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L'après Libre Journal
Poème
Noël orthodoxe
par Nicolas Bonnal

On est en temps de Noël, pas celui de carême.
En entendant les chants vénérables des prêtres,
Lumière l’orthodoxe qui célèbre plus l’Etre,
On attend le repas de l’épouse suprême.

La crèche resurgit chaque hiver vénéré
Et le monde revit sous le ciel éthéré.

On lit le grand Gogol, on rit de tant d’histoires,
On écoute le chant suprême des veillées,
Et l’attente du Christ nous tient tout éveillés,
Jusqu’au temps où l’on dort fourrés comme des loirs.

La crèche resurgit chaque hiver vénéré
Et le monde revit sous le ciel éthéré.

Les poulets, pirojki et la préparation
Nécessitent alors toute ton attention :
Dans le vin du foyer on célèbre le sens,
La venue de Jésus qui chasse toute absence.

La crèche resurgit chaque hiver vénéré
Et le monde revit sous le ciel éthéré.

La fleur a bien du flair et nous montre la Voie,
Et le ciel de notre âme envoutée par les voix,
L’esprit qui refleurit au milieu d’animaux
Qui prient toute leur âme au-delà de nos mots.

La crèche resurgit chaque hiver vénéré
Et le monde revit sous le ciel éthéré.

14 janvier 2012 - lien permanent
Les voyages de Horbiger, ou les maîtres carrés
XLII - Le tribunal de Camembert et le procès de Horbiger
par Nicolas Bonnal

Chapitre où Horbiger se juge mal mais parle bien de lui
(A censurer aussi mais à lire quand même)
Autrement dit
Chat, pitre azimuté écrit en état de (sobre) ébriété

Cette Grossraumkonzeption tout de même ; elle en laisse de glace quelques-uns, mais elle va prendre pourtant de la place dans la fin de cet ouvrage, comme elle en a pris tout au long du récit de cet ange à la nage aventureux que malgré moi j’incarne sous la plume du Nabookov... Tu savais de toute manière, lecteur, à quoi tu t’exposais avec tes tubes cérébraux en consultant cette bizarrerie qui a nom... qui a nom quoi d’ailleurs ? Hip ! Dès qu’Orbi prend le pouvoir dans ce texte vaseux, tout le chemin se fait pierreux, pardon bienheureux, pardon biéreux, pardon, hips, pour le nez au machisme, pardon, pour le néologisme.

Il a fallu tous les dédales, bon lecteur, pour s’échapper de la grande galerie de la métropole, ou nécropole, et regagner la capitale et notre boulevard des Germains et notre vénérable monastère. Nous l’avons fait en mini-Zeppelin à propulsion sidérale. C’est incroyable ce qu’on invente sur le cerveau, pardon sur le vaisseau à croix gommée. Et c’est aussi très fou ce que s’invente le cerveau humain pour se simplifier la vie, des fois.

Auparavant il faut que je te conte la bataille des champs patagoniques où nous perdîmes Horbiger au combat. Champs agoniques, argonautiques d’ailleurs, je ne sais plus très bien, à moins qu’il s’agisse de champs parodiques.

***

D’ailleurs je ne raconterai rien, lecteur, il est trop tôt, et donc tu ne sauras rien et tu n’auras pas à payer les peaux cassées.

Le problème est que le vol s’arrose beaucoup. Le grand Zeppelin nous recueille quelques centaines de milles plus au Nord, et nous faisons tous ronds le tour de la terre.

Sache que nous allons à Strasbourg, la ville des rues, et qu’Horbiger rêve d’une belle conférence. Mais il a bu une bière de trop, celle-là sur laquelle il ne fondera pas son empire, justement.

- Je feux aller au parlement européen. Je feux leur faire payer les heures les plus claires de notre histoire et leur imposer les heures les plus drôles...

- Oh non, Horbiger, au parlement européen, ils se méritent un marquage rouge au front. Histoire de payer pour les heures les plus maussades de notre histoire...

- Je crois que je vais me couvrir de belles couleurs.

- Comme un chef de troupeau ?

Ya - comme on dit ici - et che lui dirai par moins vingt degrés... Sois sage, ô ma couleur et tiens toi plus tranquille...

- Allez Horbiger, arrête de faire ton ADG.

- Ben quoi, c’est beau de l’air a cinq mille mètres...

- Tu feux fraiment afoir le ternier enjeu de mot ?

Ya, ich bin le petit malin des magiciens...

- Eh oui, Horbiger. Quand on est privé de troisième Reich et de cinquième colonne, on se rattrape...

- Avec le second degré et la quatrième dimension ! Ici La Paz, les bons aryens parlent aux demeurés !

C’est sur ce dialogue peu amène que le procès peut commencer. Il se tiendra dans une grande salle de jeu, et comprendra les acteurs sociaux suivants. La liste des invités, celle des évités surtout, te semblera bizarre, lecteur, mais il faut comprendre que c’est Horbiger qui a décidé, manipulant comme personne la glace et le feu, le grand ciel bleu et la terre creuse, de son procès, et donc la liste.

Auparavant il faut que je confirme que nous détenons Zarkoz, que nous avons constitué une liste d’abonnés à la prise d’otages, que nous sommes revenus dans notre grand monastère, que nous l’avons embelli, agrandi, déménagé comme prévu à Montmartre (atterrissage via l’échelle de Jacob prévu à 14h92, heure de grandes découvertes), que Fräulein a invité ou inventé (avec elle, on ne sait plus, elle est toujours plus belle, un vrai régal lecteur, quel dommage que je ne puisse ou sache te la décrire ou mieux, t’envoyer sa photo) une machine à réduire les particules, qu’ainsi nous réduisons des m² que nous entassons, réduisant à néant ceux que nous ne voulons pas ou que nous châtions, que nous sommes les maîtres carrés les plus grands du monde, et que rien donc ne s’oppose à notre Ubris et Némésis, que la Némésis concerne bien sûr ce pauvre Horbiger qui a décidé de s’infliger le mythe d’haire et celui de la discipline aussi. Bien entendu il a décidé de sa peine (il s’est donné la peine de la choisir) ainsi que l’adresse de son lieu de résidence qui ne l’Hess pas à désirer...

Il est pourtant bien entouré dans la salle du procès fleuve aussi nommé le procès fleur ou procès soeur, car la vie a été comme une soeur pour Orbi, depuis qu’il est remonté d’en bas, la vie lui a fait des fleurs et pas défaut.

Il a la plus belle place, le procureur docteur Mendele se fait tout petit, Mange-tout est supérieur aussi, et le jury est composé de ses propres animaux de basse-cour. Il n’y a pas de président du tribunal. On peut estimer que l’accusé est le président du tribunal, ce qui n’en fait pas un tribunal de la Haye, mais un tribunal plus gai. Charles-Mouloud Canigou-Malotru, juriste patenté, est assistant de la partie civile. On verra que, sans lui faire de fleur, il a des soucis à se faire.

Il y a l’ara Petacci, venu spécialement d’Amazonie en cage dorée privée. L’ara a fait des manières, il a crié après la gazza ladra, la pie voleuse, a menacé de se plaindre aux Hergé, mais a finalement récupéré sa Play bague au doigt.

Le pingouin magellanique Steven Spitzberg est monté spécialement de la péninsule de Valdez pour voir son maître cousin de l’empereur manchot autrefois surnommé Kaiser sosie. Le pingouin est venu en sous-marin pour rien et aérien ainsi qu’en U-boot perfectionné par Fräulein qui a même inventé pour Orbi un modèle idéal de femme aux tomates (mais non, Mande, une femme automate !) ; et il a traversé l’Atlantide ou plutôt buté sur elle, puisque depuis que nous avons gagné nous l’avons reconstituée en étalant et déversant et entassant bien des mètres carrés et cubiques, mais je te le raconterai plus loin.

Autre membre du génie, pardon, du jury, le renard râleur, roi dans l’art de râler, j’ai nommé le renard du dessert, du désert pardon, maréchal Grommelle, cousin par feinte alliance du regretté goupil médiéval à catarrhes. Il se pomponne, il trotte, il s’éloigne, il revient, il s’énerve et il grogne. Mais enfin, il a le plus haut Saint-Siège sur le banc des jurés qui ont juré leur mauvaise foi éternelle à Orbi, donc il est content.

Le beau chinchilla Ravi Jacob, telle est vive notre vision, nous arrive de Gerimadeth, programme immobilier hugolien, rimant avec les dettes. Il se propose de soutenir Orbi et Gourbi notre vedette contre vents et de se marrer. Il fait des bonds d’épargne et des bons placements en attendant dans la salle d’audience.

Le rat d’égout et rat d’Ugude Alfa Romeo di Carpaccio est la grande surprise du jour. On sait que la souris symbolise l’esprit, d’après le docteur Freux et son secrétaire Gustave Beau Flair, mais on ne se doutait pas qu’un animal aussi virulent, remonté des Enfers bis via la traversée des dégoûts de Lutèce vînt à paraître en ces hauts lieux.

Et maintenant, comme des escargots après l’averse, sortis de la pluie de fer, des juges binoclards, des professeurs de droit humanitaire, de vertu horizontale, des docteurs en médiocrité, barytons de l’armée du salut, brancardiers de la Croix-Rouge, naïfs braillards des lendemains qui chantent, venaient à Nuremberg faire des leçons de morale primaire aux Seigneurs, aux moines combattants qui avaient signé le pacte avec les Puissances, aux Sacrificateurs qui lisaient dans le miroir noir, aux alliés de Schamballah, aux héritiers du Graal !

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13 janvier 2012 - lien permanent
Les voyages de Horbiger, ou les maîtres carrés
XLI - Autre chapitre intérimaire : comment nous avions gagné à notre insu la bataille des mètres carrés sur terre
par Nicolas Bonnal

L’espace n’est pas moins digne de notre attention que le temps ; étudions le bien, et nous aurons la connaissance du haut et du bas, du loin comme de près, du large et de l’étroit, de ce qui demeure et ne fait que passer.

Avions gagné : j’emploie le plus-que-parfait pour évoquer cette inattendue victoire, lecteur, et c’est bien pour souligner le caractère chanceux et irresponsable de notre Sieg, comme dit Horbiger.

Il s’était trouvé en effet que les Staubsauger s’étaient répandus dans les grands magasins, les malls, le shopping center planétaire ; qu’on les y avait achetés sans y prendre garde ; que les moeurs s’étaient efféminées, incitant chacun à s’équiper de ce jouet si féminin ; que les petits modèles de Fräulein avaient enchanté toute la clientèle révolutionnaire sans le savoir ; que l’on avait donc commencé à aspirer les mètres à la maison ; que les mètres avaient rétréci cette fois, et pas les hommes ; que les mètres une fois consommés, il fallut en chercher d’autres ; que d’autres furent aspirées dans le rues, les échoppes, et les couloirs d’immeubles ; que bientôt, la jalousie aidant, on s’en prit aux grands appartements puis aux maisons ; que les commissariats avaient disparu ; que l’on aspira les casernes devenues d’ailleurs vides en cette Fin des Temps et de l’espace ; que le pessimisme ambiant et l’apocalypse régnant, tout dégénéra dans les Festivités, comme aux temps des Punks, de la Peste ou des danses macabres ; que l’exemple gavnuk convainquit les enfants, qui emportèrent le morceau, enfants auxquels les parents ne pouvaient rien refuser ; que la force des enrouleurs de mètres, promue par Drake ou d’Artagnan, convainquit à son tour les plus rétifs, les plus soumis des hommes ; qu’elle n’exigeait ni compétences ni expérience singulière ; qu’en fait il fallait fournir une voie passive à la rébellion ; qu’une fois entamée, celle-ci ne pourrait pas cesser, ne cessant de croître et de se multiplier géométriquement en quelque sorte ; il fut aussi prouvé que pendant que nous discutions avec Zarkoz et effectuions notre coutumier tourisme immobilier auquel nous avons accoutumé la terre, les nôtres, comme disait Parvu avaient oeuvré dans le secret ; qu’ils avaient harcelé l’ennemi, le seul espace de notre temps, celui des mètres minables du logement ; qu’ils s’étaient découverts les représentants d’une ludique Grossraumkonzeption à leur insu ; que le caractère spécifique et enfantin de notre guerre avait plu même à la Tunisie ; qu’un pirate sommeille en chaque enfant et même en chaque adulte ; que le caractère spécial de notre rébellion lui donnait des dimensions fantastiques, oniriques même, lecteur ; que la destruction du monde capitalistique amusait tout le monde, le libérait même ; qu’en conséquence, tandis que nous avions le dos tourné, les gens s’étaient d’eux-mêmes libérés.

(à suivre)

13 janvier 2012 - lien permanent
Nouvelles du Marigot
Mai 2012 : François Hollande à 70 % ?
par Nicolas Bonnal

Il y a 50 ans, le sympathique jaurésiste René Dumont publiait un livre célébré : "l’Afrique noire est mal partie..." Aujourd’hui nous pouvons dire que l’Occident est mal parti, ou l’Europe blanche ! Le vieillissement célébré par quelques imbéciles, et l’appauvrissement vont devenir notre sort quotidien, entre plans d’austérité, hausses d’impôts et coupes sombres dans tous les budgets... peu importe que l’austérité fonctionne comme la saignée au temps de Molière et qu’elle ôte au malade les pauvres forces qui lui restent, les jésuites éduqués chez Goldman Sachs, qu’il s’agisse de Guindos, de Monti ou de Draghi appliqueront une recette impeccable : nous ruiner tous avant la chute de l’euro.

***

Sur ces bonnes nouvelles, et vu que Sarkozy a tout fait pour s’aliéner son électorat (ou qu’il n’a rien pu faire pour ne pas se l’aliéner, ce qui n’est pas la même chose), nous pouvons nous attendre à un triomphe électoral de François Hollande en mai prochain. Ce dernier sera bien secondé par la France plurielle qui a vu Noah, Omar Sy devenir les hexagonaux les plus populaires. La vie en rose !

On se doute que Hollande n’a pas trop envie de se présenter. On demandait à un économiste espagnol ce qu’il conseillerait à Rajoy comme politique : « ne pas se présenter », telle fut sa réponse. Rajoy a été élu, a augmenté les impôts, organisé la pénurie et l’austérité, et bien sûr fait exploser la note de son grand pays : mais il ira jusqu’au bout. Le destin du spectacle, c’est-à-dire de la démocratie, disait Debord, n’est pas de finir en despotisme éclairé. Les Hongrois s’y essaient, courageusement, mais ils auront du mal.

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12 janvier 2012 - lien permanent
Derrière l’écran
La France de 2012 et le retour des hobbits
par Nicolas Bonnal

En 1997 j’avais publié mon livre sur Tolkien, plus grand écrivain d’aventures initiatiques de l’histoire, avec Verne et Kipling. Son oeuvre me paraissait une fascinante métaphore des temps modernes et de la dévastation de la spiritualité, puis du psychisme, enfin du physique de l’occident en stade terminal. Nous assistons en ce moment à la troisième étape de ce processus, sans qu’il soit dit d’ailleurs qu’il signifiera la fin absolue dudit occident (encore que... Un peu plus de François Hollande, un peu plus de Noah, et nous y serons !)

En 2001, nous pûmes voir la prodigieuse adaptation de Peter Jackson, producteur du dernier Tintin en 3D, qui avait réussi à convaincre les courageux producteurs hollywoodiens de New Line de réaliser trois films et non pas un, comme on l’avait tous imaginé. C’était le premier miracle : le deuxième miracle, c’est que le film respectait l’oeuvre, son pessimisme bernanosien, sa mythologie flamboyante, son épopée majestueuse, et aussi, il faut bien le dire, sa dimension politiquement incorrecte ; Tolkien était l’héritier des contes de fées et des épopées médiévales. Comme le film avait été projeté au moment des attentats du 11 septembre, deux des acteurs, Bernard Hill - qui jouait Théoden - et le génial John Rhys-Davies ne s’y étaient pas trompés et avaient courageusement dénoncé les périls de l’islamisation de l’Europe et de l’occident.

Le troisième miracle, c’est que le public avait suivi. 4 milliards de dollars de recettes : un peu plus qu’un prix du jury au festival de Cannes !

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11 janvier 2012 - lien permanent
Les voyages de Horbiger, ou les maîtres carrés
XL - Le Richistan chic, Zarkoz et le grand acquisiteur
par Nicolas Bonnal

Nous retrouvons Mange-tout dans l’immense corridor de dix mille kilomètres de long, grande mouraille de cochonnailles et de bibeloteries qui fait le tour de la planète. Il semble surpris de tous nous revoir, surtout ton serviteur, lecteur. Horbiger lui lance un regard mauvais :

- Peut-être qu’une rafale de cyclone B...

- Horbiger !

- Ah, monsieur fait l’insolent ! Monsieur rêve d’un petit bombardement antiallemand ! Monsieur veut se faire Oppenheim mesmeriser ! J’en ai assez aussi de ces germano faunes, moi...

- ???

- Du calme, tout le monde ! pourquoi m’as-tu envoyé dans ce traquenard, Mange-tout ?

- Mais, grand acquisiteur, enfin...

- Je ne suis pas le grand acquisiteur. Je suis...

- Le roi de la fusion-acquisition ! Il faut d’ailleurs que vous assistiez à une conférence.

- Encore ?

- On en a marre, Gerold !

- Ok, ok. J’irai seul.

- C’est ça pour que tu tombes encore dans un piège...

- J’irai avec Orden. Vous avez une permission de trois jours. Après nous aviserons.

Et nous nous séparons. Je préfère éloigner Horbiger. Tous ont envie de revoir la capitale, ont rêvé de leurs salles d’âmes ou d’armes au monastère, ou bien veulent voler dans le dirigeable à croix gommée, ou bien reprendre du bon temps en volant quelques hectares de mètres carrés à l’ombre ou dans d’autres villes fantômes.

***

Le bon mange-tout m’amène dans de beaux salons luxueux pour écouter le gourou, qui parle en continu ou presque. Il me présente à son accompagnateur, qui est d’ailleurs son narrateur. Son narrateur ?

Mais qui est le gourou ?

Le gourou multiplie les conférences dans le monde. On le paie une fortune pour cela. On l’invite dans les plus grands hôtels, les plus grands restaurants, les centres des congrès, les Business Center. Je me tiens toujours près de lui. Et il parle, et il rend l’espoir aux jeunes, il nous ouvre à tous un futur merveilleux.

Pourquoi es-tu venu nous déranger ? Car tu nous déranges, tu le sais bien. Mais sais-tu ce qui arrivera demain ? J’ignore qui tu es et ne veux pas le savoir. Mais demain je te condamnerai et tu seras brûlé comme le pire des hérétiques.

Aujourd’hui nous sommes dans l’Empire du Milieu, comme dit le gourou, et c’est près de la grande mouraille. Le sujet de sa conférence à deux millions de dollars (mais le gourou compte gagner beaucoup plus après avec ses livres et ses statuettes) : la religion empêche-t-elle l’enrichissement ? Et le gourou est magnifique. Pendant qu’il me parle, il se fixe vers moi et m’envoie mentalement ces messages que je traduis verbalement pour toi, ô mon lecteur.

Tu vois ces pierres dans le désert aride ? Change-les en mètres carrés, et l’humanité accourra sur tes pas, tel qu’un troupeau docile et reconnaissant, tremblant pourtant que ta main se retire...

Il prend le contre-pied de la théorie traditionnelle qui affirme que la religion nuit au développement économique. Pour lui c’est tout le contraire : jamais les Américains n’ont été si pratiquants, si religieux, et jamais ils n’ont été si riches. Et il est faux de dire que seuls les protestants étaient capables de développer le capitalisme ou de chercher des montagnes de profits. Le gourou prend l’exemple des cités et des principautés italiennes, et même de l’Espagne et du Portugal. Les pays catholiques également ont fini par se développer rapidement, et il cite l’exemple du Brésil ou du Chili.

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10 janvier 2012 - lien permanent
Après l’Apocalypse
Le noël latino ou l’irrésistible ascension de l’Amérique du sud
par Nicolas Pérégrin

Une journaliste uruguayenne faisait récemment remarquer au prix Nobel Mario Vargas Llosa, si brillant, sympathique et libéral (quelle gifle pour les maîtres-déchanteurs européens !), que l’heure était peut-être venue de l’Amérique du sud.

Il y a encore dix ans l’Amérique du sud était le continent des crises financières, de l’inflation et des dévaluations intempestives ; le continent aussi des cireurs de chaussures, des trafiquants de coke et des mariachis ; le continent encore de grands latifundiaires, des partisans du Che et des escadrons de la mort.

Aujourd’hui, c’est plus pareil, ça change ça change, comme dit la chanson de Boris Vian. L’Amérique du sud est un grand ensemble démocratique, sans la dimension parodique que cette définition revêt en Hexagonie ou dans l’Europe de Goldman taxes et des fous de Bruxelles ; trois de ses plus grands pays ont été ou sont dirigés par des femmes ; on n’y porte plus atteinte aux droits de l’homme, même s’il vote pour Noah, Omar Sy ou François Hollande (mais là-bas, cela ne risque pas d’arriver !) ; on n’éprouve plus pour l’Amérique des gringos ou de l’United Fruit qu’une indifférence polie ; et on laisse les musulmans s’occuper de l’Europe !

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9 janvier 2012 - lien permanent
Editorial du Libre Journal n°255
Le secret du Seigneur des Anneaux
par Serge de Beketch
(15 janvier 2002)

Le lecteur s’étonnera peut-être de voir l’édito du Libre Journal célébrer un film. C’est que Le Seigneur des Anneaux est bien plus qu’une adaptation loyale de l’oeuvre immense de J.R.R. Tolkien.

C’est un message providentiel.

Une somptueuse exaltation du patrimoine humain et spirituel de l’Occident chrétien.

Si le Créateur et Rédempteur n’est jamais explicitement nommé, Il illumine chaque image du film comme Il inspire chaque page écrite par le catholique de tradition que fut John Ronald Reuel Tolkien.

Dans cet anneau maléfique qui envoûte son porteur et le tire vers le bas ; dans la montée du porteur et de sa communauté vers la cime enténébrée d’où l’anneau qui lie les hommes comme le péché les entrave pourra être jeté au feu primordial, le spectateur occidental catholique ne peut pas ne pas retrouver, sous une forme qui évoque la grande littérature scaldique, le drame de la marche au Golgotha, le poids de la Croix qui fit trébucher le Sauveur, les souffrances de la Passion, les pérégrinations des Quêteurs du Graal et les exigences de la mission de Jeanne.

Mais Le Seigneur des Anneaux porte un autre message.

Humain celui-ci, et d’une actualité brûlante.

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9 janvier 2012 - lien permanent
L’humeur de Patrick Gofman
Après le printemps musulman...
Départ rue Monge (Ve) derrière l’abbé Beauvais et M. Escada (à gauche) - Photo P. Gofman/L’Echo parisien

DANS la foulée des manifestations massives de décembre 2011 contre le "théâtre" anti-chrétien, Civitas a rassemblé plus de mille personnes à Paris, au soir du 6 janvier, pour le 600e anniversaire de la sainte de la patrie. Sortant de l’église traditionaliste St-Nicolas bondée, les fidèles ont parcouru toute la rue Monge, adjurant sous les yeux effarés des bobos à leurs fenêtres Jeanne de « sauver la France une seconde fois ». Au pied de sa statue rue Jeanne-d’Arc (XIIIe), MM. Escada puis Beauvais ont rivalisé d’éloquence sacrée. Puis le vin chaud et la galette des rois ont réconforté les amis de Jeanne éprouvés par un temps sec mais frais.

Patrick Gofman
9 janvier 2012 - lien permanent
Les voyages de Horbiger, ou les maîtres carrés
XXXIX - Richistan, ou le retour de Sibylle
par Nicolas Bonnal

On m’amena au Richistan, et je faillis être bien attrapé une nouvelle fois, ô lecteur. Car nos récentes acquisitions avaient fait grand bruit. Les sous-sols de leur monde mondain grondaient des bruits de mes mètres carrés. Le grand acquisiteur avait fait sa venue !

Les achats de Tétéras devinrent le sujet des entretiens de la ville. Les avis les plus divers, les opinions les plus contraires furent émis sur l’avantage d’acheter des serfs pour les coloniser.

Je n’y pouvais mais. On répétait partout que j’avais, que j’étais devenu la plus grande fortune du monde, avec mes milliers de mètres dans tout le centre-ville !

Sgana me proposa de visiter l’étage philanthropique. En fait cet étage communiquait avec la galerie du Nécropole dont nous avions eu une brève apparition plus tôt. Cette, ce nécropole plutôt est un Mall gigantesque, une énorme istanbulle immobilière, une colossale verrue marchande qui grève tous les budgets, traverse toute la terre. Dix mille milliards de gros liards à dépenser pour dix mille kilomètres de couloirs et d’hôtelleries luxueuses, comme on dit. On va en Chine, en Arabie, dans les Indes, dans les Turkestan, dans tous les horizons, et puis bien sûr en occident.

L’étage philanthropique se rétrécit, s’il a eu son importance : on y adopte des chiens, du chihuahua, du sri-lankais, du haïtien, de l’Angolais, de l’ukrainien mineur, si rien ne rompt. On y fait sa bonne action après ses grandes emplettes ou bien sa grave acquisition.

- Ce n’est plus ce que c’était... Il y a plus de mètres carrés, je veux dire plus de mètres carrés plus cher. Et donc moins d’enfants ou de chiots à adopter. Le monde est ainsi fait.

- Tu veux dire, Sgana, que la cherté du terrain raréfie la marchandise humaine.

- Oui, celle du moins à adopter. De toute manière, regardez, Monsieur Orden, ils vont tous vers la cherté.

Ils vont, ils vont en effet. Aucune ville n’est assez chère. Tu peux nous la refaire, ta chronique, mon cher Sgana ?

- Celle-là ?

- Oui.

- Quoique puisse dire Aristote et toute la philosophie, il n’est rien d’égal à l’immobilier : c’est la passion des honnêtes gens, et qui vit sans immobilier n’est pas digne de vivre. Non seulement il réjouit et purge les cerveaux humains, mais encore il instruit les âmes à la vertu, et l’on apprend avec lui à devenir honnête homme.

- C’est excellent. Merci, Sgana.

Serguei faisait ses courses. Serguei, c’est le père de Superscemo, lecteur, celui-là même que nous avions un jour rencontré sur le boulevard des Germains. Il cherche des vêtements mais les refuse. Pour lui rien n’est assez cher. Il confond les francs et les germains, les gros liards et les horions, il cherche les roublards, pour lui rien ne doit valoir un kopeck. Tout doit y être hors de tout prix, sinon c’est une preuve de pauvreté. Question de vie ou de mort.

Serguei nous salue avec déférence, puis son attention est captée par de nouvelles surprises, de nouvelles acquisitions en perspective, de nouveaux achats. L’attention d’un riche redevenu riche surtout ne doit jamais être mise en attente. Il rencontre Dimitri son voisin.

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6 janvier 2012 - lien permanent
Après l’Apocalypse
Noël, Satan et le problème de la littérature pour enfants
par Nicolas Bonnal

Je suis effaré d’où je suis par les programmes de télé et les cadeaux culturels pour l’enfance. Ils ont été concoctés chez les orques, les dactyles et les serviteurs de Pluton.

La littérature pour enfants a toujours été liée à l’horreur : il n’est que de repenser aux histoires d’ogres qui tapissent les contes de Perrault, celles d’inceste ou de famine, de changement de personnalité ou de sexualité débridée : Bettelheim l’avait assez bien psychanalysé dans un essai déjà ancien. Mais on a assisté, surtout depuis l’époque victorienne, à un renouveau de la littérature pour enfants, renouveau très anglo-saxon d’ailleurs, et qui a perduré jusqu’à la publication et au succès de mon très cher "Seigneur des Anneaux" et du très inquiétant mais très médiocre "Harry Potter". Maintenant quand on rentre dans un magasin de livres pour enfants on a l’impression d’entrer dans un cabinet de curiosités monstrueuses. On n’a retenu de Tolkien ou Lewis que leur bazar de monstres et on s’est mis à collectionner les ogres, les monstres, les sorcières, les détraqués, les vampires, les mutants, les insectes, les toiles d’araignées, les morts-vivants et tout le Barnum mondialisé de l’horreur performante.

Il semble même que, à voir ce qu’on nous programme à la télévision en cette époque soi-disant de nativité, que le satanisme est devenu le plus petit dénominateur commun de la religion mondialisée. Cela s’explique aisément par la vague antichrétienne qui devient proprement folle, surtout d’ailleurs dans les anciens pays chrétiens, où l’on dirait que les mages et les sorcières sont revenus pour l’heure des comptes. Mais le satanisme a tout pour séduire aujourd’hui : il prône l’argent, le sexe, la magie, la performance numérique ; il est amusant, Fun, il adore faire peur, il produit des sensations fortes dans une société dégénérée et blasée qui n’en peut mais ; enfin il repose sur la dérision, n’est-ce pas ! Il repose sur un vrai universalisme puisque toutes les cultures païennes et toutes les religions ont leurs démons et leur enfer, beaucoup plus vivants en un sens que le paradis jugé trop ennuyeux. Schopenhauer observait déjà combien l’Enfer de Dante était plus réussi que son paradis : il n’avait eu qu’à observer autour de lui...

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5 janvier 2012 - lien permanent
Derrière l’écran
Hawks cacique des classiques
par Nicolas Bonnal

Enfant, je me souviens très bien de la Terre des Pharaons. A première vue, on a affaire à une banale superproduction, un péplum tourné en Egypte apte à distraire des foules blasées et à irriter des égyptologues patentés. Mais le résultat est tout autre : on a affaire à un grand film moderne, avec des allusions à l’architecture des secrets et des pièges, celle de nos grands ensembles immobiliers où nous sommes emprisonnés et comme vitrifiés ; on a affaire à une tragi-comédie sur une courtisane qui veut être pharaonne à la place de son mari - le si vivant Jack Hawkins -, capter la succession et s’enfermer dans de riches palais avec son amant ; on a enfin une splendide méditation sur la mort et sur l’enfermement, quand les prêtres tous consentants acceptent de mourir avec la folle ambitieuse. Bref on a affaire à un film d’aventures bien misogyne qui terrasse les lois du genre. Trois ans avant, Hawks avait tourné la Chose d’un autre monde : le film évoque la guerre froide, l’Arctique scientifique, l’enfermement encore, le matin des magiciens, le cinéma d’horreur des années 80. C’est un opus mineur pourtant dans la voie du maître.

Quel que soit le genre, Howard Hawks le défie, le déifie, puis il le dépasse et mixe la séquelle. Dans Scarface, il définit le genre du film de gangster ; le film est très violent, mais il présente le monde des gangsters comme celui des abrutis qu’ils sont, petites frappes rendues riches par les progrès de la mitraillette et de la législation antialcoolique ; le film fait une allusion à l’inceste, il annonce les provocations de De Palma qui dédiera à Hawks son remake.

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4 janvier 2012 - lien permanent

Serge de Beketch : 'Mémoires Inachevés', présentés par Nicolas Bonnal et Danièle de Beketch

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par Serge de Beketch et Patrick Gofman, lors de l'émission du 11 avril 2007 sur Radio Courtoisie. (0:38)


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Archives du Libre Journal de Serge de Beketch à télécharger

Nicolas Bonnal : 'Les voyages de Horbiger, ou les Maîtres Carrés'

Patrick Gofman : 'Dictionnaire des Emmerdeuses'

Nicolas Bonnal : 'Mal à Droite - lettre ouverte à la vieille race blanche'

Laurent Blancy : 'Atlas de géopolitique révisé'

Patrick Gofman : 'Vengeances de Femmes'

François Brigneau : 'Faut toutes les buter'

Jean-Paul Chayrigues de Olmetta : 'Almanach du Marquis 2009'

Laurent Glauzy : 'Extraterrestres - Les messagers du New Age'

Retrouvez le Libre Journal de Serge de Beketch sur Radio Beketch,
avec Victoria, J.-P. Rondeau, F. Roboth, Le Marquis et Gofman.

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