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L'après Libre Journal
Entretien courtois avec Nicolas Bonnal
Entretien réalisé à l’occasion de la sortie de son dernier ouvrage : "Mal à droite, lettre ouverte à la vieille race blanche" aux éditions Michel de Maule

Nicolas Bonnal, vous êtes retourné pour un temps en Espagne à Grenade, où vous aviez écrit votre livre sur le voyageur éveillé.

Oui, entre-temps, l’Espagne a bien changé. J’ai vu l’Aragon et la Catalogne dévastés par les chantiers, l’immobilier, la mégalomanie des élus locaux. Saragosse est devenue un Mordor digne de Tolkien avec des dizaines de kilomètres de friches industrielles, de détritus urbains, et d’éoliennes inutiles distribuées çà et là dans un décor d’apocalypse. Notre-Dame du Pilar semblait perdue dans cette horreur néanderthalienne. Puis je suis retourné à Grenade où l’on fête deux décennies d’immobilier fou et la culture de l’euro... avec 30 % de chômage et une ville éteinte. Même le tourisme est moribond, comme dans beaucoup d’endroits culturels de ce bas monde, et l’Alhambra est elle-même condamnée aux travaux forcés et perpétuels, prisonnière des restaurateurs que Balthus haïssait justement.


Qu’avez-vous voulu dénoncer dans votre ouvrage ?

C’est un ouvrage de commande : je n’y dénonce donc rien que je n’aie déjà fait dans mes textes d’humeur ou mes chroniques. Nous sommes sans une apocalypse molle et médiocre, une apocalypse moribonde et sans grandeur. Il ne nous reste qu’à vieillir, à compter nos sous et notre immobilier, et à espérer ne pas être euthanasiés tout en désirant rester le plus jeune possible le plus longtemps possible. En réalité, depuis que je suis adolescent, je n’ai vu qu’empirer l’Europe ou l’occident en général, mais dans une douce et grasse atmosphère, celle que justement déjà dénoncent Poe, Tocqueville, Flaubert et les grands écrivains russes et chrétiens du XIXe siècle. Bloy attendait les cosaques et le Saint-Esprit, nous aurons eu les oligarques et le feint-esprit.

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10 février 2011 - lien permanent
In Memoriam
John Barry, Tony Curtis et le génie d’Amicalement vôtre
par Nicolas Bonnal

Il est difficile de rendre hommage par écrit à un grand musicien. La mort de John Barry a été justement saluée par les médias du monde entier, tant ce génie de la musique visuelle et cinématographique aura charmé notre ouïe et nos imaginaires depuis un demi-siècle. Mais comme la mort de ce grand artiste a suivi de peu celle de l’acteur Tony Curtis, je me permets de lui rendre hommage à travers l’évocation de la série Amicalement vôtre qui a fasciné par son générique et son concept des générations de jeunes téléspectateurs.

***

La série rassemble deux grands aventuriers sociaux qui dans la vie quotidienne sont deux aristocrates, l’un des affaires l’autre de naissance. Les deux compères s’adonnent à Monaco aux plaisirs des jolies femmes, de la boisson et de la bagarre ; jusqu’à ce qu’un juge en retraite, un prud’homme, comme on dirait dans la littérature arthurienne, leur fasse la morale et les contraigne à entrer dans la lutte du beau, du bien et du vrai.

On les voit ainsi sortir de la « récréance » et affronter les grands méchants loups du capital international, défendre la jeune héritière spoliée ou la vieille princesse russe ruinée (inoubliable Héritage Ozerov). On les voit même empêcher un coup d’Etat dans l’Angleterre des années 70 ; le chef des conjurés, qui veut un coup d’extrême-droite, est un ami de Lord Sinclair, joué par Roger Moore, que j’ai le plaisir de rencontrer parfois sur la place du casino à Monaco, et dont je recommande les intéressantes mémoires, publiées par les éditions de l’Archipel.

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9 février 2011 - lien permanent
Les voyages de Horbiger, ou les maîtres carrés
II - Chapiteau II : les hauts lieux (où souffle l’immobilier)
par Nicolas Bonnal

Je suis un rêveur, j’ai si peu de vie réelle, j’ai si peu de moments comme celui-ci, que je ne puis pas ne pas les revivre dans mes rêves.

Je t’ai un peu menti, cher lecteur, car je me suis retrouvé dans un haut lieu, non pas de l’esprit, mais de l’immobilier ; entouré de jeunes dont je ne tairai pas longtemps le prénom, si j’en tairai le nom. Et là, dans cet univers de cristal, dans cette société d’écrans et dans ce monde de distractions, dans ce gisement numérique de divertissements labyrinthiques et arborescents, ces étangs de limpidité électronique, je jouissais... - Je jouissais d’une paradoxale manière, non plus du génie des écrivains romantiques qu’aux siècles derniers j’avais coutume d’accompagner, mais d’une compagnie grise de vieux adolescents, d’adulescents, comme on dit ici très bas, vivant, survivant plutôt dans ces royaumes indéfinis et transparents qu’avait décrits un de mes lointains discipuli, du temps que j’étais l’un de ces Missi Dominici réservés, envoyés plutôt, aux génies.

Voici, ce qu’il écrivait, mon génie au rameau d’or :

Ibant obscuri sola sub nocte per umbram,
Perque domos Ditis vacuas et inania regna...

Les demeures des terriens sont vides, j’en conviens. Elles sont devenues bien chères par mètre cube occupé, ou au moins payé. Mon cher Perceval disait lui-même : qui ne se meut devient songeux, et demeurer c’est mourir un peu. Et qui va dans la demeure vide, domos vacuas, qui d’ailleurs appartient au dieu des Enfers fort riche (Ditis), se retrouve possédé par de mauvais rêves, des royaumes d’inanité (inania regna, avez-vous donc compris ?). Tant il est vrai que tout a un prix, y compris le silence éternel des espaces infinis que ce comptable de Dieu, un Français lui aussi, un auvergnat petit-bourgeois épris comme tous les Français de compatibilité, pardon de comptabilité et de contes de fées - un de ces Français donc avec qui je suis incompatible, moi l’esprit héroïque, furieux, chevaleresque, impérial et romantique progressiste -, avait mesuré, entre ou trois calculs.

La ville... Je notais sa saleté, sa pollution, comme on dit, la vieillesse de sa population. Tout avait bien changé depuis ma venue, et dégageait une tristesse qui ne recouvrait apparemment rien de mystérieux, conspiratif. J’étais donc boulevard Suchet, je crois, un de ces maréchaux oubliés de Napoléon sauf pour ses embouteillages. Il y avait une série de personnages, tous plus ou moins modernes, ou, comme on dit maintenant, postmodernes. Il y avait un appartement, un grand, des invités, on y parlait d’immobilier, ce Bien que l’on ne peut déplacer, mais qui toujours croît. Il y avait aussi des archaïques et des réactionnaires, des visionnaires mais aucun contestataire. Les temps sont ainsi faits que je suis destiné à m’y ennuyer fort. On construit plein de tours, on en fait aussi, qu’on ne termine plus.

Car, lequel de vous, s’il veut bâtir une tour, ne s’assied d’abord pour calculer la dépense et voir s’il a de quoi la terminer, de peur qu’après avoir posé les fondements, il ne puisse l’achever, et que tous ceux qui le verront ne se mettent à le railler, en disant : Cet homme a commencé à bâtir, et il n’a pu achever ? Ou quel roi, s’il va faire la guerre à un autre roi, ne s’assied d’abord pour examiner s’il peut, avec dix mille hommes, marcher à la rencontre de celui qui vient l’attaquer avec vingt mille ?

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4 février 2011 - lien permanent
Derrière l’écran
Mes nostalgies Schwarzenegger
par Nicolas Bonnal

Il n’y a plus de stars. Elles ont été liquéfiées par la télé réalité et par Facebook, par les réseaux sociaux et tout le reste. Les dernières stars planétaires datent finalement des années 80, qu’il s’agisse des U2, de Madonna, de Stallone, ou bien sûr de Schwarzenegger. L’excès d’offre aura aussi liquidé la demande, comme dans toute surproduction artistique qui se respecte : je repense à ces lignes de Mirbeau sur la peinture en 1892 : « de toutes parts le flot de peinture arrive, vomi on ne sait d’où, roulant on ne sait quoi. Nous nageons dans l’huile diluvienne... »

Raison de plus pour s’extasier avec raison sur les performances d’un Schwarzenegger, héros avec Rambo des années Reagan, lorsque les démocraties de retour se remettaient à cogner sur leurs ennemis sur un ton plus que biblique.

Schwarzenegger a été un des piliers de cette décennie en incarnant deux personnages aux antipodes l’un de l’autre : Terminator et Conan. L’un est le cyborg, l’autre le barbare cimmérien. Les deux symbolisent si j’ose dire un côté clair de la force, sûre d’elle, de son droit et de son éthique, en quelque sorte. Terminator annonce aussi le prochain remplacement de l’homme, qui n’est quoiqu’on en dise qu’une question de décennies maintenant ; et l’on se doute que le projet ne sera pas soumis au vote des nations ; la fin ambiguë du deuxième film donne plutôt raison à la machine contre l’homme.

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2 février 2011 - lien permanent
Dernières nouvelles du Marigot
La Tunisie, le génie français et la décolonisation
par Nicolas Bonnal

Il y a quelques semaines, j’écrivais ici même que la montée de la Chine était une bonne chose pour le restant du monde, et surtout de l’ancien tiers-monde, qui est passé en vingt ans du stade d’éternel misérable assisté à celui d’un ensemble de pays émergents, souvent plus modernes et efficaces que les pays occidentaux en chute libre.

L’affaire tunisienne ne fait que me confirmer dans ce que j’ai affirmé d’une manière qui pour moi n’a rien de provocante : l’occident, France en tête, a fait ce qu’il a pu pour abimer ces régions ou ces pays, les corrompre, les soumettre à des élites ou des oligarchies ratées, et continuer de les contrôler. Comme disait ce président américain de jadis (car le même problème concernait les pays latinos catholiques soumis à l’exploitation yankee), Somoza est un salaud, mais c’était notre salaud. On pouvait dès lors jeter qui l’on voulait aux crocodiles en envoyant l’agent John Drake ou James Bond. Et le NYT qui fait des remontrances à Sarkozy, c’est un peu l’hôpital qui se fout de la charité...

On comprend donc pourquoi la Tunisie (j’y suis né, j’y suis souvent revenu, je sais un peu de quoi je parle) est restée dans le même cauchemar depuis l’indépendance, l’ineffable de Gaulle et tous ses successeurs, y compris socialistes, n’ayant eu de cesse que de contrôler des bureaucraties corrompues, d’ouvrir des palaces peuplés de salariés à 50 euros, d’organiser la pénurie alimentaire (elle m’a toujours frappée, en Tunisie), et plus récemment de fermer les yeux sur les exactions des pouvoirs en place au nom par exemple de la lutte contre l’islamisme, qui a toujours bon dos, ici comme ailleurs. Benali avait d’ailleurs mené une politique arabisante à l’université et l’on voyait beaucoup plus de femmes voilées dans les rues que du temps de Bourguiba et de mon enfance.

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31 janvier 2011 - lien permanent
Les voyages de Horbiger, ou les maîtres carrés
I - Premier acte
par Nicolas Bonnal

Mon esprit se mouvait avec agilité dans le silence éternel des espaces infinis. J’errais depuis des milliers d’éons dans les millions de galaxies à la recherche d’une extase inouïe. J’invoquais la puissance des Abymes, l’honneur des ténèbres blanches, l’encensement des étoiles sanglantes, la mort lente des étoiles éteintes. O lecteur, tu ne peux savoir la joie de virevolter au fond d’années-lumière enjouées, sans autre préoccupation que de jouer avec soi-même, et de jouir de la musique des sphères entrechoquées dans l’horreur blafarde des désastres obscurs. J’avais pour moi l’infini absolu, et si j’eusse su, je n’y eusse renoncé pour rien au monde ; mais la curiosité, la lassitude, le temps lui-même font que l’on renonce à tous les bienfaits que nous prodigue non la création dont on nous parle tant à nous beaux esprits sidéraux, mais l’habitude d’être bien traités et considérés, et qui, sur terre comme au ciel, finit par être trouvée normale, évidente, banale.

Je naviguais sottement donc, langoureusement, oui, dans le fleuve du Léthé et les ruisseaux laiteux de notre voie lactée, quand mon attention fut soudain attirée par la terre.

Mon esprit, tu te meus avec agilité,
Et, comme un bon nageur qui se pâme dans l’onde,
Tu sillonnes gaiement l’immensité profonde
Avec une indicible et mâle volupté.

Il est temps que vous le sachiez, petits esprits aguicheurs : il y a des esprits dans tout l’univers, s’il n’y a pas d’autres mondes. Il n’y a que la terre d’ailleurs surpeuplée et dotée dans votre galaxie d’une assez mauvaise réputation. D’aucuns de ma sorte s’y sont frottés pour se faire une célébrité parmi vous, à la table des grands, dans le ciel des grands cieux. Et ils ont été chaudement reçus, fraîchement défendus, déclenchant çà et là d’horribles escarmouches et autres guerres des fourmis assemblées. On leur a construit des temples, on leur a fait des guerres, on leur a même tourné le dos, ils n’ont cessé de susciter l’intérêt des uns des autres, mêmes lumières sous des noms si divers.

Je fais quant à moi partie de ces équipes d’esprits romantiques si l’on veut, qu’un poète connu ici très bas a pu interpeller sous le nom d’agences. Nous sommes les agences, les déclencheurs et inspirateurs d’événements, de cataclysmes et autres mauvaises décisions ou actes dits de génie, et nous allons et venons. Nous sommes apparus tardivement, au temps où vous les hommes croyiez aux révolutions, puis nous sommes disparus ou presque.

Envole-toi bien loin de ces miasmes morbides ;
Va te purifier dans l’air supérieur,
Et bois, comme une pure et divine liqueur,
Le feu clair qui remplit les espaces limpides.

Mais je ne me délivre pas encore du sceau des mes royaux secrets ; tout au plus confirmé-je que je suis un esprit libre, qui n’aspire pas à la célébration ni aux encensements divers et avariés dont les terriens, dotés d’une conscience qui tend toujours à se diviniser, se sont fait les champions. Je me contente de voler dans l’étourdissante candeur d’un univers devenu bien trop grand, comme vous l’avez d’ailleurs compris, pour se penser lui-même. Et je m’y suis fait.

Je n’ai pas d’enveloppe corporelle, pas de pod, comme vous dites. Je suis une étrange légèreté d’être. Lorsque je décide d’atterrir, je me dois d’en trouver un. A ce propos, vous êtes-vous demandé en quoi consiste le fait d’atterrir, quand on n’atterrit pas sur la terre ? Il est vrai que l’on n’a guère besoin d’atterrir ailleurs que sur la terre. Même pour nous autres esprits, le jeu n’en vaut plus la chandelle.

J’ai quand même choisi une cosse pour venir parmi vous et pour vous observer. Ce qui m’y a déterminé ? On m’a parlé au conseil des anges volatils de tous vos présents défauts, et de votre intérêt. "Tu verras, c’est curieux, ils ne croient plus en nous, ils nous relativisent... Ils vieillissent aussi, ils détruisent leur monde, ils ne chérissent plus rien"... Toutes ces choses, et bien d’autres qui ne m’impressionnent guère.

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28 janvier 2011 - lien permanent
Les voyages de Horbiger, ou les maîtres carrés
Roman quantitatif de la Fin des Temps

Nicolas Bonnal, Tatiana Mandrivnik et Wilfried Von Rundfunk

Présentent en exclusivité sur le site de la France Courtoise :


Les voyages de Horbiger
        ou
Les maîtres carrés (E=m²)


Feuilleton fantastique et burlesque,
Epopée tragique et comique,
        mais aussi...
Roman quantitatif de la Fin des Temps

***

Les prix dans l’ancien à Paris ont atteint 7000 euros le mètre carré. (la Presse, le 25 novembre 2010)

La sagesse n’a point trouvé sur la terre de demeure où reposer sa tête ; c’est pourquoi elle fait sa résidence dans le ciel.

Les prix dans l’ancien à Paris ont atteint 7500 euros le mètre carré. (la Presse, le 9 décembre 2010)

Vous avez fait de la maison de mon père une maison de rapport.

Les prix dans l’ancien à Paris ont atteint etc.

Il faut serrer la vis aux Allemands ; bien qu’ils soient forts en sciences, il faut leur serrer la vis.

Omnia praecepi atque animo mecum ante peregi.

***

Un ange rebelle descend du ciel pour soulever les terriens de la grande métropole contre la dictature des maîtres carrés et du grand capital imbécile. Il s’entoure de petits Russes blonds, de poètes et de matheux maudits, de moscoutaires audacieux et d’ingénieuses déjantées. Il est dénoncé par le tribunal de l’acquisition. Descendant trois fois au Enfers, il récupère le savant fou Horbiger avec qui il va fonder, sur fond de blagues et de bière, un nouvel embyrrhe pas très cathodique et une nouvelle cité de Dieu plus médiévale.

Epopée tragi-comique et roman-feuilleton du rire, les Maîtres carrés, dignes héritiers de Dr Folamour, du Matin des Magiciens et de l’Enéide revue et corrigée, illustrent parfaitement le caractère eschatologique et comique de notre triste époque.

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24 janvier 2011 - lien permanent
Dernières nouvelles du Marigot
Le boulevard Marine Le Pen et l’impasse française
par Nicolas Bonnal

Il faut savoir mourir pour renaître, disait Mitterrand en parlant du peuple juif. On peut appliquer sans hésiter cette belle formule au Front national qui, vingt-cinq ans après son émergence politique et cinq ans après sa quasi-agonie, a magnifiquement remonté la pente, sans militants et sans coup férir. On peut présager une belle réussite à la fille de Jean-Marie Le Pen, dans un pays plus que jamais disposé à accorder aux héritières et aux héritiers la place qui leur revient de droit.

Marine Le Pen dispose en effet de trois atouts de choix :

- D’une part la nullité presque ubuesque de l’UMP et du pouvoir en place. Non contente d’avoir désindustrialisé le pays, d’en avoir à volonté remplacé la population, non contente de se couvrir de ridicule ministère après ministère (les ministres de la Santé, Juppé, MAM et j’en passe), l’UMP se targue de déclarer la guerre fiscale et sociale à son propre électorat de bobos, classes moyennes, de professions libérales, ou, pour parler plus crûment, de bourgeois, via les propositions obscènes de Copé ou Méhaignerie. Ajoutons que l’UMP, à la suite du RPR, a ruiné le pays et fait exploser de 1000 % ses déficits budgétaires dans l’inconscience générale : le déficit était de cent milliards de francs en 1991 avant le départ du socialiste Michel Rocard, il est de 1000 milliards de francs aujourd’hui, pardon, de 148 milliards d’euros... La stratégie suicidaire se marque aussi sur le terrain si sensible des droits de l’homme ou de la diplomatie : ineptie comique en Afrique noire, arguties fascisantes dans le cas de la Tunisie (« il faut tirer sur les Arabes pour qu’ils ne deviennent pas des islamistes »), menaces sur la retraite de la nationalité aux contrevenants d’origine étrangère, qui semblent venir des propositions d’un discours, alors honni, de Bruno Mégret dans les années 90. Le président actuel, comme l’a dit Valéry Giscard d’Estaing, n’a ni le niveau ni les manières. Son entourage non plus, un peu comme en Amérique d’ailleurs.

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24 janvier 2011 - lien permanent
Derrière l’écran
Disney a-t-il "Raiponce" à tout ?
par Nicolas Bonnal

- Un astre en vérité ; mais cette tresse tombe...

Raiponce est un des contes les plus célèbres des frères Grimm, mais le nom des deux grands colporteurs de mythologie germanique ne figure pas au générique du film, pas plus que celui de Hugo ne figurait à celui du Bossu de Notre-Dame. La société moderne, comme la sorcière du film, ne reconnaît pas le passé ; et ne veut pas qu’on le connaisse.

***

Depuis vingt ans, sur fond, non plus de déclin, mais de disparition - de remplacement ? - du cinéma et des valeurs qui l’ont porté, le dessin animé est devenu le genre phare à Hollywood. Il est aidé en cela par la révolution numérique, qui stipule que tôt ou tard la machine remplacera l’homme, son imagerie notre représentation, par l’énormité des budgets investis, enfin par l’intelligence et l’ambiguïté d’histoires tantôt décalées, tantôt déjantées, qui portent un regard critique sur leur propre mythologie et exhalent ainsi une aura de postmodernité propre à enchanter la critique. Dans cette séquelle de parodies de plus ou moins bonne humeur et de plus ou moins bon goût, on soulignera bien sûr Shrek, qui célèbre l’ogre pétomane et la princesse hollywoodienne dans une saga numérique sans fin. Les performances au box-office se succèdent alors avec une régularité métronomique, et l’on gagne de un à deux milliards de dollars par film, par avatar, sans compter les objets dérivés.

Car le dessin animé répond surtout à un dessein commercial bien précis : faire payer les gosses et les parents qui vont avec, « et ne peuvent rien leur refuser ». C’est ainsi que la dernière production Disney, Raiponce, célèbre une héroïne qui n’a pas la prétention de ressembler à une belle jeune fille, mais à une poupée proche de la célèbre Barbie. De cette manière on pourra en vendre, Made in China, un demi-milliard au marché mondialisé. Le père Noël contemporain est vraiment là pour demander aux enfants ce qu’il peut leur vendre...

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19 janvier 2011 - lien permanent
L’humeur de Patrick Gofman
+ Jean Dutourd

Paris, 18 janvier 2011 - « J’écris pour des gens qui ne sont pas nés », me confiait Dutourd en 1994, quand j’écrivais sa première biographie. Il avait dit auparavant : « Je veux avoir l’air d’un mort » et aussi : « Ma carrière commencera quand je serai mort. »

Eh bien, bon vent, cher vieux maître. En route pour la gloire, puisque vous venez de partir. Laissez aux pauvres vivants le plaisir mitigé d’entendre Claude Sarraute, sur Europe 1, citer "Au Bon Beurre" et aucun autre titre de Dutourd, qu’elle a pourtant tous reçus, mais « probablement balancés » et très probablement pas lus. Plaisir mitigé d’entendre Erik Orsenna affirmer à la même radio que le défunt « n’était pas du tout un réac de droite » !

Bien sûr, c’était un progressiste de gauche. Et Orsenna n’était pas du tout le laquais emplumé de Mitterrand. Et moi, je ne suis pas plus triste et plus seul que jamais.

Patrick Gofman
19 janvier 2011 - lien permanent
Après l’Apocalypse
Apple, Facebook et le retour des grands initiés
par Nicolas Bonnal

Il y a dix ans, je décryptais les sources d’inspiration et les marottes des créateurs de l’Internet et de ce qu’on appelait alors la nouvelle économie. Nous assistions depuis l’invasion de l’informatique dans nos vies à un changement de paradigme ; j’avais recours à la Bible, à la gnose, aux références de la culture New Age pour essayer de donner une vision synthétique de la subculture de la société en mutation.

L’explosion a fait long feu comme tout le reste durant les années Bush. Mais on assiste depuis un ou deux ans à une réémergence de cette nouvelle foi initiatique, comme le reflète l’explosion du cours d’Apple en bourse, promue troisième cotisation boursière mondiale, et l’omniprésence de Facebook dans la vie quotidienne, omniprésence que vient de célébrer à sa manière l’incontournable Goldman Sachs.

***

Apple a toujours joué le jeu de l’ésotérisme, de la contre-culture gnostique et de la provocation spirituelle : le premier ordinateur fut vendu 666 dollars en hommage à la Bête qui va avec ; le logo de la firme est une pomme rognée de sept couleurs, qui évoque si bien la Genèse. Les deux créateurs ont joué un grand rôle dans la popularisation de nouveaux types patronaux décalés, ceux que Naomi Klein dénonçait dans son essai "No logo". Steve Jobs, d’origine syro-saxo-arménienne, infatigable bateleur d’estrade, ne se nourrit que de poisson, fut Hare Krishna, est aussi bouddhiste, frondeur, ludique, technophile, toujours vêtu d’un Turtleneck noir, chaussé nomade, et déclare s’être inspiré des Beatles pour son business-model. Son compère Wozniak, plus discret, plus compétent aussi, franc-maçon de haut vol, se réclame du magicien d’Oz, du Wizard of Oz, de la société Wheels of Zeus, les roues de Jupiter, et il a inspiré le célèbre Les pirates de la Silicon Valley, cousins de ceux des Hedge Funds et des Caraïbes, avec qui ils ont en commun de créer une économie parallèle, fantôme et fondée sur la manipulation symbolique. Le bric-à-brac du New Age et le brouillage des codes fait partie inhérente du post-capitalisme tel qu’il a été décrit par exemple par Luc Boltanski, à l’époque où je publiais mon livre(1).

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17 janvier 2011 - lien permanent
L’humeur de Patrick Gofman
Douguine à Paris

Paris, 10 janvier - "Le Doux Raisin" (29 rue Descartes, Paris Ve) était trop petit, ce soir, pour accueillir la foule désireuse d’entendre le célèbre géopolitologue russe Alexandre Douguine. Parmi les personnalités présentes : Soral, Néaumet du bimensuel "Flash", Rachline, patron du FNJ. Douguine « loves-hates » Poutine ! « Il faut aimer Poutine parce que c’est le dernier défenseur de l’identité continentale de l’Europe », mais par ailleurs « Il faut détester Poutine parce qu’il réalise ses projets d’une manière pas assez forte » !

Patrick Olegovitch Gofman
parolesdemilitants.blogspot.com
11 janvier 2011 - lien permanent

Serge de Beketch : 'Mémoires Inachevés', présentés par Nicolas Bonnal et Danièle de Beketch

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par Serge de Beketch et Patrick Gofman, lors de l'émission du 11 avril 2007 sur Radio Courtoisie. (0:38)


Archives du Libre Journal de Serge de Beketch en ligne

Archives du Libre Journal de Serge de Beketch à télécharger

Nicolas Bonnal : 'Les voyages de Horbiger, ou les Maîtres Carrés'

Patrick Gofman : 'Dictionnaire des Emmerdeuses'

Nicolas Bonnal : 'Mal à Droite - lettre ouverte à la vieille race blanche'

Laurent Blancy : 'Atlas de géopolitique révisé'

Patrick Gofman : 'Vengeances de Femmes'

François Brigneau : 'Faut toutes les buter'

Jean-Paul Chayrigues de Olmetta : 'Almanach du Marquis 2009'

Laurent Glauzy : 'Extraterrestres - Les messagers du New Age'

Retrouvez le Libre Journal de Serge de Beketch sur Radio Beketch,
avec Victoria, J.-P. Rondeau, F. Roboth, Le Marquis et Gofman.

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