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L'après Libre Journal
Le Voyageur errant
Célébration des hauteurs alpestres : Senancour et la montagne romantique
par Nicolas Pérégrin

Les montagnes s’élevèrent, les
vallées s’abaissèrent, au lieu
même que tu leur avais établi.

Ps, 104, 8

Rien ne vaut en été la montagne. Pour les amateurs de haute montagne et les touristes contemplatifs, je ferai quelques rappels de l’époque romantique où une aristocratie de pionniers découvre la beauté et la grandeur des Alpes et des lacs alpins.

La langue française d’ailleurs atteint ses sommets dans les Alpes et la nature, au moment du crépuscule de notre civilisation française, l’épisode napoléonien, que Tolstoï a si parfaitement écrit dans son roman épique. A ce moment notre prose échappe au carcan classique et vise les profondeurs de l’être et de ses mystères, le regain chrétien jouant alors un rôle très important. Nos grands écrivains sont encore tous des aristocrates traumatisés par la Révolution : Senancour, Chateaubriand, Lamartine (son "Graziella" est une merveille, le texte français préféré de Joyce), Tocqueville bien sûr. Ce fut aussi le chant du cygne de notre aristocratie qui reprenait un flambeau littéraire imprudemment confié, au siècle précédent, à tous les Diderot et Arouet de la chaussée.

Personnage incertain, philosophe discret, hésitant méritant, Senancour publie en 1804 un texte incomplet et parfait, "Oberman", qui fait le lien entre "le mal de vivre" romantique et la dépression nihiliste moderne. Je ne vais pas recenser les affres de sa psychologie malheureuse (avec nos psys on est trop bien équipés pour cela) mais rappeler quelques beautés de sa prose lorsque Oberman - le surhomme - mérite enfin son nom, abandonne son grommellement nietzschéen et va se purifier dans l’air supérieur, comme dira Baudelaire.

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29 août 2013 - lien permanent
Relecture post-Apocalyptique
Erckmann-Chatrian : leçons de la bataille de Leipzig en 1813
par Nicolas Bonnal

« Maintenant tout l’univers est contre nous, tous
les peuples demandent notre extermination...
ils ne veulent plus de notre gloire !
 »

On a beaucoup parlé de la retraite de Russie et de la Berezina, mais c’est la bataille de Leipzig et l’année 1813 qui sont importantes pour bien comprendre la chute du napoléonisme. Je n’ai aucune envie de faire une leçon d’histoire, mais en feuilletant sur <ebookgratuits.com> les petits classiques d’Erckmann-Chatrian que je n’avais faits qu’en dictée à l’école, je suis tombé sur le très bon roman "Histoire d’un conscrit de 1813", un de ces pauvres Français qui servirent de chair à canon pendant vingt ans à la Révolution et à l’Empire.

En une phrase, nos pacifistes et républicains alsaciens, qui écrivent pourtant sous le second empire, justifient l’impossible résistance à l’ogre napoléonien et à son culte :

« Ceux qui n’ont pas vu la gloire de l’Empereur Napoléon dans les années 1810, 1811 et 1812 ne sauront jamais à quel degré de puissance peut monter un homme. »

L’empereur est ce pourquoi il faut mourir, un nouveau pharaon en quelque sorte.

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28 août 2013 - lien permanent
Après l’Apocalypse
L’immigration et la destruction de l’Angleterre : la prise de conscience du Guardian
par Nicolas Bonnal

Le métissage de la planète ne pourrait plus que nous divertir.
Nous n’avons plus de maison, nous n’avons plus de ville,
nous n’avons plus de patrie, nous n’avons plus de race.
Mieux encore : nous n’avons plus de contemporains.

Lucien Rebatet ("Dialogues de vaincus")

Comme je l’ai indiqué, on assiste à un timide réveil de la conscience anglo-saxonne devant l’immigration qui rapidement nous fait oublier tous les Crocodile Dundee et John Wayne de l’univers. Kevin McDonald officie en Amérique ainsi que d’autres, M. Salter en Australie, qui a refusé de s’asseoir sur l’invasion de son pays et surtout la déformation de sa profession, la biologie, devenue à se tordre de rire. C’est comme la conquête spatiale ou les feuilletons télé...

En Angleterre, j’ai déjà rappelé la vision prophétique d’Enoch Powell (un homme qui refusait aussi la guerre contre les Russes, mais est-ce un hasard ?), souligné la révolte récente du Monty Python John Cleese, et même celle de la presse tory (le Daily Mail), si différente de notre Figaro pas trop bien-pensant mais bien trop engraissé de subventions, et qui nous informe que les Anglais - les britons - fuient Londres où ils ne se sentent plus chez eux, chassés par la hausse des prix et leur timidité d’autochtone envahi.

Nous sommes maintenant à la place des Indiens d’Amérique et ce dans toutes les capitales blanches. La débandade est généralisée, à Berlin ou Stockholm y compris, villes occupées par des hordes globales. On est revenus au temps des Tartares, dit-on, mais c’est tout bon. On nous avait dit que nous avions besoin d’immigrés, nous avons refusé ceux de l’Europe de l’Est, jugés trop blancs et trop chrétiens pour notre goût, et nous leur avons préféré ceux d’Afrique et d’Asie, et nous avons pourtant vingt millions de chômeurs. C’est drôle tout de même.

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27 août 2013 - lien permanent
L’humeur de Patrick Gofman
Une semaine en banlieue de Paris

16 AOÛT 2013 - MAMAN, j’ai peur. Les jeunes-sensibles-en-difficulté viendront-ils me scalper avant l’arrivée de mon correspondant ? Assis près du "Tabac du Métro" - quel métro ? - je contemple la gare désaffectée de Massy-Palaiseau (Essonne-91), un gros cube de briques rouges, rêvant aux bureaux vides, aux guichets poussiéreux entre lesquels je me ferais une résidence si poétique... Ouf, Emeric arrive.

17 août - Bon, « Il pourrait y avoir un peu plus de Blancs par ici », comme dit M. Valls (PS) en découvrant la ville dont il est maire. La substitution de peuples semble complète dans ce coin de l’Essonne. Mais enfin, M. Chirac et son parti de droite savaient sans doute ce qu’ils faisaient, en organisant le regroupement de toutes ces familles africaines en France. Et je dois dire que non seulement aucun de ces Blaques n’a essayé de me scalper, mais que certains m’ont indiqué le chemin du dernier tabac ouvert à moins de 10 km à pied avec précision et courtoisie.

18 août - OK, il pourrait y avoir un peu moins d’avions au décollage d’Orly. Mais enfin, ils sont déjà à près de 1 500 pieds quand ils passent devant ma fenêtre, toutes les 5 minutes. Si je ferme, tire les rideaux, me bouche les oreilles, je n’entends presque rien...

19 août - Certes, il pourrait y avoir moins de tondeuses à gazon et de tronçonneuses à l’oeuvre, mais enfin...

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26 août 2013 - lien permanent
Après l’Apocalypse
François Hollande et la Fin de l’Histoire de France
par Nicolas Bonnal
José et sa laitue avec un grand sourire

François Hollande est sans doute le premier président qui incarne caricaturalement et totalement, l’après-France, un hexagone anar sans Histoire et sans histoires, sans race, sans sexe, sans peuple, sans morale, sans valeurs, sans classes, sans usines, sans gaz, sans rien du tout que de la dette et de la repentance.

Cela mérite quelques rappels et éclaircissements.

Le début du XXe siècle avait été marqué par une énorme et dévastatrice vague de nationalisme : cette vague donna le tsunami des deux guerres mondiales qui succédait à la guerre de 1870, sa République et la volonté de récupérer l’Alsace-Lorraine. Comme je l’avais dit dans mon livre sur "Le Coq hérétique et l’exception française", la nation n’était plus une volonté de vivre (Renan), mais de mourir ensemble ; le nationalisme devenant une industrie littéraire, une weltanschauung qui servait à programmer les esprits en vue d’une guerre perpétuelle appuyée aussi sur le darwinisme de l’époque (seuls les plus forts survivent).

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23 août 2013 - lien permanent
Derrière l’écran
Douglas Sirk et le génie médiéval du mélo américain
par Nicolas Bonnal
José et sa laitue avec un grand sourire

Le vent du matin souffle à jamais, le
poème de la création est ininterrompu ;
mais rares sont les oreilles qui l’entendent.

Thoreau

Douglas Sirk est l’auteur des plus grands mélos de l’histoire du cinéma. Né en Allemagne de parents danois, il quitte son pays, mais en 1937 seulement. Il tournera des films de toutes sortes assez oubliés. Curieusement sa carrière, comme celle d’autres cinéastes, ne stupéfie vraiment l’amateur de grandeur cinéma que durant quelques années. Il s’agit de cinq à six ans, pendant les merveilleuses années Eisenhower qui sont pour moi comme un dernier rayon de soleil cinéphilique ; il s’agit donc de mélos traitant de sujets domestiques et assez féminins, avec entre autres deux acteurs fétiches, Jane Wyman, deuxième femme de Reagan, et Rock Hudson, alors au sommet de sa virile beauté et de sa fragilité cachée. Après Sirk ne fera plus rien ou presque ; comme Hudson, Ford ou Walsh. Comme Hitchcock ou comme Hawks vieillissant. La fin d’Eisenhower, c’est la fin du cinéma doré américain. On sera après l’Histoire.

***

Les histoires de Sirk sont toujours banales. Si ce n’est pas lui qui les dirige, cela donne un navet dans le cadre des remakes de Fassbinder ou plus près de nous, Ozon. Le monde est fait de gens normaux, il est à l’eau de rose, la femme est veuve ou souffre fort, on a des confidentes frustrées, des milliardaires égoïstes et obsédés d’horreur sportive, des filles de riches nymphomanes, des fils de riches alcooliques, tout un tas de trivialités depuis longtemps recyclées dans les soaps et les feuilletons les plus usés et fatigants.

Mais la trivialité n’est qu’apparente. Sirk est un génie chrétien du cinéma, au sens où le christianisme et surtout l’Evangile, qui pour sauver nos âmes de haute lutte, transfigure la réalité domestique d’une situation, les noces de Cana, l’Annonciation, la prestation de soins, etc. Sirk aussi impose un cinéma décalé de rédemption. Voyez Hudson passer du rôle d’ennuyeux sportsman à celui de grand médecin dans l’Obsession. Si l’on devait résumer ce cinéma de splendeur de l’âme humaine et de transcendance polychromique, festival goethéen et gothique de la magie des couleurs en cinémascope, on devrait alors parler la phrase imperturbable de Thoreau :

« Ce qu’il faut aux hommes, ce n’est pas quelque chose avec quoi faire, mais quelque chose à faire, ou plutôt quelque chose à être. »

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21 août 2013 - lien permanent
Réponse à un lecteur
Churchill et les horreurs de la guerre démocratique
par Nicolas Bonnal
José et sa laitue avec un grand sourire

« L’Angleterre est en système habituel, je dirais presque naturel de guerre, ou du moins d’opposition, avec tous les peuples du monde, et le repos ne peut être pour elle qu’un état forcé et accidentel. »

Bonald

Un commentaire récent d’un lecteur âgé de 91 ans, ancien soldat de la Deuxième Guerre Mondiale, et que je salue ici (alors que je trouve les commentaires trop souvent à côté de la plaque, je le dis comme je le pense - avec le temps), souligne les aléas sordides de ladite guerre et ses tromperies. Le lecteur évoque l’affaire scandaleuse de Dakar en rappelant que peut-être l’or français y était, et que les Anglais le voulaient à tout prix, c’est le cas de le dire, sentant sans doute qu’ils allaient sous peu être ruinés par les Américains dans le cadre de la grande croisade pour les démocraties, croisade coûteuse dont nous ne sortirons jamais avant mille ans sinon fort endettés et embêtés. Sur ces fâcheux et éternellement reproductibles événements de Juin 40, nul ne nous a aussi bien verbalisés que Céline en 37 :

« Nous serons déjà tous asticots quand débarqueront dans les Flandres les premiers invertis d’Oxford. »

Mon lecteur souligne la trahison britannique à Dunkerque, l’inféodation de la France à Albion depuis 1815 - 1830 exactement -, l’inutilité absolue de cette guerre qu’Hitler ne voulait qu’à l’Est où, cela tombait bien, on avait droit à un monstre pire que lui et Tamerlan réunis. Mais c’était compter sans l’Angleterre et sa conspiration démocratique - voyez le groupe Focus. On prit donc soin en France de se prendre une énième raclée avec l’Allemagne (comme aujourd’hui avec l’euro) au nom d’une Pologne qui, outre sa législation antisémite, avait tout de même reçu des offres d’échange territorial de la part des nazis et avait surtout accepté de se partager avec les autres vautours les dépouilles de la Tchécoslovaquie en 1938 - Tchécoslovaquie créée comme la Yougoslavie par les irréels traités wilsoniens avec les résultats que l’on sait. Ce pays très moral, la Pologne donc, un peu trop sûr de lui et de l’alliance anglaise, fut aussi occupé par l’URSS qui extermina ses élites à Katyn (les maîtres-chanteurs de Nuremberg en accusèrent les Allemands), tout en massacrant les cadres des petites républiques baltes, mais à l’URSS personne chez les bons alliés anglo-saxons ne se proposa de déclarer la guerre. Staline put envahir, tuer, saccager, piller, violer avec la bénédiction de la démocratie occidentale trop occupée ailleurs. Le tsarisme fut toujours abhorré, le communisme sous sa forme la plus rogue adoré à l’Ouest, on est comme ça, on ne se refera pas. Le bolchevisme et ses crimes de masse, l’oncle Joe et ses vingt millions de morts, l’oncle Joe et son Holodomor ukrainien (je sais, je sais, c’est la propagande de Goebbels...) devenait un prodige de la vie démocratique et post-démocratique. Née sur les échafauds des rois anglais et français, sur les cadavres des Irlandais de Cromwell et des Vendéens, née de la barbarie mathématique et quantitative du monde postchrétien, la démocratie qui aujourd’hui professe la liquidation des nations blanches, des sexes et des familles, ne m’aura il est vrai jamais déçu, que ce soit sous son aspect rond-de-cuir, sans-culotte ou commissaire politique. Car le rond-de-cuir, a dit Cochin, est successeur du sans-culotte. Un lynchage une élection : voyez la Libye. Une élection, une trahison. Et quand vous vous plaignez, conspiration !

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19 août 2013 - lien permanent
Après l’Apocalypse
Vivre hors de la matrice : José et le génie de la montagne andalouse
par Nicolas Pérégrin
José et sa laitue avec un grand sourire

L’Espagnol est sobre, loyal, patient et désintéressé ;
il est fier, il est brave, il est religieux. Que lui veut-on
de plus, ou de moins ? Il a les défauts de ses vertus,
mais il n’a pas de vices.

Bonald

Pour vivre hors de la matrice, il ne faut pas filer au fin fond de l’Amazonie ou de la Sibérie. Cette folie ne dure que quelque temps, le temps de faire un reportage. On sautille partout et puis il faut rentrer en avion ou en bécane.

Il faut rester en un lieu où l’on ait la force de rester. C’est une question d’habiter avec soi-même, non de filer avec soi-même. La matrice est la fuite, et le refus de l’être. Il faut donc être en un lieu où l’on ne mesure pas le temps d’une fuite. L’église est une nef, un vaisseau, et pas un fleuve. On laisse le fleuve à Héraclite et au capitalisme en continu, on réalise le christianisme champêtre, ce clavecin bien tempéré du monde. C’est cela "habiter", et c’est le champ du monde. Comme a dit un écolo pour une fois bien inspiré, la terre donne et produit pendant mille ans ou plus, la construction deux mois par an ou bien zéro. A méditer à l’heure où notre terre est recouverte (disait Mumford) de détritus urbains, à méditer quand notre euro vaudra zéro.

***

Vivre hors de la matrice ne doit pas durer le temps d’un caprice, d’une rupture, d’une vacance. Je ne mesure jamais, me dit mon logeur José, ancien maire de Trevelez. José a construit des centaines de mètres carrés avec les pierres de sa rivière, mais il n’a pas mesuré ! Il travaille douze à quinze heures par jour, mais il n’a pas mesuré. Il porte la même chemise propre et repassée pour travailler depuis dix ans, mais il n’a pas mesuré. Il a peut-être trop construit mais comme dit Bonald, c’est le défaut de ses vertus et ce n’est pas un vice.

Le vice est venu dévorer la côte d’usure en Espagne, car comme a dit Piéplu, les cons sont sur les bords. José me donne l’exemple de sa sagesse dans son village construit non seulement à la campagne mais aussi - mais aussi, pour faire rager le trop spirituel Allais - à la montagne. Il a gardé sa famille autour de lui, grands enfants y compris. Pourquoi envoyer ses enfants comme tant de Français à Singapour ou à Seattle ? Qu’y a-t-il là-bas, à part quelques dollars de plus, vite dépensés dans les avions et dans l’immobilier ? La société où tout est basé sur le fric est de moins en moins rentable, elle est de plus en plus radine. Que j’en ai connais des gens, partout, qui vivent mal avec dix ou vingt mille dollars mensuels...

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16 août 2013 - lien permanent
C’est à lire
"Oberman" : Senancour et la montagne initiatique
Extraits choisis par Nicolas Pérégrin

« Alors je renvoyai mon guide, je m’essayai avec mes propres forces ; je voulais que rien de mercenaire n’altérât cette liberté alpestre, et que nul homme de la plaine n’affaiblît l’austérité d’une région sauvage. Je sentis s’agrandir mon être ainsi livré seul aux obstacles et aux dangers d’une nature difficile, loin des entraves factices et de l’industrieuse oppression des hommes. »

***

« Sur les terres basses, c’est une nécessité que l’homme naturel soit sans cesse altéré ; en respirant cette atmosphère sociale si épaisse, si orageuse, si pleine de fermentation, toujours ébranlée par le bruit des arts, le fracas des plaisirs ostensibles, les cris de la haine et les perpétuels gémissements de l’anxiété et des douleurs. Mais là, sur ces monts déserts, où le ciel est plus immense ; où l’air est plus fixe, et les temps moins rapides, et la vie plus permanente : là, la nature entière exprime éloquemment un ordre plus grand, une harmonie plus visible, un ensemble éternel : là, l’homme retrouve sa forme altérable mais indestructible ; il respire l’air sauvage loin des émanations sociales ; son être est à lui comme à l’univers : il vit d’une vie réelle dans l’unité sublime. »

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15 août 2013 - lien permanent
Entretien courtois
Marion Le Pen, la Tradition évolutive contre l’élite hostile
par Tatiana Popova, <pravda.ru>

:: Texte en russe :: Texte en anglais

Marion Le Pen est l’une des petites-filles de Jean-Marie Le Pen. Elle incarne très bien cette bizarre dynastie démocratique et elle a été élue à vingt-deux ans à la Chambre des Députés, où elle siège à la commission de la Culture et de l’Education. Militante chevronnée et convaincue, elle a brillamment défendu la position du peuple français contre le mariage pour tous. Oratrice née comme son grand-père, elle défend un monde que l’on veut oublier, fait de foi, de nation, de tradition et aussi de culture et de progrès. Nous lui avons posé un ensemble de questions destinées à éclairer sa personnalité déjà rayonnante et reconnue.

***
Questions de la Pravda et réponses de Marion Maréchal Le Pen

- Melle Le Pen, vous êtes la plus jeune députée française, celle aussi qui a marqué une forte réticence au mariage pour tous. Vous avez tenu un beau discours à ce propos récemment place Dauphine à de jeunes chrétiens : pouvez-vous expliquer à notre lectorat russe les détails de votre position ? Et comment expliquer l’extravagante brutalité de la réaction du gouvernement français ?

En effet, ce combat me tient particulièrement à coeur et je partage, avec cette jeunesse de France qui s’est levée ces derniers mois, la volonté de défendre le cadre indépassable de nos valeurs et du respect des lois naturelles. Nous avons assisté à la toute-puissance d’un "nano-lobby" qui, à lui seul, avec ses quelques centaines d’adhérents, a réussi à détruire l’institution du mariage comme cadre de la filiation et à mettre le désir individuel des adultes au-dessus de toute autre considération comme le bien-être de l’enfant adopté, et ce, contre l’avis de nombreux pédopsychiatres français reconnus. J’ai également tenu à dénoncer les nombreuses atteintes de la gauche libertaire à nos libertés individuelles : sous-estimation des chiffres de manifestants, centaines de gardes à vue arbitraires, recours excessifs à la violence policière, peine de prison pour délit d’opinion... La démocratie française se meurt sous nos yeux par la volonté d’une élite idéologue qui contraint le peuple français à abandonner toute attache à l’égard de la famille ou de la nation pour mieux imposer son utopie mondialiste. Heureusement, la résistance de ces derniers mois a montré que la conscience française n’était pas morte !

- La loi Taubira s’applique sur le relativisme moderne et les progrès de la technoscience, et la science ne cesse de progresser en se libérant de toute éthique. Vous avez entendu parler des Google babies, dont les mères porteuses sont en Inde. Pensez-vous qu’une conscience chrétienne ou humaniste puisse encore intervenir dans ces circonstances ?

En effet, nous arrivons aujourd’hui à l’aboutissement du nihilisme moderne où l’homme n’est finalement qu’une marchandise de plus dans ce règne du libre-échange. Leur conception du "progrès" social est calquée sur l’évolution du progrès technique. Leur étrange raisonnement par analogie les amène à considérer que les sociétés humaines, à l’instar des avancées technologiques, ne peuvent qu’évoluer vers toujours plus d’avancées sociales et donc vers toujours plus de bien. Le véritable danger de cette loi réside dans les dérives qu’elle va entraîner avec l’arrivée de la PMA pour les couples lesbiens puis de la GPA pour les hommes au nom de l’"égalité". L’humain et ses produits ne deviendront plus ainsi qu’un produit consommable parmi les autres au nom du progrès et de l’égalité. Les vrais féministes devraient s’insurger contre ce mépris de la femme.

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14 août 2013 - lien permanent
Relecture post-Apocalyptique
Octave Mirbeau et la décadence à la française
par Nicolas Bonnal

La fin du dix-neuvième siècle et le début du vingtième sont marqués par un grand désespoir culturel et spirituel, qui accompagne un grand boom économique et industriel. La modernité n’a pas encore accouché de son athéisme jouissif et de son nihilisme soft remixé au développement personnel, et il lui semble encore qu’elle a perdu tous ses repères ancestraux, spirituels, agricoles, aristocratiques, monarchiques. Bien des esprits s’en plaignent aussi bien en France qu’en Russie : Tchékhov, Tolstoï en Russie, Belloc ou Chesterton en Angleterre, Bloy, Mirbeau ou même Maupassant en France.

Octave Mirbeau est un écrivain Français de la fin du XIXe siècle et du début du XXe. Anarchiste et provocateur, il ne cesse de dénoncer dans des pamphlets ou des romans osés ("le Journal d’une femme de chambre"...) son époque et l’humanité qui l’accompagne, qu’il juge lamentable. Grand journaliste et voyageur, grand styliste aussi, il publie un tas d’ouvrages qui lui valent une reconnaissance internationale, dont celle du comte Tolstoï tout aussi convaincu de la décadence des temps (voir son essai sur le déclin de l’art). Mirbeau apprécie d’un autre côté les inventions médicales et techniques de son temps, la révolution industrielle et commerciale le fascine et il publie en 1907 une chronique de son fastueux voyage en automobile, titrée "La 628-E8" (quel titre expérimental pour son époque, et même la nôtre !). Mirbeau déteste le colonialisme de la gauche républicaine, le surarmement et le nationalisme agressif de son temps et il espère ainsi un peu rapprocher les peuples de l’Europe ; mais voici ce qu’il écrit de la population d’Anvers en Belgique :

« J’ai remarqué, à quelques exceptions près, que les villes, surtout les villes de travail et de richesses, qui, comme Anvers, sont des déversoirs de toutes les humanités, ont vite fait d’unifier, en un seul type, le caractère des visages... Il semble maintenant que, dans les grandes agglomérations, tous les riches se ressemblent, et aussi tous les pauvres. »

Cette homogénéisation reflète bien sûr la fabrique industrielle d’un modèle nouveau d’être humain. A l’époque seule la Russie résiste avec ses communautés alors innombrables de moujiks comme le remarquera le grand voyageur et écrivain anglais Stephen Graham.

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13 août 2013 - lien permanent
C’est à relire
Bossuet, Job et Sophocle face au génie incomplet de l’homme
par Nicolas Bonnal

Trois génies, trois grands hommes, s’expriment à des siècles de distance sur le génie incomplet de l’homme, sa vocation imparfaite. Le Grec, le Juif et le Français. Les thèmes et les expressions sont si proches que l’on pourrait penser qu’ils se sont plagiés, inspirés les uns des autres. Mais je n’insisterai pas, n’ayant pas grâce à Dieu de cours de littérature comparée à assumer, surtout en ces domaines devenus bien hauts pour nous et notre temps ; je préfère les donner, les redonner plutôt à lire. Il y a le Livre de Job, l’Antigone de Sophocle et le "Sermon sur la Mort" de Bossuet.

***

Je cite Job d’abord, qui voit les exploits techniques de l’homme incomplet mais surtout recherche la sagesse dans le monde (chapitre 28) :

« 3 [L’homme] met fin aux ténèbres et explore jusqu’à l’extrémité de tout, la pierre d’obscurité et de l’ombre de la mort.

4 On creuse un puits loin de ceux qui séjournent [sur la terre] ; oubliés du pied [de l’homme], ils sont suspendus, balancés loin des humains.

5 La terre,... d’elle sort le pain ; et au-dessous, elle est bouleversée comme par le feu.

6 Ses pierres sont le lieu du saphir, et la poussière d’or s’y trouve.

7 C’est un sentier que l’oiseau de proie ne connaît pas, et que l’oeil du vautour n’a pas aperçu ;

8 La bête fauve ne l’a pas foulé, le lion ne l’a pas traversé.

[L’homme] porte sa main sur le roc dur, il renverse les montagnes depuis la racine ;

10 Il creuse des canaux dans les rochers ; et son oeil voit tout ce qui est précieux ;

11 Il enserre les fleuves pour qu’ils ne suintent pas ; et il produit à la lumière les choses cachées.

12 Mais la sagesse, où la trouvera-t-on ? Et où est le lieu de l’intelligence ? »

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12 août 2013 - lien permanent

Serge de Beketch : 'Mémoires Inachevés', présentés par Nicolas Bonnal et Danièle de Beketch

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par Serge de Beketch et Patrick Gofman, lors de l'émission du 11 avril 2007 sur Radio Courtoisie. (0:38)


Archives du Libre Journal de Serge de Beketch en ligne

Archives du Libre Journal de Serge de Beketch à télécharger

Nicolas Bonnal : 'Les voyages de Horbiger, ou les Maîtres Carrés'

Patrick Gofman : 'Dictionnaire des Emmerdeuses'

Nicolas Bonnal : 'Mal à Droite - lettre ouverte à la vieille race blanche'

Laurent Blancy : 'Atlas de géopolitique révisé'

Patrick Gofman : 'Vengeances de Femmes'

François Brigneau : 'Faut toutes les buter'

Jean-Paul Chayrigues de Olmetta : 'Almanach du Marquis 2009'

Laurent Glauzy : 'Extraterrestres - Les messagers du New Age'

Retrouvez le Libre Journal de Serge de Beketch sur Radio Beketch,
avec Victoria, J.-P. Rondeau, F. Roboth, Le Marquis et Gofman.

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