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L'après Libre Journal
Les voyages de Horbiger, ou les maîtres carrés
X - Chapitre nouveau : on change d’air (et de monnaie)
par Nicolas Bonnal

Je m’assis, commandais un rosé (après tout, où en sommes-nous ?...) et le plus éveillé des deux m’éveilla.

- Je suis le comte Maubert de Mutu. Lui est Sylvain des Aurès, vois-tu ?

- Mais encore ???

- Tout est vain, tout est mort, tout a été...

Alles leer, alles war, alles Toth... dit Sylvain le plus polyvalent, polyglotte.

- Toi et nous, on le sait. mais ce qu’on te demande...

- C’est quoi ?

- D’intervenir ! Remarque, Envoyé, ange du feu de Dieu, tu nous l’as déjà fait...

- "Mais pas assez", ponctua Sylvain, le dieu du campo, si proche de moi par Virgile, et qui rêvait sans doute d’agapes Parisiennes plus virgiliennes et puis gratuites. Je me remémorai mes mémorables minutes avec petit Pierre au pied de Montmartre. Mais Sylvain poursuivait : "on crève de faim, de soif, de froid, de tout. On a connu de bonnes époques, sinon on serait restés dans les armées de l’Empereur."

- De qui ?

- L’Empereur ! dit Maubert. Tu as connu, couillon...

- Que si donc si ! on en parlait beaucoup !

- Ici, me dit Maubert en embrassant de son bras large l’espace, on avait tout. L’ivrognerie, le vin, la liberté, la piaule de bonne, la converse, la lune libre, la nuit transfigurée, le vin, la piaule assurée, la rumeur éthérée, le vin, et toutes les présences...

- Et aujourd’hui, tout s’en allé, me confirma Sylvain. Une époque de merde. Que viens-tu foutre par ici ? Il n’y a rien à foutre. Mitterrand est bien mort, il n’y a pas de grand monarque.

Cela, je le savais. Mais que pouvais-je faire, si toute l’humanité avait décidé de s’emmerder, rien que cela ? De s’emmerder ? Maubert, qui fumait quelque chose, me regarda d’un air brut, d’un air bohémien, et plus bohême que jamais brutalement dit :

- Tu sais quoi ?

- Tu sais quoi, quoi ?

- Il faut avoir le courage de fuir...

- Je pense, donc je fuis, comme ajouta Sylvain, alias Sylvanus, divinité des arbres, si étrangement présents en cette basse ville.

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1er avril 2011 - lien permanent
Derrière l’écran
Les derniers combats de Bruce Willis
par Nicolas Bonnal

Les derniers films de Bruce Willis marquent son vieillissement, et avec ce déclin physique qui nous frappe tous, une réflexion nouvelle et comme un supplément d’âme. Le vieux représentant de la droite conservatrice américaine tente ainsi de repousser une limite d’âge qui finit par emporter toutes les stars, après les avoir écartées du box office. La réflexion crépusculaire n’empêche pas le déclin, mais elle souligne la grandeur d’un destin.

***

Bruce Willis est un fils de soldat, élevé en Allemagne. Il devient une star en jouant dans la mythique et fantasque série Clair de lune, et surtout en donnant une dimension nouvelle aux films d’action. Dans Piège de cristal (le titre est une métaphore superbe de nos gratte-ciels), il lutte contre une pléthore de terroristes blonds... et allemands, qu’il extermine les uns après les autres dans la joie et la bonne humeur. Cette xénophobie exubérante se retrouve dans les opus suivants de la série : mercenaires internationaux (Die hard II), teutons belliqueux (toujours, dans Die hard III), français gymnastes enfin dans Die Hard IV, où Bruce Willis exprime une nouvelle fois son besoin de surveiller les bonnes manières de sa fille et de ses petits amis... Elle marque à mon gré ce mépris narquois des Américains pour l’Europe, et qui n’est qu’un avatar des points de vue des pères fondateurs ou des écrivains comme Henry James.

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30 mars 2011 - lien permanent
Après l’Apocalypse
Tocqueville, l’armée et les guerres américaines
par Nicolas Bonnal

L’Amérique est en guerre perpétuelle depuis 1941, et on peut considérer qu’auparavant elle n’était pas en reste, qu’il s’agît de déclarer la guerre à l’Espagne impotente pour lui voler Cuba et les Philippines, d’intervenir de manière récurrente en Amérique centrale ou dans le Pacifique ; ou bien de l’incapacité résolue de Roosevelt de résoudre la crise de 1929, jointe à l’évident désir de répandre la croisade démocratique (mais pourquoi en veut-on à Claude Guéant ?), histoire de justifier l’entrée dans la deuxième guerre mondiale. En imposant l’embargo sur le pétrole au Japon, les Etats-Unis voulaient provoquer un Pearl Harbour que leur intelligence avait d’ailleurs prévu, et qu’ils laissèrent faire.

L’existence de l’Union soviétique tempéra quelque peu cette ardeur au combat ; mais depuis la chute de l’URSS, on ne se retient plus. Dans les années 80, les budgets militaires explosent en même temps que les déficits ; on conçoit la ridicule guerre des étoiles, substitut à l’impuissance de persévérer dans la conquête spatiale, et dans l’ombre on finance, on manipule, on crée une armée innombrable et plus moderne, toujours plus coûteuse.

C’est le moment de relire Tocqueville(1), au lieu de citer son nom :

Car la même agitation d’esprit qui règne parmi les citoyens d’une démocratie se fait voir dans l’armée ; ce qu’on y veut, ce n’est pas de gagner un certain grade, mais d’avancer toujours. Si les désirs ne sont pas très vastes, ils renaissent sans cesse.

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29 mars 2011 - lien permanent
Horbiger et la guerre sous Marine (suite en raie mineure)
Touche pas à mon u-boot
par Nicolas Bonnal

Nous sommes à Tartessos, chantier naval horbigérien situé à quelques encablures de la vénérable et légendaire cité de Cadix, célèbre par son carnaval où Horbiger a fait führer la semaine dernière dans son costume de sturmbanfourrure... Pour répondre à l’ultimatum de la flotte en glaise, il lui a coulé trois navires, et on l’a laissé tranquillement lire son Goethe et écouter son Wagner en compagnie des maîtres-chanteurs de Camembert.

Avec Marine, France, prends le large !

Nous le retrouvons en compagnie de maréchal Grommelle et de Ravi Jacob, sirotant une bière, car sur cette bière il bâtira son embyrrhe. Mandeville est hélas présent, ainsi que Pérégrin, qui profite de ce que son épouse est partie chanter de la musique pope des plus orthodoxes. Le printemps est arrivé en Andalousie, et les bombes sur le colonel pas très poli.

- Le colonel Tripoli ?

- Mandeville, comme les cloches de Corneville, on ne vous a pas sonné !

- Les chantiers progressent en tout cas. Nous construisons plein de sous-marins, y compris le sous-marin Zeppelin. L’architecte m’a promis de construire un modèle très personnel. Mais je lui ai dit...

- Touche à mon u-boot !

- Blague à tabac à part, quand partons-nous en guerre ?

- Pourquoi cette question peu tonique, ô chevalier teutonique ?

- Je relisais Pétrarque, mein fou rire.

- Et alors ?

- Alors il dit cela : « pace non trovo e non ho da far guerra ».

- Et alors ?

- C’est un sonnet sur la difficulté de vivre en temps de post-apocalypse, mis en musique par Liszt.

- Le Liszt de Schindler ?

- Non, bourrin, le Franz.

- Et alors ?

- Oh, et puis vous me fatiguez. Je vais construire un troisième canon sur mon u-boot pour couler la flotte des fous à lier !

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29 mars 2011 - lien permanent
Dernières nouvelles du Marigot
Serge de Beketch et le retour d’Anne Sinclair
par Nicolas Bonnal

Devinez qui nous revient... Il y a Lord Sinclair et il y a Anne Sinclair. L’un des deux porte un bon nom d’emprunt, comme disait le général : choisissez lequel.

Haine Sinclair, c’est le nom que lui avait donné Serge de Beketch, à l’Anne ; tant elle y mettait d’acharnement et puis de monomanie dans son ressassement antifrançais. Elle avait fait d’une bonne émission de télévision une tribune de propagande antinationale et mondialiste ; grâce à elle on avait pu découvrir le tueur des monnaies Soros, alors au début de sa carrière de moraliste, philanthrope et financier des démocraties bidons de l’Est, ou bien Sophie Marteau, qui expliquait tout de go qu’en déportant les Palestiniens en Jordanie on en aurait bientôt fini avec tous les problèmes au Moyen-Orient. Depuis on a fait pire. Il y avait surtout cette propension panique à demander l’insulte à l’invité, insulte qui inlassablement devait s’adresser à JMLP et aux Français qui à l’époque votaient pour le Front National. On est un pro ou on ne l’est pas.

Mais voilà qu’Anne Sinclair va revenir et qu’avec elle nous allons passer à un stade supérieur : pas celui de star de la télé de maçons, pas celui de femme de ministre (je me souviens de cet interview de Mitterrand par elle et par Ockrent, elle aussi journaliste, elle aussi femme de ministre, ah, la république socialiste...), mais celui de femme de président de la république. Elle aura pardonné à son cher et futur époux ses mauvaises moeurs, et elle l’aura aussi incité à devenir président de la république, avec la bénédiction de Sarkozy qui ne sait pas quoi faire pour propulser la carrière jusque là incertaine (il en traîne aussi, des casseroles...) de son concurrent et ami libéral-libertaire et deux-tiers mondain un tiers-mondiste. Sauf que le tiers-monde c’est nous maintenant, Japon et Amérique du Nord y compris.

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28 mars 2011 - lien permanent
Les voyages de Horbiger, ou les maîtres carrés
IX - Suite mais pas Fin
par Nicolas Bonnal

Il est drôle Nabookov, mais il aime sa femme. Il n’est donc pas tout à fait disponible pour la Révolution. Il a de quoi vivre, en somme. Je lui demande pourquoi il est venu à cette heure pile dans ce quartier, et dans ce même appartement. Et s’il croit lui à la réalité de cette scène, qui ôtait toute envie de danser.

Et puis je lui dis que je le soupçonne. Il me vient à l’esprit un terrible soupçon. Et si c’était lui l’auteur de la scène ? Et si le vieux était un acteur ? Pas le vrai ? Si le vrai, justement, nous avait faussés compagnie, s’il avait évité ses responsabilités ? Mais cela n’a jamais été prouvé... Il nous le faut plus décadent encore, plus entropique, plus fatigué, plus vieux. Les machines, cela fait longtemps que cela dure ; le commerce, cela fait longtemps que cela dure ; l’inintelligence, les médias, cela fait longtemps que cela dure ; la conspiration et la résignation, cela fait longtemps que cela dure. Et à tout prendre le système est moins éprouvant que lorsque je pensais inspirer le Gogol ou le Byron.

Mais Nabookov me défie : le temps, l’espace, l’espace, le temps. Nous dévorons l’espace, nous engendrons le temps. Le capital livre sa guerre à l’être humain depuis des siècles, et c’est la guerre qui va plus vite, et la vitesse c’est de l’espace couvert en moins de temps. On ne fait plus l’éloge de la vitesse sur la route, mais l’éloge de la vitesse des changements, même si moi - désolé, Nabookov - j’en vois peu des changements. Des trains, des fumées noires, des gens dégrisés, des passants de Manchester, et par voie (sic) de conséquence des voyages en Suisse ou dans les Alpes, au bord des lacs, les châteaux en Espagne, tout cela était là quand j’y étais. La dernière fois. Mais, et c’est vrai, il y avait des génies, il y avait de la Beauté. Et là, désolé cher lecteur, je ne vois plus que des abrutis, des pitres de journaux. Alors ? Alors il est temps que ça change ? Si dans l’immobilité glacée de ce monde médiocre on ne peut plus concevoir de progrès que dans l’escalade des prix, alors on va changer tout ça. Et là, mon Nabookov prend la parole.

- C’est rigolo, cet entretien.

- Lequel ?

- Ne fais pas ton Mandeville. Entre Lui et Lui !

- Ah, lui et l’autre...

- C’est un peu la même personne, il est vrai... mais souviens-toi de ce qu’il dit.

- Que tout va très mal comme d’habitude ?

- Eh bien c’est faux ! Les gens sont contents. Les gens sont vieux. Les gens sont gras. Les jeunes sont vieux et gras.

- Il faudra tuer le vieux gras pour le fils prodigue...

- Mais le fils n’est plus prodigue. C’est une blatte. Mais je reprends l’entretien. Tu as vu comme il s’ennuyait ?

- Lui ?

- Il s’ennuyait à mourir...

- Pourquoi ? dis-je un peu animé, comme si ce scribouillard terrestre, connu de personne, sinon de moi et d’un cercle bien retreint, pouvait juger, ou tout au moins évaluer l’état d’un être tel que M... Il n’a plus rien à proposer ?

- L’autre... c’est l’autre... Tu n’as donc pas compris ? Il n’a plus rien à demander.

- Quoi, rien ? Plus de Redeundum est Tibi Romam ad consulatum petendum... ?

- Exactement, du moins quand on est un esprit sérieux.

- Qu’est-ce qui se passe, mon ami ?

- Nous ne voulons être les tranquilles éveilleurs du Grand Soir. Car si l’Apocalypse a sa durée, on ne sait pas, mais pas du tout, combien la post-Apocalypse va durer. (Mets-le toi dans la tête, ô lecteur, avant d’aller te faire opérer par ton bourreau.)

- J’ai compris. Tu veux quoi, maintenant ?

- Etre une mine. Mon mari est une mine.

C’était Tatiana qui parlait, derrière mon trop lucide Nabookov. Elle semblait radieuse, au petit jour, tandis que des grosses machines commençaient à débarrasser l’encombrant boulevard de ses encombrants déchets, prélude à d’encombrants chahuts. Ce que j’aime le silence éternel finalement... Une fois j’ai assisté à une supernova, mais je te la raconterai, mon cher lecteur, et dans un autre volume, nom de D...

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25 mars 2011 - lien permanent
Après l’Apocalypse
Thucydide : pourquoi les démocraties font toujours la guerre
par Nicolas Bonnal

Loin d’imiter les autres,
nous donnons l’exemple à suivre.

Nous sommes repartis pour une guerre supplémentaire menée contre un idiot utile, énième tyranneau arabe susceptible de faire remonter les lamentables cotes de popularité des gouvernements que nous nous sommes donnés en France, Grande-Bretagne ou en Amérique. Les trois puissances atlantiques ou plutôt atlantéennes voyant dans le bombardement de la Lybie l’alibi, c’est le cas de le dire, pour démontrer le wishful thinking et la bien-pensance du monde moderne. On comprend pourquoi l’Allemagne, ancienne et grande Lybie, n’a pas cru bon de se mêler à cette manifestation du côté obscur de la farce.

Nous sommes en guerre perpétuelle, contre les islamistes, contre les communistes, contre les argentins, contre les serbes, contre les terroristes, contre le chômage, contre les centrales nucléaires, contre la grippe aviaire, contre le racisme, contre le fascisme, contre tout le reste encore. Pourquoi ? Parce que nous sommes démocrates.

Régime messianique et parfait devant l’éternité, la démocratie a ses exigences ; la démocratie impose des devoirs ; la démocratie se doit de montrer l’exemple et de châtier le contrevenant. Ce n’est pas moi qui l’écris, mais Thucydide.

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24 mars 2011 - lien permanent
Après l’Apocalypse
Le crépuscule de la démocratie occidentale
par Nicolas Bonnal

Au dernier sommet de Davos, les pays émergents, que l’on nommait il y a dix ans les pays du tiers-monde, ont fait la morale aux démocraties américaines et européennes : vous ne pouvez, disaient-ils, rester avec de tels déficits et nourrir une telle entropie !

L’Amérique du nord comme l’Europe connaît des déficits abyssaux, ubuesques, scandaleux, de l’ordre de 8 à 10 % annuels ; le tout dans une indifférence à peu près générale. Car on a d’autres chats à fouetter quand on se préoccupe avant tout, comme nos contemporains, de la vie sexuelle de Jennifer Aniston ou de celle de lady Gaga, n’est-ce pas ? L’affaiblissement militaire occidental, incapable de régler la question afghane ou de lancer une intervention en Libye est aussi parodique. Il est vrai qu’il n’y a plus de courage guerrier, mais des budgets militaires, et un état d’esprit plus très entreprenant...

Ce déclin économique et financier est survenu brutalement à l’orée des années 2000, le mauvais et provocant exemple américain, lancé par le désastreux et oublié Bush, ayant déteint sur l’Europe, elle-même ruinée par sa monnaie scandaleuse et par son aberrante "construction", dont la seule mission, depuis cinquante ans, semble être justement la destruction de la civilisation millénaire qui y avait fleuri. Les bureaucrates et les banquiers réussiraient là où les tatars avaient échoué. L’irresponsabilité économique et financière de nos élites, c’est-à-dire de nos élus, est en tout cas fascinante. Jamais on n’aura détruit autant de valeurs en aussi peu de temps. Cela se fait aussi bien à l’échelle des communes que des états, et cela se fait dans une grande atmosphère de résignation. Les temps sont eschatologiques et comme on ne sait pas ce que nous réservera 2012, on se tait...

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24 mars 2011 - lien permanent
Errance
Horbiger lance la guerre sous-Marine
par Nicolas Bonnal

Nous sommes dans l’Espagne post-catholique de Tapazero, recouverte d’églises en réparation, de territoires protocolaires et de noeuds autoroutiers, ou de chantiers de métro à ciel ouvert et abandonnés. Horbiger qui s’est pris d’affection pour Cadix (le label de Cadix, dirait ADG), rêve d’embarquer pour Cythère, d’embarquer pour...

- Cyber !

- Mandeville !

- Maréchal Grommelle !

Car, on le sait maintenant, Horbiger est entouré de provocateurs verbaux au premier rang desquels le pingouin magellanique Steven Spitzberg et le chinchilla Ravi Jacob, issu d’un peuple qui a beaucoup su y faire. Il y a aussi l’ara Petacci, les perruches ashkénazies et bien d’autres encore, tous déterminés à soutenir l’effort de la marine française qui leur fait peur (aux socistes et umpistes). On attend le sage savant, pardon le singe savant Mange-tout, qui les fait se tordre dans sa fameuse poêle à rire.

Il faut donc construire une base andalouse pour réussir ces u-boots et cette guerre sous-marine. On se hâte vers l’ouest, où, de Palos de Moguer, routiers et capitaines partaient, ivres d’un rêve héroïque et brutal. Horbiger s’agite avec sa carte de portulans.

- On va à Huelva.

- C’est où, elle va ?

- Le port atlante, le port de l’ouest, le port...

- De la tarte aux sauces !

- Il y a aussi Cadix, et son label, la ville qui résista à Napoléon.

- Il y est resté en crade, comme à Trafalgar !

- La ferme, les animaux ! En plus, on dit en rade. Elle a été mise à sac par les Anglais, alors...

- Lesquels ?

- Ceux de Drake.

- De Gracq ? Julien de son prénom ?

- Mandeville, cessez de mander du fiel !

- Quel fiel à bras !

- Oh, je vois quelque part dans ces pampas, du côté de Matalascanas, ce chevalier sans beur et sans reproche qui s’adresse à des moulins à paroles, tous membres du parti socialiste qui a ruiné l’Espagne en cinq ans...

- Un chevalier ?

- Un moulin à paroles ?

- Nous le reconnaissons ! C’est notre Don qui rote !

- Le chevalier à la triste ligure ?

- Là où il y a du Gênes, il n’y a pas de plaisir !

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23 mars 2011 - lien permanent
Au coeur de l’Apocalypse
Dostoïevski, Tchernobyl et l’apocalypse industrielle
par Nicolas Bonnal

La catastrophe du Japon qui permet aux médias de s’en prendre surtout au nucléaire ne doit pas dissiper la véritable observation : les temps du développement industriel sont des temps de catastrophe. Qu’il s’agisse du pétrole, de l’alimentation industrielle qui déforme les corps humains, de l’aliénation technologique qui corrompt les âmes et les esprits, qu’il s’agisse des guerres meurtrières et des prix à payer en vies humaines, l’industrie, véritable Moloch, n’a fait depuis deux siècles qu’incarner un retour aux bons vieux temps du paganisme : l’hypnose collective, l’apostasie du matériel et bien sûr les sacrifices humains ; sans compter la destruction de toutes les sociétés humaines non adaptées à l’ordre nouveau de l’industrie, de la bagnole et des médias. C’est la civilisation des machines de Bernanos et cette machine à produire de l’énergie qu’est la centrale nucléaire n’a pas fini de lever son impôt.

***

La dimension apocalyptique et monstrueuse de la révolution industrielle, véritable marâtre de la mondialisation, et de ses conséquences, n’a pas échappé aux contemporains les plus attentifs, ceux qui avaient conservé une approche qualitative et chrétienne de la civilisation. La malédiction industrielle, je le rappelle, est déjà présente dans Yvain, le chevalier au lion, avec le célèbre épisode des 300 pucelles enfermées dans un atelier textile et condamnées à toujours travailler sous la conduite de deux démons.

Depuis deux siècles, on citera en désordre Rousseau, Godwin, Poe, Léon Bloy. Il y a en fait un prix à payer pour l’industrie, il est lié à une damnation, comme celle de Caïn qui fonde la première ville moderne, ou de son petit-fils Tubalcaïn qui invente la sidérurgie. On n’a qu’à relire la Genèse.

Comme on a beaucoup parlé de Tchernobyl, je me contenterai de cette évocation de l’Idiot de Dostoïevski, où le romancier russe développe une approche ésotérique et eschatologique du problème du développement industriel et ferroviaire.

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22 mars 2011 - lien permanent
Errance
Horbiger guide la Marine française dans l’Alhambra
par Nicolas Bonnal

Nous sommes à Grenade, chez les lanceurs du futur (et pas de grenades). Horbiger fait visiter l’Alhambra à des officiers de la marine française, celle qui lui dit m...erci.

Votez Marine en 2012 : avec elle la France prend le Large !

Il est devenu guide de voyage à son retour de la plate agonie argentine. Guide de voyages, c’est-à-dire reiseführer, chargé de rédiger des guides vert-de-gris de notre Europe bien-aimée qui va bientôt être ruinée par les Trichet, Strauss-Kahn et d’autres bien nommés. Il explique ses projets, Horbiger, à son conseiller bien-aimé, le renard du dessert Maréchal Grommelle, ainsi nommé par ce qu’il ne cesse de manger des pâtisseries arabes et de se plaindre de l’actualité démocratique.

- Je veux écrire mes mémoires : mon compas...

- Par Adolphe Equerre ? Oh, mein fou rire ! Si nous revoyions Etre ou ne pas être, de notre cher Lubitsch ?

- Celui où un enfant demande un Otto Graf à notre fou rire parce qu’on le prend pour un acteur ? Pourquoi pas... mais je te parlais de mémoires...

- Tu veux faire un mémoire sur sainte Hélène ?

- Arrête de blaguer ou je t’abas !

- Est-ce ainsi que l’on parle au renard, roi dans l’art de se détromper ? N’est pas président qui veut, maître-chanteur de camembert !

- Je renonce à te répondre... Mais voici nos invités, nous allons leur faire visiter l’Alhambra.

- Mais voici Mandeville, le mousquetaire qui déforme tous nos propos plus encore qu’un journaliste l’information !

- Oh, un nuage !

- Il est radieux actif ?

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22 mars 2011 - lien permanent
Au coeur de l’Apocalypse
Un tsunami à fort relent pétrolier
par Nicolas Bonnal

Le tsunami n’avait pas refroidi que déjà on évoquait le péril nucléaire ; la troisième guerre mondiale ; Hiroshima mon humeur et les périls dans la vallée du Rhône.

On en oubliait d’expliquer le phénomène lui-même ; on en oubliait le nombre de morts causées par la catastrophe : le plus important était de souligner aux populations, en les affolant, les périls à venir toujours liés au nucléaire. En dépit d’Hiroshima, nom d’une célèbre centrale nucléaire bâtie jadis par le shogun en dépit des objurgations des écologistes, les Japonais avaient quand même construit, que dis-je, édifié de monstrueuses centrales : eh bien ils allaient le payer.

Il n’y a pas de quoi faire de l’humour dans cette histoire : mais qui en fait ? Eux ou moi ? Ceux qui sautent sur l’occasion pour déclarer la guerre pour la quarantième et rugissante fois au nucléaire, ou ceux qui faisaient remarquer que les médias ne faisaient pas leur travail (ou ne le faisaient que trop bien) et que le vrai péril n’était pas là.

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21 mars 2011 - lien permanent

Serge de Beketch : 'Mémoires Inachevés', présentés par Nicolas Bonnal et Danièle de Beketch

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par Serge de Beketch et Patrick Gofman, lors de l'émission du 11 avril 2007 sur Radio Courtoisie. (0:38)


Archives du Libre Journal de Serge de Beketch en ligne

Archives du Libre Journal de Serge de Beketch à télécharger

Nicolas Bonnal : 'Les voyages de Horbiger, ou les Maîtres Carrés'

Patrick Gofman : 'Dictionnaire des Emmerdeuses'

Nicolas Bonnal : 'Mal à Droite - lettre ouverte à la vieille race blanche'

Laurent Blancy : 'Atlas de géopolitique révisé'

Patrick Gofman : 'Vengeances de Femmes'

François Brigneau : 'Faut toutes les buter'

Jean-Paul Chayrigues de Olmetta : 'Almanach du Marquis 2009'

Laurent Glauzy : 'Extraterrestres - Les messagers du New Age'

Retrouvez le Libre Journal de Serge de Beketch sur Radio Beketch,
avec Victoria, J.-P. Rondeau, F. Roboth, Le Marquis et Gofman.

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