que la Belgique. Et on fait semblant de le découvrir maintenant ? Comme c’est bizarre !

3/. On peut tout à fait affirmer que les ouvriers français sont trop payés, et qu’il faut faire quelque chose contre cela : les payer comme nos voisins Marocains, par exemple, 250 euros mensuels, ce qui est le but du jeu au final. Lorsque les jeunes Français seront des valets de pied des oligarques et des riches touristes et les jeunes françaises des bonnes d’hôtel et des filles de joie, on trouvera encore quelques disciples de Friedman et de pieux lecteurs de la "Fable des Abeilles" pour nous informer qu’il faut flexibiliser la main d’oeuvre ! On n’est pas encore au niveau de l’Inde au niveau des salaires ! Ni au niveau de l’Allemagne (2 euros de l’heure pour sept millions d’employés) d’ailleurs, qu’on nous cite en exemple.

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28 août 2012 - lien permanent
Après l’Apocalypse
Damas, Dallas, Dumas et la malédiction du trente-troisième parallèle
par Nicolas Bonnal

:: Texte en russe :: Texte en anglais

La gloire de Dieu est de cacher les choses,
et la gloire des rois est de les révéler.

Proverbes,25,1

Il est difficile de savoir pourquoi, mais il me semble que le trente-troisième parallèle, bien plus que le triangle isocèle ou celui des Bermudes, joue un rôle énorme dans la catastrophe contemporaine. Prenez un atlas pour voir.

C’est fait ? Regardez cet atlas et voyez l’importance de ce parallèle dans le très maçonnique pays du général Pike et du billet vert ; regardez alors où se trouve la pauvre ville de Dallas, célèbre pour ses accidents de voiture (c’est la thèse officielle) et son président assassiné par... le magicien d’Oz un 22/11 ; regardez un atlas et voyez cette fois en Afrique la pauvre bourgade de Tripoli (la trois fois ville) connue pour son printemps arabe et célébrée dans l’hymne des... marines US ; regardez un atlas et voyez la pauvre ville de Bagdad connue pour ses mille et une nuits et pour ses armes de destruction massive ; regardez un atlas et voyez où se trouve la pauvre ville de Damas, déjà promise à une prompte destruction par notre prophète Isaïe (de Dallas à Damas il n’y a qu’une lettre), chapitre 17 ; regardez ensuite un atlas pour comprendre que l’Iran est bien mal situé, avec sa bonne ville d’Ispahan ; poursuivez votre périple géographique et maçonnique et vous traverserez le paisible Afghanistan, le Cachemire, connu pour ses guerres communautaires, et bien sûr le Tibet, si cher aux initiés nazis et à la couronne britannique. Un commentateur étasunien de mes amis insiste aussi sur l’importance de Phoenix, Arizona, sur ledit parallèle, ville de Phoenix qu’il relie aussitôt au Liban, à Tyr et à nos bons phéniciens, à ce cher maître Hiram qui construisit le premier temple des maçons. Le voyage ne se termine pas ici puisque l’on trouve à un bout de ce parallèle Charleston, capitale maçonnique US, le port de la Navy (navi, le prophète, en hébreu, le nom d’ailleurs du peuple d’Avatar) de San Diego et à l’autre bout notre bon vieux bourg bombardé de Nagasaki ! Il y a bien d’autres lieux dignes du "terribilis" de Virgile.

Comme dirait Heidegger, notre bonne vieille terre est bien arraisonnée ! Ceux qui ne me prennent pas au sérieux n’ont qu’à prendre « un billet d’un dollar, ce trésor national », et se le faire expliquer. Par Nicholas Cage par exemple !

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27 août 2012 - lien permanent
Relecture post-Apocalyptique
François René de Chateaubriand et l’origine de l’amitié franco-russe
par Nicolas Bonnal

:: Texte en russe

On n’aime pas relire les Classiques et on a tort. Relisez par exemple le début immortel de "Guerre et Paix" et vous verrez qu’il est (en partie) écrit en français. Je dirais même qu’il commence par ces lignes inspirées de Virgile : « On a décidé que Buonaparte a brûlé ses vaisseaux, et je crois que nous sommes en train de brûler les nôtres. » Le comte Tolstoï s’explique dans une français limpide, dont feraient bien de prendre exemple les romanciers contemporains. Il explique son parti-pris linguistique, qui détonne dans un roman si national :

« Le prince s’exprimait en français, ce français recherché dont nos grands-pères avaient l’habitude jusque dans leurs pensées, et sa voix avait ces inflexions mesurées et protectrices d’un homme de cour influent et vieilli dans ce milieu. »

Dans le chef d’oeuvre cinématographique de Bondartchuk, réalisé au milieu des années 60 et qui est un de plus beaux films oniriques et historiques du cinéma, on entend souvent - et sans sous-titres - les personnages si charmants et élégants de Tolstoï parler en français.

La langue commune de l’aristocratie et de la classe cultivée est bien la source de l’amitié franco-russe. Cette amitié s’est créée par la culture. Le grand acteur Sacha Guitry, qui fut aussi un immense cinéaste et un grand auteur de théâtre et de bons mots, avait pour parrain le tsar Alexandre III qui adorait voir son père sur la scène ! On sait aussi que les expressions et les mots en français abondent dans l’oeuvre de Dostoïevski, pour ne pas parler de celle de Nabokov, le seul génial romancier trilingue du XXe siècle, auteur de la meilleure prose anglaise aussi avec l’irlandais et latiniste Joyce.

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24 août 2012 - lien permanent
Après l’Apocalypse
L’occident festif face à l’affaire Assange
par Nicolas Bonnal

Je croyais la fête remise à un autre jour,
et je vous avouerai même que toutes ces
réjouissances et tous ces feux d’artifice
commencent à m’ennuyer terriblement.

"Guerre et Paix"

Les progrès de la Liberté ne connaissent plus de limites en Occident. L’Angleterre menace de prendre d’assaut une ambassade pour arrêter non pas un assassin mais un journaliste coupable d’avoir révélé des informations même pas stratégiques. Il y a quelques années, elle avait refusé de délivrer le vieux tyran Pinochet, coupable de l’assassinat et de la torture de trente mille personnes au Chili au nom de la lutte contre le communisme et de la thérapie de choc qui plaît tant aux marchés ! Il est vrai qu’il avait aidé les anglo-saxons pendant la guerre des Malouines !

Dans la foulée, Le Monde dans son édition du 16 août poignarde un peu plus Assange. Dans sa dérive impérialiste, ce journal, dont Thierry Pfister me disait il y a déjà dix ans qu’il n’avait plus rien à voir avec ce qu’il avait connu comme quotidien de référence, s’en prend à l’Equateur coupable de je ne sais quoi (je n’ai même pas osé lire l’article, dans la presse française, les titres me suffisent), sans doute d’avoir tourmenté un journaliste. Il y a quand même pire que l’Equateur sur le plan des droits de l’homme, non ? Et si Thierry Meyssan rentrait en France, que ferait Le Monde ? Il défendrait ses libertés ? Ou il applaudirait à son étripage ?

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23 août 2012 - lien permanent
Après l’Apocalypse
Vladimir Poutine nouveau leader de l’Empire du Bien
Ou les sept paradoxes russes
par Nicolas Bonnal

Il y a aujourd’hui sur la terre deux grands peuples qui,
partis de points différents, semblent s’avancer vers le
même but: ce sont les Russes et les Anglo-américains.

Alexis de Tocqueville (1834)

Le modèle américain et occidental nous inquiète de plus en plus en Europe. Depuis dix ans on ne nous propose que délocalisations, chômage, vie chère, dette gonflée et hausse d’impôts ; sur le plan international nous n’avons droit qu’à une lutte interminable contre les menaces fantômes, à des guerres incendiaires contre des petits pays et à des menaces de conflits apocalyptiques type Israël-Iran ou Chine-Amérique. Le nouvel ordre mondial est un bateau ivre qui fait eau de toutes parts. Il est clair que ces tares sont anciennes mais elles sont allées en se développant avec le déclin et le vieillissement de notre population. Cette population d’ailleurs n’a pas de possibilité réelle de réagir, le modèle politique binaire anglo-saxon (faux conservateurs/faux réformateurs) ayant été imposé partout et corrompant toutes les alternances politiques possibles. On le voit tant en France qu’en Italie ou en Espagne. Le modèle occidental consiste aujourd’hui en deux points : dette et misère à l’intérieur, guerre universelle à l’extérieur, que ce soit pour intimider la faible Biélorussie ou pour broyer la Syrie et les pays musulmans encore libres.

***

C’est ici qu’apparaissent Vladimir Poutine et avant lui les sept paradoxes russes, dessinés à la disparition du communisme. Ces sept paradoxes sont les suivants :

- Le patriotisme. La Russie a cessé d’être l’empire du mal, mais s’est proposée de retrouver ses racines et de célébrer son passé, de retrouver ses couleurs et son histoire tsariste. C’est ce qu’annonçait le général de Gaulle quand il disait à ses ministres stupéfaits que la Russie boirait le communisme comme le buvard boit l’encre. C’est ce que montrait et comprenait le chef d’oeuvre de Sokourov "l’Arche russe". Toute la politique de la Russie depuis Poutine montre une affirmation nationale qui n’existe plus en Europe de l’Ouest et qui n’est pas une affirmation impériale, comme la politique impériale américaine qui ruine son budget, qui maltraite ses pauvres et ses classes moyennes pour écraser cruellement ses soi-disant ennemis à l’extérieur. Et le privilège du nationalisme russe est qu’il n’a rien non plus à voir avec la xénophobie sous influence des partis populistes ou extrémistes de l’Europe de l’Ouest. Il n’est pas un rejet. Il est simplement un enracinement positif.

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22 août 2012 - lien permanent
Après l’Apocalypse
Irak, Syrie, Egypte : du choc des civilisations à l’extermination des chrétiens
par Nicolas Bonnal

:: Texte en russe

1 L’oracle touchant Damas.,Voici,
Damas va cesser d’être une ville,
et elle sera un monceau de ruines.

(Isaïe,17)

On nous présentait le choc des civilisations comme la lutte entre un orient islamiste et terroriste contre un monde libre et judéo-chrétien. La réalité est plus subtile et plus désagréable. La guerre contre la terreur est certes une guerre de terreur, comme dit notre ami Pat Buchanan. Le choc des civilisations s’apparente de plus en plus à l’assaut de l’occident néoconservateur et de l’islam intégriste contre la chrétienté d’orient - et contre la laïcité arabe. C’est un triomphe de la Turquie du génocide, de l’islamisme wahhabite et de son allié anglo-saxon armé des drones et de sa Bible apocalyptique. Les islamistes et l’OTAN vont raser la Syrie après l’Irak avant d’atomiser l’Iran dont le programme nucléaire inquiète surtout la chambre (de commerce) à gaz du Qatar... Ce n’est pas plus compliqué, quoiqu’en pensent nos experts en nuances et en redondances.

Du temps de Saddam Hussein, il y avait 600 000 chrétiens arabes ; il en reste 100 000 aujourd’hui. Il y a dix millions de chrétiens en Egypte, deux millions en Syrie. Combien y en aura-t-il demain ? On comprend mieux la haine antirusse puisque la Russie est la dernière grande nation à protéger les chrétiens.

Les coptes en Egypte sont aujourd’hui les victimes des exactions, des brimades et des menaces de génocide modéré perpétrées par les Frères Musulmans, héritiers très maçons des services secrets britanniques ou du grand Lawrence d’Arabie, responsable terroriste de la mort romantique de 400 000 personnes dans l’empire ottoman à sa grande époque. Les touristes et les archéologues ont du souci à se faire ! Ce n’est pas pour rien que les chrétiens égyptiens ont refusé de rencontrer la péri Hilary Clinton qui entre deux danses du ventre sur le cadavre de Kadhafi ou le fantôme invisible d’Oussama fait des briefings pour faire reposer, là-bas comme en France (voir la propagande de l’ambassadeur Rivkin), son ordre nouveau sur le communautarisme. Le nouveau charabia de la charia va bientôt s’appliquer là-bas, aussi, toujours avec les bénédictions des conseils d’administration pétroliers et des "Brethern" anglo-saxons, jamais en peine quand il s’agit de liquider des chrétiens catholiques ou orthodoxes. J’ai toujours devant les yeux les églises irlandaises brûlées avec femmes et enfants à Drogheda et ailleurs, par le vénérable puritain Cromwell, j’ai toujours devant les yeux les ruines du monastère de Mont-Cassin rasé pour l’exemple, malgré les prières du Saint-Père, comme Dresde ou Nagasaki, par l’aviation anglo-américaine. Mais que ne fera-t-on pas pour faire du monde un lieu sûr pour la "démocratie" et le Grand Architecte de l’Univers !!!

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21 août 2012 - lien permanent

Serge de Beketch : 'Mémoires Inachevés', présentés par Nicolas Bonnal et Danièle de Beketch

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par Serge de Beketch et Patrick Gofman, lors de l'émission du 11 avril 2007 sur Radio Courtoisie. (0:38)


Archives du Libre Journal de Serge de Beketch en ligne

Archives du Libre Journal de Serge de Beketch à télécharger

Nicolas Bonnal : 'Les voyages de Horbiger, ou les Maîtres Carrés'

Patrick Gofman : 'Dictionnaire des Emmerdeuses'

Nicolas Bonnal : 'Mal à Droite - lettre ouverte à la vieille race blanche'

Laurent Blancy : 'Atlas de géopolitique révisé'

Patrick Gofman : 'Vengeances de Femmes'

François Brigneau : 'Faut toutes les buter'

Jean-Paul Chayrigues de Olmetta : 'Almanach du Marquis 2009'

Laurent Glauzy : 'Extraterrestres - Les messagers du New Age'

Retrouvez le Libre Journal de Serge de Beketch sur Radio Beketch,
avec Victoria, J.-P. Rondeau, F. Roboth, Le Marquis et Gofman.

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