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L'après Libre Journal
Les voyages de Horbiger, ou les maîtres carrés
XII - Où l’Enfer continue
par Nicolas Bonnal

sed reuocare gradum superasque euadere ad auras,
hoc opus, hic labor est.

Voilà où nous en étions, j’ai dit. Rameau était parti, et les enfants, et les amis, et notre couple favori ; j’ai donc dit que notre d’Artagnan ne pouvait agir en Enfer et ne pouvait jamais en dérober les mètres (tarés, comme il se doit). Et moi j’étais un peu impuissant, et c’est dommage. La sibylle me montrait de son doigt négligent l’impuissance avérée de mon ami perturbant. Mon pouvoir n’avait pas de prise ici très bas, dans ces territoires protocolaires, dans ces espaces labyrinthiques que ce pauvre brouillon esprit de Dédale, le responsable de tout ça, pourrait fuir. La sibylle me regardait toujours avec envie, et sans doute avec moi ma carte exsangue : car je la voyais bien, cette carte dorée, et elle était exsangue, dépossédée de ses veines, alanguie, éthérée, et comme exaspérée, de ne pouvoir donner ce quoi - ce quoi pour quoi elle était faite, mais tu l’auras compris, mon estimé lecteur. Encore plus grandie, et encore plus belle, Sibylle contempla ma faible silhouette et ainsi me parla :

- Le boom a bien eu lieu, ô mon ami.

- Le...

- Le boom immobilier, ne faites pas l’idiot. Mais il aura encore lieu...

- Lieu, il y a lieu à...

- Tais-toi !

Tout en disant ceci, ma cyclope devint une géante. Mes compagnons s’écrasèrent, et notamment Mandeville, qui se sentait coupable, et la sibylle devint ce qu’elle était depuis toujours, et que nous n’avions pas reconnu, ou voulu vérifier, un monstre venu de l’Enfer. La sibylle, lecteur, est un balrog. Et sans se désourciller, elle me tint nûment ces propos tristes pour la terre, qu’il s’agisse de sa surface ou de soi-disant profondeur :

- Il y a trop de gens, et de pécheurs...

- Mais...

- Ne te marre donc pas... Ici bas, vous êtes des milliards, peut-être cent milliards (et en disant cela elle s’adressait bien à notre d’Artagnan, et à son Mandeville). On ne sait plus quoi faire... Vous vous accumulez ! Et il faut bien payer ! Et cette omniprésence ! et ce poids monstrueux ! et ces consommations !

Je reconnus Bizness et ses feux redoutables, d’un sang qu’il poursuivra tourments inévitables. Mais elle poursuivit, et sur le même ton : et qu’on s’accumulait, et qu’on en rajoutait ; et que l’on vieillissait, et que c’était bien mal. Il n’y avait plus de postes disponibles au purgatoire, et l’on devait baisser jusqu’ici très bas. Mais quel dommage... Et puis la terre était petite, la terre avait des ressources limitées, comme l’avait déjà montré Berne, pardon, Verne. Elle n’avait plus de place, la terre, et il fallait aller dedans, dans cette bonne terre, la planète m’entends-je, pour trouver de la place. Quelle nénette cette place ! J’imaginais un roi qui aurait une bergère dont les moutons auraient un cent m²... Mais elle poursuivait, n’étant pas bien contente : que les humains s’accumulaient, elle n’étant pas bien contente ; que l’on creusait la terre, elle n’étant pas bien contente ; que les conditions se ressemblaient, elle n’étant pas bien contente ; que partout tout devenait cher, et c’était comme ça ; et que partout tout était la félonie. C’est ainsi que me parlait la Belle, comme si j’étais moi l’administrateur de cette terre. Mais je n’y connais rien, n’en veux guère connaître.

J’avais cependant compris une chose : je n’étais pas vraiment de leur monde. Alors je dis à ma belle :

- Mais montrez-moi, beauté...

- Quoi ?

- Quelque beauté... de votre enfer...

- Comment ?

- De ta virginité...

- Mais quoi ???

- Car jusque là je m’efforçais... de ne pas trop... me compromettre... Mais c’est fini !

- Quelle insolence ! Car sauras-tu, cher Ange, malgré tout, que tu n’es qu’un laquais, ici bas aux Enfers, et qu’ils y sont pour raquer, ces idiots, jusqu’à que Mort s’ensuive !

- Mais je le sais !

- Eh bien ! Viens donc voir le petit maître carré !

- Petit ? Il y en a des petits ? On peut faire des petits, alors !

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15 avril 2011 - lien permanent
Après l’Apocalypse
Le réveil des nations et le déclin de l’Europe de Bruxelles
par Nicolas Bonnal

Les nations se sont irritées, et votre colère est venue,
ainsi que le moment de juger les morts,
de donner la récompense à vos serviteurs, aux prophètes,
et aux saints, et à ceux qui craignent votre nom,
petits et grands, et de perdre ceux qui perdent la terre.

Apocalypse, 11, 18.

Le monde moderne et avec lui le monde postmoderne se sont construits sur les illusions de la mécanisation, de la science, du progrès, des idées toutes faites : simple troupeau taillable et corvéable à merci, l’humanité devient le simple champ d’exploitation du profit et des bureaucraties, à charge pour les peuples et les familles d’obtempérer et disparaître. Le remplacement des populations par les Anglais en Amérique, déjà souligné par Michelet, est déjà un des axes fondateurs de cette politique d’arraisonnement et de réification de la Création et des peuples. L’obsession migratoire et la gesticulation pétrolière, aberrantes pourtant d’un point de vue économique et écologique, complètent ce tableau de la désolation grimé en bonne statistique.

On constate pourtant que le bel édifice de destruction de la Création donne des signes de fatigue : les peuples en Europe votent populiste, l’Amérique, pays phare de l’homogénéisation marchande du monde, est à bout de souffle et même au bord de la cessation de paiement, l’euro et la bureaucratie européenne dont la mission a justement été la déconstruction de l’héritage chrétien de l’occident médiéval, n’iront pas au bout de leur mission. L’incompétence et l’arrogance se sont aussi heurtées aux propres limites de l’aberrante tentative et à une résistance spirituelle plus forte que prévu, que l’on retrouve évoquée dans l’Apocalypse, et explicitée par son meilleur commentateur, Dostoïevski.

Ce dernier fait dire à son personnage Chatoff les phrases suivantes (Les possédés, deuxième partie, chapitre premier) :

De tout temps la science et la raison n’ont joué qu’un rôle secondaire dans la vie des peuples, et il en sera ainsi jusqu’à la fin des siècles. Les nations se forment et se meuvent en vertu d’une force dont l’origine est inconnue et inexplicable.

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14 avril 2011 - lien permanent
Horbiger et la guerre sous Marine
Horbiger et la cabale rient
par Nicolas Bonnal

Nous sommes à Tartessos, à l’ouest de l’Espagne, où nos amis, qui ne sont pas des poules mouillées, fouillent. J’entends qu’ils font des fouilles avec de l’argent dégelé et pris au colonel caca Daffy, que les fous alliés n’ont pu encore récupérer (le colonel, pas l’argent), et que les médias, eux, ont oublié.

Il y a Mandeville, qui ne rate jamais un jeu (et pas un Jacques) de mollet, l’inévitable renard Maréchal Grommelle et Ravi Jacob, le chinchilla ashkénazi. On attend Pérégrin qui, pendant que son épouse chante de la musique pope avec les gitans étendus (c’est l’étang des gitans), assure une mission impossible : la compréhension du réel, mais aussi du royal, à l’aide des grands classiques du cinéma. Ce printemps, il fait très chaud en Andalousie. Les personnages parlent dans le désordre, y compris Pérégrin qui intervient, mettons, au milieu de la conversation.

- La cabale rit ou la kabbale rit ?

- Demande à Ravi Jacob : est-ce que rabbin des bois chevauchait, fantastique ?

- Et le chiffre, il fait des notes ou des gammes ?

- Le sheriff de Nottingham ?

- On n’a le droit ni d’aider le lecteur ni de décourager l’électeur. C’est pourquoi d’ailleurs...

France, avec Marine, prends le large !

- Il y aurait une cabale phonétique entre cabale et cavale !

- Bien dit, ravi de la prêche !

- On dit du prêche !

- Mais il est mort, le prêche !

- Le Georges ? Oh, mais voici Pérégrin !

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13 avril 2011 - lien permanent
Après l’Apocalypse
La natalité, une exception française en Europe
par Nicolas Bonnal

Si l’on écoute ou lit trop les médias, on n’a qu’une seule envie, c’est de se jeter par la fenêtre. Entre le tsunami, le nucléaire, le chômage, l’immigration sauvage, l’euro qui va crever, les retraites qui ne seront pas payées, on est invités, comme dit le bon Malthus, à ne pas participer au grand banquet de la nature. C’est ainsi que la natalité s’effondre un peu partout et que, comme disent les Américains, les enfants sont devenus un signe de richesse. Dans un monde aussi cher, mieux vaut être "bankable" pour mettre au monde une progéniture. Les enfants n’ont de mérite que s’ils font dépenser les parents en vacances, hamburgers, produits Disney et bien sûr scolarité privée.

Il y a ensuite le terrorisme médiatique appliqué à l’écologie, et qui a une bienveillante volonté de génocide : quelle terre laisserons-nous à nos enfants, etc. La natalité est alors vue comme un péché, une provocation, quelque chose de déplacé ; un être humain c’est une bouche à nourrir et donc une occasion de polluer. Vite l’avortement alors, qui permet d’en finir avec tout cela, avec les filles surtout, puisque dans notre bonne vieille Inde, grâce aux scanners entre autres, on n’a plus de filles. Pour cent garçons, puisque l’on nous dit aussi qu’une fille c’est plus dur à marier, et qu’il faut la doter, il y a 90 filles... Nos bonnes vieilles féministes sont restées muettes puisque leur obsession se retourne contre elles, et cruellement d’ailleurs : la libération du corps de la femme aboutit à l’extermination de la femme. La cible idéale de la publicité est du reste le couple DINKS (double income no kids), homosexuel ou non, et qui aura la délicatesse d’adopter - d’acquérir, pardon - un petit africain au Zimbabwe ou au Malawi, comme une star hollywoodienne. Nous sommes dans la société cannibale, où le corps humain devient une ressource médicale avant de devenir, prochainement, une ressource alimentaire... mais passons.

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12 avril 2011 - lien permanent
En vers et contre tous
Horbiger et Cyrano visitent Tradiland
par Nicolas Bonnal

Nous sommes en 2012. Pour les 800 ans de Jeanne d’Arc, la Marine française a été élue, la France restaurée ; flanqué de ses fidèles dobermans Bunker et Camembert, Horbiger, visite, en compagnie de Cyrano, un de nos Tradilands, où nous croisons de nombreuses têtes blondes et bien vivaces.

Avec Marine, France, prends le large !

- Que vois-je, Cyrano, nous sommes entourés
De têtes couronnées, blondes comme les blés ?

- Royaume médiéval, enchanteur à souhait,
Nous rêvions de toi, et voilà qu’exaucés
Nous cheminons bien fiers dans l’allée restaurée
De notre bon saint Louis, et de ses peupliers...

- Il y a mon ami, bien trop de rime en ré

- Et je crois, moi aussi, qu’il en faudra changer.

- Mais que vois-je, une école ? Et si nous allions,
Ami, interroger cette cour de beaux lions ?

- J’approuve tout à fait votre idée bienheureuse.
Et bien sans plus tarder oyons la France heureuse !

Avec Marine, France, prends le large !

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11 avril 2011 - lien permanent
Nouvelles du Marigot
Bernard-Henri Levy, mauvais génie de la république française
par Nicolas Bonnal

Maintenant, le fait que j’ai observé est le suivant :
le libéralisme russe ne s’attaque pas à un ordre de
chose établi ; ce qu’il vise, c’est l’essence de la vie
nationale ; c’est cette vie elle-même et non les
institutions, c’est la Russie et non l’organisation russe.
Le libéral dont je vous parle va jusqu’à renier la Russie
elle-même ; autrement dit il hait et frappe sa propre mère.

Dostoïevski, l’Idiot, tome 2, chapitre 1.

Bernard-Henri Lévy occupe depuis quarante ans le devant de la scène intellectuelle française, comme on dit ; il est l’intellectuel que l’on doit écouter, et le commandeur des croyants auquel on se doit maintenant d’obéir, le doigt sur la couture du pantalon, surtout quand on est président de la république, et que l’on rêve de n’importe quelle exploit martial pour éviter de trop ramer dans les sondages ; et cela alors que le ludion en question est déconsidéré depuis longtemps par tous ses pairs (Bourdieu, Baudrillard, Deleuze et tant d’autres) et ses lecteurs.

L’escogriffe plumitif sorti d’une pièce pour piano en forme de poire d’Eric Satie traîne depuis bien longtemps au quartier latin sa carcasse de précieux dégoûté. Aussi je ne me moquerais pas de son Riyad avec laquais, de ses chemises à 700 euros, de son dandysme de Prisunic, de sa discourtoise insuffisance : comme tous les clowns fatigants, il a fini pour nous lasser tous. Je ne soulignerais pas non plus que ses succès en librairie ont vingt ou trente ans, qu’il vend maintenant à 3000 exemplaires, que ses postures ont fini par lasser le grand public qui le découvrait il y a maintenant 40 ans ou presque, au temps du peu regretté et toujours extasié Pivot. Et je ne rappellerai pas son épouvantable film d’extrême-gauche où, humiliant un Delon avachi par les ans et ses complexes intellectuels de commis charcutier, il ressassait ses nostalgies révolutionnaires de fils à papa et ses obsessions érotiques dignes d’un Hitchcock du marigot. BHL est aussi à Marcel Proust ce que Doc Gynéco est à Debussy.

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11 avril 2011 - lien permanent
Les voyages de Horbiger, ou les maîtres carrés
XI - Chapitre dix (?) : Brève descente aux affaires
par Nicolas Bonnal

Les experts dans la défense doivent s’enfoncer jusqu’au centre de la terre.

Un résumé s’ensuit :

L’ange rebelle a gagné la première manche : ses troupes marchent au pas du jeu de l’oie et font la nique aux maîtres carrés. Il s’aventure dans des espaces sacrés comme la tente de Baptiste, l’atelier de Jacob ou la bibliothèque de Lubov. En même temps, il rencontre des jeunes gens vampirisés par la dictature de leurs maîtres carrés, au cours de soirées cabochardes. Mais d’Artagnan est là, et les enfants progressent : tout ne va-t-il pas bien se terminer ?

Hélas, sur une colline sacrée, fameuse, ignifugée, Gerold se montre moins optimiste en croisant Perceval et un autre animal, petit maître carré. Et, alors qu’il voit les marchands du Temple remplir l’espace avec le consentement de populations ébaubies et soumises, il décide de descendre aux Enfers, accompagné d’une petite troupe compétente.

***

La compagnie de Rameau avait entamé sa longue descente. Nous allions obscurs dans la nuit solitaire, à la suite du musicien qui nous ouvrit la première porte des Enfers avec sa clé de sol.

Ibant obscur isola sub nocte. Ibant obscur isola sub nocte.

Il utilisa ensuite sa clé de fa puis d’autres clés inconnues, des clémentines notamment ; il me demanda de l’aider à déchiffrer des codes secrets. Ma carte dorée serait également appréciée dans ces inquiétants parages, plus bas situés que les portes d’ivoire et de corne de tes belles traditions, mon bon lecteur ; et je la présentais à Charon qui, je l’avais bien compris, faisait sub terra, dans le subway initiatique des heures supplémentaires (à moins que ce ne fût le contraire ?).

Alors que j’évoque la carte dorée, tout de suite je vis apparaître une grande et belle femme d’âge mûr, très élégante en outre, ce qui est devenu une gageure en ce début de siècle ou cette fin de cycle. Tu remarqueras, lecteur, que je ne te convie jamais à de longues descriptions. Elle sont passées de mode et en outre sont inutiles. Et vu les horreurs moisies que je contemple à chaque pas, il vaut mieux que je... Bref cette belle femme se présenta ; c’était la sibylle bien sûr, et elle venait nous aider dans notre quête infernale. Rameau s’emporta, Maubert l’admira et Superscemus trouva qu’elle ressemblait à son ancienne institutrice. Je demeurai coi d’admiration. Il fut décidé qu’elle nous accompagnerait, mais qu’elle limiterait ses interventions sibyllines, laissant au maestro Rameau le soin d’orchestrer notre infernal périple. La madura provocante et familière défia du regard notre bonne Fräulein Von Rundfunk avec qui elle se pensait en position de concurrence. Je la consolai en lui disant, à la sibylle donc, qu’elle serait l’écume de ma journée, la sibylle, l’écume, mmmh, et qu’elle me lirait les lignes de la main à la sortie du cimetière des morts-vivants.

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8 avril 2011 - lien permanent
Nouvelles du Marigot
Zapatero et le désastre espagnol
par Nicolas Bonnal

Il y a dix ans l’Espagne connaissait un taux de croissance annuel de 3 ou 4 % ; le chômage avait fortement reculé, tout comme la corruption héritée de la gestion des socialistes de Felipe Gonzalez. Le pays était considéré comme un membre à part entière du G8, et José-Luis Aznar, auteur de cette belle remontée, traitait d’égal à égal avec Blair et Bush ; il se méfiait de la France de Chirac, qui avait scandaleusement pris le parti du Maroc, lors de l’occupation par les troupes de ce dernier de l’îlot dit du Persil.

Puis vient le 11 mars, sept ans jour pour jour avant le tsunami japonais : Aznar s’empêtra, car il savait la guerre d’Irak impopulaire en Espagne, et il attribua aux basques de l’ETA, d’ailleurs capables de tout, l’attentat commis par les tueurs musulmans. Il perdit dans la honte les élections du dimanche suivant, alors qu’il était donné largement favori et avait préparé sa succession avec Rajoy.

***

C’est ainsi que le petit Zapatero arrive au pouvoir. Les années 2000 n’ont pas été très socialistes politiquement, ni en Europe ni en ailleurs. Elles l’ont été en Espagne et ont laissé le bilan suivant : une déconsidération totale sur le plan diplomatique. Retirant précipitamment ses troupes d’Irak, Zapatero les laissa en Afghanistan où un accident d’avion tue 80 soldats espagnols ; depuis il est aux basques, c’est le cas de le dire, d’Obama et approuve les bombardements libyens ; logique des pacifistes... Cible des agences de notation anglo-saxonnes, l’Espagne est aussi aujourd’hui méprisée et ignorée qu’au temps de Franco.

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7 avril 2011 - lien permanent
En vers et contre tous
2012, Cyrano vote Marine
par Nicolas Bonnal

De passage à Paris, Nicolas Bonnal surprend cette conversation entre Cyrano et son cher Figaro, et au café Procope encore.

- Comment, qu’apprends-je ? On a voté Marine ?
Notre France moderne, halée dans la farine !
Majorité congrue, la gauche ramassée,
Et pour combler le tout un vote bien droitier !

- Oui, et pour ma part, je compte voter pour elle !

- Comment donc, Cyrano, vouloir voter pour elle ?
Vous ne savez donc pas qu’elle est la bête immonde,
Et que ce matin même, on lisait dans le Monde
Qu’elle ne le cède en rien, cette fille de Lear,
A la folie du père, un celte qui délire,
Qu’elle nous mènera aux portes de l’Enfer...

- Ecoutez, laissez-moi ; car je n’en ai que faire
De vos peurs abouties, des calculs mécréants
Qui firent de la France un royaume chutant,
La risée des commères, ou la fille de joie
De vos banques centrales à la mauvaise foi,
Où l’on voit les billets par les gros robinets
Remplir les ventres gras de tous les débinés...

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6 avril 2011 - lien permanent
Après l’Apocalypse
Virgile, le Japon et l’information : anatomie d’un monstre mythologique
par Nicolas Bonnal

Nous avons eu depuis un mois toutes sortes de catastrophes : et nous avons vu la presse mondiale, la classe journalistique, les médias, les réseaux, tout ce qu’on veut, virevolter d’une catastrophe à l’autre dans la simultanéité de l’affolement et de l’indifférence générale, l’important étant de manipuler et de sidérer les populations, de les conditionner, et bien sûr de parer au plus pressé : ne dit-on pas qu’un sujet est mort au bout de trois jours sur Twitter. Pourtant, qu’était Twitter il y a quelques années ?

Ce fanatisme informationnel est bien sûr lié à une cruauté irresponsable : on a par exemple décidé d’ignorer les souffrances japonaises causées par la nature : exit donc le tsunami et ses conséquences humaines : les Japonais n’avaient qu’à être des Sri-lankais ou des Haïtiens, suffisamment pauvres pour mériter la compassion pour ce genre de catastrophe. L’important était de régler son compte au nucléaire, de hurler à Hiroshima matin, midi et soir, de désarmer toutes nos centrales, de recouvrir la terre entière d’éoliennes qui ne polluent jamais, surtout visuellement.

Mais malheureusement le nuage n’a pas été assez radieux actif, il n’a pas tué assez de gens. Les Japonais n’étant pas morts du nucléaire, mais de ce tsunami, ils ont cessé d’intéresser. Il a fallu donc, devant la menace de la baisse des connexions, et donc des rentrées publicitaires, et donc du moral des troupes, en revenir au monde arabe et à ses impayables révolutions et guerres civiles. C’est là que l’on a décidé de faire la guerre à Kadhafi, que l’on accueillait il n’y a pas si longtemps à Paris avec tous les hommages voulus. On parle de bombarder et d’armer des rebelles dits libyens, preux défenseurs des champs de pétrole , présumés tous démocrates, même les anciens l’Al Qaeda arrêtés en Espagne pour l’attentat d’Atocha, et tout cela pour remplir une mission de paix, d’harmonie et de justice.

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5 avril 2011 - lien permanent
Horbiger et la guerre sous Marine
Horbiger fait l’humour, pas la guerre
par Nicolas Bonnal

Les sirènes à hic retentissent dans l’air brûlant du désert ; le renard du dessert, Maréchal Grommelle se plie aux volontés de son maître Horbiger. Il a une sacrée envie de venger Hardy Kruger et de prendre un taxi de la Marne pour Tobrouk (et non un V6 allemand pour une lanterne).

France, prends le large avec Marine !

Nous sommes en alibi : la guerre du bien, la guerre du pur, la guerre démocrate est enfin relancée après quelques instants d’hésitation. Le colonel caca Daffy bat de l’aile, lui et son empire du mal et du canard laquais.

Nous sommes plus précisément, et le lecteur pourra vérifier sur Gogol, dans le restaurant que Horbiger vient d’ouvrir dans la banlieue ouest de Tripoli. Il a décidé que les démocraties avaient gagné la guerre et qu’il fallait tirer un trait sur le passé. Et pour tirer, on tire. On peut même dire que les Libyens sont tirés sur le volet ! Certains rêvent de partir en soucoupe volante, mais on se contente de soucoupes volées pour débarquer en Italie. C’est le deuxième débarquement en Sicile après celui organisé par la mafia en 1943. C’est encore l’Europe qui a payé les peaux cassées.

France, prends le large avec Marine !

Ce restaurant est végétaryen, et malheureusement, il est végétaryen avec un « Y ». Au journaliste (Mandeville s’est déguisé) qui l’interroge sur cette orthographe hasardeuse, notre héros comique répond bien sagement :

- Je me suis toujours senti profondément hindou...

- Vous, un doux ?

- Non, hindou des Indes, si vous préférez. Je ne voulais plus faire souffrir les êtres de chair vive, et puis... comme vous le savez, ce sont les vrais aryens, ces indiens...

- Les vrais aryens, cela nous changera des bons !

- Des bons à rien !

- Elle n’est pas drôle, celle-là, Ravi Jacob, elle n’est pas drôle !

- Mais, Horbiger, expliquez-nous le pourquoi de ce restaurant ?

- J’ai vu le film Fast food action, avec Bruce Willis. Et j’ai trouvé que c’était la meilleure arme. Les Américains, les démocrates si vous préférez, sont des spécialistes du bombardement et puis du barbecue. Il y a eu Dresde, Hambourg, l’enchanteur, il y a eu aussi Tokyo, Manille et Hanoï.

- C’est des guerres maçonniques. On détruit tout et on reconstruit de la camelote.

- Il pleut !

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4 avril 2011 - lien permanent

Serge de Beketch : 'Mémoires Inachevés', présentés par Nicolas Bonnal et Danièle de Beketch

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par Serge de Beketch et Patrick Gofman, lors de l'émission du 11 avril 2007 sur Radio Courtoisie. (0:38)


Archives du Libre Journal de Serge de Beketch en ligne

Archives du Libre Journal de Serge de Beketch à télécharger

Nicolas Bonnal : 'Les voyages de Horbiger, ou les Maîtres Carrés'

Patrick Gofman : 'Dictionnaire des Emmerdeuses'

Nicolas Bonnal : 'Mal à Droite - lettre ouverte à la vieille race blanche'

Laurent Blancy : 'Atlas de géopolitique révisé'

Patrick Gofman : 'Vengeances de Femmes'

François Brigneau : 'Faut toutes les buter'

Jean-Paul Chayrigues de Olmetta : 'Almanach du Marquis 2009'

Laurent Glauzy : 'Extraterrestres - Les messagers du New Age'

Retrouvez le Libre Journal de Serge de Beketch sur Radio Beketch,
avec Victoria, J.-P. Rondeau, F. Roboth, Le Marquis et Gofman.

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